SCÈNE XI
HÉLÈNE, p»u RAOUL.
J'ai eu bien de la peine à ne pas me trahir ! chère Jeanne!... Enfin!... Elle, du moins, ne connaît pas les larmes.
Elle prend la tapisserie laissée par Jeanne et fait quelques points. La porte de droite s'ouvre, Haoul paraît.
RAOU L , h demi-voix.
Hélène!
HÉLÈNE, se levant. '
Qui m’appelle?...
RAOUL
C’est moi, Raoul.
HÉLÈNE, avec joie, allant à lui.
Monsieur Raoul ! (Apres l’avoir regardé quelques instants avec stupeur, elle pousse un cri étouffé et recule en passant à droite.) Ah ! lui! lui !
RAOUL, bas.
Silence ! silence ! et écoutez-moi !
HÉLÈNE, le fuyant.
Non ! au secours ! Jacques!
RAOUL
Vous voulez donc faire égorger les deux frères ?
HÉLÈNE
Oh!...
RAOUL
Hélène!..., au nom du repos de deux familles, taisez-vous! Pas un mot, pas un geste qui puisse trahir notre secret!
HÉLÈNE, avec horreur.
Notre secret!...
RAOUL
Si vous parlez, c’est un duel entre Jacques et moi; et songez-y : Se trouver en face de mon épée , c’est mourir ! (voyant,qu’néiène o’est arrêtée et le regarde fixement.) Hélène, que petlSCZ-YOUS donc en
me regardant ainsi?
68 ' L’OUTRAGE
HÉLÈNE
Je pense que je ne suis qu'une femme et que je ne peux pas vous tuer!
RAOUL, prêtant l'oreille. ^
Jacques !...
Elle descend à droite.