‹ L'ouvrièreChapitre 29 sur 65 · TISSEUSES A BRAS · texte numérisé non relu

TISSEUSES A BRAS

se trouver tout à coup dans Tatelier d*un tisserand à bras. La cave est éclairée, comme toutes les caves, par un soupirail ; elle est assez fraîche pour que le fil ne casse pas, et ne l'est pas assez pour le charger d'humidité ; le métier la remplit souvent tout entière, te tisserand est obligé de passer sous le bâti et de se glisser entre les leviers pour rattacher les fils rompus. Ces grands et lourds montants à peine dégrossis, ces lisses qui se meuvent avec un bruit criard, ces cordes qui grincent dans les poulies, tous ces engins d'une simplicité primitive contrastent avec Télégant petit métier de fer que la vapeur fait mouvoir avec une si prestigieuse rapidité. La plupart des tisserands à bras sont seuls dans leur cave et travaillent pour ainsi dire en cellule ; quelquefois il y a deux métiers dans la même chambre, rarement plus. Quand ils sont là tout le jour sur leur sellette, la main sur le battant et les pieds sur les leviers, il ne tient qu'à eux de s'imaginer qu'il n'y a eu de révolution ni dans la société ni dans l'industrie, et que la machine de Watt ne mugit pas à quelques mètres de leur métier»

Le coton est tissé mécaniquement à toutes les finesses en Alsace, en Normandie, dans le Nord; les métiers à la main font exception dans cette spécialité, et leur nombre va toujours en diminuant*.

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