Il convint aisément que la réincorporation
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du Portugal à TEspagne étant un avantage purement espagnol, le roi d'Espagne était bien le maître d'y renoncer.
7S9. Et pour gagner sa pleine approbation, on lui fournit un moyen honorable de se justifier auprès du Premier Consul. On lui accorda un grand avantage purement français, auquel le traité du 29 janvier n'avait pas songé, mais qui était ardemment désiré par la France depuis longtemps.
740. Le Portugal cédait à la France les terres du Cap Nord, depuis l'Oyapoc jusqu'à la limite imaginée par La Condamine, — jusqu'à l'Aragnari : et non pas seulement à la prétendue branche nord de cette rivière, comme l'avaient voulu le savant académicien et le baron de Bessner : non pas même à sa grande embouchure, comme M. Lescallier l'avait prétendu en 1791 ; mais à la plus méridionale de ses trois bouches véritables, bien en dedans de l'Amazone.
741. Moyennant ces deux cessions territoriales, — à l'Espagne Olivença, à la France l'Araguari, — Charles IV garantissait au Prince Régent de Portugal «la conservation intégrale de tous ses États, sans » exception ni réserve » ; c'est-à-dire, il s'opposerait à tout envahissement du Portugal et de ses domaines par la France.
742. Voici la partie du traité avec Bonaparte renfermant la cession que le Portugal lui faisait :
, Article IV. « Leii limites entre les deux Guyanes
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» seront déteimiiiées à Tavenir par le Rio Àrmvan » qui se jette dans l'Océan au-dessous du Cap Nord, » près de Tlle Neuve et de TUe de la Pénitence envi- D ron à un degré et un tiers de latitude septentrio- )) nale. Ces limites suivront le Rio jémwari depuis son 9 embouchure la plus éloignée du Cap Nord, jusqu'à sa )) source, et ensuite une ligne droite tirée de cette source 0 jusqu'au Rio Branco vers T ouest. »
Article V, « En conséquence la rive septentrionale » du Rio Armvari depuis sa dernière embouchure jus** » qu'à sa source, et les terres qui se trouvent au nord » de la ligne des limites ci-dessus, appartiendront en » toute souveraineté au Peuple Français. La rive méri- » dionale de la dite rivière à partir de la même embou- » chure, et toutes les terres au sud de la dite ligne des )) limites, appartiendront à Son Altesse Royale. La navi- » gation de la rivière dans tout son cours sera commune » aux deux Nations. »
743. Malgré le précieux avantage qu'on lui ménageait en Amérique, Bonaparte fut indigné des traités de Badajoz.
744. Ce qui lui importait essentiellement, c'était d'assener à l'Angleterre un grand coup, qui la rendit plus souple dans la négociation entamée à Londres depuis le mois d'avril entre lord Haw^kesbury et M. Otto.
745. Or, rien n'était aussi efficace pour produire à Londres un résultat favorable à la France, que l'occupation du Portugal par les troupes françaises.