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L'uf et les facteurs de l'ontogénèse

Le développement et le progrès des Sciences ont, toutà la fois, pour condilion et pour résultat, leur fractionnement de plus en plus grand en spécialités qui, dans la pratique, deviennent, non seulement indépendantes, mais mème étran- | gères les unes aux autres. C’est là une fâcheuse nécessité. Elle dérive de ce que la méthode scientifique est analytique

par essence. Mais 1 analy se faite,

il faut en rapprocher les résuiltats :

plus la spécialisation est poussée loin, plus ce besoin est impérieux et en même temps plus il est diflicile de le satisfaire. Q

Les sciences biologiques, par la complexité même de leur objet, ont subi au plus haut degré cet émiettement inéluc-

table et, plus que toutes les autres, elles exigent celte synthèse :

car l'organisme est un et les divers points de vue auxquels on le considère, dans les divers compartiments de la Biologie n’ont de valeur véritable que confrontés les uns aux autres

et agencés, en quelque sorte, pour reconsliluer la Vie, dans la

mesure où cela est possible. La liste des Bibliothèques COH)--

posant lÆncyclopédie, illustre suffisamment la multiplicité

ENCYCLOPÉDIE SCI ENTIFIQUE

des sciences partielles auxquelles donnent lieu les Êtres vivants ; la bibliothèque de Biologie générale doit être le lien

entre toutes; elle a la lourde: charge d'en représenter la

synthèse.

Par à même, elle est plus malaisée à concevoir et surtout à exécuter. Il est assez facile d’inventorier et de découper le domaine d'une science spéciale; on trouve, sans trop de peine, des spécialistes qualifiés pour fournir une mise au point de chacun des fragments ainsi délimités. Il n’en va pas de même pour la Biologie générale, Pour en traiter les problèmes d’une façon satisfaisante, il faut unir une connaissance précise et critique des faits et des techniques diverses à la vue d'ensemble qui permet de dominer ces faits et d'en

xtraire la signification générale.

On s’efforcera d'atteindre ce but dans les livres de la présente série. La liste et lestitres, qui figurent ci-dessous, n’en sont pas donnés ne varietur. Ils ne simplement le plan conçu.

La Biologie générale étant comprise comme la synthèse des Mu lines particulières : zoologie, botanique, paléontologie, physiologie, chimie et physique biologique, etc.,

elle Pa envisager les manifestations et le fonctionnement

des organismes d une façon globale.

Il Eur donc extraire tout d'abord de ces sciences particulières les caractères généraux des phénomènes vitaux et préciser leurs rapports avec ceux qu'offre la matière inanimée. Ce sera l'objet d'un volume d’ introduction.

À ÿant ainsi dégagé ce qu’on peut, à à l’heure actuelle, considérer comme le propre de la Vie et ajusté à nos connaissances modernes le vieux problème du mécanisme et du

vitalisme, nous envisagerons le fonctionnement vital dans son 1 STARS l'Organisme. Mais cet examen peut et doit

se faire à une série d’ échelles différentes, si l’on peut dire.

Il y a une vie élémentaire, dont la Biologie du xix° siècle a

BIOLOGIE GÉNÉRALE til

mis en évidence l'absolue généralité, c’est la wie cellulaire ; pour beaucoup d'organismes inférieurs, c'est même toute la vie; la cellule est l'unité fondamentale en matière d'organismes. Sa connaissance est la base sur laquelle doit être construite la Biologie générale.

Une seconde étape est l'étude de l'individu considéré comme édifice pluricellulatre. Une série de volumes, formant la seconde partie de la Bibliothèque, seront consacrés aux lois générales de la réalisation, de la reproduction et du fonctionnement synergique de ces édifices. [1 s’en dégagera la notion si complexe et parfois si fugitive de l’individualité, qui sera étudiée et discutée spécialement.

La vie de l’organisme ne se conçoit que dans le milieu, et même les frontières de l'organisme et du milieu sont beaucoup plus malaisées à tracer qu'on ne l’imagine communément. La troisième partie [de la Bibliothèque sera faite de volumes où ces rapports généraux seront éludiés. Certains se rattachent plus intimement à la Physiologie ; maisen ce cas, ou bien ils envisagent des fonctions extrêmement générales. telles que lirritabilité ou l'assimilation et alors ils rentrent dans l’étude générale des rapports de l’organisme-et du milieu ; ou bien ils traitent de fonctions (comme la luminosité, par exemple) qui, — tout en ayant une grande valeur biologique, pleinement reconnue par les physiologistes et se rattachant intimement aux conditions fondamentales du fonctionnement vital — échappent cependant à peu près complètement, en fait, au cadre de ïa physiologie classique. Celle-ci est, en effet, délimitée surtout, en réalité, par l’expérimentation sur les Vertébrés, où ces fonctions sont rudimentaires et font pratiquement défaut ; si elles sont bien représentées, c’est en tous cas, sur des types qui ne font pas partie de ce qu’on pourrait appeler assez irrévérencieusement la faune des laboratoires physiologiques.

Dans cette partie de la Bibliothèque, on voudrait aussi

faire à L'Éthologie la part qui lui est due et qui n’est pas suffisamment reconnue.

La dernière partie de Ja série envisage Îles organismes à une échelle supérieure à lindividu, cale de la lignée ou de l'espèce. Est-1l besoin de souligner que, depuis Darwin, ce point de vue. qui n’est autre que le problème de l'Evolution, domine toute la Biologie générale. Pour le traiter autrement que d’une manière philosophique et spéculalive, il faut considérer les rapports de l'organisme et du milieu dans la succession des générations ; c'est-à-dire"étudier, par les méthodes positives : l'Hérédité ; la Variation sous ses diverses formes ; la combinaison des lignées hétérogènes c’est-à-dire l'Asbril tion ; le problème de l’établissement de la conformité de l'organisme aux conditions du milieu c’est-à-dire l’Adaptation ; les transformations successives des lignées, c'est-à-dire la Phylogénie ; enfin envisager les mécanismes par lesquels nous pouvons nous représenter ces transformations, c'est-àdire les théories évolutionnistes. Là, plus qu'ailleurs, il serait fructueux de réaliser des livres courts, ‘clairs, suflisamment documentés et d’une critique Judicicuse.

ILest dans la nature des choses que la section de Biologie. générale chevauche parfois sur les bibliothèques spéciales.

Dans son intégralité, elle est une mise en œuvre des matériaux de celles-ci, mais à un point de vue diflérent et qui

évitera tout double emploi véritable. Elle est, d’autre part, ds

nécessairement dégagée du caractère strictement technique et.

souvent pratique, qui convient à té) de volumes de ces

bibliothèques particulières.

Elle ne vise cependant pas moins à |’ utilité. Nous espérons We

qu'elle rencontrera un accueil favorable auprès de catégories très variées de lecteurs : biologistes, médecins, philosophes, esprits simplement cultivés, et aussi spécialistes divers.

La spécialisation enlève le plus communément le loisir de

coordonner les notions partielles et cependant il y a là une

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