DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES SPIROCHŒTES ET DES SPIRILLES
Une des principales objections que l'on a faites au diagnostic de la syphilis par l'ultra-microscope est la difficulté de distinguer le spirochfete paie de
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Scliaudinn des dillerenls spirilles ou spiroclicclcs assez nombreux qui habitent les muqueuses ou le sang'.
Le nombre des spirochaïtes, spirilles ouparasites analogues est assez considérable, ce sont : 1° Le spirochccte refringens ; 2° Le spirochc'ete buccalis ; 3° Le spirochœte dentium; 4" Le spirochœte pallidula ou du Pian; 5" Les spirilles de Vincent ; 6° Les spirilles de la balanite ; 7° Les spirilles des volailles; 8° Les spirilles du cancer;
9° Les spirilles de la gangrène nosocomiale et de la pourriture d'hôpital;
J0° Les spirilles de la bouche avec membranes ondulantes ;
H" Le spirille d'Obermeier ou de la fièvre récurrente ;
12° Le spirille de l'anodonte:
13° Le spirille de Balbiani :
14° Le spirille de Duttoni (Tick-Fever) ;
13° Les trypanosomes.
— Mais dans ce grand nombre de spirochœtes ou de spirilles, si quelques-uns d'entre eux se ressemblent, la plupart n'ont ni la même forme, ni le môme habitat ou les mêmes localisations et plu-
siours d'entre eux n'existent pas chez l'homme.
Je vais les passer rapidement en revue.
1° Lk SpmocH.iîTE RiîFniNr.iîNs est quelquefois associé au spirochaîte pâle, surtout dans les lésions génitales. Le spirochaîte refring'ens estplus trapu.
Fig. 10. — Grattage d'un épiLhélioma de la langue. On aperçoit des spirochœtes dentium lrè.s fins, des spirilles abondants et diilerents microbes.
ses spires sont moins serrées, moins régulières, ses déplacements d'ensemble se font par oscillations ou déplacemeuts brusques. Comme il est presque toujours associé au spiroch;ete pâle, rien n'est plus facile de les différencier l'un de l'autre. 2° Le SpmocH.ETE bucgalis a connue caractéris-
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tique des spires moins serrées, mais ce qui Je disting'ue surtout, c'est qu'il se présente sous la forme d'un double trail avec, de place en place, des sortes de nœuds et des parties claires. Il se déplace par un mouvement sinueux comme un serpent. On le trouve surtout au niveau des dents et dans le tartre dentaire.
3° Le Spiroch.ete dentium qui ressemble le plus au spirochœte est cependant plus mince, plus court, ses spires sont plus serrées, moins nombreuses, il n'a pas d'ondes de contractions ou d'étirement et sa mobilité est moins considérable.
4° Le Spiroch.ete pallidula, parasite du Frambœsia Tropica ou Pian, a de telles analogies avec le Spirocha3te pallida, qu'il est presque impossible de les différencier. Il est peut-être plus onduleux et à spires moins régulières. Les sujets chez lesquels on le trouve sont g-énéralement d'anciens coloniaux; la différence d'habitat et le siège d'élection du pian aident au diagnostic différentiel.
o Les Si'iRiLEs DE Vincent sont des filaments ondulés, ayant des spires en nombre irrégulier; quelquefois ces spires sont peu indiquées, et c'est à peine s'il en existe une deux ou trois à l'une des extrémités du filament. D'aiJleurs il siège surtout dans la bouche et s'associe au bacille fusiforme. Il se voit également par exception au niveau
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des cancers ulcérés de la peau, mais il se rapproche Lellement comme aspect et forme du spirille de la
Fig. 11. — Pus d'une balaniLe érosive grofféo sur uni' plaque muqueuse.
Très nombreux spirochœLcs de la balanitc formant iiicnio parfois des amas compacts.
Parmi eux, l'on peut distinguer quelques spirocbœtes pâles.
Nombreux bacilles fusiformes longs et fins.
Les bâtonnets les plus courts représentent des spirocluotes, trop rapides pour que l'on distingue leurs spires, ils traversent la préparations en tous sens, comme des flèciies.
Quelques cocci, bactéries et spirilles divers.
gangrène nosocomiale que l'on peut se demander s'il ne s'agit pas du même élément.
6° Le Spiiullk m l\ BALANrrE khosive est plus
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gros, plus végiilier que le précédent,, auquel d'ailleurs il ressemble. On aperçoit quelquefois à ses extre'mités des cils. Il n'a pas la mobilité du spirochœte et ses dimensions sont tellement plus consi-
Fig. 12. — Pus d'un cancer ulcéré (éi)ilhclioma térébrant) dn la région malaire. Nombreux spirochrctcs, bacilles fusil'ormcs bâtonnets. La richesse do forme, la inulliplicité des éléiuents spirillaires ; leurs dimensions sont souvent considérables.
dérables que celles du spirochœte qu'il est difficile de les confondre.
7° Le Spirille des volailles, ressemble au Spirochœtepâle, mais il est plus petit et ne se rencontre que chez les oiseaux.
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8° Lo Si>miLij.: uu canceu esl dos plus irrcg-uliors, Lrcs contourné, très court, avec un petit nombre de spires inégales entre elles et se termine par des extrémités effilées. Ses mouvements sont irréguliers sans systématisation.
9° Le Spirille de la CANcnÈNE nosocomiale et de LA POURRITURE d'hopital est gros et irrégulier, ressemblant au Spirille de Vincent, mais plus gros que ce dernier. 11 s'associe à de longs bacilles et a des bâtonnets. Il semble peu mobile.
10° Le Spirille de la bouche avec membrane ondulante, se reconnaît à ce fait qu'il a de cliaque côté une membrane se terminant par deux cils ; cette membrane en s'agitant fait le mouvement de progression. Ce spirille se rapproche du trypanosome dont il se distingue par sa forme nettement spirillaire. Son habitat est également différent, le trypanosome étant un hôte du sang.
11° Le Spirille d'Obermeier, n'a aucun point de ressemblance avec les spirochœtes et spirilles précédents. C'est un gros filament à spires irrégulières qui habite le sang.
12° 13° 14° Les Spirilles de l'anodonte, de Bal- BiANi ET DE DuTTONi (Tick-Fcver) ont rarement l'occasion d'être observés. Les conditions spéciales dans lesquelles on les rencontre aident à les reconnaître.