SCÈNE VI
Les Mêmes; PEBLO.
PEBLO , qui du fond du théâtre, a vu cette dernière scène.
Parbleu! seigneur Alcade, il faut que vous soyez bien bêle!..
Gll. PEREZ.
Qu’est-ce qu’il dit ?
PEQUILLA , apercevant son père.
Ali ! mon Dieu !
GIL FEREZ, tenant toujours la main d’Augusto.
Je vous demande pardon , seigneur Peblo , si je baise cette main chérie... mais c’est pour le bon motif, je ne la quitte plus...
PEBLO, lui mettant Auguste devant les yeux.
Tenez, épouscz-lc si vous voulez...
Gît. PEREZ.
C'est le Diable!..
AUGUSTE
Non ; c’est un hussard de la garde.
GIL PEIUSX.
Peut-on pousser plus loin la fausseté !.. (A Te quitta.) Comment, tout à l'heure, là , vous me disiez que vous me trouviez agréable!..
PEQUILLA.
Je parlais de ce que je voyais... mais je ne vous regardais pas.
PEBLO.
Pequilla, vous traitez le seigneur Alcaded’une façon inconvenante.
Gll. PEREZ.
Elle m'en a dit bien d'autres!., mais, avec votre protection , mon brave Peblo , j'espère encore... nous verrons; quanta vous, M. le hussard... à nous deux, maintenant...
AUGUSTE
Une partie d’honneur? ça me va.
GIL FEREZ
11 est joli , le hussard; qui rroit que je vais me commettre avec un soldat.
AUGUSTE
Dites donc, bonhomme!., savez-vous qu’un soldat de la Garde ça va de pair avec les rois de votre pays.
GIL FEREZ
C'est possible; mais ça va aussi en prison quand ça oublie l’ordre du jour... Le nouveau maréchal vient d’en publier un qui regarde ceux qui troublent les familles... et rien ne trouble plus une famille qu'un amoureux qui vient sc jeter au travers d’un mariage qui devait faire le bonheur de deux époux.
AUGUSTE
Du bonheur avec vous?., vous êtes trop laid, pour ça.
Gll. PEREZ.
Bien! ajoutez l’outrage à tous vos torts... Sic<©
vais te rendre ce servirc-ia.
PEQUILLA, sc mettant au-devant d’Auguste.
Auguste , je vous en prie , laissez-le.
AUGUSTE
Je crois que vous avez raison... Si je le démolissais, on me le ferait payer plus cher qu'il ne vaut.
GIL PEREZ
Séduction!., outrage!., menace!.. Suivezmoi, Peblo; je vais aller trouver le Maréchal.
PERLO.
Ma fille, rentrez... Je ne veux pas que vous restiez seule avec ce hussard.
AUGUSTE
Ne la tourmentez pas , je m'en vais... Je sais qu’elle m'aime, et ça me suflit... Adieu, gentille Pequilla... Père Peblo, un bon hussard, comme moi , vaut mieux pour voire tille que ce vieil alcade poussif.
GIL PEREZ , le suivant.
Nous allons voir!., nous allons voir!..
ENSEMBLE
cil püiikx.
Je ne vous crains guère.
Jeune Iiommc de guerre,..
Je saurai vous faire Payer vos brocards!
Dieu ! quelle incartade !
Quoi ! malgré mon grade...
Sachez qu’un alcade Vaut quinze hussards!..
PEBLO. AUGUSTE et PEQC1M.A.
On ne devrait guère , Faites-nous la guerre.
Même en temps de guerre, On ne vous craint guère. De cette manière La belle colère !
Traiter un vieillard. Mon Dieu, quel regard !
Dieu! quelle incartade!;, ('.’est trop de bravade; Quoi , malgré son grade! J'ai peur que l’alcadc Sachez qu'un alcade N’en tombe malade.
Vaut bien un hussard. Demain, au plus tard.
(II. sortent tou* , r*c* ptc IVquilla. ;