‹ L'uniforme du grenadier tableau militaire en un acteChapitre 20 sur 42 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LE MARÉCHAL, en costume de simple soldat,

- i.E maréchal, entrant.

Voici le cabaret où j’ai fait donner rendezvous à Maillot... Plaçons-nous à cette table pour , l’attendre... Garçon!., du vin et deux verres.

PEQCILLA , se retournant.

Voilà, monsieur... Que désirez-vous, grenadier?

le maréchal.

line bouteille de vin et deux verres.

PEQUILLA.

Je suis à vous, monsieur.

(Elle entre dans l’auberge.)

LE MARÉCHAL

Si toutes les Andalouses sont aussi jolies que ; cette petite , je ne m’étonne pas qu’on redoute ! nos jeunes hussards.

PEQUILLA, le servant.

Voilà, grenadier... Vous attendez quelqu'un ? i

LE MARÉCHAL

Oui, mon enfant... un vieux grenadier que 1 vous connaissez... sans doute?., le sergent 1 Maillot.

PEQUILLA.

Oh ! certainement que je le connais! M vient ici plus de dix fois par jour.

Je le reconnais bien là !.. Mais c’est un brave homme au fond , n'cst-cc pas?

PEQUILLA.

Oh! oui, brave, de toutes les façons... bon camarade , bon père.

LE MARÉCHAL

Il a des enfans?

PEQUILLA.

Un fils, déjà brigadier ; décoré sur le champ de bataille... Ah! c’est gentil de voir comme ils s’aiment tous les deux... comme des frères... seulement qu’il y en a un qui est plus vieux... Ils n’ont de querelles que quand l’un des deux veut s'exposer pour l'autre... Le père Haillot a été huit jours sans vouloir boire avec son fils , parce que le jeune homme lui avait souillé, à ce ! qu'il me disait, une reconnaissance à faire où les balles et les coups de sabre plenvaient... i « C'est un polisson , qu’il répétait toujours , je ! suis plus vieux que lui , j’ai les os plus durs , et , j s’il faut défiler la parade dans l’antre monde, je ' veux passer avant lui !.. »

Oui, oui, c’est vrai... c’est un brave homme!.. Quel Age a le fils?..

PEQUILLA.

Vingt-deux ans !

LE MARÉCHAL

Joli garçon ?

PEQUILLA.

Mais... oui...

Courtisant toutes les belles Andalouses?

PEQUILLA.

Je ne le crois pas.

LE MARÉCHAL

Une au moins?

PEQUILLA.

Je le crois.

LE MARÉCHAL

À votre petit air je m’aperçois que vous en ôtes sûre.

PEQUILLA.

Il n’y a pas de mal à cela , n’est-ce pas ?

LE MARÉCHAL

Non, sans doute... s’il a de bonnes intentions.

PEQUILLA.

Lui! ob! assurément... C’est mon père qui s'oppose... parce qu’il y a un vieil alcade...

LF. MARÉCHAL.

Un vieil alcade et une jolie fille... cela ne va guère ensemble.

PEQUILLA.

N’est-ce pas? Un maréchal, qui commande toute l’armée française dans ce pays, vient d’armer, je conseillerai à Auguste d’aller le trouver; peut-être arrangera-t-il tout cela, lui?

LE MARÉCHAL

Mais, mon enfant, le maréchal ne peut guère se mêler de ces sortes d’affaires.

PEQUILLA.

De quoi se mêle-t-il donc ?

LE MARÉCHAL

De l’armée.

PEQUILLA.

Eh bien ! est-ce qu’ Auguste n’est pas de l'armée ?..

le maréchal, souriant.

C’est juste.

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