SCÈNE X
HAILLOT, seul.
Ce pauvre Victor, encore grenadier, au bout de vingt-cinq ans de campagne... l'avancement n’est pas rapide... et pourtant c’était un savant... c'est lui qui écrivait pour tous les camarades... Moi. je ne sais faire que ma croix et pourtant j'ai poussé tout comme un autre... c’est égal, je vais faire les cents coups pour qu'il soit au moins caporal... à la première bousculade qu'on fera aux guérillas, je l'emmènerai aver nous. . . je sais où il y a des taloches à attraper, je le mènerai aux bons endroits, et s'il en revient, il faudra bien qu’on lui lâche les galons... nous les arroserons ici... (lia bu tout en partant et commence S se griser.) Car le vin , ça va surtout... sur la tristesse, comme sur la joie!..
Ai* : Tout à rheurc lan» bien que ihrL [B»»»**cr m Piinoi.}
Non , non , ce n’est jamais en vain ,
Que l’bommc a recours au bon vin...
C’est un ami sûr et certain,
Qu’on trouve là, soir et malin...
Avez- vous un petit chagrin ?
Buvez un grand verre de vin t Vous héritez d’un vieux cousin?
Buvez trois bouteilles de vin !
I n propriétaire inhumain
Vous met à la porte... soudain,
Entrez le marchand de vin !..
Le Mâcon vous rend philosophe.
Le Beaune guérit tous les maux...
U n'est pas une catastrophe Qui tienne contre le Bordeaux ;
Oui la Gironde et la Bourgogne Sont les deux sources de tout bien ;
Cn mari qui serait ivrogne.
Ne s’effraierait jamais de rien ;
La gaîté toujours accompagne Celui qui sait boire en tout lieu...
Le soldat, durant la campagne,
S’il boit sec, est 1’ premier au feu.
Bref, quand on va jusqu'au Champagne,
On devient l’cgal du hou Dieu!..