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A CELLE DE LA GRAVITÉ

Arrivons maintenant à l'examen de la fusion et de la solidification, et nous allons trouver à faire les mêmes observations que précédemment. Pendant Tévaporation des liquides, avons-nous dit, on a à rompre les liens qui retiennent les particules matérielles les unes près des autres, liens moléculaires théoriquement comparables à des pressions extérieures. La même chose doit arriver lors du passage d'un solide à Tétat liquide. Dans ses calculs, le géomètre se contente de représenter toutes ces résistances par un symbole unique; mais le physicien doit aller plus loin, il doit chercher à prendre du phénomène une connaissance plus complète.

Entre une substance à l'état solide et la même substance à Tétat liquide, d'après la théorie ici exposée, existent les différences suivantes : (a) un plus grand rapprochement des parties, (b) un mouvement synchrone des diverses molécules constituant un système oscillant comme un atome unique, (c) une orientation dans les axes de ro-

talion, (d) une adhérence spéciale aux atomes réunis dans un même élément cristallin de la substance.

a. En effet, on peut poser comme règle générale que les solides ont une densité supérieure à celle des liquides, il faut excepter seulement les substances très-peu nombreuses qui se dilatent à l'instant de leur solidification, exemple : l'eau, le bismuth, et dans ce cas, selon toute probabilité, les petits espaces intermoléculaires se resserrent pour former des pores plus larges entre les lames cristallines, pores qui, dans certains cas, sont visibles à l'œil nu.

b. L'orientation moléculaire est rendue évidente par les formes cristallines que revêtent tous les solides obtenus à un état de pureté suffisante. Certaines substances ne nous apparaissent pas sous forme de cristaux lorsqu'elles sont en grandes masses; elles sont nommées amorphes ou vitreuses; néanmoins elles ont une structure régulière qui les rapproche des cristaux, au moins pour leurs dernières particules. Le verre ordinaire lui-même n'est pas dépourvu de toute structure cristalline, comme on peut le reconnaître avec l'acide fluorhydrique.

c. Le synchronisme vibratoire d'un certain nombre de molécules est une conséquence forcée de la réunion de plusieurs d'entre elles dans une même sphère d'activité pour former la molécule du solide, véritable rudiment du cristal, et cette condition moléculaire nous parait évidente, d'après l'action des corps solides sur la lumière ; en effet, quelques-uns sont incapables de transmettre les ondes d'une certaine longueur, précisément à cause du défaut de synchronisme entre ces mouvements et les vibrations propres aux molécules. L'existence du rhythme vibratoire des particules solides nous semble indiquée en outre : 1» par les phénomènes magnétiques; 2° par les différentes raies colorées du spectre lumineux fourni par les corps lorsqu'ils entrent en combinaison à une température élevé»; Z^ par les propriétés particulières aux corps isomorphes.

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