PROPRIÉTÉS DU MOUVEMENT ONDULATOIRE DE L'ÉTQER
parallèle aux oscillations lumineuses, et alors celles-ci, rebondissant à sa surface avec la plus grande facilité, ne pénétreront pas dans le milieu transparent , tandis que le contraire arrivera si la surface du miroir est perpendiculaire à celle des oscillations; car, remontant le milieu normalement, elles pénétreront à l'intérieur.
Fresnel, appliquant aux molécules lumineuses les principes établis en mécaniques concernant la composition des mouvements, a pu rendre compte de toutes les particularités observées dans la transmission et dans la réflexion de la lumière polarisée. Plus tard, Gnuchy, reprenant la question, est arrivé, comme nous l'avons déjà dit, à des formules plus générales comprenant celles de Fresnel, et qui, de plus, ont permis d'expliquer les faits observés par d'autres physiciens.
Les propriétés des vibrations transversales exigent que si deux rayons polarisés se rencontrent à angle droit, il ne peut y avoir destruction des mouvemets ondulatoires, mais alors les molécules prennent un mouvement orbitaire. Ainsi, lorsque deux rayons polarisés ayant des * directions rectangulaires se superposent, on n'observe aucun phénomène d'interférence, bien que dans leur marche ils présentent une différence d'une demi-longueur d'onde, et cependant ils sont ainsi dans les conditions voulues pour interférer. Ce phénomène nous fournit un moyen pour distinguer les rayons naturels de ceux qui présentent des mouvements suivant des orbites elliptiques ou circulaires.
Nous nous arrêtons donc aux conclusions suivantes : i* les ondes lumineuses sont transmises par l'éther sanâ variation dans la densité de ce milieu ; 2' les ondes de la lumière naturelle sont transversales dans les rayons non polarisés ou nalirrels. Nous ne saurions fournir, il est vrai, aucune preuve directe à l'appui de la dernière proposition, mais nous l'admettons par induction. En effet,
si la nature d*un milieu et si les forces qui en solUcîteiil les atomes sont telles qu'un rayon propagé par ce milieu, après avoir été réfléchi ou réfracté, présente nécessairement un mouvement d'un certain genre, après la réflexion ou la réfraction, cette espèce de vibration doit être toujours la même avant ces modiBcations étrangères.
Gauchy, cherchant à établir la nature des forces qui devaient être en action dans le milieu éthéré pour produire des ondes transversales, a reconnu que deux hypothèses sont admissibles : i^ donner aux molécules une puissance attractive variant en raison inverse du carré des distances ; ou 2' supposer les molécules animées d'une force répulsive réciproquement proportionnelle (au moins dans le cas de molécules peu éloignées du contact) à la quatrième puissance des distances, et même à des puissances plus élevées. Or, dans cette seconde hypothèse il ne se produirait pas de dispersion appréciable des couleurs; aussi peut-on l'appliquer au cas de l'éther libre*. Ces résultats sont fondés sur une analyse peut-être un peu approximative; par conséquent, nous ne voulons pas leur accorder une trop grande importance.
Les vibrations transversales étant admises, essayons d'expliquer le mécanisme de leur formation en nous appuyant simpletnent sur les propriétés du milieu dans lequel elles se développent, sans recourir aux calculs élevés delà théorie mathématique. Selon Fresnel la vibration da molécules pesantes produirait, comme effet immédiat, une onde longitudinale ; mais celle-ci diviendrait prompteraent transversale à cause de la résistance de l'éther, attendu que ce fluide, par sa constitution, transmet exclusivement (toujours selon Fresnel) les ondes transversales. Cette ma-
* Caucby, Exercices d'analyse et de physique tnath.f t. 1, p. 289. Briot a trouvé le rapport selon la 6« puissance, comme nous l'avons dit plus haut.