‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 85 sur 111 · ACTIONS ÉLECTRO-DYNAMIQUES · texte numérisé non relu

ACTIONS ÉLECTRO-DYNAMIQUES

Ampère reconnut parfaitement l'importance de ces découvertes, et il écrivait : u Un mouvement qui se continue toujours dans le môme sens, malgré les frottements, malgré la résistance des milieux, et ce movvement produit par faction mutuelle de deux corps qui demeurent constamment dans le même étaty est un fait sans exemple dans tout ce que nous savions des propriétés que peut offrir la matière inorganique il prouve que l'action qui émane du conducteur voltaîque ne peut être due à une distribution particulière de certains fluides en repos dans ces conducteurs, comme le sont les attractions et les répulsions ordinaires. On ne peut attribuer cette action quà des fluides en mouvement dans les conducteurs qu'ils parcourent en se portant rapidement d'une des extrémités de la [nie à l'autre ^. »

Ces faits prouvent que ce que nous avions nommé courant est un véritable e'tat dynamique de la matière, c'està-dire un mouvement s'accomplissant à l'intérieur du conducteur. Reste maintenant à chercher de quel genre est ce mouvement*. Évidemment ce ne peut être qu'un certain mode de vibration, car dans les mouvements vibratoires là force vive du système devenant périodiquement nulle, ils ne peuvent donner comme résultante extérieure un mouvement de translation : ici la vibration doit s'accompagner d'une véritable translation moléculaire ; ou, comme le disait. fort bien Ampère, d'un mouvement de fluides. Avant de quitter le passage d'Ampère que

* Recueil d^obêervations électr (y-dynamiques , p. 205, 8 avril 1822, et p. 297.

* Il est surprenant de voir Grove sur un point aussi capital recourir encore aux forces transyersales, alors que l'impossibilité d'expliquer les expériences d'Ampère à l'aide de ces forces est démontrée. Bien plus, les travaux de l'illustre physicien français ne sont cités naUe part dans le livre sur la corrélation des forces physiques (voir page 157). Il est aisé de présenter une théorie sous un jour favorable en laissant dans l'ombre les points difficiles.

nous venons de rapporter, faisons remarquer la première partie marquée en italique. Dans ces lignes, Fauteur, parlant le langage de son époque» semble admettre que les corps d'où émanent les forées génératrices du courant demeurent dans un état invariable; opinion manifestement erronée. Nul courant électrique ne peut se produire sans une modification correspondante de la substance constituant Télectromoteur; dans la pile cette modification consiste en une altération chimique des liquides et de Tun des métaux employés. Lorsqu'on veut établir une pile, le contaet des éléments est nécessaire, car il assure la conduction de la force électrique; peut-être, et c'est déjà beaucoup dire, il ajoute à Faction électromotrice, mais les phénomènes électrodynamiques nous apprenant que le courant, dans cet' tains cas, produit de la force vive d'une façon contioue, cette force vive ne peut être créée de rien, elle prend donc sa source au sein de Fappareil qui fournit le courant ; dans la pile, cette source est indubitablement Faiteration chimique de ses éléments. Nous pouvons dès lors regarder comme tranchée la fameuse question de savoir quelle est Finfluence du contact des métaux dans la pile. Ampère conclut franchement que ces phénomènes sont très-probablement dus au transport d*un fluide, et, suivant nous, il a raison; mais cette hypothèse a été combattue par certains physiciens qui atl-ribuent le développement da courant à un mouvement vibratoire. Afin d'être à inéme de décider la question, il nous faut préalablement étudier plus sérieusement Forigine et la propagation du courant. En ce moment, nous nous abstiendrons de prononcer entre les deux hypothèses; toutefois la production de mouvements, que des résistances et des frottements incessants ne parviennent pas à détruire, nous oblige à regarder la pile comme une machine en activité, dans laquelle la force est engendrée en certains points, absorbée en d'autres ou

plutôt transformée en travail extérieur, travail qui peut être très-différent de celui obtenu avec les machines ordinaires, mais dont le développement est soumis aux lois générales de la dynamique.

Page 1