LIVRE IV
INTRODUCTION
Limites
lie noire
diMUS^ion.
DimcuUés.
On se tromperait si, d'après le titre de ce dernier livre, on ])ensait que nous avons la prétention de dévoiler le mystère de la matière. Notre but est seulement de résumer ici ce qui a été dit dans les chapitres précédents, et d'appliquer les théories déjà établies à ceux des phénomènes qui pouvant s'y rattacher ont été laissés de côté jusqu'ici. Loin de songer à expliquer l'Univers, nous chercherons seulement à pousser notre induction aussi loin que possible. Si, dans les cas extrêmes, elle se trouve en défaut, cela ne portera aucune atteinte aux résultats acquis ou plutôt conquis par nos premières recherches, et, plein de confiance en l'avenir nous laisserons aux investigateurs qui nous succéderont, le soin de compléter l'œuvre commencée.
Les diflicultés grandissent à mesure que nous pénétrons plus avant dans la question, et que l'objet de nos spéculations s'étend davantage. Les forces étudiées jusqu'ici se révélaient à nous par des phénomènes, qui prennent leur commencement et leur fin dans un mouvement sensible; aussi, bien que leur manière d'agir nous restât inconnue, par le raisonnement nous sommes arrivé à découvrir leur nature, sans rencontrer d'obstacles sérieux. Les forces, dont actuellement nous entreprenons l'examen, se compor' tent tout autrement : tantôt leui-s effets se produisent sans qu'il soit en notre puissance d'en maîtriser les causes, ou de les modifier
dans le sens qui nous conviendrait le mieux ; telle est, par exemple, la gravité ; tantôt elles changent les propriétés des corps : telles sont les actions chimiques. Nous avons donc à résoudre le double problème de définir l'état antérieur des corps et d'expliquer le changement survenu ; il nous faudra faire des hypothèses aussi bien sur la manière dont s*accomplit la réaction, que sur l'état des parties qui y contribuent. Nous courons donc grand risque de ne pouvoir nous laisser guider par l'enchaînement des faits, ce fil conducteur grâce auquel jusqu'ici nous ne nous sommes pas égaré dans le dédale des phénomènes naturels. De plus, dans la nouvelle classe des phénomènes qu'il nous reste à examiner, un même fait se prête à plusieurs interprétations différentes, et il n'est point aisé de discerner quelle est la vraie.
Vu la difficulté du sujet, assurément nous ne parviendrons pas, ExcepUoD. malgré nos eflbrts, à traiter tous les points à Tentière satisfaction de nos lecteurs, et de nous-même. Nous croyons utile de faire cette réserve avant d'entrer en matière, aGn que l'on ne nous accuse pas de forcer nos conclusions, et de donner pour certain ce qui est seulement conjectural.
Disons tout d'abord que notre intention est de considérer exclusivement la matière inorganique ; nous ne parlerons pas des phénomènes de la vie végétale, encore moins de ceux qui s'accomplissent dans les animaux où une autre substance associée à la macère en modiHe les opérations, de telle sorte que souvent les effets observés diffèrent beaucoup de ceux que produirait la matière inanimée, abandonnée aux lois qui lui sont propres. C'est là un autre ordre de phénomènes dont l'examen ne rentre pas dans le cadre que nous nous sommes tracé. Cependant les êtres qui sont le théâtre de ces opérations spéciales n'échappent pas à Tinfluence des agents physiques ordinaires. Ainsi la chaleur est indispensable à la naissance et à la vie des êtres organisés ; sans la lumière, la plupart d'entre eux ne sauraient se développer, et sur tous elle exerce une action bienfaisante ; l'électricité est sans cesse mise en mouvement dans l'organisme, tant par l'effet des réactions chimiques que par les actes physiologiques. C'est donc seulement sous ce rapport que nous . en parlerons.
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