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CHAPITRE PREMIER

KOTIOffS ET LOIS GÉNÉRAIiES DU CALORIQLE

Pour les anciens, le feu était la cause de la vie : ils le regai*- QuVbi ce quidaient comme le principe animant l'univers ; aussi armèrent-ils du feu la main droite de Jupiter tonnant. Agent subtil, incoercible, capable de tout traverser, de tout détruire et de tout modifier, il a été, avec raison, depuis les temps les plus reculés compté parmi les grandes forces de la nature. Mais le feu est un phénomène assez complexe : il suppose un grand dégagement de chaleur dans un corps, avec production de lumière et altération chimique des substances qui entrent en combustion. Ces effets sont causés par un certain agent ou principe mis en activité.

Pour le connaître, la science moderne, précisant les vagues notions de l'antiquité, a distingue ses diverses manifestations et a reconnu son influence dans certains phénomènes, auxquels, à première vue, il ne semble prendre aucune part. Les efl'els d'élévation de température, de production de lumière, de décomposition dus à Tagent calorifique, ont été soigneusement séparés des phé-

SECUU. — FOnCES MITSigUES. — 1* ÉDITION. 1

chaud.

nomènes singuliers, d'un genre analogue, qui accompagnent le feu céleste, c'est-à-dire la foudre, déjà appelée feu électrique par les premiers électriciens. Enfin, on a réussi à montrer clairement son incessante intervention dans l'économie de la nature et à en pénétrer le mystère. Il a fallu d'abord analyser tous les faits, toutes les observations ; à présent la science doit suivre une autre méthode, elle doit rapprocher et mettre en parallèle tous les phénomènes partiels ordinairement réunis en un seul phénomène naturel. Mais Texposé de cette grande synthèse serait inintelligible et sans fondement si elle n'était précédée d'une analyse rigoureuse ; par conséquent, en développant le sujet de ce livre, nous commencerons par exposer séparément les divers aspects sous lesquels la science reconnaît l'action de cette cause universelle, et nous ne formulerons pas une définition avant de pouvoir la déduire des faits cités auparavant.

Semaiion de Nous examinerons d'abord l'action et les lois du principe qui produit en nous la sensation du chaud ou de la chaleur, et qui a reçu des physiciens le nom de calorique pour le distinguer de la sensation elle-même ^ Mais, outre cet effet produit sur l'homme et tous les êtres doués de sensibilité, la présence du calorique se manifeste dans les corps non organisés par un changement de volume, et, d'une manière générale, on peut dire que dans toutes les substances une addition de calorique est accompagnée de dilatation, et une soustraction, de contraction.

La sensation dont il vient d'être question est un phénomène purement vital d'un genre complètement différent de la dilatalion des corps, et bien qu'il se produise d'abord par une telle dilatation^ cependant Tune n*a rien de commun avec l'autre ; en effet, dans les très-violenles soustractions de calorique faites au corps de Thomme, telles qu'on peut les obtenir par le contact de corps très-froids, on a une sensation de brûlure semblable à celle que l'on éprouve en touchant un corps rouge de feu. A cause de cela nos perceptions tactiles ne pourront jamais notis servir de guide pour mesurer l'intensité du calorique et encore moins pour connaître sa nature.

' Nous userons cependant indislinctemcnt des mots chaleur et calorique, bien (Jue le terme chaleur soit par quelques-uns réservé exclusivement a la sensation;

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