NOTIONS ET LOIS GENEUALLS
donc ce corps solide, pour se liquéfier, a absorbé tout le calorique contenu dansTeau, et il était de 79 calories; ce calorique, n'ayant produit aucun effet sensible sur le thermomètre, est appelé latent; mais évidemment il a produit un autre effet ; il a détruit les liens qui tenaient réunies les molécules de Teau solide, et leur a rendu la mobilité propre aux liquides.
De même, aussi, lorsqu'un corps passe de Tétat liquide à Tétat de gaz, une certaine quantité de chaleur devient latente^ cette quantité est de 606,5 calories pour, l'eau. Réciproquement, en condensant la vapeur à Fétat liquide, on rendra libres les 606,5 calories absorbées dans le phénomène inverse, de même dans la solidification de Feau les 79 calories absorbées par la fusion de la glace se dégagent. Donc, en réalité, la quantité absolue de calorique n'est pas égale dans un corps sous ses divers états la température étant toujours la même; cette chaleur peut donc recevoir le nom de chaleur latente. Les dénominations précédentes, et beaucoup d'autres, furent suggérées par certaines idées théoriques très-anciennement acceptées sur la nature du calorique; nous en verrons la véritable signification physique : .pour le moment, nous les accepterons comme termes de convention renfermant l'énoncé des faits.
Cependant, pour ^'affranchir de ces vieilles idées, les modernes commencent à employer les expressions de calories de température^ de fusion^ d'évaporation^ de dilatation.
CnvQuiÈBiE LOI. — La dilatation des corps varie suivant la nature Rapport dota de la substance et de leur état physique. Pour les gaz on peut ad- de/Toimne» mettre comme approximative cette loi, que les dilatations sont fn^oportiotinelles aux températures^ et que les densités varient en raison directe des pressions. La première partie de cette loi établie par Gay-Lussac (aussi en porte-t-elle le nom), était regardée comme vraie pour tous les gaz et les vapeurs ; mais il a été démontré par M. Regnault qu'elle est d'autant plus éloignée de la vérité que le corps aériforme est plus voisin de son point de liquéfaction. Pareille observation s'applique à la deuxième partie de l'énoncé précédent, connue sous le nom de loi de Boyle ou de Mariette. Elle n'est vraie que pour les gaz dits parfaits^ c'est-à-dire très-éloignés de leur point de liquéfaction. Ces lois sont des lois
Ancienne notion du
limites auxquelles satisfont les substances, à la condition d*étre soustraites à toutes les influences perturbatrices des forces nommées moléculaires qui exercent toute leur action quand le corps approche d'un changement d'état. De même pour les astres, le mouvement elliptique est une loi limite convenant au cas d'un corps central unique et d'un astre unique circulant autour de lui ; mais comme il existe plusieurs planètes, le mouvement elliptique n'a lieu qu'approximativement. La force expansive que les corps, et spécialement les gaz, reçoivent du calorique, est celle qui est utilisée comme puissance motrice dans toutes les machines à feu^ et c'est en vertu de cette force expansive que la machine fait un travail, comme nous le verrons mieux dans la suite.
Le calorique est dit un impondérable^ car les corps, pour être chauds, n'en sont paâ plus lourds que lorsqu'ils sont très-froids; on en admet l'existence dans tous les corps, parce que, quelque refroidis qu'ils soient, on peut toujours les supposer soumis à un refroidissement encore plus grand. Nous citerons les autres lois à mesure que le besoin s'en fera sentir. Examinons actuellement quelle est la nature du calorique.