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Mormolyce feuille. Mormotyce phyllodes, Hag

qu'ils restent en repos; l'oiseau avide y est lui-même trompé. Tels sont certains Mormolyces. Chez eux ce sont les ailes qui se trouvent transformées en vertes membranes, donnant à l'animal l'apparence d'une feuille animée.

Quelques espèces se font remarquer par l'étrangeté de leur aspect. Tels sont surtout les Membraces, dont le corselet est hérissé de pointes, de lames, ou de gibbosités extrêmement

bizarres, ce qui les transforme en autant de monstruosités. On croit voir une mascarade d'insectes, un véritable jeu de la nature, lusus naturœ, quand on en a plusieurs sous les yeux. Également frappé de leur forme singulière, le vieil entomologiste Geoffroy les désignait sous le nom de Petits Diables. A de si frêles espèces, car toutes sont de la moindre dimension.

40. Menibraces diverses, très-amplifiées. Petits diables de Geoffroy.

on ne conçoit réellement pas à quoi peuvent servir tant de fantastiques appendices, si embarrassants pour leur taille et leurs mouvements !

Si, chez les Insectes, quelque chose surpasse la diversité des formes, c'est leur prodigieuse variété de coloration. Leur manteau brille des plus riches couleurs de la nature; son éclat ne peut être comparé qu'aux pierreries et aux métaux.

L'or le plus pur, l'argent, le saphir et l'émeraude resplendissent sur leurs ailes et leur corsage ; leurs teintes s'y mélangent, s'y heurtent, ou s'y dégradent insensiblement.

Quelques groupes sont surtout remarquables par la richesse de leur parure, tels sont les Buprestes, qui doivent le surnom de Richards à leur éclat métallique ; tels sont aussi les Charançons, resplendissants comme des pierreries, et qui, ainsi que les précédents, en tiennent lieu aux Indes et à la Chine, où l'on en confectionne des bijoux pour les femmes, des épingles ou des pendants d'oreilles.

Au nombre des genres brillants, nous trouvons aussi les Cétoines, dont les élytres sont souvent bariolées des plus

41. Cétoine sanguinolente. 42. Cétoine bleue. 43. Cétoine biche. 44. Bupreste impérial.

belles teintes veloutées, et enfin, les Carabes et les Calosomes tout ruisselants d'or.

Comme l'a dit le grand Linnée, la nature ne fait point de sauts, Natura norifacit saltum; et chez les Insectes elle procède, comme partout, à l'aide d'insensibles transitions.

Nous sommes habitués à ne reconnaître un Papillon qu'à ses amples ailes, et, cependant, les naturalistes ont découvert plusieurs espèces de cet ordre qui n'en ont point. Mais on s'aperçoit que si quelques individus de ce groupe sont privés de ces organes, d'autres nous en offrent de vestigiaires, pour marquer la gradation.

Ainsi, par exemple, si la femelle de la Phalène nue ou dé-

feuillée est absolument dépourvue d'ailes, nous trouvons tout à côté de celle-ci la Phalène hyémale, dont la femelle en possède

45. Phalène hyémale, mâle et femelle. 46. Phalène nue, mâle et femelle.

de rudimentaires, pour former le passage aux autres espèces d'un ordre où tous les animaux ont quatre ailes fort grandes.

De même, lorsque l'ordre des Mouches ou Diptères se dégrade pour passer aux espèces privées d'ailes, il subit des modifications analogues.

Certaines Mouches, qui ne volent jamais et restent toute leur vie accrochées entre les plumes des hirondelles, ont cependant encore des vestiges d'ailes, mais tout à fait impropres

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