‹ L'UniversChapitre 137 sur 348 · ACADÉMIE OD GYMNASE MILITAIRE · texte numérisé non relu

ACADÉMIE OD GYMNASE MILITAIRE

Dans le but de ne pas laisser oublier aux ofliciers et aux soldats, pendant la paix, le métier de la guerre, et dans la crainte que l’oisiveté ne les rendît incapables de résister aux Tartares, Taï-tsoung établit partout des académies ou des gymnases militaires, où l’on s’exerçait a tirer de l’arc, et il assistait lui-méme très-souvent à ces exercices, qu’il faisait exécuter dans son propre palais. Les grands lui firent des remontrances à ce sujet, prétendant qu’il dérogeait à la dignité suprême. «Nous avons une loi, lui dirent-ils, qui porte peine de mort pour quiconque osera paraître dans les lieux qu’habite le prince avec des armes tranchantes. Convient-il que Votre Majesté appelle chaque jour dans son palais les officiers et les soldats pour les exercer au maniement des armes? Il ne faut qu’un maladroit, ou un perfide qui fasse semblant de l’être, pour nous plonger dans le plus grand maXieur, etc. »

L’enipereur ne tint aucun compte des craintes simulées de ses courtisans; il continua d’agir comme par le passé, et de donner tous ses soins au gouvernement de l’empire.

Dans le but de consacrer la mémoire des grands hommes de tout genre qui brillaient sous son règne, il fit construire une salle dans laquelle il plaça les portraits des plus célèbres d’entrç eux.

t BEAUX TRAITS DE TAÏ-TSOUNG.

' La cinquième année de son règne , Tàï-tsoung envoya en Tartarie, aux familles turques, de grandes sommes d’argent et des étoffes, pour faire re- ' venir en Chine plus de huit cent mille Chinois faits esclaves pendant les guerres avec les Tartares. Sur la fin de cette même année, les contrées situées entre le Thibet, la province de Ssetchouan en Chine , et le pays de Kokonor (nommées Thanq-hiang) , furent divisées en seize départements.

Le prince de Kany, ville située près de Samarcande, dans la Transoxane , demanda à être sujet de l’empire, ce qui lui fut refusé.

C’est à la septième année du règne de ce grand empereur que les historiens chinois rapportent un fait trop extraordinaire et trop moral pour que nous le passions sous silence. Taïtsoung portait une attention extrême à tout ce qui se rattachait au gouvernement. Un jour il voulut aller luimême visiter les prisons publiques ; ii y trouva trois cent quatre-vingt-dix criminels condamnés à mort; il les renvoya à la campagne pour faire la moisson, avec ordre de se remettre entre les mains de la justice après la récolte. Tous revinrent exactement au temps prescrit pour être décapités à la grande exécution d’automne. L’empereur fut si touché de leur fidélité à tenir leur parole , qu’il leur fit grâce à tous , et les renvoya dans leurs familles. (Voy.

la pl. Cl. Tiré des Faits mémorables des empereurs chinois).

Ce fut à cette occasion que Taïtsoung publia une ordonnance qui prouverait à elle seule combien cet empereur était digne de gouverner un grand peuple, et quelle responsabilité morale il attachait a l’accomplissement de tous ses devoirs : Il ordonna que désormais les empereurs chinois , avant de confirmer ta sentence de mort contre les criminels, seraient trois jours en abstinence; c’est-à-dire, qu’il n’y aurait point de musique, qu’ils il habiteraient pas avec les femmes , qu’ils ne mangeraient que des

mets grossiers, et feraient desprières.

L’empereur Taï-Tsoimo aimait fort un salon qu’il avait fait bâtir sous deux rands arbres; il y allait souvent prenre le frais. Un de ses ministres l’y étant venu trouver, loua beaucoup les deux grands arbres qu’il savait que l’empereuraimait. Taï-tsoung lui dit :

Un tel (en lui nommant un ministre sincère) m’a toujours dit de me défier des flatteurs. Qu'ont de particulier ces arbres pour exciter à un tel point votre admiration f

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