‹ L'UniversChapitre 161 sur 348 · SOINS DONNÉS PAR HIODAN-TSOUNQ AU GOUVERNEMENT DE L’EMPIRE · texte numérisé non relu

SOINS DONNÉS PAR HIODAN-TSOUNQ AU GOUVERNEMENT DE L’EMPIRE

L’empereur, au commencement de son règne, ayant voulu donner tous ses soins au bon gouvernement de l’empire, envoya des inspecteurs dans toutes les provinces pour remédier aux abus et aux vexations de toutes natures dont elles étaient le théâtre; il leur prescrivit de l’instruire exactement de la conduite des mandarins , de la culture des terres et de l’état des manufactures. Le bruit s’étant répandu qu’on allait faire choix d’un grand nombre de jeunes et belles filles pour les faire entrer au palais, l’empereur, en ayant été instruit, fit voir qu’il était mensonger, en renvoyant dans

(*) Voy. Amiot , Portraits des chinois célébrés ; Mémoires sur les Chinois , t V, pag. 35a.

leurs familles un grand nombre de celles qui étaient déjà au palais , ne retint que celles qui n’étaient plus en âge de se marier, ou qui étaient sans ressources, et il abrogea la coutume qui s’était introduite, d’offrir chaque année au souverain un certain nombre de jeunes filles chinoises parmi les plus belles qui se trouvaient dans les différentes provinces de l’empire. Cet empereur regardait le luxe comme la perte des bonnes mœurs, et il voulut i'extirper. Il fît des lois somptuaires pour le réprimer , défendit l’usage des pierreries et des métaux précieux dans les ameublements et dans les habits, régla la forme des équipages, et fut ie premier à porter la réforme dans son propre palais. Il se flt apporter un jour tous les vases d’or et d’argent, une quantité de meubles récieux, d’habits brodés, et les fit râler devant la porte de son palais , afin de réprimer par son exemple l’amour effréné de l’or et des richesses qui s’était emparé des grands de la cour, lesquels se ruinaient par d’inutiles dépenses en somptuosités superflues.

Il porta un édit qui interdisait la pèche des perles, et il distribua beaucoup d’argent pour les besoins pressants du peuple.

De si bellesdispositions 11e durèrent pas; l’empereur, qui avait si bien commencé son règne, se laissa bientôt aller à l’abus des plaisirs efféminés contre lesquels il paraissait avoir voulu se prémunir. Il aimait passionément la musique dans laquelle il excellait. Les historiens chinois lui reprochent comme un crime capital, dans les commencements de son règne, où il ne montrait encore que des vertus, d’avoir établi dans l’intérieur de son palais, une académie de musique, dont il se fit le chef, en donnant lui-même des leçons de chant à plus de cent jeunes filles ui en étaient les seules actrices, et es actrices de son choix. Il s’amollit tellement dans ces exercices, qu’il prit peu à peu du dégoût pour les affaires, et qu’enfin il ne se mêla presque plus du gouvernement. Voici les propres paroles d’un écrivain chinois : « Il est

certain que Hiouan-tSoüng était un prince accompli, avant l’époque fatale de son changement. II commença par un simple amusement, et finit par les plus grands désordres. Il aimait la musique, il la savait très-bien; mais au lieu de ne la cultiver que pour se récréer par intervalles, il s’en fit une occupation sérieuse; il passa les bornes de la décence; il devint maître de chant. Était-ce là une occupation , ou même un amusement digne du fils du ciel? Voilà ce que deviennent les plus grands hommes quand ils ne savent pas mettre un frein à leurs passions; ils en sont tyrannisés jusqu’à leur obéir dans les choses tes plus indignes et les plus basses. »

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