RÈGNE DE TAI-TSOU (980- 97S
Le premier empereur de la dynastie des Smtng (Taï-tsoü (*), le premier ancêtre f ou l’ ancêtre fondateur de la dynastie) possédait toutes les qualités
3ue les écrivains chinois demandent ’un bon souverain. Il était plein de fermeté et de démence , sage , frugal , et très - appliqué aux affaires du gouvernement. La possession prolongée du pouvoir et l’atmosphère empoisonnée des cours n’avalent pas encore corrompu ses qualités et son bon naturel. Pour se rendre accessible à tou* ses sujets, il ordonna, dit-on, que les quatre portes de son palais , qui faisaient face aux quatre points cardinaux , fussent toujours ouvertes , « voulant, disait -il, que sa maison fût semblable à son cœur, qui était ouvert à tous ses sujets. » Aussi était-il acces-
(*) Voy. son portrait , pl. 6ï, n° *.
sible à toute heure , et toujours prêt à recevoir les suppliques de ceux qui voulaient lui en présenter. Il bannit le luxe de sa cour. Sa douceur termina de longues guerres entre plusieurs souverains qui se soumirent à lui. Sorti des rangs du peuple , où les fatigues et les privations de toutes sortes se font mieux sentir que dans les palais, il conserva toujours une grande commisération pour ses souffrances. Pendant un hiver très-rigoureux , il avait une armée qui se battait contre lesTartaresdu Liao-toung ; il apprit que les soldats souffraient beaucoup du froid , et il en fut désolé. Dans un mouvement de sensibilité, il se dépouilla de ses vêtements fourrés , et les envoya au général qui commandait cette armée, en lui faisant dire qu’il regrettait de ne pas en avoir cent mille pareils, pour en envoyer un à chaque soldat.
Dans une autre occasion , il montra encore plus de sensibilité et de compassion pour le peuple. Un de ses premiers généraux assiégeait la ville de Nan-king, qui était réduite à la dernière extrémité. Voyant que les habitants , qui résistaient toujours, allaient être passés au fil de l’épée , il rassembla les généraux et les principaux ofTiciers qui assistaient au siège de cette place , et il leur lit promettre, par serment, qu’ils ne laisseraient mettre à mort aucun habitant de la ville. Cependant, au milieu du tumulte , il y eut quelques personnes de tuées. L’empereur rapprenant, s’écria en versant des larmes : «Quelle triste nécessité que celle de la guerre, qui ne peut se faire sans qu’il en coûte la vie à des innocents ! » Et, pour réparer autant qu’il était en son pouvoir les maux causés par un long siège , il lit distribuer cent mille mesures de riz aux assiégés.