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CALAMITÉS, CONTINUATION DE LA RÉFORME DES ASUS

L’empereur Jin-tsoung avait une vertu dominante, dont son nom indique bien le caractère (**): il aimait avec affection le peuple qu’il était chargé de gouverner; et il voyait avec douleur qu’une épidémie faisait de grands ravages dans la capitale de l’empire. Il ne voyait pas avec moins de chagrin, dit-on, que, depuis qu’il était sur le trône, le soleil s’était éclipsé , une comète avait paru , il y avait eu deux tremblements de terre , la famine, la sécheresse, et les inondations des rivières avaient ruiné plusieurs provinces. Jin-tsoung assem-

(*) Voy. psg. 187 et suiv.

.(**) J"1 signifie en chinois humain, qui aime les hommes.

24' Livraison. (Chine. )

bla les grands de l’empire, pour les consulter sur les conjonctures présentes: les uns dirent que l’empereur devait imiter l’exemple de Tchingtang (*) ; les autres prétendirent que le culte de Fo , si favorisé par les empereurs , était cause de toutes les calamités. Jin-tsoung se contenta de faire des proclamations dans lesquelles il déplorait les malheurs du peuple, en les attribuant aux fautes qu’il avait pu commettre, et il laissa les lamas et les bonzes en possession de tous leurs privilèges.

Il n’en fut pas de même pour les eunuques, qui cherchaient à ressaisir leur ancienne influence. Instruit de tous les maux qu’ils avaient causés par leurs intrigues et leur crédit aux dynasties précédentes, il défendit de les nommer à aucune fonction publique.

Ses réformes se portèrent aussi sur la répartition des impôts. Il envoya dans les provinces méridionales des commissaires pour examiner la nature et la valeur des terres qui pouvaient être affermées, et des terres labourées. Ces commissaires trouvèrent que les taxes , étaient mal assises ; ils réformèrent les registres ou contrôles de l’impôt réel a percevoir sur les terres.

Au commencement de l’année 1315, l’empereur Jin-tsoung envoya d’autres commissaires - inspecteurs dans tout l’empire pour examiner la conduite des mandarins. Il apprit par eux que les provincesdu midi avaientbeaucoup souffert des vexations de plusieurs mandarins, et qu’il régnait beaucoup de mécontentement dans les populations. L’apparition d’une comète vint renouveler les terreurs de l’empereur, qui s’empressa de publier une amnistie générale, et d’exempter de tout impôt pendant deux années entières les provinces du Kiang-si et du Tché-kiang, qui avaient le plus souffert. Les autres provinces furent aussi soulagées en proportion des désastres qu’elles avaient éprouvés.

(') Voy. pag. 6a et pl. 14 , où il faut lire Tching au lieu de Thing.

Jjn TsouNfr mourut âgé de trentesix ans, l’année 1320 de notre ère. Les historiens chinois louent son éloignement pour la chasse et les plaisirs, son application aux affaires, son respect filial, et la protection qu’il donna aux sciences et aux savants.

Yng-tsoüng (1321-1323) succéda au précédent empereur, qui l’avait nommé prince héritier. Ce fut le premier empereur mongol qui s’instruisit à fond des cérémonies chinoises qui se pratiquent au temple des ancêtres , et, par l’accomplissement de ces cérémonies, il se concilia à un haut degré l’amour des Chinois. Il l’accrut encore ar une amnistie générale qu’il publia ans tout l’empire.

Cet empereur aimait beaucoup la chasse, et il pensait, au commencement de l’année 1321, à agrandir les lieux de chasse aux environs de la capitale; il voulait faire bâtir de distance en distance des palais , des écuries et des logements pour les gens de sa suite. Son premier ministre, nommé Peî-tchou, qui aimait aussi beaucoup la chasse, représenta à l’empereur que cela ne pouvait se faire sans de grandes dépenses , et sans opprimer le peuple. Yng-tsoung renonça à son dessein , et protesta qu’il ne voulait plus penser qu’à soulager le peuple. De grands seigneurs de la cour, avant formé une conspiration contre l'empereur, furent mis à mort l’année 1321 sur l’avis du premier ministre. Celuici ayant voulu s’opposer à la domination des prêtres de Fo , qui exerçaient un grand empire sur l’esprit de Yngtsoung, ils se liguèrent contre lui ; et comme ils voyaient dans la fermeté, la vigilance et" la probité de ce premier ministre un obstacle à leurs desseins , ils résolurent de le faire périr. Ce fut lefils adoptif de l’empereur qui se chargea de l’exécution de ce crime. Une nuit ce jeune homme, suivi de plusieurs soldats, tua Peï-tchoü, et ensuite entra dans la tente de l’empereur qu’il tua aussi de sa propre main, âgé seulement de vingt et un ans.

L’empereur qui occupa le trône après ce double assassinat, fut Taï-

ting (1324-1328), qui portait le nom mongol de Yesun temour. Un mois après avoir pris possession du pouvoir, il fit mettre à mort les meurtriers de son prédécesseur ainsi que leurs complices, et anéantit toute leur race.

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