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AMBASSADE RUSSE

En 1656, arriva, à la cour dePéking, la première ambassade moscovite ; mais elle n’eut point de succès, parce que l’ambassadeur ne voulut pas s’assujettir au cérémonial chinois. Il arriva aussi à la même côur une ambassade hollandaise , composée avec beaucoup de magnificence; mais elle n’eut pas plus de succès.

Le nouveau gouvernement tartare eut à soutenir encore plusieurs combats sur mer, avant d’etre maître des provinces maritimes. Sa (lotte ayant éprouvé une rude défaite , quatre mille soldats tartares furent faits prisonniers. Le commandant de la (lotte victorieuse leur fit couper a tous le nez et les oreilles, et les laissa sur le ri-

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CHINE

vage. Les Tartares ne pouvant supporter ce spectacle accusateur, on les lit tous mourir parordre de l’empereur.

Le chef de la flotte chinoise, fils du pirate fameux dont il a déjà été question, ne croyant pas pouvoir résister plus longtemps aux armées tartares, se retira sur Plie de Formose, que possédaient les Hollandais. Il la leur enleva après plusieurs combats, et y établit sa domination.

Le descendant des Ming, nommé empereur sous le nom de Youttg-li, dans les provinces méridionales, avait été obligé de quitter le territoire de l’empire pour se réfugier dans le royaume du Pégou ( Mien-kouê) , sur les confins de la province du Yun-nân.

Ce voisinage inquiétait encore l’empereur tartare ; il envoya des troupes sur les frontières de cet État, avec des lettres menaçantes pour le roi , afin de se faire remettre le fugitif. Il fut livré aussitôt avec toute sa famille, et amené à Pcking, où il fut étranglé.

L’empire chinois étant ainsi entièrement conquis , l’empereur s’abandonna à ses passions longtemps comprimées. Il s’éprit violemment d’une jeune dame tartare, remarquable par sa beauté. Ayant mandé le mari de cette dame a’ la cour, il lui donna un soufflpt. Le Tartare offensé ne put survivre à cet outrage; il en inourutdechagrin. L’empereur épousa aussitôt sa veuve ; mais celle-ci étant morte au bout de quelque temps , l'empereur, qui l'aimait éperdument, fut inconsolable de cette perte; il voulait, dit-on, se donner la mort, si les eunuques et les autres impératrices ne l’en eussent empêché. Mais, pour apaiser sa douleur, il fit, à la manière «arbore de sa nation (*), immoler trente hommes sur la tombe, de cette créature , dont il fit réduire le corps en cendres sur un magnifique bûcher. Il recueillit les cendres, et les enferma dans une urne d'argent, ensuite il voulut quitter le monde, se fit raser la tête, et courut de pagode en pagode, comme un i. sensé.

(*) Voy. p. 109 h 2îg.

28" Livraison. (Ciiink.)

Cependant la raison lui étant un peu revenue, il reconnut ses fautes. C elles dont il se repentait le plus, dit-on, furent celles de n’avoir pas bien gouverné, d’avoir mal récompensé ses fidèles conseillers , d’avoir méprisé les bons avis de sa mère, d’avoir retranché des gages de ses domestiques, d’avoir été avare , d’avoir fait des dépenses inutiles avec l’or de ses sujets, d’avoir souffert les eunuques à sa cour, d'avoir aimé sa dernière femme d’un amour désordonné, et autres fautes pareilles dont il s’accusait luimême. Ensuite il déclara que sa mort était prochaine, et nomma pour son successeur à l’empire chinois son plus jeune fils, qui n’avait que huit ans, et qui est devenu célèbre sous le nom de Khakg-hi. Il lui nomma en même temps quatre tuteurs. Puis il se fit apporter le manteau impérial , s’en revêtit, et, se repliant en quelque sorte sur lui-même, il dit à ceux qui l’environnaient: J’irai bientôt retrouver mes ancêtres. A peine avait- il achevé ces mots au’il expira (1662), âgé seulement de vingt-quatre ans.

Selon les historiens chinois, cet empereur régna sur 14,883,858 familles, lesquelles, en accordant six personnes par famille, donnent une population de 89,000,000.

Khang-hi ( l'inaltérable paix) (1662-1722). Le règne de cet empereur, contemporain de Louis XIV, auquel les missionnaires jésuites l'ont souvent comparé, est un des plus longs et des plus brillants de l’histoire chinoise; c’est aussi l’empereur chinois le plus connu des Européens; car c'est sous son règne et sous celui de son petit-fils Khian-loung , que les missionnaires jésuites les plus instruits traduisirent pour la première fuis plusieurs des principaux livres chinois, qu’ils envoyèrent en Europe, avec un grand nombre de mémoires et d’autres travaux, qui ont été pour la plupart imprimés en France, dans le courant du dix- huitième siècle (*).

(*) Voici les litres des principaux de ce» ouvrages :

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