MESURES RIGOUREUSES PRISES CONTRE LES MISSIONNAIRES
Dès la première année du règne de cet empereur, les missionnaires européens, qui avaient été. plus ou moins tolérés sous Khang-hi, furent vivement inquiétés; les lettrés de l'empire, qui voyaient avec peine l’introduction a’une nouvelle religion , mise par eux au même rang que celle de Ko ou des Tao-sse, repr sentèrentà Youngtching que ces étrangers avaient trompé son père, l’empereur Kiianoh r, et que ce prince avait beaucoup perdu de su réputation, en leur per-
CHINE
irtettant par trop de condescendance de s’établir dans les provinces. Le Tsoung-tou ou gouverneur du Foukian, présenta une requête à l’empereur à ce sujet, dans laquelle, après lui avoir rendu compte des raisons importantes qu’il avait eues de proscrire la religion chrétienne dans toute l’étendue de son gouvernement, il le suppliait, pour le repos de l’empire et le bien de* peuples, d’ordonner que ces étrangers tussent renvoyés des provinces, et conduits ou à la cour ou a Macao, et que leurs temples fussent employés à d autres usages.
Ce placet fut remis au tribunal des rites pour déterminer ce qu’il y avait à faire. La sentence de ce tribunal fut de conserver à la cour les Européens qui y étaient, et d’y faire venir ceux des provinces qui pouvaient y être utiles ; mais pour les autres, de les conduire à Macao, de changer les temples en maisons publiques, et d'interdire rigoureusement leur religion.
Cette délibération du tribunal des rites fut confirmée par l’empereur, qui y ajouta seulement que les vicerois des provinces leur donneraient un mandarin, pour les conduire à la cour ou à Macao, afin de les garantir de toute insulte.
Les missionnaires résidant à Péking s’adressèrent à un frère de l’empereur, qu’ils croyaient leur protecteur, pour obtenir la révocation de l’arrêt; ce fut inutilement; ils n’en reçurent que cette réponse humiliante ; « Nous n’allons pas en Europe imiter votre conduite; vos disputes sur nos coutumes vous ont beaucoup nui ; il ne manquera rien à la Chine quand vous cesserez d’y être. » Ils demandèrent alors que leurs frères ne fussent pas envoyés à Macao , mais seulement à Canton; ils sollicitèrent une audience de l’empereur, qui, la leur ayant accordée, leur dit entre autres choses : « J’ai dû pourvoir au désordre excité dans le Fou-kian ; c’est une affaire de mon gouvernement Que
diriez -vous si j’envoyais dans votre pays une troupe de bonzes (prêtres bouddhiques). Du temps de votre con-
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frère Ricci , vous étiez en petit nombre , vous n’aviez pas des disciples et des églises dans toutes les provinces.
Ce n’est que sous le règne de mon père ue vous vous êtes étendus avec rapiité ; nous le voyions alors , et nous n’osions rien dire ; mais si vous avez su trom|«r mon père, n’espérez pas me
tromper de même Vous voulez que
tous les Chinois se fassent chrétiens, et votre loi le demande, je le sais; mais alors que deviendrions-nous? dans un temps de troubles , ils n’écouteraient pas d’autres voix que la vôtre. »