‹ L'UniversChapitre 95 sur 348 · SCR L’ÜSAGK DE L’ARC · texte numérisé non relu

SCR L’ÜSAGK DE L’ARC

« 1° Chi-hoang-ti le défendit de son temps. Le vrai motif qu’il eut d’agir ainsi , fut de prévenir des révoltes qu’il avait sujet de craindre. Il en prétexta un autre. Il survenait des querelles où l’on se tuait de part et d’autre. Il dit que c’était pour empêcher ces désordres qu’il publiait sa défense. Elle fut observée avec ri-

(*) Du Halde, t. H, p. 53t.

gueur; mais elle ne fit pas cesser les querelles. Toute la différence fut que depuis on se battit de plus près, avec des marteaux , par exemple , et de semblables instruments de métiers ou de labourage. Quant au vrai motif qu’avait Chi-hoang de faire la défense, elle n’eut pas plus de succès. Malgré cette défense , if se vit battu par les troupes d’un homme de rien, armées plutôt de bâtons que d’armes; et peu après il perdit l’empire.

« 2° Il y a, dit-on , maintenant bien des voleurs : c’est pour en diminuer le nombre, ou pour faire qu’ils nuisent moins. Bien loin que cette défense soit utile au dessein qu’on se propose, elle y est nuisible. Les méchants la violeront, comme ils violent tant d’autres lois; il n’y aura que les bons qui la garderont": ils seront par là hors d’état de donner d’utiles conseils aux méchants, qui en deviendront plus hardis.

« 3° La défense qu’on projette est contre la pratique de nos ancêtres :

bien loin a’ôter l’arc et les flèches à leurs sujets, ils en recommandaient l’exercice ; il y avait pour cela des temps réglés. Nous lisons dans le livre des rites : Quand dans une famille il nait un fils, on pend devant la porte un arc et des flèches. » .

Le successeur de Wou-ti fut un

firince animé de bonnes intentions pour e bien public. Il fit prélever sur les riches un emprunt forcé en grains pour soulager les classes pauvres ; il conclut une paix avec les Tartares, et, en mourant à la fleur de son âge, il laissa l’empire entre les mains d’un oncle indigne en tous points de la haute dignité qui lui fut confiée. Il fut bientôt v détrôné par les grands.

Siouen-ti (73 avant J. C.), qui le remplaça, avait été élevé dans une prison ,*où sa mère avait été renfermée par ordre de Wou-ti. .Cette éducation du malheur ne fut pas perdue pour lui. Il fut d’un caractère doux, compatissant, et d’une application constante aux affaires de l’État. Voulant se consacrer exclusivement au bien public, il rétablit une ancienne charge que ses

prédécesseurs avaient supprimée , et dont les fonctions étaient d'avertir l’empereur des fautes qu'il commettait, et de r exhorter à réformer sa conduite. Sévère pour lui-même, il voulut l’être aussi pour les fonctionnaires qui partageaient avec lui lesdevoirs du gouvernement. Il se faisait instruire de la manière dont ils se comportaient à l’egard du peuple , et il punissait sévèrement ceux qui s’écartaient de leurs devoirs. Il donnait souvent audience , surtout aux veuves, aux orphelins et aux pauvres, et examinait avec attention tous les mémoires qu’on lui présentait sur des affaires particulières.

Une des mesures qui signalèrent le plus avantageusement son règne fut la réforme des lois. Afin de faciliter l'administration de la justice, il les réduisit à un petit nombre d’articles clairs et précis qui diminuaient de beaucoup les cas douteux , et il annula toutes les autres. Il favorisa aussi beaucoup l’étude des livres classiques échappés a l’incendie des livres. Mais pendant qu’il s’occupait ainsi du gouvernement intérieur de son empire , la bonne renommée de son administration s’étendait jusqu’aux frontières les plus éloignées. Des tribus tartares envoyèrent des ambassadeurs près de Siouen-ti , pour lui rendre hommage et reconnaître sa suzeraineté. Ils offrirent de belles fourrures à l’empereur chinois, ni pensa que c’était dans l’intérêt ’un commerce avantageux avec ses sujets, plutôt que le désir de lui être soumis, qui les avait amenés près de lui. Quoi qu’il en soit , toutes ou presque toutes les nations qui habitaient les contrées entre le Chen-si et la mer ■< Caspienne reconnaissaient alors la domination chinoise. L'empereurSiouEJtti fut si satisfait de la soumission des tribus tartares,, qu’il fit construire une salle où les portraits des généraux qui avaient procuré de si grandes conquêtes à l’empire chinois , furent suspendus, comme les plus beaux trophées de leurs victoires.

L’empereur ordonna aux lettrés ou savants de revoir les King, livres caponiques , et de déterminer les exem-

plairesqui devaient étre'préférés comme plus authentiques.

Cependant le peuple souffrait des prodigalités de la cour et des vexations des grands. Les intrigues de ces derniers n’eurent pas de bornes sous Youan-ti (48 avant J. C. ), prince faible et inexpérimenté, qui ne connaissait rien au gouvernement de l’État, quoique versé dans les lettres.

Une remontrance que lui fit Kouîxgyd , à l'occasion d’une mauvaise année, fait trop bien connaître la richesse, la corruption et les vices des grands à cette époque, pour omettre d’en rapporter ici quelques fragments.

REMONTRAIS CR UE KOONG-YU A YOUAN-TI,

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