‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 1 sur 66 · CINAUIEMK PARTIE DU MONDE · texte numérisé non relu

CINAUIEMK PARTIE DU MONDE

PAR G. L. DOMENY DE RlENZl,

YOyA«lim KM OCiAlflK, BV ORIfiKT, ETC., ETC.; KICMDIIB OS Pr.VSilURS ACADillXBI IV MCIÉTBS SAVAimS DB VBAMCK , I>*1TALIE ET DES IHDKÂ ; ETC., ETC.

MOnUMENTS SniGtUSRS DB L'ILE TIMIAN.

JJans la relation du Voyage autour du monde, exécuté eo 1741 par Tamirai anglais Georges AUson , il est rapporté ce qin suit :

« En divers endroits de nieTinian, on trouve des ruines qui prouvent évidemment que le pays doit avoir été fort peuplé. Gps ruines consistent prèsoue toutes en deux rangs de piliers , ae figure pyrann'dale, et ayant pour base un carré. Ces piliers sdnt éloignés Tun de l'autre à la distance d'environ six pieds, et le double de cet espace sépare ordinairement les mngs : la base des piliers a autour de cina pieds en carré, et leur liauteur est o'environ treize pieds : sur le sommet de chaque pilier est placé un demi-^lobe, la surface plate en dessus ; les piliers et les demi-globes sont de sable et de pierres cimentés ens<'mble, et couverts de plâtre Cvo^'./»/.8ô). Kn supposant la vérité du récit que nos prisonniers nous firent touchant ces restes de bâtiments,

!©• Uvraison. (Coh^r.'» t. '^

niedoit avoir étéfort peuplée ; car, suivant eux , ces piliers avaient apprtenu à des monastères d* Indiens; et la chose nous parut d'autant plus vraisemblable, ^u'on trouve parmi les païens plusieurs institutions de ce genre. Quand même ces ruines seraient des restes de maisons ordinaires des habitants , il faut que le non)bre de ces derniers ait été très-grand, toute Tlle étant presque parsemée de ces piliers. »

Le récit que ces insulaires des Mariannes firent à Anson mérite d*étre pris en considération. Les Hindous qui ont colonisé Java, Sounkldra, Rali, et élevé des monuments dans ces îles , et qui eu ont fait au tant, selon nous, à Singhapoura, Uornéo, Célèbes et autres îles de rOcéauie oa!identate, ont fort bien pu s'étendre jusqu'aux Mariannes.

On a souvent douté de la vérité d'Anson , parce que Tiniun est privée de sa riciie végétation, de son bétail et de ses habitants , et que le capitaine Byron a décrié cette lie, autant qu* Anson l'avait exaltée. Cependant noua sommes loin de suspecter la boune

ïord'AnSôn; etmWi^ tiè-troutons pas de moyen plus sûr de le justilicr, que de citer à ce sujet un piissa<;e charmant de la Promenade autour du monde par Al.J. Arago.

« Deuxjouisaprès, nous arrivâmesà Tiiiian... Où est cette végétation puissante? où sont ces \ igoureu.x palmistes, ces bosquets toufius, ces hehes lianes ? Je trouve toujours un ciel pur , mais le rivage est presque nu. Quelques >îréles cottotiers promènent encore dans les airs leurchev elure Ile trie , et , seuls, ils lèvent leur tête au-dessus des piiastl-es aiiiîques bMis sur le sol par des peuples dont aucune tradition ne nous a conservé le souvenir.

«Voici, sui^a pla;;e, des pierres oblongues, polies, color.écs. — Alcade, que sont ces pierres? — Les pierres des antiques. — Ktce puits si bien cimenté?

— \j6 puits des antiques. — Kt ces pilastressurmonlt'sd'unedem -sphère en stMC? — Les pilastres des antiijues. — Et cette longue lile de colonnes sur deux lignes parallèies? — Tout cela a été bâti par les antiques. — Quel était ce peuple? cjuVst-il devenu ? a-t il émigré? s'est-il éteint? — Je Pipiore.

« Cet alcade règne sur trois lilles, quatre domestiques et un déporté d' Agagna. C'est là toute la population de

riie.

« Mais Anson a donc m^ntiàTunivers, en publiant d*aussi magi<]ues tableaux de cette lie?... Non; Tamiral Anson a dit vrai Stins doutée*), car la terre ei!t jonchée de troncs pourris, (i*ar!)res gigantesques déracinés. Un sourïle brûlant a dévoré les forêts sûMilaires de cette terre appauvrie; une commotion semblable à celles (jui ebranleiit ta Sicile aura renversé ces colon nad s si extraordinairt»s, do.it vous voyez 1rs fragments frac^issés sur Ta rené, et |ieut-t*tre nussi dévoré toute la po])ulation de Tîle.

« Tiiiian est aujourd'hui un sol maudit, sans coittire et snns popula ion.

Tous les ha' i^anls de Tîle fenuient d&ns le sfilon de Talcade. Ils et.irnt »

(•) il a seuleoienl uiipi-u rinrçn U'S roii- Q. Jb. D. a.

quinze i logés flans quatre pau\Tes chaunn'ères. tlans la campagne, les arbres sont rabougris et rares. Çà et là, quelques vieux riinah pelés, quelques pieds de cocotiers, un petit nombre de plantations mesquines ; telle est cette conL^êe q^:] semble avui^ ètl surprise un jour par uiie grande t^tastrophe.»

« Kn effet, à la vue des magnifiques ruines encore debout , dit un écrivain élégant K facile, M. L. Revbaud (Vo>age pittoresque fictif autour du monde, qui paraît en même te.r.ps que noire ()c«ujie), il est -mpossiiile de ne pas re(;onnaître que cette terre a eu ses jours de prospérité et de grandeur. l.orS(iu*on (iciiètre au n)ilieu des broussailles, on se trouve ericore en face de quelques-uns des débris que Ton nomme, sur Tîle de Uota, maisons des anUqups. A ras|M'ct de ces débris aux proportions colo.ssales, on se demanile quel est le peup.e qui a élevé ces moninnents, et s'ils oi.t été renverses par la nature ou par les honnnes. Le rap|)rocl)ement île C4*s constructions, leur f\ nne demi circulaire, leurs nt:itériaux de sable cimenté,' leur gisenient, leur ordre, leur disposition, tout cela étonne etd concer e. Pourquoi ces couronnements massifs? Quel sotiverain, connue dit M. Arago, a jni biUir cette longue colonnade qui , évl<lemment, ne formait qu'un seul édifice? Les légendes loc^'des n'en disent rien , ou bien en disent des ch(jses si absurdes, qu'ori ne ptMit les croiie. Par exemple :

Tou roulou-Tega étnit le principal chef de cette île : il régnait paisiMement, ef personne ne pensait a lui disputer Tautorité. Tout n coup un de ses p'^ nts, appelé Tjocn naï, lève retendant de la réu):te, et son i rpnuer acte de désolH'i>s mce est d" I ft'ir une m.iison semblable n xvlle d^ son rival. Deux part s se Cormeiit : on se h.it : la n^aisoij du réH»lté est sacrât ce, et de cet'equ» relie, df\eiuie:énêraie, n.u|uil mie guerre cpti, eu dépeupl.nt l'île, amena .■iiis<i l.i (b'struction de ces édifices, tes nneux.conservées de ces ruines sonloellesquerouvoitarouesi

CCftAWlfi.

dis niéuniâ^. UMinrê âtnit Hotikc^ pf- Kers; huUseoNnent sbilt riblto'iit. C!ii invWertt shiçulier, c'e«t qiiK dnns ta chute des pirnuer», lé diMni-spliprc quî les couronne est restée intacte.

D'autres ruines plus dégradées encore sont situées auprès d'uri puits , ifue Ton Qoinine f^lenient le ptdts des antiques. Elles semblent avoir formé un édi^ de pltis de qiia. re cents pas de Ion?. Les racines qui lient encore cd Tieu\ déiiris donnent une phvsi(j nomie oriffitiale et pittoresque à toute cette enceinte. •

DilVSB ET MUSIQCE.

Ladan^eétiît un des principaux amusements des anciens Mariannais. M. de Frevrinet, duraut son séjour à Agatina, assista à des danses de di\ ers caractères auxquelles le chant était ^énérali'inent ddapt«'. Les hommes et les fcnnnes , àii il. s*y trouvaient alternativement mêés; ail milieu devait ^tre placé le chef de la |>eu;>tade , de li famille , ou enfin la |»ersoiine a laquelle on voulait faire honneur. TaniTt les paroles étaient relatives a r^lvet de la cérémonie, tantôt elles nVtaient (pie l'expression de la jo e, A Tissue d'ime guerre, et |MMidant les ré ouissances qui acrt)m|Kiçnefit le retour de la paix, ;>n & exprimait ainsi :

A* pFopn* JKÊiihtré, bfllc ffiuio* uiieiin«

]« (te) fais assMiir sur mtu frnoox , en mimm A«

- prétriKe

m«i enBaminrr (ir» déi^rt) «vrc (un* chique dr) bélrt

avec (la) fenitle île b^iW et (te) itoix d'ai^k (aiérhrm.)

A ces paroles succédait un refrain comj)osé de phrases mystérieuses dont quelques personnes seulement poiita-ent jadis comiattre le sens, mais qui, facilement rendhes mtelll^ibles |tar les ges'es dont s^acronipagnaient les chanfeurs , excitaient toujours jiar- 011 Ik spectateurs uu«> gaieté univer*

(*) ^V". |«rtiriil*' ronjotnii*^, (**; On J I ) Hi «''li^i m ffiouf^htidjun , au lieu de ptHêj^wdvuJjon»

selle et bhiyant». Cet initHel n'ont aujdtird'hili aucune sicniflc^ition (*).

Piirmi les InstruméTits de musiqiiè des amiens MaHannais, ojoute M« de Freycinet, la traditmn cite deux notes en roseau , de deux pieds et demi de h itg et de la groeseur du petit doigt. L'une, coupée en sifflet, avait trois trous en dessus pour chaque niain et un en dessous yowt chaque pouce; on la jouait c mma notre flageolet , mais les sons en étaient doux et graves; elle ne pouvait donner des sons aiszus. L>inlK>uchure de la second'* ressemblait fort à celle de notre llrtte traversière, avec «tte différence toutefois qu*on en jouait avec le nez. crest tout ce qu'en sait de ces instruments, aujourd'hui hors d*usnge.

•I). Luis lui assura qu1l en exi.stait encore un \\ei\X nombre en 17(10, et qiron leur donnait respectivement les noms de iiilag et de ùangsL Or, ce dernier mot , étant purement tajrale , laisserai croire que rps|»èce de flilte traversière dont il s'agit a pu étreapnortée jadis aux Mitriannes par les Phili^qùns qui \inrents*y établir. Il est ditliciiede décider nettement aujourd'h!ii celle question. Iiidé()endamment de Quelques instruments d'Ruro|>e, introcluits par les Kspagno s , tels que fliUes, basses, viuloiis, guitares (**), etc., on y trouve encore, dit-il , des guimbardes et des monocordes en forme d'arc, terminés |iar une calebasse, et pouvant avoir, en tout, environ cinq pieds de longueur; en trappant avec*, une baguette sur la corde que Tare sous-tend, elle rend un son faible et mouotone.

(>t assemblage porte le nom tagale de bélimbaoj ce qui doit aussi faire présumer qu'il est d'origine maniloise.

Ost le même d'ailleurs t|u'on appelle bobré à l'île de 'France. Ou se servait ancien nemeut et on lait encore usage

(•) fU'Ion le major D. Luis de 1 orrw , c'i-il If Fnlalira dnidaiue deti aucitriu diiUisoaliiors rraitçaÎH.

(*') I^ |)liip:irt de ces iti$triinwtH8 Aont r<t'irt«i-litMiiti''ii p;ir le.*( iimIiiivU i'*i« inèines, avfc irtf Mtlri'jtH* \riiiiiieiit MirpifiMiiite. Lai cui Je» suul hices un iila de buiUnif^v^

aujourd'hui de la conque, soft à terre, soit en mer ; mais c*est plutôt, couuiie diez les Carolins, un moyen de signaler la position respective des hnr-^ ques qui naviguent de conserve , et de transmettre des ordres à la guerre, qu*un véritable rnstrument de musique.

Le Gobien nous apprend que les Marian: ais, dans leurs reunions, aimaient à raconter ou plutôt à dtanterles aventures de leurs ancêtres.

i.es Mart.inmiises avaient autrefois des assemblées particulières où elles alliiient fort parées, et où seules elles étaient admises. « Kéunies douze ou '« treize en rond, debuut et sans se re- ' <i muer, elles chantent, dit le Gobien, « les vers fabuleux de leuis poètes, « avec un aurément et une justesse* « oui phi iraient en Europe. L'aex:ord « «le leurs voix est admirable, et ne « cède en rien à la niusique la mieux « Cdueertte. Klles oui dans les mains « de petites coquilles, dont elles se rt servent avec beaucoup d'adress^ au rt lieu de castagnettes. Mas ce qui « ^^X surprenant, c'est qu'elles sou- ♦< tiennent leurs voix et qu'elles ani- «f ment leur chant avec une action si « viv(». et des ge^stes si expressifs, " qu'elles charment tous ceux qui les « entendent. »»

(l'est ;ni\ Kspaixnols, et surfout aiïx Pbi}i|)pins,qu*Oiidoii rintroductiondes combats de coqs, de certains jeux de cx)mbinaison (*) et de hasaid, et plus particulièrement celle des jeux de cartes, dans ce petit archipel. !i existe à Aga^na une maison particulière consacrée à la réunion de personnes qui hasardent leur fortune aux cartes.

DALLET.PANTOMIMK UE L'EMFERKCR M0^Tl:/0[}MA.

Nous eilmes le soir im spertacle très-aîirêable, dit M. de Kreycinet, dans la représentation des danses qui ét'iient jadis en usaîj:e au Mexique , et dont toutes les ligures font, dit-on, •

(*) Le /f/i«///rt, irii cîiinuis, <sl «ir ce niimbn;, ntai.s iiuii.s ignorons (jiioi iiuui ci: ji^u portée Agiigua.

allusion à Thistoire de cette contre.

Les acteurs étaient des écoliers du collège d'Aga^na; leurs costun^es en soie, richement décorés, furent apportés de la Nouvelle- Espagne par les jésuites, et sont précieusement conservés : ces danses, qui offrent quelque analogie avec nos ballets-pantonn'nies, furent exécutées devant le pa'ais du gouverneur, sur une place ilhnninée de flambeaux et de lampions remplis de résine (*). L'emi ereur iMontézouma est représenté la couronne sur la tcte, un éventail de plumes ou une palme à la injin ( voy. /;/. ÎI2), ei cVsi le j)rincipal nersoniiai^c i\\\ baliet. Il est suivi de (Unix panes ricljement velus. Viennent ensuite, le front ceint d'un diadème et couverts d'habits éga ement riches , donZ'.' danseurs parmi lesquels IVinperenr se mêle dans de certains moments; ils forment des marches, des évolutions et des groupes de dessins infmiment variés.

Les danseurs ont à la main tantôt un éventail déplumes, tantôt une ou deux casiaj^nettes.

Au seœnd acte, les douze acteurs , séparés i\t\\\ |»ar deux, tiennent chacun les extrémités d'un demi-cerce«m fort grand , garni en soieries brillantes. Ils exécutent di> erses figures gracieuses, sens ou avec Tempereur et ses deux pages, qui se placent de manière à produire un effet pittoresque; les cerceaux dessinent successivement des ginTsaiides, des l)erceaux, etc. Les deux (kTiiiers actes de cette pièce,» qui en a cinq, sont remplis de danses guerr ères. Des bouffons se chargent d'égayer la scène pendant les entr'actes, et même durant le .sj)ectacle, par des gand)ades et mille r.lies grotesmies q. i excitent le rire kX^^'s» enfants et de la populace. Ces bouffons, masqués et costumés riditiilement, portent a la main un sabre en bois, doiil ils s'escriment à droite et a gauche; leur masque, (pii est blanc, a des dimensions si élevées que le ne/ desceitd

(*) 'I oui ce qui >tiil est cxtniit du vo\agc de CUianit jusqu'à l'apejc;»!.

OCÉANIE

iasqa*au menton de celai qui te porte; les yeux sont dîflbmiPS , inégaux et d'une grandeur démesurée. Il aurait fallu avoir orésente à ta mémoire toute Vhistoirr de rinfortuné Moiitézouma, pour saisir les al{usion<s qu'on prétend rencontrer dans ces diverses scènes , ou liir^n qu'on nous en ei)t fourni le programme. Sans cliercher à conlestpr Vorig'hie qu'on donne à ces danses, je leur trouve une ressemblance fort prononcée arec ce qu'on nomme en Provence ieis ou/iretfos ( les olivettes), qui étaient usitées bien avant ia conquête du Mexique (*).

DANSE DC PALO VESTIHO Y DESNUDO.

Une des danses les plus remarquables des Mariannais est celle qu'on DO >ime en Espagne el polo vesfido ydesnudo (le n\hi vétu et dépouillé), et que les Proveu^^aux connaissent sous le nom déi cordèlox ( des cordons). Un mdt est pbnté, au sommet duquel sont fixés , par un lx)ut , huit ou douze rubans longs et l;u'ges, les uns muges, les autres jaunes ou bleus : suivant le nombre des danseurs, les couleurs sont plus ou moins Twiées. Chacun de ceux-ci tient le bofit d'un de ces rubans , et doit tourner en rond , en passant alternativement derrière celui qui est à sa droite, |Hiis devnnt celui qui vient après ; les danseurs de rang pair tournent dans un sens, et i^nx de r.ing impair dans l'autre (**). il résulte de ces passes et contre- passes que Ton fait autour du mât , un réseaU ou entrelacs dont l'agrément naît de la diversité d^s couleurs et de fa régularité du dessin. Pour dé(iou\\\e.T \? mât, les danseurs doivent sVntreméîer une seconde Ibis, mais en sens contraire , et avec assez d habileté pour' ue pas embrouiller les

n n'aprài M. I« mnite di» ViHenouvp, roripfH" lit* f«Ue <l»«iM» pnr»iirail'ii'iiioiilfr M it'Rips ile Jtil«^-<!és«'ir (V(»jrz !iin*islicpie du dê|«rleinriiC de» ik>ii«-hcs-dii«Klioue, t Ilî.)

(••) Ordinairpnii*nt \vi uns sont des fdies et ks auln» des gâtons.

rubans. Ordinairement deux chefs conduisent tous les personnages; un les pirs, et l'autre les impairs. Cette danse, quoique très-simple, paraît de prime lAwm compliquée; car cette nuiltitude de cordons qui se croisent à droite et à gauche avec rapidité laisse (lifTîcilcmeut la liberté d'en saisir les combinaisons et la marclie.

Vje. jeu Hni , les mêmes écoliers qui avaient éié. acteurs dans les scènes précé<lf ntes revinrent encore ; quelquesuns étaient habillés en feuune : tous ensemble se mirent à exéc^uter des danses européennes, et s'en acquittèrent pareillenieut fort bien.

Sans être dépourvu de ressemblance avec le malai , répandu dans toute ia MaL^isie, et le lagale , que l'on parle aux Philippines (*), l'idiome niariaunais, d'une prononciation douce et aisée, a ce()eiulant un caractère qui lui est propre. Il existait toutefois jadis des différences assey. fortes entre le langage des ii^s du nord et celui des îles plus voisines de Goualiam : différences qui se man festaient m^me sensiblement d'ime localité à l'autre de l'île principale, et dont on reioimai'sait encore des traces il y a peu d'années. Au.ourd'hui méuïe la prononciation n'ot pas identique partout. 1 ors de la réunion des diverses peuplades à Gouaham , en 1699, tout a été nielé, hommes et langages. Le P. îMurillo Velanie nous apprend que, portés à la poésie, les habitants oiit conservé dans leurs chants nationaux des traditions historiques, mais (obscurcies par le voiie fabuleux q\\\ les enveU^ppe.

Un fait vraiment digne de remarque, c'est qu'un 4)euple dont la lant-iie est snigulièremental)ondanteen mots propres à exiirimer toutes les mcdiliciit ions d'un mtme cbjet (•*), n'en possède

(•) El nous AJuutcTuus , avpc qiiVUjues ipots p(il)iiiVitiit». G. L. I). h.

(•') Irruoiis le cnco puiir t'xeniplf : une vinp;itii'!e île riutli^ dificn'iiis s«r%riii à desigUvr ce fruil , st^luii qu'il est arrivé à tel ot|

L*BKIVEIt8«

SCi'iin petit nombre pont d^d^f r des éf^rés de parenté, que des mol iTs journaliers obligent ce|)endunt à ne pas <Soiifondre.

Pour désigner la hUa'ieule^ on est forcé dVnHiiloyer cette longue périphrase :

/ oHmmtsmgmm 4j»H i fwimiiit

celle qui «'cit iMariw? avec eriut qni ■ engendré

MIIMM $mtH9-IU,

(1« ) mfr* (k m^rc iiutre.

T^ mot gouifa pour aïeule dérive évidemment du mot espannol agoue/a^ qui a cette si^nifi&ition; xaUta, qui s'entend en mSne tenips de mère et de pére^ signifie proprement maître^ seigneur; fKiur être plus caléf;orique, on se sert des expressions / humilU [celui qui a engendré], i foumagnago [celle qui a enf.:nté]. I^ si nana moderne [mamanj est imité de Te^spa^nol [mama)y avec Taddition de la pnrtimle sf, représentative de conaidéra-

Id degré de maUinlé. ou qtril pa9»è(le telle ou tflle qunlilc, le! ou lt*l drriiit. Ku voici b lÎHte : nidjouk ou nioii jugiiilieur à b fuis cocotier ou coco fii griicral; apiouk^ un ji^ui)^ eoct» qui renferme du laii, ntai« (|iii qVi pw ««iKNire cl»* m" me; martha, nu citco teiMlrr H doux; tffn/fk, \v nirnic fniii lorsqu'il u*a |ioint alielni loni k fait re tli*pé if malnrilr; mn-Mo/i, c«tru cl'nnc maturilc plu» a«atif-ée qni» le mnnha , sati* ùln* c»*pendanl loni à fait mrtr; kaiit>n,tn , roio enrorr mon , l»ou à mangtt jn^pi'a sa |»n»niien* ««nvelopiM»: w^r/ jtang, rofo le uln* e! mon comnt»' I»* manfta , iui*\s d >ni le Uil ■ itsil |tas (liMix ; ^«y'»» roTii enl on nn-nt nnir; poctilnn , ntro ini)r rt qui romuif nr<' à m> cher *ur l'ailtrt*; nngao, ntr«» enlierement deMêrhé; Ihinfrhnng^ ro«o don! lu crùme s'i»! réduite en |miI|>« solide ; ^ 'w/'o/i.W//o-, enni tout à fait vide, mais t('n:ini enron- à Varbn»; tchaonichnou , roct» mt dans le<|ue.! on entend du bniii quand oti I agile ; A«'#i- /!•«, r<ico poum inirrienremeiii ; tclionlmnt ^ p<'til coco; hnhn, ror«» pnMiuil |>ar nu ronilier vieux. Jé|MMn:lé de srs f» ui li*!», et sur le poi.il de ne pUis donni-r dt> fruits : ces dernier» servent, |iour roidinnire. à riiÎMin de leurs |)Ctite.H dininisions, à n'nfeinicr la chaux que l'on nièle avec le liéii-l;y<ï/#rt , ci>ro sur le |M)int de germer; ichéhok, rciro qui commence à germer: hnigoui^ cucû dont sa fcuiUci cODuutnc^4it à pousser.

tton et de respect. Il faut é9;al€meol

périph raser pour rendr*' nos exprès* sions grand tante et tante a la mode de Bretagne : pour Umte^ on se sert du mot es{Kignol //a, ou plutôt de .vl lia. Le titre «le xavr^ romme celui de frère y se dit tchUou; mais on n^a qu*ime seule phrase |)our exprimer cousine germaine^ cousin germain^ nièce et neveu : c'est tchilou dja hodjong [issu de frère]. En revanche, les mots abondent pour qualifier les enfants : ainsi haga veut dire ^fit/e^ lahi^ fils ou garçon : le fiere, en parlant de son fils ou de sa fille , dira ninifi ho [mon engendré], et la mère, Jtnagnago ho [ mon enfanté] , s'il est permis de parler ainsi; ntnis gna [fils ou fille lé^i^ftime, ou, mot à mot, engendré mien ] (remarquons qu'ici ninis ne signifie 77/a ou, /7//^ que par rap|)ort au père, ce ((ui'doit faire supposer, connue cela a lieu en effet, qii un enfant est toujours légititne par rap(K>rt à la mère ) ; ninis hvgoui [ fille ou fils biltard ]; pinig sat [ fine ou fils adoptif]; maga et magatchaga f l'ancien de la famille, fille ou fils aîné, sœur ou frère .lîné); sohggna [le cadet ou le plus je:me des frères]; i sologgnan inatnganan [le cadets par rapport à rallie;]; atchofgnag [«rur ou frère utérin ]; madjana nga pngon [enfant abandonné]. On n'a aucun mot pour désigner ses petits-enfants ^ ni ses arrièrepetits'fvfants; on doit donc encore periphraser |)Our exprimer ces dernières idées.

CALRNDIUCB.

A la manière des Chinois (*), les

(*) •• ï.'année des Chinois coramrnre par «la ronjonrlioM du .soleil nvrr la lune, ou « jMir la nouvelle lune l.i plus pn^clie dn i5' •• degré tfaifuttrinji ( \v \\ rscau), i|ui e.st, Sflon « nous, uu signe où le soleil entre vers la « lin de janviir, et } deuieiu'e |ires(|ue tout « le uw>is de février ; ils l'on! de re | uinl-là « le commenciuient de leur printemps 1^ m i5' degré du taureau délemiine |)Our eux • le eunnneneeuient de I dé; le i5' dn Imii, - celui lie rantunuie , el le iS* du MOi'pioo, « celui de 1 hiver.

OCÉANIK-

Mariannnîs comptaient autrefois les

cramies divisions du temps |Kir jours

f/iaaiii], |jar lunaisons ou iimslpow

ian\ et |iar aiinee> [ sakkan j : il est

prolmble quiis doiin^iient uiissi des

u ms aui premiers, ainsi que les (*^n'0-

Unois de I^moursek le font encore;

maiâ ers non» sont maintenant touî à

fait inconnus. A Teçard dc*s armées, elles

te composaient de trei/.e lu liaisons. I .es

Esp^iMils, à leur arrivée, ont etierohé

à xssiaitier les noms de ces |)ériodes

à crui des mois de notre caiendrier,

correspondance qui est a la rigueur

iinnosstbie.

Voiri toutefois de quelle manière les renseignements qîie j'ai puises à trois sources drtïiT iites établissent la fioiiieoclature djiit il s'agir :

I JwTÏrr T-mmfgmtvii , Mot qui «igiiifie aîlMi«

» Fr»firT. Ma'ftn.

3 ^»r% ti.tmftmfnf. 1.it«^rn1^nirit| , alW p«Mir

^-iAer^ Ae% gnmttmlit; r'r»» urtii.ilr* iViMti^ue en i'oii va a U |.rrlw du |KH«ftoii ainsi lUHitiiié.

4 A»ril. />»M«iv.ArtJ#, Vp.ii ilir»" rr'finrurr, nT<'nir

à f« ( la jr;r. Fallait- il rcutniflre du retour de ra<uM-v?

5 M«i. MmgmmmHÊO.

( htm. M^-mH9f oo Fmmutmf, Bfarcbfr A qutre

|.«tir« . traiiirr le cnr|is.

7 Juillet. .W-1-».

t Ku^lX. T^-*»i ou P^'djitf.

9 Sr{)irinbr^. tyumamfxm. Qui lance d«c éetain. ÉUtt-ce U »ai*Mi dirs orage» ?

• 11« ont doitu mnis lunaires , e.n*re les* « quel<i il y en a (!«■ |M'lil4 qui ne 9onl que

• df «iiigl-iiruf jours, el de i;r;iri<lii (|iii «mit

• de iii*itir. T*»!" It!» cinq an», iU nul dts « iiiterrauirrft ^niiir «ijnsler le* liiiiai.«uns « aver f*- roiinîiiii»(ili*il.n-i di^iîWMii , roniiiic

• notii^ Ivs ^ mainte nfiou l'ordiie i\v^ pla-

• netei, à rharwtt; ili'^\%tv\\vi ils aKsi^ut-nt

• (\i9tre roiftlelLlinris , ijtn* |uir jour, Ulle-

• ni«'til qti'jtiires h-* viii{;t-liiiil qui m' .suc- « fei/eriï (le *»'|il eu a**!»!, ils n^luuriiciit à

• U pn-iii^erf.

• li'iir année romni*'nrp par la iioim-Ile •lutw U plu» piivlif du muis <lr f»'vrirr,c« •qiii fiiil qui', p«nii «Mî.x. !.• sigiu* des pois- ■*«»ii> ir»l le pifiiii««r. !«• Im lier le <eroiid,

• H MtiiM d.-^ autres. ( ««tfe uiauiere de siqi-

• liHîrr el d'nili rraltr leur lait de«i «innées

• df In wr aïo'». qui r»*lourMeiil de l« u.ps ■ Ml ieuq»<. m \pu llalde , UcicriplJuu du la au« , U I.)

10 Ortnhre. Fmgmainu (*). tpeqve eè II fev) «|-

sfiiiriirrr ««m cliainp.

11 NoVtiiilirr. Sntimniigintign. ^poqiM oà l'oS rM»

ctMUnio l*r Its filcti.

Il UiVriithrr. (htno^mnggun. Inquiet, pleureor»

lfnt|M H*-* |M>tii«ii |iluHn rrt'<<|neMt*^. i3 thuÊMgulimf. erviidrc dr« érrrrÎMct.

L'inspection du dictionnaire prouve que les IVIuriannais notaient pas dénués de certaines coimaissances astronomiques et nautiques. On y voit, en effet, le nom de quelnues étoiles; m.iis il est assez probiinle qu'il ne nous est parvenu , à cet é^ard, qu*une bien faib!e partie de leur science. iNous n'insisterons doue pas davantage sur cet objet.

APERÇU DB l.'HISTOIRR DES MARIANimS.

L'histoire primitive des linbîtanfs de ce grihipt* , avant la dét^oiiverte , est une séné de fahles plus ou moins absurdes : c'est il rinstant où Ma^.lb.iens (**) parut au mi.ieu de ces 11^ qu'e.le coinineuce n devenir exarte.

Ce premier rircmnnavi^aieur fut aussi le premier découvreur des Marianncs; après une navii;ati(m longue et périlleuse, il les a|)erçut le n mars 1;>âl , et les> nomma d'anord Islax de las rei(ùi lathtas^ îles des voiles liitines, puis Istas de las iadrones, île des larrons, parce qtte les indijzènes lui avaient dérolié un ^raiil nombre dVirlicles ; penchant qui est coinnjun d'ailleurs à tous les |)euples de la Polynésie , sauf

(•) Celle luno ou ce moi» c*l appelé de trois manières (kir U's antoritrâ qne j'indique : J'f^^oiiafttu, maîgnahoj' v:\ pngi»tMn , noms (pu Hpparlieiini ni !«auji doule à différeriis diale<'les niarianuais. J'ai adoplé la \er^ioti qui ui'a {taru rou\eiiir aux iisiagcs d\'\j;a4na.

(••) Nous croyons devoir avertir nos lecteurs que le niancpie de m tains sigiies nous a forcé quel(|ia>lois de lai>ser iiuparraite rortiin^nipluMie cerliiitis mots et siirloul de queli|ues mots espu{;nM|> el portiij^ais. Dans cel éial de rlinses, nous aurions dd peutè'iv meure partout comme ici MngalhaeiM, |)«ir>e(;?io, sef,'Uor, etc., arendn que celle urlllo^^apile se ntppioelu* da\iintuf;i de lo «eriialtle pruuouciiiUuu de ui» uuui*ct ffluls éu-aiigu-s.

les Carolins. Loyasa revit Tarchipel cinq ans' plus tard, et Saavedra prît possession d*une partie de ces îles au nom du roi d'Espn^ne , le B janvier 1628, après avoh- enlevé o» zè de leurs hab'tanfs, dont il renforça l(* nombre de ses marins. En I56'>, Lev:aspi, se rendant aux Philippines, y tua une dizaine d'insulaires. ('avencJisli s'en approcha en 1.S88, et Mendana en 1592. Elles furent visitées par Francisco Galli, en 1592, et pnr Gemelli Carreri , en 1596. Olivier de Noort s'y arrêta en 1000, Maldonado en IGOT; le Hollandais Spilherg en 1616; d'autres Hollandais en 1635; Hurtado en 1678; Quiroga en 1684; le célèbre Dampier y mouilla le 21 mai 1686;" Wood-Roçers le 1 0 mars 1710; Legentij de la Barbinais fut le premier Français qui y aborda (en 1716); en 1721 , Clipperton y fit quelques démonstrations agressives; Tamiral Anson les visita à son tour en 1742, et Wallis ainsi que Pages en 1768. Le capitaine Crozet, expédié de Tlle-de- France, y relâcha en 1772, et Pillustrc Laperousc en 1786 ; le navigateur espagnol Malaspina les vit en 1792. Plus tard, elles furent visitées par Kotzebuë, Beechev, d*Unille et autres.

Ce ne fut qu'en 1688 qu'eut lieu la colonisation de ce groupe.

Le P. Sanvitores, missionnaire jésuite espagnol , ayant relAché sur ce rnnt danssatraverséed'Acapoulco (*) Manila, et les indigènes lui ayant, paru bons, doux et paisibles, il s'intéressa à leur sort , et conçut le projet de les civiliser, de leur faire adopter la religion catholique romaine , et d'établir parmi eux une colonie espagnole. Le gouverneur des Philippines repoussa ses projets ; mais le jésuite , au lieu de se rebuter, s'adressa directement au roi d'Espagne, qui les adopta. Le P. Sanvitores, acrompa-

§né des PP. Thomas Cardenioso, Luis e Médina , Pedro de Casanova , Luis de Morales et du frère Lorenço Bustillos, parut, le 2S mars 1668, en vue

(*) Port de la o6te occidentale du Me&i-

du groupe qu'il nomma iies Mariannes, en l'honneur de Marie-Anne d'Autriche , femme de Philippe IV, roi d*£spagne , et ce nom lui est resté.

A peine le navire qui portait les missionnaires eut-il jeté l'ancre à Gouaham, que cinquante pirogues l'entourerexit , en criant : Aook! abok! (amis ! amis!): dans l'une de ces pirogues se trouvât un Espagnol qui, établi depuis trente ans sur ces îles, servit de guide et d'interprète à sit& compatriotes.

Sanvitores, favorablement accueilli par le chef Ki|K>ha, le convertit au christianisme, et b:Uit une église à Agagna , qui devint ainsi le chef-lieu de la mission et le centre des travaux apostoliques. Les nobles du pays repoussaient, ù l'ordina re, une religion nasée sur l'égalité et la liberté; mais, malgré leurs résistances et les intrigues d*un Cln'nois nommé Choco, les missionnaires firent de nombreux prosélytes. Un séminaire fut fondé à Agagna : 20,000 insulaires furent baptisés dès la première année. Une grande partie des habitants des autres îles furent également convertis , grâces aux prédications des PP. Lorenço et Médina , mais surtout de leur chef infatigable. Choco excitait la révolte dans Gouahain. Les Espai^nols furent assiégés dans Açagna. Après treize jours et treize nuits d'assauts répétés , ils firent une sortie décisive, qui mit l'ennemi en complète déroute.

La victoire des Européens amena une trêve qui fut plusieurs fois violée jusqu'au jour où Sanvitores périt assassiné par un indigène nommé Mataoang, dont il venait de baptiser la ulle. Son meurtrier chargea son corps dans une pirogue et alla le sul<merger en pleine mer. Le meurtre de cet habile et zélé missionnaire eut lien en 1672.

Les Espajinols eurent désormais à combattre plusieurs fois les indigènes.

En 1680, don José de Quiroga y Loznda, puissant seigneur de Galice, arriva a Gouaham avec l'intention de continuer l'œuvre de l'infortuné missionnaire. C'est h lui ^u'on dut la possession tranquille et incontestée d«

OCÉANIE

« petit ardiipd. Poar attefndre son but, il divisa l'Ile de Gou«iham en districts , et y étiiblit des points de défense conlré toute espèi'e ne révolte partielle. Goct«jli«tni se soumit ; mais Rota était devenue le refuge des rel telles : Quiroga pns^a sur cette île, et tout rentra diins I ordre.

Le gouverneur Saravin arriva dans ces entrefaites , et fut étonné des progrès des habitants et de la sage organisation de don José. Il réunit Les pnn- Cfpiiux chefs d;ins une assemblée générale, et leur Gt prêter serment de liuélité au roi des Espagnes et des Indes. Les vaim^Us oonnnencerent à adopter les usages des vainqueurs. Ils se \ étirent, apprirent à semer le maïs, à en faire des ; agnottes, et à manger de la viande. On forma des ouvriers dans Part de filer de la toile, de tanner les |)eaux et les ctn'rs , de tailler les pierres , de bdtîr des maisons, de forger du fer, et, dans les sejninaires, un enseignait aux plus jeunes à lire, à écrire, à chanter et à jouer du \iolon, de la llilte, de la basse et de la guitartf. On exerçait les femmes aux S(»ins du ménage et aux vertus domestiques.

Opendant Quiroga était parti pour la conquête des terres septentrionales ; il soumit Saypan et la plupart des fies voisines. 'Uamian de Ësplana débarqua alors à Agagna pour remplacer Sara via dans le gouvernement du groupe des Mariannes. Mais un chef, nommé Djoda , résolut de délivrer son paVs du jouç de rétranger. Lndimandie, il arriva, à la tête de soixante naturels, tous hommes résolus, et qu*il avait choisis : ils entrèrent à Agagna bien armés, mais ay:!nt soin decai!ber leurs armes, sous prétexte d*assister h la messe. Après la messe, pjoda distribua ses conjurés sur plusieurs points convenus. Ils égorgèrent les sentinelles ainsi que le gouverneur, q'ii se proniennit sur la place, et plusieurs moines tombèrent sotis leurs eoups. I>« jn ces forcenés, entrés dans les maisons, connnençaient le sac dr la ville ; \b mort de D;o<l.i , tué par deux Espagnols . suspendit leur fureur. Les Espa(;iiol8 , revenus de leur surprise ,

disputèrent la position; le gouverneur survécut à ses blessures , et Quiroga, revenu triomphant des îles du nord , battit les insurgés à Agagna , et les poursuivit sans relAche jusque dans les t}ois et sur les montagnes. Des douaniers anglais, commandés pr Cowlev, survenus à cette occasion , achevfl-ent ceux qui avaient échappé à Quiroga , et traitèrent tous les indigènes, inn( cents ou coupables, avec un raffînement de barbarie assez ordinaire de la part des premiers navigateurs européens à Tégard des malheureux sauvages.

Don DniiM'an , guéri de ses blessures, eut à lutter plusieurs fois contre la révolte de la garnison espagnole, et contre un complot tramé par des ifbrçats de passage à Gouahau). Un affreux ouragan dévasta tout cet archipel : les habitants sVnfuirent dans les montagnes, et, à leur retour, ils ne trouvèrent plus «'I Gouaham que des ruines.

Il fallut tout recommencer; on dut ensemencer pour la récolle prochaine, et édifier de nouveau pour pouvoir subsister. Tous ces événements eurent Heu de 1689 à 1093. Pendant tout ce temps, rintrépide Quiroga lit triompher les armes espagnoles, et, enfin, il gagna contre les naturels la bataille d'Agoniiian, qui décida de la pacification entière de l'archipel. Les missionnaires, (le leur côté, les avaient soumis à la foi; en 1099 , on n'y comptait plus ni un rebelle, ni un idolâtre.

Depuis lors, l'histoire des Mariannes n'est plus que l'histoire des gouverneurs (*) ou des relAches des navigateurs. Kous avons déjà nommé c^ux-ci ; faiscns cormaître les principaux gouverneurs. Le plus célèbre est D. MarianoTobias, qui régit ce pavs avec juslu'e, et d'une manière éclairée. D.

Juan Pinientel , homme dur et avare, fit du pouvoir le marchepied de sa fortune. D Alexnndro Parregno (**)

(•) I.«'nr.* foiirltons tlut-enl 5 ans.

(*') Nous avons frrqiHMrr sa maison à Ma'iila Cï'iaii iiti«' (lfs.|ilus aimablrs de U capilalc des t*liili|i|iin«*s. Ik)ii Alexandre, alors rolouc'l, est aujonidliui général en Hsjiagiie.

iê

t^ministra le ^upe a?ee bal)ileté mmiant Tinvasion des Français en (spagnf. 0. José de IMediiiilIa y^ Pil)edq lui sucpédn en 1AI2. Kreynnet, KQtzebiif et d*Urville sont d*ac ord dans les élof^es qu'ils lui ont adressés pour sa bienveillance et |K)ur la douceur de sa longue administration.

En 1821, époque où le parli constitutionnel trioRipha en Esp;igne, Gan^a Uerrera le remplaça, et laissa lies souvenirs honorables dans l'archipel, pour avoir rendu le commerce extérieur liore aux hahitanls. Quelques personnes n^ont dit aux Pliilipprnes qu'il fut de>titiié pour le meurtre quM ounnit sur la personne d'un capitaine baleinier angais. nonuné S'even , qui l'avait insuhé; (fautres m'ont assure qu'il le fut «i cause d<\s succès des absolutistes. Medini.la revint alors prendre son ancien (Mjste ; mais il y rélablit le monopole et les privilèges, abrogés |)ar son prédécesseur., et qui sont iiatiirellement en horreur aux ^lariannais. D. Francisco Lobo lui a

11 n'y a guère aujounl'hui que les babit;iriis des Philippines et quelques prahosdes Carolines qui aient quelques relations connnerciales avec ce pays.

AnCIIIPEL DB CASPARIUCO.

Tïous hasardons de grouper en un faisceau, sous le nom dé Gaspar-Ricu, toutes les |)etites îles existantes ou douteusejt, qui sont situées, d'une part, au sud de notre Mir.roncsie et au nord du grand archipel des Carolines , fl'autre part, à l'est de ran'hi|>el des .^lariannes, et à Touest des lies Haoutiï. Ot archipel comprend les îles Gaspar-Rico, Pile Gaspar, les jlcs Ganj^ès, Otros,Tarquin, Folger, Sébastian Lôbos , Quintano, Wake , marchai. Jardines, volcan, les îles douteuses d'Alcion, (À)rn\vallis( Ciirini>aresou Smith), Jassion, etc. Qu;int à l'île Saint-Rai tholomé, quenotte ho norahle et savant ami, M. Ralhi, dit être d'une étendue assez rem.'r .uahie, elle a été en vain cherchée p;ir le c^pitaiue Lùtke , savant consciencieux et

habile naTî^^tenr. Ltle fk>1ufias, placée par ta latitude de 28 « 9' nord et la lonuitude de 128» ouest, n'existe pas davantiige, et plusieurs ciipitaines de navires marchands et balein.ers nous ont assuré qu'on doit en dire autant de r?le Dexler.

ÀRCUIPFX QFS ILES HAOCAI OU SAXOWir.H.

G roG n A en I E G ^.n kr a i.e.

Le groupe des îles HaouaT, Pun des plus considérables de la . Pol\ nésie ( ()<*ranie nrieniale ), est fornéd'* onze îles, dont cinq grandes , trois petites, et trots qui ne sont que des ecueils. H représente une ligne courlie iiiternunpue en plusieurs (M)iiits, rt dirigée de telle sorte que la convexité regarde le nord nord-est, et séten.l du nraii 23" de l.itiude nord, et du 157» au l'>9« de louuituile Oi'cidentale. Nous y joindrons l'attolle des Iles (:op|»er et llenderson,qui est plus rapprucné des îies ttnouaî qi:e de la cote américaine.

liaouaî, la plus méridi(>naledeces îles, en est en même temps la plus imfHirt'mte, et elle donne son nom àrarchi|>el.

Dans sa plus grande longueur du nord au sud , elle a environ 83 milles, sur lUi milles de larijeur de l'est à l'oiiest. Sa cin-onfércnce eîrt de 210 milles h jieu près. Une bande de terre formant a l'île une lisière cuUi>ée, et plus large à Test que dans les autres parties, des chaînes de m(»ntagne.s diri;!ées dans le ni('me sens que les cotes, étendant leurs ramiliciitions dans tout rintérieur t!t qui sont couronnées la plupart par des volcans , tel est Taspei-t «( neral de Pile. Les trois montagnes les plus élevées de ce système, le Mouna-Kea, point culminant, haut d'environ 15,000 pieds, le Mouiia-Rca, presque aussi élevé, et enfin le Moun:i-Hoiia-Raraï, disiiosés en triangle, circonscrivent un plateau élevé, presque désert et inciiite.Qu(»ique très- liai il es, ces nuMitagnessc terminent eu (tentes douces du coté cle la mer» et n'offrent ni les aspérités, ni les crevasses nuiltiplices qui caractérisent h s terrains vo'caniqitcs.

La population de 1 ile s'eleve, d*a-

OCtAlVfB.

prii ^ mwonaiit» aqgbis, américains et firaoçais, à 8JI,00H habitants , répartis dans les six districts de liohaia, Hama-Koua, Hîrq , Pouna , Kaou , Kofia, e( le plateau intérieur

de Waî-Mfa. Iia«i, dfvûée en deui parties par

un isthme tres-ba», a une longueur de

3d inillps, rt une largeur très- variable,

s^fon fes/aities m on Texamine. L*ex-

tr^'n/té siid-est va à 26 milles. I^i popuiâtrâo, qui occupe presque iiniqueiKffit la partie du noro-ouest , s*éiève à 20,000 ames.

Au sud oiifst de Mawi, et sous sa dppendaïKf , gît K|ie de Taho»«-Rawe, de 10 milliis de long sur 8 df* large Tn chenal (Tune lieue la sépare de I île pn«cédeAte. Aride et rouverte de liroussai7i(t«, die sert d*asile à quelques pécheurs.

A Totiest de Mawi , se trouve BanaT, autre petite fie de 15 milles de lon{| Bur dixdelari^e. I>» terrain, bouleverse p<ir les volcans, n*ofTre ni sources ni torrents. Qtiel<|ues p;irties des côtes s«)nt aiHivées , mais elles fournissent arec peine aux besoins de 2 mille liablt:ints.

A 5 ou 6 milles an nord -ouest de M.iwi, surpit Moro-Kaî, longue de P'T»s dr 4t) milles, et Inrge de 6 nu plus. Irie rrétp de inontac es court dniis toute sa lonjîu ur de Test à l'ouest, et ne laisse qu'une et rot le lisière cultiva!»le a ses 3,000 habitants.

r,n suivant la li^ne ouest nord -ou est, à 2:< mi'W ijc là précédente on rencontre Oahoii, d'une loniçupur de 98 milles sur ïfi n tT de largeur. Otte île, la plus riche et la plus fertile du prrnpe , est cbiiiïée en deux dans toute M lir.înienr, depuis la pointe sud-ouest jttsqu'n la |)ointe d'Kva au nord-ouest, par une cr^te de montagnes volcaniques très-élcvéen.

U contrée intprîpiire , quoique fertile et coupée de ruisseaux, est déserte et inrulte. \j\ ville d'Hono-Rourou, bntiedans la plaine d'Kva, nui, sur une ioHïiieurde 30 milles, offre souvent une largeur de 9 à 10, a concentré toute la population dans ses environs.

1^ port d'ilono-Rourou offre le

nieillenr mouina|;e de rarehfpel; il ffk silr dans toutes les saisons, et sert dé relâche habituelle aux navires baleiniers qtû fréquentent ces parages et s'y trouvruc quelquefois jusqu'au nombre de 20. \jt transport de la résidence royale dans cette ville est aussi une des càiises qui attirent la population , estimée à 20 mille âmes pour Tfle, dont 12 mille pour Hono-Bourou seulement.

A 65 milles d'Oahou, et toujours dans la direction ouest nord-ouest, s'élève Taouaï , île montapieuse, presque circulaire , d'un aspect charmant, mais moins fertile qu'Oahou. Les habitants, d'un naturel doux et paisible, sont groupés la phipnrt aux environs de la rivière de Waï-^lea, et protépés par un fort armé de vîncl-deux pièceç de canon. Taouaï a de 80 à 00 milles de circonférence çt compte 10,000 habitants.

La dernière tic du groupe est Niihau, «1 Pouest de Taouaï , dont elle est séparée par un canal de LS à 20 milles d'étendue. Au nord , un îlot en est séparé |>ar des récifs et lui sert comme d'appendice.

C!es deux Iles durent à leur isolement de rester lonjç-lemps indé}>endantes.

Ce ne fut qu'en 1824 que le combat de tVaï-Mea les rangea sôus le s* eptre de Rio-Rio. La culture des ignames leur est particulière. Elles sont aussi renonnnées pour la fabrication des nattes, qin' ont quelquefois dix -huit et ^ingt aunes de longueur sur trois ou quatre de largeur, sont teintes des plus vives couleurs, et recherchées dans tout le groupe pour rornemenl des chefs.

Le groupe est complété par les deux écueilsde Tahoura et (le Medo-Manou, qm' servent de nid à de nombreux oiseaux de mer.

GÉOLOGIE ET UISTOIRB HATURBLLE.

T)es volcans éteints ou en activité, des laves, des rochers calcinés, quelques terrains d'iflluvion, tel est Vaspect général des des d'Haouaï, aue l'on peut considérer connue une chaîne de volcans qui auraient stirgi d'un bauo de coraux. Les montagnes, composa

tt

de laves et de rochers Tomis par les ▼oinins, sont arides et n'offrent oue peu de traces de végétation. I.es plaines, formées par des laves décom|iosées et des terres d*alJiivion , forment une ceinture aux llos et semblent assises sur une base modréporique. Du (carbonate de chaux et dcsinassescalraires fonneut ces terrains, où sont en&mcs des coauillages et des coraux ourant tous les états de ilécomp(^sition. LVpaisseur de la couche d'alluvion varie de quelques pouces jusqu'à deux ou trois pieds. La seconde couche, formée de ttif voiranique qui s'enfonce jusqu'à une profondeur de 12 à 15 pieds, est appuyée sur une base solide ae calcaire madréporique. Cette couche, dont la dureté va en diminuant à mes re que Von creuse dans Tinlérieur, devient trèsporeuse, et, à la profondeur de douze ou treize pieds, fournit une eau limpide et très-douce qui suit les alternations de la marée, et est due, sans doute, à feau saumatre qiTi s*est dépouillée de ses sels en traversant le tuf.

Dans toutes les parties où la lave décom|)Osée offre des terres propres à la culture, la végétation se développe riche et abondante. Les plantes usuelles indigènes étaient le taro ( arum escu/enhtm ); la patate douce {convoimUus bâta f as) ^ appelée dans le pays ouava ou auhi; la canne à sucre, Tarbre à pain , le cocotier, plusieurs espères ae bananier, le fraisier , le fram- Doisier et une espèce d'ettgenia. Les Européens, et surtout M. Mariui, ministre de Tamea-Mea, et M. Perrière, y ont naturalisé le palmier de Gouatiinala, Tindigotier, le caféier, les pastè-

Îjues, les ô)ncombres, les pai>ayers, es citroimiers, les orangers et In vigne d^Asie, qui y ont prospéré à souhait, ainsi que les magni-iiques fleurs de Vedivarsia et du chrt/sop/ùila ^ nouvellement importées de Taîti , et plusieurs plantes |K)tagère8 d'Kurope, te 1les que choux, carottes, oi^nous, betteraves, etc.

Dans la région cultivée vers le littoral , on trouve, connue dans la plupart des îles de TOcéanie, Tarbre à pain, le mUrier à papier, ledragonicr.

Yfiibisctis j le gostuplum , le morhnda , le ricitim , le aida , plusieurs graminées et convolvulacées. Dans plusieurs îles du groupe, à Haouaî surtout, une zone de près de 200 toises d'élévation, formée de laves concrètes, n'offre de tra(*es d^ végétation que dans quelques ravines. La seconde région renferme la plupart des plantes communes à tout l'archipel , et plusieurs es|)è(*es propres au groupe d 'Haouaî ; mais là , la végétation prend une vîjsueur et un développement extraordinaires. Les nuages amassés dans cette région , fournissant une humidité constante, la plupart des espèces uni, au niveau de la mer, étaient des arbrisseaux étiolés , deviennent ici des colosses.

Un effet de météorologie, analogue à celui que l'on observe souvent sur la montai^ne de Table- Bay, au cap de Bonne- Fîs|)éranoe, se présente dans certaine^ circonst^mces. Des lambeaux de nuages , se dètacJtant de la masse qui enveloppe cette zone , descendent vers la région inférieure, où, isolés, ils ne tardent pas à se vaporiser, et fournissent ainsi un aliment a la végétation de cette région, tandis que les torrents et les cascades qui descendent des gorges des montagnes abreuvent les terres du rivage.

Dans cette zone de nuages croissent lesandal,dontleboisod nférant forme la branche la plus importante du commerce de ces îles , de vigoureuses fougères, diverses lobéliacées, plusieurs pandanusy enOn un mimosa et un metrosideros y remarquables par les variétés de leurs feuilles, selon les régions qu'ils habitent.

Enfm, au-dessus des nuages, commence la troisième région , région des plantes alj>estres, dont la viirueur va en décroissant gradueilement jusqu'à la li mi 'e des neiges, ou elle cesse tout à fait.

Le règne animal est peu riche en espè(*es dans le grou|)e oMIaoïiaï. Le cotthon, le chien, (e rat, el;»lent les seuls quadrupèdes connus av. nt les Kuropeens, nui v ont ajouté la vache , le cheval, la nrebis, la chèvre, le chat et te la|)in. Parmi les oiseaux, on doit compter deux moucberoUes , le psiitacus,

ocAànie.

IS

deux pinsons, une grive , la mouette commune t des bécasses, des oies, des canards V un corbeau , des foulques, les oiseaux des mers tropicales, tels qtie pétrels, sternes et phaétons. Les plus Deauxet les plus remarquables sont quatre nectarins, petits oiseaux de la l'orme du oortbri,doiit les plumes brillantes servent à fuire les mnuteaux des rois. Les seuls re}>tiles de l'île sont deux lézards dérouleur cendrée, longs de cinq à six pouces. On y voit des limaçons aux couleurs chatoyantes. Les inseoles y sont rarrs, ainsi que dans toule hi Polytiésie. Néanmoins on y voit une quanti é de moustiques , ma s j)eu de j>apilloiis et de œl*«ptères. L«*s poissons y sont abondants et variés. On y trouve plusieurs espèces de bonites , deux espèces Je mulets , des poissons vol.uits, et assez frécjuemment des zoophytes.

Les mo lusques y sont très-nombreux , et le naturaliste' qui y acconipagoa le capitatneJUron a recueilli ouzees[>èc'es de coquilles, toutes appart^-nanl au genre vobite. On y rencontre aussi rhuître perlière, qui fournit sou vciit des perles d'un bel orient.

TOPOGR.4PH1B DE L'ILB IfAOCAI.

Dans le cliapitre précédent, nous avons déjà indiqué les généralités géographiques de cKte Ile qui donue son nom au grou|)e: il nous reste à examiner les curiosités naturelles qui s'y rencontrent, et à donner une description succijiCte des villes, ou plutôt des villai;es, qui se trouvent presque tous sur les côtes.

WSTRICT DR lUMAKOHA. CASCAnRS DE THOIS CmJS PIKOS DR HAOTkL'R.

Parcourons d*abord les districts auxquels apiiartiennent les curiosités remarquables , les monuments de la nature, ainsi que les vilies et les villag-s. En allant du nord au sud sur la côte orientale de Pîle, nous trouvons le district de Hama-fivua , qui, au nord, confine à celui de Kopala (le nlus septentrional de nie) , et au suci , à celui de Kîro. Dans ce district est une vallée étroite et |>rofonde, puis un morne de six cents pieds qui surplombe la vallée,

et d*où s^échappent des naiipes d'eau formant des ciiscades de trois cents pieds de hauteur. Cette muraille, composée de diverses couches de lave poreuse, / est due à un éboulement subit de rochers qui s'écroulèrent tout à coup il y a quelques années. Au milieu de ces débris , de ces ruines sublimes , sur la crête des rocs, dans les anfrartuosités des falaises . paraissent en et In quelques cases qui révè.ent 1 existence de 1 homme. «

Le jour de Téboulement, disent les naturels, un brouillard épais counmna la montagne , et ensuite un feu follet parut , précurseur de la déesse l*é.é, qui préside aux volcans. Un prêtre de la déesse, qui demeurât au pi«d de la montagne, chercha à rassurer les insulaires j et leur promit que, par se^ prières et ses conjurations, il détournerait de la contrée le malheur qui ta menaçait; mais la déesse resta sourde aux prières de son ministre, et, vers dix heures du soir , un tremblement de terre se lit sentir , la montagne s'ouvr.t dans une longueur d'un deini-miile, et la tranche qui se trouvait du côté du rivaçe s'ét^roula dans la mer avec un horrible fracas qui fut entendu au loin , et deux villages et une vingtaine de personnes furent engloutis.

L» s environs pré^ntent partout l'as- |)e< t d*une nature en convulsion : des laves, des rooliers calcinés , des cendres , des londrieres , et , parmi ces ruines , presque nulle trace Je végétation.

Plus au sud , la côt» présente un autre aspect. A la nature morte succède une nature vivante et animée. Là, sont U^s villages de AVaï-Manou et de AVaî-Pio, qui ont pris leur nom des torrents qui les arrosent. Ce dernier est célèbre dans tes légendes nationales d*llaouaï, pour avoir servi de résidence aux deux premiers rois do rîle, iMirou et Akea, ensuite à Oumi et Kiroa, fameux dans Thistoire de ce iwys , et enlin à Texécrable tyran lloa- Kau , dont le nom est encore, pour les insulaires, tm sujet d'épouvante. Son plaisir était de déchirer les corps de ses sujets, et quand il apprenait qu'un

L'0«ItÈfcS.

Aômine avait une belle tête, H ordonnait à ses bourreaux de la lui apportfr pour la tulliader a son aise. On dit qu'un jour il ut couper le bras d'un nonmie pour la seule raison qu'il était niieui tatoué que le sieu.

VALLKE DE Wil-PIO.

Le village de Waî-Pio est bâti dans une vutlée qui porte le même nom , et qui est une de^ plus pittoresques du

Slobe. Il est encaissé de trois côtés par es montagnes qui, s'ouvrant vers la mer, permettent de voir le torrent et les habitations.

CVsl dans cette vallée {voy.pl. 128), auprès de VVaï-Pio, que se trouve le Pouho-^ioua, ou lieu de refuge de la partie orientale de l'Ile. Cet édifice présente les caractères d'une moyenne antiquité. Kn temps de guerre', on attachait un drapeau blanc a chaque entrée, et la mort eiU ete la pimition de quiconque aurait passé ces limites pour poursuivre un coupable. 1/inipunité éiait ac^cordée à quiconque av.iit pu atteitidre œ lieu d'asile. Le meurtrier, le prisonnier de guerre, le sacrilège étaient là en pleine sûreté. L^ religion iescouvraitdt^ sa puissante é^ide. Dans cette enceinte, sous un autique paniUtnus, s'élève la clhipelle dans laauelie sontdèjMsés les os de Hiroa, petit-fiis d'Ounii , qui vivait, disent les traditions, il y a plus de quinze génératioiis. Les prêtres avaient exploité ces reli* gués, et aucun insulaire n'était admis à les visiter qu'après avoir donné au moins un cociion. Le roi lui-même était sbuuiis à cette ollnhde, et des missionnaires qui voulurent les visiter, en i82:i, ne purent éire admis. On leur montra une pierre représentant ta sculpture grossière d'un homme. Cetait, leur dit-on, le (Il (effigie). de Hiroa.

LE ROI RODMI. I.E PlUl^llE ET LES PRISOK- SILK6.

Une tragédie d'une barbarie incroyable fut jouétdans cette môme valleede Waî Pio.

. fieiou les tmalaires, le grand roi

Ouml avait vaînni darlà bn cottibot six rcis des autres districts, et it sacrifiait ses prisonniers de guerre pour célébrer la victoire. Quand it eut fait tomber plusieurs victimes, il votilut s'arrêtf-r; mais la voix de son dieu Koua-Poro se fit entetidre, et lui ordorma de frapper : « Toujours... touiours... « répétait -elle sans cesse, et le roi inniiolait de nouveaux prisonniers. Cependant un seul restait de quatre-vingt-dix, et le roi désirait lui faire grnce. La voix de son dieu se fît entendre de nouveau. Oumi , touché de la jeunesse et des larmes du prisonnier, hésitait encore, lorsque la voix fonnantedu dieu cria : Toujours! frappe.'... Un instant après, le roi restait seul dvec le prêtre , tous deux seuls sur un tas de cadavres.

Ainsi rahoMiinable fanatisme transformait un peuple doux et humain en tigres aitérés de sang; ainsi, mettant en Jeu l'enth^ usiasme et la crainte, les prêtres se servaient tour à tour de c^s passions pour assouvir leurs vengeances particulières , et s'élever au-di«s us des rois.

On trouve encore au fond d^s baies qui s'enfoncent dans les falaises, quelques petits villages, la plupart sans iiiv portance : ce sont ceux de Kapou-Lena, Kolo-Aha, Rouino-Arii, Manie-Me, Ileala-Raka et Naupea. Ce dernier hijmeiiu termine, de ce côté, le district d'Iiaina-Koua.

DISTRICT DilIRO.

Le district d7//ro qui, au nord, corfine le précédent, et au sud , oelui de Kaou, est dominé par la cime uei-

f;<use du MounaKea. Houra , village imitrophe, dans une petite crique, l^)upa-Hoï-H«.î, Weioka, Kamae et Opea, villages de peu d'imjjortance, se trouvent sur la cote, assez rapprochés les uns des autres.

I)ans une vallée. fertile et dans une position des plus roniantjcpies, s'êlevf "\V<iï-Akea au fon I de la baie du même nom. Cette ville, la plus grande, la plus ridie et la plus peuplée de l'île, est h.Ui»' dans Uâ.e plaine couverte dé cases ouibraj^ées de cocotiers et de La-

OCÉAME,

Dangers vCt entourées de jardins et de chain)» fertiles de taros,(le pat ni es, de cannes a surreet de ineLns. Tout dans i!eUc Tallee annonce la richesse de «es habitants : les cnses sont | lus élé^antfs et irfus sjwcitHises , les vêtements des j aîntnnts plus rechenhés, et les produftions plus abonduiites.

iTtKUS!»n£J«T DES MISSIONNAIRE^.

On Eroure dans la ville de Waî-Akei /etié/tssoiient des missionnaires protestants^ «ircursale de celui ti*Hono- Hmnm, Quelques rases, l)âties à ta façon du pays, au bord d*iin canal dVati douce qui communique a la mer, et entourées de rençers de pantianusy de cocotiers et d'aleu rites, servent de logement, de temple et d 'étiole a ces paste irs. A cent p;is de leirr étabisseinent se trouve la i».iison qui n été occupée par le coimtiandant Byron : c'est une Cà^e ua peu plus.iirnnde que celle des naturels, mnibiée de deux tables , de quelques chaises et d*uiie espèce de lit de repos. Auprès est une autre case qui servait à ses ofliciers.

TORREifTS ET ^ANGS.

Troistorren^s coupent la plaine et y forment des etafiiçs reiufïlis d'ext:ellents poissons qui se nourrissent des riK>u- Ifs qu'on trouve sur la grève. Ces étiings sont rouverts parle vol continuel d/S canards et des sarcelles. Le plus lar^e et le plus rapide de ces torrents est le Wal-Rourou,qui descend des sommets escarpé^ du Mouna-Rca. Son embouchure offre une jîorge pro tonde, dont les murs ivoircis et éou|>és a pic sont couxerts ^w\\t vét;étatioit raiiou^rie et iiÂiive. De i-rtle eml>^ucbure, letorrent se précipite dans un vaste bassin avec ffiiiK-tiiosité en t'ormiiiit deux ca<««Je!î, Tuiie h,iute de vinj^t pieds, r.ni.rr de huit seulement (voy./,/. III). 1 n d«*s anuisemeiit; ta^oris des iiisulairexcouMste .1 se 1; iss' r emjorter j ar l«swii\ uu-de<sus des cjiscaui's, pi.is a s^ lancer <\\eç elles pour reparîiMre, à liii^tjHU de leur chu e, dans les e:iu\ du iMssiii In fKiiit grossi'»reineni '.'ouïînjii jKHilt \^ (|,.nx rives dti X> Jiï-Uoutuu. Le \V«l-Akea,oud)rage de coco*

tiers, jaillit du milieu des laves, et se jette dans TOccan, après avoii*fburni un cours paisible de quelques milles.

LeAVdï-Élawa,ennn, né comme le précédent dans un lit volcanique, glisse aussi comme lui dans TOcéan par une pente douce, et ses rives sont couvertes des plus beaux arbres de cet archipel.

GKAND V0LC\2I DE KIRO-Râ.

A vingt ou trente' lieues du village de Waï-Akea, au milieu d'une contrefe montTineuse et aride, s*elève le iolcàA deKiro-Ka, Tun des plusétranues phénomènes derîle(voy./j/. 1 12). tn chemin agrénble et facii'eà travers la plaine. ombra<îé de cocotifrs, de bananiers et dfpandaftus^ conduit dans un lx»is d'aleuri'es qui , traversé d.ins tous lefe sens de lianes et de plantes parasites, n'offre au voyaireur qu*un chemin étroit et recouvert de laves tranchantes. I.'aleurite fournit un fruit d'où 1 on extrait une teinture qui était autrefois employée à Toi^ération da tatouage; il fournit aussi une huile bonne a briHer. A la sortie de ce bois, la lave noire, et unie comme le marbre en plusieurs endroits, annonce rapproche du volcan. Une larj'é coulée, sur les bords de larpielle végètent quelques arbres a moitié calcinés, sert de chemin, l^n arbrisseau portant une petite baie jaune «t rouge, d'un i^oût fade et de la grosseur d'une groseille, sert à rafraîchir le voyageur. Aucune cjise ne parait dans les eii\irons, excepté sur les lisières de la forêt, où se sont établies quelques malheureuses familles. Bientôt des colonnes de fumée révèlent l'approche du volcan, et elles deviennent plus longues et pUis élevées h mesure uuc Ton approche. Vu précipice de plus de cent cinquante p:ed^, taillé h pic et couvert d'arlirisscaux et de buissons, conduit dans une fondrière d'un demi-mlHe d'étendue, aboutissant elleiuén>e fl une seconde plaine creusée à deux cenllS pieds de profondeur. Cette secondé chaussée coéiduU autratère, dont !'a|)^ pnhhe est annoncée par un rou enifnt souiil e: ronliuuel, et par dcscolo..neé 'd'uue Uaauiie blaiurdead'uue éj^û^i

fumée. Un rebord demi circulaire, coupé à picetdVnvironundeijii-inille, circonscrit ces deux entoncenients.

Là on assiste à un des spectacles les plus sublimes de la création. Là réside Pélè, formidable déesse, mered*Haouaî, dont la voix terrible fait trembler file entière. Une plaine de 7 à 8 milles de circonférence , dont le terrain bouleversé et onduleux étale une soixantaine de cratères coni(|ues, dont plusieurs sont sans ce^se en activité, des pitons de bitunie et de soufre, des lissures dont Tceil n*ose s ndcr la profondeur , des monceaux de laves et de cendres, tel est le tableau qui se présente à une profondeur de plus de treize ce.its ixeds , iin|)osant témoignage d'une grande convulsion terrestre.

^ La teinte sombre et noire du gouffre n*est interrumpue que par quelques coulées de soufre, olfrant des nuances jaunes et vertes sur le sonunet et sur les lianes de deux ou trois cratères.

Dans la partie de Test , les bords du précipice sont tapissés de soufre d'une belle couleur. Au nord et à Touest, les parois du cratère, taillées à pic, sont d'un rouge sombre et fortement calcinées. Lue fumée épaisse couvre toute la partie méridionale.

Les volcans ont ordinairement leur cratère q^i sommet d'un cône, et l'on doit gra\ ir de hautes montagnes avant d'y arriver. Celui de Kiro-Ea, au contraire, est dans un enfoncement profond, et il faut descendre successivement deux terrasses avant de l'a- Fercevoir, ce qui augmente beaucoup effet qu'il produit. Le Kiro-Ra eUiit sans doute, uans rorigiiie, de la nature des autres volcans; il avait aussi son cratère au sommet d'un cône; mais une excavation profonde a j)ermis aux matières de s*ecouler, et d en est résulté l'enfoncement qui existe aujourd'hui. Les deux plates-formes, que 1 on descend pour y arriver, attestent assez

3u'il s'est ainsi formé, et constatent eux états du volcan, llnenmraillede laves , large de quelques pieds seulement en plusieuf^ endroits, et d'oii l'on peut sonder la profondeur de l'abtme, atteste que lorsqu'elles étiûent en

fusion, elles montaient Jadis jusmi*à ce niveau. Tel est l'aspect général du volcan, vu à quelque distance. D^autres beautés attendent le hardi voyageur qui ose s'aventurer dans ces gouffres, et le récompensent amplement du danger qu'il a couru plus d'une fois d'être englouti.

Lue pente presque verticale de plus de quatre ceiits pas , semée de rocners qui se défichent au moindre choc et roulent dans l'abîme avei*. fraais , condtiit à un chemin formé de laves et d'une pente plus douce qui aboutit à ce point jusqu'où elles s'élevaient primitivement. Une lave brdlante, formant une croûte de quelques pouces et sous laquelle gronde un bruit caverneux semblable au tonnerre, des crevasses d'où sortent des torrents de i'umée et des vap: urs brûlantes, un sol calciné qui tremble sous les pieds, et sur lequel on ne s'avance qu'en sondant avec de longs pieux, tel est le spectacle qui se présente. Desblo(;s de lave, détachés des rebords du cratère, se détachent avec un bruit épouvantable , et dans quelques années, sans doute, toute cette mar^e sera détruite.

Vers la partie occidentale, une brèche lar^e, et formant une pente moins escarpée que dans les autres -points, offre un chemin tortueux qui, conduit au plan inférieur. Ln vaste élx>ulement a produit cette crevasse. C'est en marchant sur cet entassement de laves, sur ces rochers qui menacent à chaque instant de s'écrouler sous les pas du voyageur, que l'on parvient au fond d'une gorge noire, à parois de basalte, et d'où l'on ne voit le ciel qu'à travers une ouverture déchirée. Ce plancher, formé par une coulée encore à demi liquéiiée , brûle les pieds et est agité de secousses continuelles. C'est par ce chtariin que descendirent plusieurs missionnaires, le commandant Bvron,et depuis plusieurs officiers de là marine française.

Ln nouveau chemin d'une lave plus brûlante encore que cello uni conduit au plan inférieur, permet d'approcher de l'un des volcans en activité. Des coulées eu iiquei'action s'échappeut du

OCÉANt£.

•ommet de ce o6iie,haiit de cent cinquante pieds f et forment une masse heurtée, criblée de troos et de crevasses , d'où s'exhalent des colonnes de flammes et de vapeurs sulfureuses.

Aux environs de ce cône , le sol est si bTÙ&ant que Ton ne peut y maintenir la main. Les souliers garantissent i peine ks pieds, et les longs pieux destinés à sonder le terrain prennent souvent feu à rextrémité qui s'engage dans les crevasses.

Cest surtout par une nuit calme et bien étoilée qne le volcan se révèle avec toutes ses pompes, avec sa terrible poésie. Bes torrents de feu coulant sur la pente des oônes, tantôt paisibles et unis, tantôt bondlssaàt en cascades; des spirales de feu s'édiappant des fissures, et des colonnes de flammes s'élevant jusqu'aux nues, et couronnant le sommet des cônes : quelle scène sublime, quel spectacle imposant!

Vivant sans cesse au milieu des phénomènes volcaniques qui menacent à chaque instant leur existence , les insulaires ne purent mander de chercher les moyens de conjurer les terribles effets de destruction dont tant dlioinmes ont été victimes , et la superstition leur faisant voir dans ces phénomènes naturels, l'intervention d'une divinité malfaisante, ils durent chercher par des prières et des sacrifices à détourner d eux les effets de sa colère.

Ce volcan de Kiro-Ea , disent les naturels, a été choisi par Pélè et les autres dieux des volcans, comme Thabitation la plus digne d'eux. Les cratères leur servent de palais ; ils y jouent au konane^t et leur divertissement le plus habituel consiste à nager dans les laves brûlantes, et à danser dans les tourbillons de flammes, enécoutant la musique tonnante du volcan.

La tradition fait remonter au chaos ( la grande nuit) la première éruption du Kiro-Ea, et constate aussi les diverses transformations gu'il a subies.

Dans l'origine, il s'étendait sur toute 111e, mais depuis il n'a cessé de s'en* foncer au-dessous du niveau de la

J7* lÀtfraison. (OcKAmi?.^ t. tt.

plaine, en augmentant dVteihdae. Las explosions se manifestèrent pour ta première fois sous le règnede Ke-Ooa, et les naturels attribuent à des passages souterrains que Pélès'est creusés dans la montagne , la présence assex fréquente de laves sur le rivage.

La déesse n'accorde que dix pieds sur les bords de son domaine aux j^ lerins qui veulent y passer la nuit:

tout le reste du terrain est tabou, c'està-dire interdit, et Pélè ne manquerait pas de punir les audacieux qui oseraient lui désobéir. Tout autour du cratère principal se trouvent une multitude de petits cônes et de cratères volcaniques de grandeurs et de configurations les plus variées. Auprès d'une de ces fissures béantes, d'où s'exhalent sans cesse de la fumée et des cendres , les vapeurs condensées par le fîroid de la montagne retombent en rosée, ei forment deux petits réservoirs d'eau filtrée et d'ua excellent goût.

Un des phénomènes les plus curieux de ces montagnes, ce sont, sans contredit, leâ conduits par lesquels la lave s'est frayé un chemin dans le cratère.

Ces boyaux ont, en général, huit à dix pieds de largeur et autant de hauteur^ et sont formés par la concrétion des couches superficielles de la lave à la surface et sur les côtés, tandis qu'elle continue à couler en dessous. Cette croûte superficielle s'est si bien conservée avec ses accidents et ses ondulations, qu'on la croirait encore en mouvement. La voûte inférieure forme une courbe à laquelle adhèrent, sous toutes les formes, et représrâtant toutes les configurations les plus .bizarres, d'innombrables stalactites, suspendues au-dessus d'un pavé qui ressemble à un ruisseau de cristal.

Un de ces conduits a creusé, sur les bords mêmes du grand cratère, un bassin spacieux dont la forme heurtée et singulière est déterminée par la chute des coulées qui y tombent de pkis de cent pieds. Des blocs basaltiques du poids de plus de dix milliers gisent épars cà et là , et sont dus évidemment à des éruptions antérieures, hd capitaine Byron estime ce côté du cratère

IS

L'CNIVERS;

à trois milh pf eds ainlegf us du niveau d^ la mer. Le sentier étroit qui y conduit est recouvert de laves presque vitrifiées, fragiles et de couleur briquetée et noirâtre. Une grande quantité de filaments de cette lave, trans* lucides et très-fragiles, d'une couleur olive, se remarquent sur plusieurs points. Les naturels les désignent sous le nom dé Hau oho d Pilé ou cbeveii|9 de Félè. Ces filaments ténus ont quel?

quefois plusieurs pouces de long, et se nouvent jusqu'à s^t milles du grand eratèrCé

LB uo-BA-m » vouuv trsiiT.

Unediaussée, large de cent cinquante toises environ, sépare le Kiro-Ea du KilO-Ea-Iti, ou petit KJro-Ea , autre Toir «an éteint depuis long-temps. Le^erninde cette plaine, travaillé par un feu intérieur, est si diaud que les l)Oclierons y apportent leurs viandes et les y Ibnt cuire, en les enveloppant de feuilles de fougère, et les enterrant pendant quelques hcn/res. A peu dedistancç de U montagne, se trouvaient les ruines d'Oaza-Roho , Tancien heïau ( temple destiné aux sacrifices humains) , consacré à Pélè. Ce temple attirait de toutes les parties de rtleunemultitude de pèlerinsqui venaient rapporter leursofnrandes. Les chiens, les cochons, le poissoa et les fruits devaient être cuits aux flam* mes qui s'échappaient des fumerolles volcaniques ; car le tabou eût été violé si ces offrandes avaient été cuites à un autre feu. La conservation de es hdau fiit long-temps sous la direction de Kamaka-Ake-Akoua, prophète eélèbre qui vivait du temps de Tamea- 11 ea , et dont la réputation de sainteté contribua beaucoup à attirer les fidèles dans son temple.

Du sommet du betit Kiro-Ea, Toeil peut embrasser à la fois Fimmensité oe rOcéan à Test, et la masse imposante du M ouna-Roa. dans la direction do sud-ouest. ITne forêt large 4ie six à sept milles ceint la base de Ta montagne, dont les flancs, recouverts délaves et de rochers entassés, offrent les acci- Ics plus variés, tandis que le

sommet est couvert d'une Munisse PQti*

che de neige.

Une route parsemée ()e cratères et de coulées de laves, dont la surface lisse et glissante présente la configuration d'uif lac glacé, conduit au district de Raou, l^ plus méridjop^l de l'tle. Des cavernes, éparses ça et là, formées lors qes éruptions antérieures, par le refroidissement des )aves, sont |e seul abri qiie Tqn trouve (}ans t intérieur du pays de Kea-Pouàna , entièrement «iépoMrYU it'l^^itants.

En turaqt a^ sud vers ^p^-Pala , le pays devient plus ifertile ; mais la contrée sèche et aride ne fournit aucune source. Les habitants suppléent à ce manque d'eau par un moyen très-ingénieux. Ils forment avec* les longues feuille^ du pandanus des espèces d'entonnoirs dont ils engagent l'extrémité dans des calebasses et des vases disposés sur le sol. Les eaux de pluie sont ainsi recueillies, et les rosées fournissent chaque nuit une quantité d'eau sufusante pour là consommation d'un petit nombre de familles établies dans cette contrée, et qui vivent contentes dans leurs grottes , n'ayant d'autre occupaUoi) que la fabrication des étoffes.

VOLCAH BSULA9T UB PpClf4-B0E0Â.

. A peu de distance dq yillage de ^apa-Pala. se trouve le vo|can de Pouna-Uonoa, moins célèbre, mais aussi curjeux que celui de Kiro-£a.

Les environs présentent la physiquomie de terram et l'aspect généi^ particulier aux volcans. Un terrain parçem^ de fissures et de petits cratères , exhalant sans cesse des fumerolles, copduit a un vaste enfoncement d'environ cinq cents toises de diamètre, et profond de plus de cinquante pieds. Dans ce bas-fond existent une infinité de crevasses, dont deux surtout projettent sans cesse avec beaucoup de force des rochers et des laves. Larges seulement de quelques pieds en plusieurs endroits , ces fissures s'agrandissent considérablement dans d'autres^ et dans ce^ points sur-

eCÉAllE.

tout la hmée est beaucoup plus abondante et plus ëpais$e. Ces deux grancies crevasses s'ouvrirent il y a douze ou treize aus. La terre, à cette époque, se fendit sansfracas, et un tremblement snbit fot suivi de la dépression qui «wte wjourd'hui. Souvent ces c^ vaascs projetèrent des flammes et des /aFcs brtlbntes.

le terrain est 91 brâlant dans 1^ enîironsque Fonagrand'peineàyrester.

les coulées de laves, encore à demi «queâées, attestent Texistcnce récente de ce volcan , que je considère comme un afouent souterrain du Kiro^Ea, et qu'il ^t peut-être destiné à remplacer, quand celui-ci sera éteint.

Kapa-Pala est un village manufactuner qui se trouve dans Tes environs.

On le aie dans toute Vtk pour la finesse et la solidité deses étoffe connues sous le nom de mamaki. Les alentours sont fertiles et bien cultivés. A une demnournée de Kapa-Pala, se trouve le vill^e de Kaava-Ra , et , à la même distance de celui-ci, Maka-AKa, hamcau de quelques cases habite par aes cultivateurs.

oismicT DB vomi A.

v.îf 1^^*"^ ^® P?**^^» où se trouvent leç volcans de Kiro-Ça et Oc Founa-Hooa, a une étendue assez restreinte. Occunant la pointe la plus orientale del'flcTîl est borné au nord par celui de Kiro, et au sud par celui ûe Kaou. Tout le territoire intérieur, ravagé par des volcans, est aride et •nculte; mais le littoral offre des plains fertile? et des vilh.geÉi nombreux.

hiîKf?#'"'^J^^..^'"^6^' qui forme a lunite nord du district, est celui d^ *:^u, situé dan$ une vallée fertile et «en arrosée. Puis, en avançant vers xi^'^'J'î trouve Waî-Aka-Heula, Mïou-Wai, et enfin Koula, Pun des ^«ts les plus agréables de l'île, à P«a de distance du cap Kapoho, qui a» forme la pointe la plus orientale.

^'"•OW Dl rtLÈ, DéVSSB DBS VOLCANS.

BT DU CBXP KiLBAVABL ^^'»

^4« Koala, 10 troato qm col-

^ij!« ^ ^9\k st rapporte m éukoéê célèbwi dans les fastes du pays.^eK^ çollina, qui a reçu le nom ifo Motê^ Kahavari, est un cratère éteiat &wm* viren cent pieds de hauteur, sillonaé.

▼•« la partie orientale, d'uae lanw échancrure, due à réeoulemem delà lave. Uae vallée fertile d'eaviroii tsoia à^quatre milles de diamètre , et tutiâirée de montagaes déchirées et coupée»

àpic, est sans douU Tandea MtTw votean. Au miliog de cette yallée4 uii lae deau saumâtre, nommé fvJua^ Péié (eaodePélè), d'environ un dmll mtUe de circonférence et de deux cents pieds de profondeur, occupe la plaoc de l'ancien cratère. *^^

La légende qui célèbre la coUIbc de Bou-o-Kahavan se rapporte au piric^ sant chef dePouna,KahavaEi, qui sivait du temps du roi Kaarti-Kbiaiii.

Un jour de £gte, ceefaef s'eseittaît m jeu favori du korom avec les mSllciin jouteurs du district. Une feulé d'bahî»

tants étaiept accourus de tow cdtét pour être témoins de cet assaut ; car Phabiletéde Kafaavari était connue. Ca

fi du boroua, qui ressemble haaucoui»

cehu de nos montagnes russes A Pans, consiste à s'élancer, dans un tealneau, sur le penchant d'une colline, et à arriver en bas le plus pcomptemMUi possible. Le jouteur qui arrive le prêt mier gagne la partie. J^ traîneau cul sert a ce jeu, et qui est connu sous la nom de papa, se eompose principale^ ment de deux pièces de bois fort aaj lies, longues de huit à dix pieds nw une épaisseur de deux ou trois pouim.

Ces deux pièces, qui font l'o&e de la hime d'acier dans les patins sont maintenues par une série de travenea»

de manière acequel'écartemenLd'eor viron deux pouces sur le devant, aille en augmentant sur le derrière, just m a quatre ou cinq pouces. Chaimae de ces pièces s'évide sur le devant , de manière à se terminer en pointa eur dessus. De chaque côté sent assujetti deux bétons pour servir de point d'a»pui , et une plate-forme transveêsab sert a appuyer le corps du jouteur :

pour donner l'impulsion à la n^^jne, celui-ci, étendu sur le trataaaii, km

UU5IVÉRS.

pieds prenant un point d'appui sur la traverse de Tarrière, une main appuyée «ur Fun des garde-fous, frappe vigoureusement le point d'appui de l'autre main , qu'il reporte aussitôt sur le second garde-fou , et s*élance ainsi , en cherchant à surpasser en vitesse ses rivaux et à maintenir son point d'appui.

Ce jour donc, les insulaires rassemblés avaient préludé au jeu du horoua par des diants et des danses. Le chef et son favori allaient partir, quand une femme, descendue du Kiro-Ea, se présente tout à coup. Elle propose au chef de lutter avec lui. Le dén est accepté : l'inconnue reste en chemin, et Rahavari , s'élançant rapidement , a bientôt franchi le revers de la colline, et est couronné par la foule qui l'environne, tandis que l'infortunée entend retentir à ses oreilles un tonnerre d'applaudissements à la gloire du vainqueur. La courageuse étrangère, jalouse de {^rendre sa revanche, dit au chef orgueilleux : « Je te prie de recommencer et de me prêter ton tratneau ; le mien est mal construit. »

« Non certes, non, répondit Kahavarî , » qui la prenait pour une femme ordinaire; « à peine voudrais-je le prêter à ma noble épouse, » et, prenant son char, il glissa rapidement au bas de la colline. Mais l'imprudent venait de refuser la puissante Pélè , dont le travestissement l'avait trompé. Furieuse de ce refus , la déesse frappe du pied le sommet de la montagne , et la fend en deux. Le feu et la lavejaillissent aussitôt , et le chef, en se retournant, aperçoit la déesse, s'élançant, I9 tête coiffée d'un panache de fîimée , vomissant des flammes de sa bouche , jetant de ses narines des torrents de bitume et des ruisseaux enflammés, et lançant devant elle les éclairs et la foudre.

Déjà elle arrivait sur Rahavari, elle allait bientôt l'atteindre, quand le chef, saisissant sa lance, appela un de ses amis, et prit la fuite du côté de la mer; mais les assistants ne pouvant fuir assez vite, furent engloutis sous la lave. Tant de victimes ne pouvaient satisfaire Pélè. La terrible déene voulait dévorer Rahavari;

pourtant ce chef, redoublant ses efforts, arriva à Boua-Rea, et jeta son manteau (*) de feuilles de H tressées C*) pour courir plus vite. De là , se dirigeant vers sa maison, il rencontra près de la porte son cochon favori, Jrci'Pouaa^ qu'il salua avec son nez ; puis , courant chez Rou-Rii , sa mère , qu'il salua également avec son nez, suivant la coutume du pays, il la prévint de sa mort prochaine, ainsi que sa femme Ranaka-Wahine , qui l'exhorta à rester pour mounr avec elle ; mais Rahavari , sans l'écouter davantage, n'eut aue le temps' de dire adieu à ses deux nls, Papourou et Raohé, en leur disant qu*il était fâché de les

Perdre ; car déjà la lave était près de atteindre. Reprenant leur course, Rahavari et son ami arrivèrent à une crevasse profonde, et sans leur large lance, qui leur servit de pont, ils étaient perdus ; Timpétueuse Pélè arriva presqu*en même temps qu'eux et franchit cet obstacle d'un bond.

Cependant Rahavari, voulant g?gner du temps , gravit la colline Bou-o- Rahavarl , où il trouva sa sccur Roae.

Il lui dit bonjour en courant, puis, allant au rivage, il v rencontra son frère , qui venait de lancer la pirogue l de oêcbe pour éviter Pélè et sauver ' sa ramille. Rahavari et son compagnon y sautèrent avec eux , et, pagavant de toiites leurs forces, ils gagèrent le large. Pélè arrivait alors bouiHonnante et furieuse. Elle se ieta fumante i la mer, poussant d'horribles sifUements , et lançant des pierres qui , heu« reusement, n'atteignirent pas ^emba^ cation. Le vent (fest s'éleva ; alors ■ plantant au milieu de la pirogue s larj^e lance, ornée d'une oanderole

aui servit en même temps de mât e e voile, Rahavari et ses compagnon abordèrent à Mawi, où ils passèred la nuit. De là , ce chef passa succel

(*) Cette espèce de manteau est noma touî-raL

(**) Le ti en haouaîen correspond dracana , oa dragonnier, genre de la fami des asparadivées et de Thexandrie moiio^ nie. Cet arbre a le port de» palaier».

OCÉAr^ÏE.

sifenient à Rana!, à Moro-Kaî, puis enfin à Oèaou où vivaient son père et . sa soeur. Là s*éooula sa vie molle et douce, loin des fureurs de la déesse.

I^ tradition a conservé le souvenir du lieu où le volcan fut en activité , et les habitants montrent encore au* joûd^trai les rochers que Pélè lança contre \a pirogue de Kahavari. Cette fable du êb/eî de Pouna se rapporte , vratsMiblablement , à une éruption volcanique arrivée dans les états de ce prince, et qui dut être tellement vioknte que la lave envahit tout son territoire. Le Bou-o-Kahavari est en effet un cratère éteint, de cent pieds environ de hauteur, avec une écnancrure sur un des côtés, par où la lave s'écoula.

VILLAGES BT TEMPLBS SmTÉS BmELB CAP JCAPOHO BT LE DISTRICT DE KAOU.

Après avoir doublé le cap Kapoho, la cote fuit au sud-ouest jusqu'à la pointe sud de Tlle, et offre suc<;essivement les villages de Poua-Laa, Leaia-Laka, chef, lieu du gouvernement de Pouna; Kau-Ea , village de peu d'importance, et, plus loin, Ramaîti, dans les environs duquel se trouvait un beîau Èimeux , dédié au dieu Rono ; Kohena, assemblage de cabanes peuplées de pécheurs ; Keou-Ohana et Kaî-Mou , villdjge pittoresque entouré de terres cultivées. Plus au sud , sur une petite pointe, Kala-Pana, avec un temple

3tti ^ait desservi par Kapihi , prêtre e Koua-Hauro, prophète renommé et ami de Tamea-Mea ; Koupa-Houa , joli hameau entouré de plantations ; Poulana , avec un temple dédié à Taîri, le diea de la guerre, et dans lequel on sacrifiait des rictimes humaines. Komo-Moa est le dernier village autour duquel se trouvent des terres cultivées ; au-delà, la contrée prend un aspect désert et sauvage. Vient enfin Keara- Komo, bâti sur on terrain menacé, presque continuellement , d'éruptions volcaniques. Ce village . l'un des plus considérables de Itle, torme presque la limite nord du district de Kaou.

mSTlUCT DE KAOU.

^ Dana le district de Kaou, la côte

otirt les villages d'Apoua, de Poh»> Kouroa, de Kanaio et d'Hilea, tous peu importants et peuplés d'habitants rivant principalement du produit de la pèche. Dans l'intérieur, non loin de la côte, se trouvent les villages do Kaara-Ra et de Maka-Aka. Ce dernier ne contient que quelques cases habitées par de pauvres cultivateurs très-hos-

Jûtaliers. Un chemin de huit à dix miles, présentant une pente rapide, sépare ce village de Pouna-Rouou. Vient ensuite Koroa, qui fournit les meilleurs cailloux aux frondeurs , et le petit hameau de I^iole, dont les pierres, d'après les naturels, jouissent de la faculté de se reproduire et d'être transformées en divinités ; de même que les pierres (qu'après le déluge Deucalyon et Pyrrha jetaient derrière eux) se transformaient en hommes et en femmes.

Aux enrirons immédiats de Niole, se trouve un monticule près duquel fut assassiné le brave Ke-Oua , dont nous parlerons dans l'histoire de Tamea-Mea.

A quelques milles au sud-ouest d'Hilea, on doit distinguer Rono-Napou, joli rillage habité par une population aisée. Bâti sur des laves , cet endroit est entouré de terrains volcaniques qui offrent les accidents les plus ex- . traordinaires. Dans plusieurs directions , la lave a formé des agglomérations si irrégulières que, pour les gravir, les habitants sont forcés d'en- . jamber sur des pierres plates , disposées de trois en trois pieds , et servant d'échelons.

ÉPISODE DE KAVERO-BBA.

En sortant d'Hono-Napou, on voit une falaise, ou côte de la mer, très- . élevée et coupée à pic. Un drame sanglant y fut joué il y a plusieurs années, un mari jaloux pr«;ipita sa femme sur le rocher qui se trouvé au pied du morne. Cette infortunée ne succomba pas sur-le-champ, et tournant ses veux déjà appesantis vers son époux, elle l'appela, des noms les plus tendres, en protestant de son innocence et lui pardonnant sa mort. Le

mM ^ fékté iu haut et la fidaile, im- MMltt obmme une statue , reconnut li el1m« qnMi avait eômmis; mais il lÂtâit plus tem|iê ôt lé réparer, sort êg9M% «Xpirait en lui disant un dernier «lieii.Lèrodieroû elle tomba a reçu lu nom de Katero-Hea , de celui de la fietiliiè) et quand une grande calih iriflé, une guerre^ uiie famine, ou la nftOft d*uil ehef menacé Ptle, des cris o^intln se font entendre dans le simide éë \à nuit ^ et plus d*un nautonid^ eunt voir l'ombl-e légère de Ka- Vér<>-Hca eflîeurdht leS tagues, et entéttAfé te douce voit prbtrancef de aanglafits ëdletit.

fkÊtti èM UfifH^ ftt TILLÀGÉS OtT DlStRICt f)B KAOlf.

Tfliut lé long dé la côte s'élèvent dé nombreux villages entourés de champft feirtiliss 6t bien cultivés. Les habitants 86 livrent à deux espèces de Jeux : le pahè y qui consiste h lancer une espèce de javelot émousaé, de deux à cinq pieds de longueur sur une épaisseur de cinq

Fonces, et finissant en pointe. Dans autre jeU , nommé maïta , ou ourouiii«f/a, deux bâtons sont fichés en terre à quelques pouces de distance Tun de rftuti^. Les joueurs, placés h quinze ou Vingt toises , lancent des disques de lave compacte nommés (ntrau;et Thablleté du joueur consiste à faire passet le palet entre les bâtons, sans les toudAt. Ce jeu . Tun des plus anciens de nie, a été aboli dans les contrées où léÉ missionnaires ont établi leur do« mination; mais les cantons libres de la surveillance de ces religieux en ont gardé Fusase , et des défis ont lieu de village à viliaf^e, et même de canton à cântoo. On cite plusieurs joutes où se trouvèrent six à buit mille spectateurs accourus de toutes les parties de Hle.

Dana le district de Kaou, on trouve encore le village de Papa-Pohakou, b(ti au milieu de vergers , et celui de Kalehou, tous deux dans Tintérieur, dans une campogne bien cultivée et trèfr-agréable. Au bord de la mer, sur le c6ïè occidental de la pointe qui termine Ule au sud, on trouve Taî-

Riti , bfttt sur un terrain volcaiiii|0« 4t formation récente; puis, remontant vers le nord« les deux villages de Ke- Waî-Itl et deKaulana-Maouna. Ceder« Hier est situé dans une conti^ couverte de laves et horriblement bouleversée. Il forme la limite des districts dé Raou et de Kona.

nsnuct DB ton A.

I> district de Kona , le plus peuplé et le plus étendu de Tlle , occupe toute la côte occidentale. Le sol , assez fertile en plusieurs endroits, offre sur les bords dé la mer une ceinture cultivée où sont bâtis un grand nombre de villages. Le premier qui se présente , en partant du sud, est celui de Kapoua, situé dans une contrée aride 4ont les habitants vont puiser Tenu à sept milles plus loin dans là montapie. Le terrain sur lequel est biti ce village est composé de cendres et de scories éparses autour de queloues monticules de deux cents pieds de hauteur. A peu de distance est le petit hameau de Oma- Kaa, et, neuf milles plus loin, celui de Rala-Hitf , plus ricne et plus peuplé. Plus loin , on aperçoit le bour^ de ELeakea avec une population assez importante.

CAVEHIIE DS KBA-NAf.

Dans les environs de Kea-Kea e^t la caverne de Kea-Naï, Tundes objets les

S lus curieux de Tlle. Cette caverne, ont la formation paraît récente , résulte d'une chute de lave précipitée d^un rocher de plus de soixante pieds, et présente une espèce de salle de quatre à cinq toises de longueur, haute de cinquante à soixante pieds sur une largeur de huit à dix. L intérieur de cette ^t)tte présente des stalactites des formes les plus variées et les nhis capricieuses; plusieurs, longues ae deux ou trois pieds, sont suspetidues à la voûte et reflètent de cent façons différentes, les rayons lumineux qui viennent les frapper. Un pourpre foncé forme le fend de la oouleor, entrecoupée par des rayures et des plaques du noir le

OCÉANIE

plus écla^int et semblable à an vernis Titré. Le côté de la voûte, situé dans la direction du cratère , présente une paroi perpendiculaire qui Drilledes plus vives nuances , tandis que le côté opposé , qui doit naissance à Técouiement de \a lave , â une forme très-irrégulière et une teinte sombre.

I^'oubtions pas de mentionner le tiliaged'Honono, au nord de Kea-Rea, entre ce village et Keara-Kekoua.

Honono servit dé résidence pendaht Dlusieurs siècles aux familles royales a'Haouàî: Quoique bleh déchu, cet endroit onre un grand intérêt au voyageur , tant sôus le râppîbrt de son importance politique et reli^'euse que par la conservation , çtus intacte que dans aucun autre point de Ttle, des rites dé Taiicieii culie indigène.

MABB-0.t£AVB> OSSCAIBfi DES ROIS CflAOUAI.

Daitt les environs immédiats d'Honono , sur une chaussée de lave qui s'avance très-loin dans la mer .s'élève le Afare-o-Keàve (maison de Keave):

c'était le Moral ou ossuaire des rois et des princes d'Haouaï, depuis six ou sept «cents ans. Ce temple, autrefois le pluÀ célèbre de l'île, tombe aujourd'hui en ruine, et, (le tous les travaux élevés dans son enceinte, la chapelle seulp est encore debout , bien conservée et bien entretenue.

Un tabou sévère en interdit encore rentrée; inais, de la porte, on aper-

8 oit i gisant à terre , des morceaux e nattes et (rétofiTes , des débris de vêtements, ef dans tous les angles dii bâtiment, des faisceaux d'ossements humains, soigneusement blanchis et attachés avec des tresses en bourre de cocotier. L'intérieur de ce moraî , ou o^uaiire, est rempli de statues en bois et de figures en plumes rouges; leurs bouches sont démesurément fendues et garnies de dents de requin , et leurs yeux sont en nacre de perle.

Autrefois ce moraî , bien entretenu et fortement construit , était entouré d'une eour pavée en dalles bien assemblées, et de vingt-quatre pieds car-

rés. Le toit était recouvert de feuilles de ti artistement unies , et une palis* sade serrée ceignait tout lédifice. La cour intérieure était pleine de figures grotesques et d'efilgies grossières, r&-'

{>résentant les divinités tutélaires du ieu. Tout dans ces grossières statues était heurté et monstrueux. D'énohnes têtes aux cheveux hérissés étaient posées sur des épaules difformes; le torse était contourné; les mains apuuTées sur les hanches, les Jamlies cambÉéeSt achevQient de compléter ce r)dicule efasemble. La troupe entière était pla-^ éée siir des piliers ou des piédéstaïux en forme dé croissant, hauts de deox pieds et larges de trois. Le prinbipal f(rodpe, composé de douze péi^sonnases , disposés ert demi-cerde automr des tombes royales , se trouvait daris l'angle sud-èslt de l'enclos. En dehors de renclos, et posées de la même ffiaotière, figuraient une fodle d'autres divinités de liiénife espèce. Ad centré dé Tenceinte on remarquait le diôu dKo^ cjpal , entouré dé sa oour. Toutei <$ès effigies étaient couvertes des étoffes les plus belles et les pitis élégamment drapées. A leurs pieds étaient épars des morceaut de tidttëSi des piebes d'étoffes , des fleurs, des tfiiits de toute torte , des ustensiles et d^ coquillages ^ déposés chaque Jour par les fioeles qui accouraient eh foulé de toiid les points de l'Ile. Le grade de ces divinités se reconnaît aux ciselures plus nombreuses et mieux exécutées j surtout vers la tête ; mais il h'y a aueunb distinction de taille.

OFFRANDES ACTX DIEtnC MAÎ^OÉllS PÂÂ €i FILS rûK PR^nVB.

Ce temple est desservi par une famille dont l'un des membres reràt Cook dans son vovage. Son petit-fils reçut le capitaine Byron, commandant de la frégate ia Blonde ^ et lui raconta une aventure qui lui était arrivée dans sajeunessé. Un soir, il revint âtii^, affamé et sans avoir rien pris. Il jeta un coup d'œil sur le poisson et le poï offert par son père au Nom-Jkoua on grand esprit , ea qui excita du-

Ysntage son appétit. Mais avant de se hasarder à en manger, il voulut s'assurer si les dieux avaient en leur pouvoir des moyens de répression.

Il commença par passer la main sur leurs yeux , ils ne firent aacun mouyement; il leur mit le doigt dans la boodie, et elle resta ouverte. Alors « prenant un manteau , il leur voila le ▼îsage, et, comme ils restaient toujours immobiles, il dévora, sans remords et à l'aise, les mets offerts aux immortels. Son père, étant survenu, le blâma fortement. Il lui répondit qu'ayant parlé à ses dieux, ils ne l'avaient pas entendu; oue leur avant mis le doigt dans la ooucbe, UB ne l'avaient pas mordu; qu1l en avait conclu qu'ils n'y voyaient pas, et Qu'alors il avait maneé tout son soûl, sans craindre les idoles. Le vieux prêtre lui dit alors d'un ton sévère : «Mon fils, le bois, à la vérité, n'entend ni ne voit ; mais l'esprit qui est en haut voit et entend tout , et il punit les mauvaises actions. »

UEO P'ASILB.

Dans les environs de ce moraî existe un Pahou-Tabou ou PouhfhNoua , lieu d'asile fameux dédié à Keave, la divinité tutélaire du lieu, et plus considérable que celui de Waî-Pio, qui est situé à Testd'Haouaî; car il existait deux de ces asiles dans l'Ile , et il y en a plusieurs dans le groupe. Ce Pouho- Noua forme un parallélogramme irré-

Suller long d'environ 660 pieds sur 380 e largeur. Des murailles de douze {lieds de hauteur sur quinze d'épaisseur 'entourent , excepté dans la partie du nord-ouest qui touche à la mer, et n'est défendue que par une palissade assez légère. De nombreuses statues de divinités couronnent ces muraiiles.L*enceinte renfermait autrefois trois temples ou èe!aus : deux sont entièrement détruits; un seul reste, très-délabré , formant un carré long, composé de murailles de 120

Sreds de longueur sur 60 de largeur et ix de hauteur. Ces débris sont construits avec des quartiers de laves, dont plusieurs, pesant cinq à six milliers,

ont dû exiger des travaux énormes . pour les transporter et élever à plusieurs pieds de hauteur. Les légendes assignent deux cent cinquante ans d'ancienneté à ces temples, qui furent élevés par Keave ; mais les ornements intérieurs et les statues sont d'une date plus récente.

Autrefois, dans un des coins de Fenceinte on voyait les maisons des prêtres et celles destinées aux réfugiés. En temps de guerre, les femmes , les enfants et les hommes hors d'état de porter les armes venaient se réfugier dans ce lieu d'asile, d'où ils ne sortaient qu'à la fin des hostilités.

Quelques jours passés dans ces lieux de refuge suffisaient pour effacer les infractions aux lois civiles. La fin de la guerre mettait un terme au séjour des prisonniers. Une fois sortis , aucun n'avait droit sur les fugitifs, quels que fussent les crimes dont on les accusât. Ce droit d'asile existait à Rome et à Avignon, avant ^ue le comtat du pape, dans lequel ie suis né , fdt réuni a la France sous le nom de département de Vaucluse.

FLAHrV CÉLÈBRE.

Entre Kei et Honono s'étend une

S laine recouverte de laves, et célèbre ans les fastes de Itle. C'est là que Tamea-Mea , après la bataille la plus acharnée , tme bataille qui dura huU jours ^ arracha le sceptre de Tîle à Kau-Ike-Ouli , fils aine et héritier de , Taraî-Opou. . ,

La mort seule de ce prince fut le | signal d'une déroute complète. Les soldats de Tamea - Mea n'eurent plus qu'à poursuivre leurs ennemis , dont une partie fuyait du côté de la mer pour se jeter dans les pirogues, ^ tandis que d'autres , parmi lesquels se trouvait le célèbre Karaî-Mokou qui , depuis , fut ministre de Tamea-Mea , cherchèrent leur refuge dans le Pahou- Tabou d'Honono. Les insulaires montrent aux voyageurs les ossements^ blanchis des guerriers de Kau-Ike« Ouli , et un monticule de lave indiqua l'endroit où ce chef fame^*^ ûit tué.

Unnt iniABQDABLIS.

En montant yers le nord on rencontre Ke-Ara-Kekoua, village bâti sur le bord de la mer, tout près de celui de KaaTa-Roa, situé dans une baie gui offre un abri sûr aux petits bâtiments. HnTocberde lave d^une teinte sombre doonne ks maisons et semble les menacer d'une chute prochaine. Plus loin, la lave décomposée offre à la culture des champs fertiles , des versers et des baies, ceints par un rideau de forêts et dominés par une chaîne de montagnes arides. C'est dans les environs de X.aava-Koa que périt, en 1777, le célèbre Cook, ce génie des découvertes.

Sur le lieu même où Tassassinat fut commis , on trouve un poteau élevé en 1826 jMir le capitaine Byron , avec une inscnptfon qui indique aux voyageurs les circonstances de sa mort.

Vers le milieu de lacdte occidentale, on observera Kaî-Roua, résidence habituelle du gouverneur de Ttle. Un fort régulier, élevé par les insulaires , diri^ par des ingénieurs européens , domine la ville et la rade. J^ sol sur lequel s'élève le village est tout bouleversé par les éruptions volcaniques, et offre le grand inconvénient de manquer d*eau fraîche. Pour s*en procurer, les indigènes sont forcés d'aller en puiser dans des marais et des torrents très-éloîgnés du rivage. La salubrité de l'air et la fécondité des parties du terrain propres à la culture ont cependant fixé dans ce village un grand ocMnbre d'habitants.

OKOTTB OB KAl-AKËA.

Les environs sont fiarsemés de grottes naturelles, parmi lesquelles celle de Kai-Akea ofnre des curiosités sans nombre. Une étroite ouverture conduit dans cette caverne, qui n'offre d'abord qu'un passage étroit et tortaeux ; mais bientôt ce couloir s'élareit au point d'offrir de véritables salles, dont plusieurs ont jusqu'à vingt pieds de longueur. A la lueur incertaine des torches, on croit remarquer sur les

Srois des rochers , des configurations statues, des niches, des débris de

OGÉAIflE. U

colonnes , toutes les merveilles de Tarchitecture ; mais aucun accident de stalactite ni de stalagmite ne s'y fait remarquer.

LAC jyEkXJ SAliB.

Après avoir fait huit cents pas environ, on est arrêté tout à coup par un lac d'eau salée dont la profondeur est de cinquante à sqixante pieds. L'action du flux et du réflux se fait sentir dans ce lac, qui doit communiquer avec la mer, car elle n'en est éloignée que d'environ un mille.

KUUfSS DU FORT DB KAI-BOUA.

Des débris de murailles de vingt pieds de hauteur sur douze d'épaisseur a la base , présentant d'espace en espace de larges crénelures, inaiquent l'existence d'une ancienne fortification qui paraît avoir eu une grande étendue (voy. pL 129). Une caverne servait de refuge aux populations en temps de guerre, et la citadelle était évidemment destinée à en défendre l'entrée.

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