HABITATIONS
Lies habitants de la Nouvelle-Zeelaad, si actifs, si industrieux à d'autres égards ,* sous le rapport de Parchitectare sont restés bien au-dessous des peuples de Taîtf , de Tonga et même de Haouaf .Les maisons des Rangatiras, des dernières classes et des hommes du peuple ont rarement plus de sept ou
O Oook, Crotet, Nitholàs, Gniise et d'Urville.
huit pieds de long, sur cinq h six de large etquatre ou cinq de hauteur. Celle qu'ha^ bitait Koro-Koro, dans le pà de Kabou- >Vera (voy.p/. 189), n'était pas pluâ spacieuse. Une personne ne saurait se tenir debout dans ces cabanes. Elle!
sont construites avec des pieux rappro* chés les uns des autres , entrelaces de branches plus minces ; ces treillis sont en outre recouverts extérieurement et intérieurement de tapis épais en formé de paillassons, fabriqués avec diverses plantes marécageuses, et notamment avec les feuilles longues et flexibles du typKa; une pièce de bois plus forte forme le faîte du toit, qui est composé des mêmes matériaux que les parois , et jui imite assez bien celui des chaumières de paysans en Normandie ou en Bretagne, à cela près que le dos en est plus arrondi.
Les cases des chefs sont plus ^an* des; elles atteignent quelquefois de quinze à dix-huit pieds de long, sur huit ou dix. de large et six de hauteur. A Tune des extrSnités existe» en guise ds porte, une ouverture qui n*a aue trois pieds de hauteur sur deux de large, et oui se ferme par un battant i bascule* Ce battant consiste en une natte épaisssi de la même dimension que Touverture^ À côté, et un peu plus haut que la portei est percée la fenetrerqui a deux pieds en carré, et çui ferme égalemenipav un treillis en jonc.
Du côté ou se trouve la porte, le toit se prolonge en deliors de la paroi, en guise d'auvent d'environ quatrs pieds de longueur. C'est là que se tien* nent les maîtres et qu'ils prennent leurs repas ; car un préji^é religieux leur dé* fend de manger dans l'intérieur de leurs Biaisons.
Les maisons des cheft sont ordinal* rement ornées de figures sculptées tant au dehors qu'au dedans; et souvent une figure grotesque est placée près de de la porte, et une autre au-dessus ds la maison. Rutherford prétend que ces statuettes sont placées à la porte des chefs pour en mterdire l'entrée aux esclaves ou aux hommes du peuple, qui seraient punis de mort eftoas 4f infrâs» tion à cette règle.
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Le pIcDcher de la maison est formé par de la terre rapportée bien battue, et rehaussé de dix ou douze pouces audessus du sol environnant. Un petit carré creux, quelquefois environne de pierres, indique la place du foyer, et la fumée n'a d'autre issue que la fenêtre, ou la porte, quand la fenêtre manque. Aussi ces cases sont-elles toujours enfumées, et cette fumée doit contribuer à rembrunir le teint des indigènes.
Un tas de feuilles de fougère ou de
typha leur sert de lit. Leurs nattes leur
servent de couvertures ; d'ailleurs ces
cases sont naturellement chaudes.
' Les chdis, quand ils ont une famille,
Sossèdent plusieurs cases enfermées 'une seule [palissade. Ces palissades ont quelquefois douze ou oumze pieds de haut, et sont garnies d*epais paillassons en feuilles de typha (yoy.pi. 17S). La plupart des maisons des Nouveaux-Zeelandais sont rectangulaires.
Leurs magasins publics, surtout ceux qui sont destinés à contenir leur substance favorite, les kottmaras, on patates douces , sont fort grands , et remarquables par une galerie qui environne tout le pourtour, et qui est ornée ordinairementd'unefouledebas-relidfsbien exécutés; ils possédaient cet art même avant qu'ils eussent reçu des instruments en fer des Européens ; car Crozet en fusait de son temps un éloge pompeux.
Jadis les Nouveaux-Zeelandais, retranchés dans leurs pas , bravaient les assauts de leurs ennemis, et soutenaient quelquefois des sièges de plusieurs mois. Combien d'exploits ignorés!... Combien de traits de vaillance, combien de prouesses ont dû éclater parmi ces peuples guerriers, pour être condamnés à un éternel oubh !... L'adoption des armes à feu a mis un terme à ces luttes prolongées, comme naguère en Europe elle détruisit tout à coup la supériorité et l'influence de nos chevaliers bardés de fer et d'acier.
MAISONS ET PLAirrATIOllS.
La maison de Wivia à Wa!-Kadi était trè8*|;raiide; elle avait vingt-sept
pieds de long, dix-huit de \ufjt et neuf de hauteur. La porte n'était pu plus grande que celle des autres cases , mais elle était décorée de quelques bas-relie& curieux. Près du ?iluige étaient quelques plantations de pommes de terre et de koumaras bim cultivées. La précision avec laquelle les plantes étaient arrangées, les soins minutieux que l'on apportait à arracher les mauvaises herbes , la propreté des palissades et la commodité des barrières et des sentiers eussent Ait, en Europe, honneur au goût daplus habile cultivateur.
LA MOMTEB PfilSB POUE UH DmO.
M. Nicholas, de qui nous tenons ces détails, va nous fournir une anecdote curieuse. A Waî-Kadi , chacun était curieux de considérer sa montre; mais le mouvement leur parut être une chose si étonnante , qu'ils jugèrent que ce ne pouvait être rien moins que le langage d'un dieu ; et la montre elle-même , considérée comme un ataua , devint pour eux tous Tol^jet d'un profond respect.
CDLTUfiB. mDUSTBIE ET COVHEBCE.
Les terrains défrichés sous la direction des missionnaires par les nooveaux chrétiens, sont assez fertiles ; ils rapportent des grains et des légumes , et pourraient nourrir de nombreux troupeaux , si le respect superstitieux des insulaires pour les champs taboues n'opposait on obstacle insurmontable à la multiplication des bestiaux et même de la volaille.
On peut donc , sans crainte d'errer, oonsioerer ces missionnaires comme les éclaireurs des légions de colons australiens , qui tôt ou tard envahiroot la Nouvelle-Zeeland , dont la malhenreusepoptilation , affaiblie parses propres fureurs , serait dès à présent pea capable de leur résister. Ces colooi trouveront dans Ika-na-Mawi un ttfritoire favorable à toutes sortes de cultures, des ports admirablementplaces pour le commerce et la navi^tion, soit au fond.de baies maenioques, soit auprès dé rivières bordées d'a^
0GÉAI9IE.
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bras excellents pour les constructions navales, et des collines qui renferment, Traiseniblablement , des mines de' fer, de houille et de soufre ; ils y trouveront encore le phormium tenax, espèce de chanvre indigène à la Nouvelle-Zeeland, et dont l'usage commence à se répandre en Europe.
Cette espèce de x^anvre se tire d'une plante assez semblable au cordon de nos jardins, et portant des feuilles algues y longues et étroites , dont le tissu , dépouillé de sa pulpe épaisse et couleur émetaùde, et exposé à la rosée, donne des fils blancs qui servent également bien à fabriquer des toiles trèsfines et des cordages extrêmement forts (voy. pi. 297.)
Pour mettre le phormium en état d*étre employé, les femmes j que ce genre de travail regarde exclusivement, coupent les feuilles en lanières trèsmtnoes, et les font ensuite passer plusieurs fois entre le tranchant d^une coquille de moule qu'elles tiennent fortement dans la paume de leur main droite et le pouce de cette même main. Poar compléter une natte de grande dimension et du coût le plus soigné, il hat au moins deux ou trois ans de travail.
Ainsi préparée , cette denrée est vendue aux caboteurs de Sidney et d'Hobart-TowD pour des' couvertures de laine i des ustensiles de fer, de la quincaillerie, du tabac , et surtout pour de h poudre et des fusils, sortes de marchandises sans lesquelles il est presque impossible de conclure aucun marché avec les Nouveaux-Zeelandais.
Ce commerce a lieu principalement dans le détroit de Cook , et procure aux naturels de cette partie dlka-na-Mawi une aisance dont ceux de la partie nord ÈQot d'autant plus envieux, que nonseulement ils ne récoltent pas chez eux le phormium y mais qu'ils voient les espars qai forment leur principale branche d'échange avec les Européens, diminuer rapidement par suite de la desbvction des bois sur les bords des rivières et aux environs de la mer, où ils ne peuvent plus les transporter > aa'aTec des peines infinies.
néincATiON d'itr chef mobt.
Voici quelques détails que nous empruntons à M. Marsden :
«r^ous allâmes vers Vatoùay près de
Î|ui nous entendions les plus bruyantes amentations. A notre arrivée, nous trouvâmes un chef mort, assis dans tout son appareil. Ses cheveux avaient été arranges suivant la coutume, ornés de plumes et d'une guirlande de feuilles vertes. Sa figure était propre et luisante; car on venait de la frotter d'huile, et elleavait conservé sa couleur naturelle.
Nous ne pourrions dire si le corps s'y trouvait tout entier ou non ; car des nattes le couvraient jusqu'au menton.
Il avait l'aspect d'un homme vivant assis sur un siège. J'en avais vu un , quelque temps auparavant , dont la tête avait été arrangée de la même manière et le corps desséché et conservé aussi bien que la tête. Ce chef, au moment où il mourut , était un jeune homme âgé de trente ans environ. Sa mère, sa femme et ses enfants étaient assis devant lui; et, à sa gauche, les crânes et les os de ses ancêtres étaient rangés sur une ligne. Je m'informai du lieu où il était mort , et l'on me répondit qu'il avait été tué , quelques mois au-
Çaravant, dans une bataille à la rivière 'amise;
«C'était de ce chef qu'on m'avait tant parlé, le jour précédent, sous le nom â*atoua.Les Nouveaux-Zeelandais semblent nourrir l'opinion que la divinité réside dans la tête d'un chef; car ils ont toujours la plus profonde vénération pour la tête. S'ils adorent quelque idole, c'est certainement la tête de leur chef, autant du moins que j'ai pu me faire une idée de leur culte.
« Dans la circonstance actuelle, une foule de personnes étaient venues d'une grande distance pour consoler les parents en deuil et rendre leurs hommages aux restes du défunt. Ses parentes se déchirèrent, suivant leur coutume, jusqu'à ce que le sang coulât de leur visage, de leurs épaules et de leur gorge. Plus ils maltraitent leur corps, plus ils pensent montrer leur amour pour les amis qu'ils ont perdus. Quand
je leur disais que les Européens ne se déchiraient point ainsi pour leurs morts, mais qu'ils se contentaient de les pleurer, ils répliquaient que les Européens n'aimaient point leurs amis comme le font les Nouveaux-Zeelandais, qu'autrement ils feraient comme eux. »
LAl^GOB.
La langue douce, sonore et très-musicale des Polynésiens , a subi quelque altération à la Nouvelle-Zeeland. Les sons , remplis de mollesse et de douceur à Taïti , ont acquis ici une prononciation ))Ius dure; ce qui est dû à rintroduction des consonnes, et surtout des lettres k , h , n , g et w. Les habitants se sont transmis , par la tradition orale, un grand nombre de poésies très-anciennes , dont ils ignorent et l'origine et même le sens allégorique. La plus célèbre d'entre elles est la fameuse ode funèbre , ou pihéy qui commence par ce vers : « Papa ra té oiiatî tidi, etc. » Comme les Taïticns, ils improvisent sur toutes sortes de sujets, et leurs annales sont des chants dans lesquels ils conservent le souvenir des événements remarquables, les apparitions sur leurs bords des navigateurs, et les circonstances diverses de leur histoire, ou les faits de leurs guerriers; leurs femmes, naturellement portées à l'enjouement, critiquent avec ironie, dans leurs couplets, la |)rononciation peu correcte ou ridicule des étrangers , et font même des épigrammes sur les habitudes qui heurtent leurs préjugés : c'est ainsi que les jeu« ,nes filles qui vivaient avec les matelots de la corvette la Coquille, et qui ne retiraient pour salaire de leur complaisance qu'une portion de vivres de leurs amants, les accablaient de'leurs sarcasmes en leur chantant des couplets commençant par ces mots : 7'ayo ti taroy etc. (*) »