‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 105 sur 145 · Statuts de · texte numérisé non relu

Statuts de

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par Etienne M illaret recevaient comme honoraire fixe le produit de ces fondations, 210 livres pour le premier *, 200 livres pour le second^. Les statuts de 1605, promulgués longtemps avant la fondation de leurs chaires, n'avaient pu leur attribuer des droits spéciaux d'examens. Leur casuel était donc égal à celui des simples agrégés, mais comme ils prenaient une part très active à la collation des grades, les taxes afférentes aux examinateurs devaient souvent leur revenir. De ce chef, leurs appointements atteignaient sans doute la moitié de ceux du doyen, soit, au total, 350 ou 400 livres, puis vers 1760, 250 ou 300 livres seulement 3.

Le professeur de philosophie, seul régent de la Faculté des arts appointé sur les fonds universitaires, — car les professeurs des séminaires agrégés en 1782 ne dépendaient, à ce point de vue que de leurs supérieurs ecclésiastiques, — ce régent recevait le produit de la fondation de Marinis, soit à la lin du siècle, 105 livres de rente sur THôtel de Ville *. Les tarifs promulgués en 1675 lui assuraient, en outre, un honoraire de

1. Cette fondation avait d'abord dû produire 300 livres, monnaie courante et se trouvait réduite, au xviti* siècle, à 210 livres, que le primicier recevait de THôtel de Ville. V. les comptes des primiciers de 1730 à 1790. A. V. D 194 et 195.

2. Les comptes de l'Université ne font nulle mention de cette rente, qu sans doute ne passait pas par les mains des primiciers. Elle avait été constituée par un premier capital de 3.000 livres, qui devait produire une rente de 150 livres, puis par une au^^mentation de capital de 1.000 livres, dont le revenu (50 livres) devait être affecté à la chaire dont il s'agit, six ans seulement après le décès du fondateur. Jusqu'à l'expiration de ce délai, les hérii tiers de M. Millaret devaient jouir de ladite rente de 50 livres.

3. On a vu plus haut quel était, aux xvii» et xviii* siècles, le chiffre moyen des gradués en théologie : 12 bacheliers par an de 1651 à 1715, 15 de 1724 à 1761, 1 ou 2 seulement de 1767 à 1790; pour les mêmes périodes 2, 9 et 5 ou 6 licenciés, 7, 9 et 5 ou 6 docteurs.

4. Cette fondation, faite dans les mêmes conditions que celle qui concernait la chaire de théologie sc6lastique, produisait seulement 105 livres, qui étaient aussi versées par les consuls au primicier. A. V D 194 et 195.

2 livres par bachelier et de 20 sous par maître es arts. S'il était promoteur dans ce dernier examen, ce qui arrivait le plus souvent, il recevait, en outre, un écu. Comme argumentant, il lui était dû 1 5 sous. C'était, en mettant les choses au mieux, à peine une centaine de livres par an. Pour un professeur si occupé, — le régent de philosophie enseignait quatre heures par jour, tandis que ses collègues du droit et de la médecine enseignaient une heure, et les professeurs de théologie deux heures seulement, — le salaire était médiocre; mais les Dominicains, chargés de cette chaire, n'avaient-ils pas fait vœu de pauvreté *?

Quant aux médecins, la munificence de leurs clients les dédommageait sans doute de Tinsuffisance de leurs traitements de professeurs. Seul, le premier professeur et régent ordinaire de médecine, à raison de l'ancienneté de sa chaire, recevait, comme le doyen de théologie, sur les revenus des greffes, un salaire dérisoire de 30 livres par an. Le régent d'anatomie, celui de botanique — que le Collège des docteurs affectait d'ignorer parce qu'il ne les nommait point, — étaient réduits au casuel. Encore ici, le premier professeur était-il singulièrement favorisé; les bacheliers lui devaient 2 livres, les licenciés et les docteurs, 15 livres 12 sous. Le régent anatomique ne recevait des premiers que 1 sous et des autres 4 livres 6 sols 8 deniers 2. Le régent botanique avait un moment

1. Les comptes des primiciers mentionnent que les deux honoraires des chaires de théologie et de philosophie scolastiques, soit 315 livres, étaient versés par eux au syndic des Frères Prêcheurs. La question se pose donc de savoir s'ils constituaient réellement un honoraire personnel aux professeurs. Ibid.

2. Tarif de 1710. Il fut décidé, le 29 juillet 1715, que le régent d'anatomie toucherait ces honoraires, même s'il n'assistait pas aux examens et qu'il toucherait, en outre, 6 sous à chaque baccalauréat ou licence. 11 avait part à tous les droits habituels perçus par les agrégés et pouvait être promoteur. V. Laval, Hist, de la Faculté de médecine d'Avignon, p. 252.

perçu comme traitement le produit de la location du terrain destiné à devenir le jardin botanique, mais il avait été bientôt réduit, pour tout honoraire, à 6 livres par examen de doctorat*. Ck)mme argumentants, les professeurs pouvaient encore recevoir une livre de chaque gradué et quelques sous encore, s'ils assistaient à Tassignation des points : s'ils étaient parmi les « jeunes » agrégés, ils recevaient leur part des 8 livres versées par les docteurs; s'ils étaient parmi les cinq « vieux », ils se divisaient les 39 livres dues par les candidats au même grade. Mais, même aux temps les plus prospères de la Faculté et quand celle-ci faisait jusqu'à huit ou dix docteurs par an, ces revenus étaient loin d'être rémunérateurs, car si le premier professeur pouvait toucher, au total, 400 livres environ, les autres régents n'arrivaient qu'à peine à cinquante écus. Au surplus, de 1773 à 1790, on ne compta en tout que trente-trois gradués et moins d'un docteur par an, en moyenne. Et l'on doit certes admirer le zèle des professeurs qui, malgré des traitements si réduits, consentaient à continuer leurs leçons, même quand l'honneur d'enseigner avait été imposé à leur science, plutôt que sollicité par leur vanité ^.

1. Ord. du vice-légat du 26 septembre 1718, prescrivant, sur la proposition du Collège des médecins approuvée par le primicier, que la somme de 80 livres provenant de la location du terrain de Champfleury, assigné par le pape à rUniversité, sera destinée à servir d'honoraires au professeur de botanique. Ce terrain ayant été vendu et un autre acheté, en 1743, le produit de la location de ce nouveau terrain, soit 66 livres, dut servir d*honoraires au professeur de botanique. Mais cet arrangement, accepté seulement à titre provisoire, dura peu. Une délibération du 16 juin 1744 établit qu'à l'avenir le professeur de botanique toucherait, à titre d'honoraires, 6 livres à chaque doctorat en médecine; et les droits afférents â ce grade furent, en conséquence, augmentés de pareille somme. V. Laval, ouvr. cité, p. 272 à 277.

2. Le 12 août 1747, la Faculté décidait que chaque docteur agrégé se chargerait à son tour de la régence d'anatomie. V. Laval, ouvr. cité, p. 252.

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