‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 84 sur 145 · A. V. D 143 à H5, pasiim · texte numérisé non relu

A. V. D 143 à H5, pasiim

fesseurs qui Texplique, ou Tindulgence dont ces maîtres vénérables savaient user aux examens? Ou bien encore est-ce que les régents d'Avignon auraient été particulièrement cléments aux candidats qui, peu soucieux de science, mais pressés de s'ouvrir les carrières juridiques, ne se rendaient à Avignon que pour conquérir hâtivement un diplôme? Combien, en effet, ont suivi régulièrement les cours et mérité les attestations qu'on leur délivre avec complaisance, parmi les élèves dont les noms couvrent les registres d'inscriptions? Mais quoi! dans un temps où tout s'achète, — parchemins et fonctions publiques — ils ont religieusement acquitté droits d'inscriptions et droits d'examen. Pourquoi n'iraient-ils pas grossir cette liste de gradués, que l'Université est si fière de voir s'allonger chaque jour*?

On a vu que les docteurs de l'Université d'Avignon avait fondé de bonne heure, sous l'invocation de la Vierge, une

1. A. V. D 43 à 60 (nutammenl les regristres 45 et 46) et 64. Un dépouillement relatif à la Faculté de droit et portant sur quelques-unes des années où elle fut très fréquentée nous a donné les résultats suivants : sur 177 étudiants qui ont suivi les cours de 1739 à 1744, 42 sont originaires d'Avignon, 21 du diocèse de Carpentras, 11 de celui de Cavaillon et autant de celui d'Apt, 8 de celui de Vaison, 12 de celui d'Uzés sans compter 3 étudiants de Pont-Saint- Ësprit, 7 étudiants viennent de Digne, 7 de Fréjus, 4 de Rodez, 5 d*Embrun, 4 d'Arles, 4 de Nîmes, 4 de Senez, 7 de Sisteron. Fournissent encore quelques unités : Viviers, Lyon, Gap, / Jbi, Aix, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Agde, Marseille, Grenoble, etc. Sur 132 étudiants inscrits de 1749 à 1785, 42 sont d'Avignon ou de son territoire, 3 de Cavaillon, 7 d'Apt, 11 de Carpentras, 10 d'Arles, 5 d'Orange, 8 d'Uzés, 7 de Vaison, 4 de Senez, 4 de Sisteron, 5 de Nîmes, 5 de Saint-Paul Trois-Châteaux, 4 de Fréjus, etc. En ce qui concerne la Faculté de médecine, sur 78 étudiants ayant suivi ses cours de 1717 à 1791, 23 sont d'Avignon, 4 viennent de Garper.lras, 3 de Bonnieux, autant de Pernes, de Vaison et de Sisteron, 2 d'Apt, 2 de Marseille, 2 de Grenoble, 3 d'Arles. Les autres sont, en général, originaires du Comtatou des localités voisines. Ajoutons qu'un certain nombre d'étrf.ngcrs, c'est-à-dire n'étant ni du Comtat, ni du royaume de France, vinrent prendre leurs degrés à Avignon ; ils n'étaient soumis ni aux inscription» trimestrielles, ni aux intervalles que les règlements prescrivaient d'observet* entre les différents examens. Mais ils ne pouvaient exercer, en vertu dii diplôme obtenu ni dans le Comtat, ni en France (A. V. D 60).

confrérie dont la fête se célébrait le jour de l'Annonciation . Dès 1441, les étudiants, alors au nombre de plus de deux cents, formaient une association du même genre dont le patron fut saint Sébastien. Cette fondation pieuse paraît avoir eu un double objet : ramener les étudiants aux pratiques religieuses dont ils se dispensaient trop souvent et assurer à ceux qui viendraient à mourir pendant le temps de leur scolarité des funérailles solennelles ou le bénéfice de messes annuelles ; d'autre part, faire cesser les abus et les scandales dont était l'occasion la venue d'étudiants nouveaux obligés à des dépenses exagérées pour « purger leur béjaunage. » A plusieurs reprises les statuts primitifs de la corporation furent complétés, modifiés, confirmés. Ces changements, quand il s'en produisit, n'altérèrent pas sensiblement la physionomie de la confrérie : quelques-unes de ses pratiques purent tomber en désuétude, elles ne furent jamais formellement abrogées ^

Comme toutes les associations de ce genre, la confrérie de Saint-Sébastien s'administrait elle-même, par l'organe d'un prieur et de conseillers au nombre de douze, choisis primitivement par tous les confrères, puis recrutés par cooptation et responsables devant leurs successeurs, h qui ils devaient rendre leurs comptes et remettre le trésor et les biens de la confrérie dûment inventoriés. Ces magistrats étaient annuels 2. Les ressources de la confrérie se composaient uniquement de la cotisation de ses membres fixée à trois gros par an ^ et du droit d'entrée de six gros imposé aux béjaunes, lesquels étaient réputés « infects » et indignes du nom

1. SUiuls de la confrérie de Saint-Sebastien. V. Fournier, 1332, 1344, 1345, 1363, 1333, 1411, 1380 et Topuscule du même auteur : Une corporation d'étudianli en droit en 1441,

Page 1