BUR
Rni*iE|(rnrr(PlERRE), ^ft,néen 1803 A Troine, petit village du canton de Clcrvanx (Grand-Duché de Luxembourg;, entra au College i>liilosopliique de Louvain après avoir achevé ses humanités dans un établissement privé de sa province, à Ilaut-Bellain. Les langues anciennes avaient été la passion de son adolescence; le goût de la philologie ne fit que se fortifier en lui, à Louvain, sous l’influence de G. -4. Bekker (v, ce nom). On peut dire que les leçons de cet excellent maître décidèrent de son avenir ; non seulement elles lui inspirèrent le désir de pousser plus loin ses éludes en grec et en latin, mais elles l’initièrent aux premiers éléments de la langue hébraïque. — En 1828, le roi des Pays-Bas jugea utile d’envoyer à l’Université de Bonn quelques élèves du Collège philosophique. M. Burggraff fut du nombre des élus ; il passa trois ans dans la grande école rhénane, suivant entr’autres les cours de Nicbuhr et de G. Schlegel, et plus particulièrement ceux du célèbre orientaliste Freytag, qui professait l'hébreu et l’arabe. Il retourna en 1832 ;ï Louvain, où il fréquenta l’Université pour se préparer au doctorat en philosophie et lettres. Il subit l’examen linal le 7 août 1833, avec beaucoup de distinction.
Quelques mois plus tard, le Gouvernement belge lui accorda une bourse de voyage, qui lui permit de continuer à Paris ses études spéciales. La réputation de Silvcstre de Sacy, de Qualremèreet de quelques autres professeurs distingués attirait alors, dans In capitale de la France, toutes les personnes qui visaient à une connaissance approfondie des langues de l’Asie. M. BurggrafT ne quitta Paris qu’en 1837, époque où il fut appelé (arrêté royal du 3 octobre) A l’Université de Liège, en qualité de professeur extraordinaire, pour y enseignerla littérature orientale. Bien que celte matière n’ait jamais liguré que nominalement au programme des
(*) L’art. 46 de la loi du 27 septembre 1835 mentionnait l’ Introduction à réunie des langues orientales parmi les matières exigées pour le doctorat en philosophie et lettres. Kn fait, le programme de 1816 est resté en viguenr jusqu'en 1849.
examens (*), et qu’elle ne soit plus, depuis 1849, que l’objet d’un cours facultatif, les élèves n’ont jamais fait défaut au professeur : tantôt il a eu l’occasion d’enseigner l’hébreu, tantôt l’arabe, quelquefois même le persan. Les fonctions académiques n’ont pas absorbé toute l’activité de M. Burggraff.
En 1845, il a présenté à l'Académie royale de Belgique un travail considérable. il s'agissait de publier, pour la première fois, l’un des plus précieux commentaires que l’on possède sur le Coran, le grand ouvrage de Zamakschari. M. Burggraff réclamait le patronage de la Compagnie savante, pour trouver les moyens de faire imprimer en Belgique ce monument littéraire, dont le texte avait été collationné avec soin sur les manuscrits existant à Paris et en Angleterre. L’Académie ne manquait pas de bonne volonté; les rapporteurs reconnaissaient le mérite exceptionnel du travail de ('éditeur ; mais la dépense eût été très-considérable, les imprimeurs belges ne possédant point de caractères arabes. Le Gouvernement, de son côté!, n’ayant pas donné suite aux démarches de notre orientaliste, Zamakschari est resté inédit en Europe. Postérieurement, les Anglais ont jugé A propos de tirer cet écrivain de la poussière des bibliothèques : il a été donné à M. Lee d’en publier il y a quelques années, à Calcutta, uneédition très-bien faite. - La sphère des attributions de M. Burggraff s’est graduellement élargie depuis 1847. L’arrêté royal du 3 novembre de cette année ayant institué, dans les Universités de l’Etat, un enseignement pédagogique destiné à former des professeurs pour l’enseignement moyen (*), la Faculté de philosophie de Liège saisit avec empressement l’occasion qui s’offrait à elle de renouer le fil de ses traditions (*), cl organisa des cours normaux: M. Bnrggraff se chargea, pour sa part, de la Grammaire générale (*), qu’il enseigne
(*) A Garni, pour les sciences ; à Liège, pour les humanités.
(s) V. les art. Denzinceh, Fcss et Wagemank.
(*) M. Borraans fil des cours spéciaux de philologie, accompagnés d'exercices prati-