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X. Instruction publique

32° La liberté de l’enseignement, la science et les professions libérales, à propos de la révision de la loi sur les examens universitaires, par un membre du Conseil de perfectionnement de renseignement supérieur. Liège, 1854, in-8.

« La vie normale des Universités étant

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» fondée sur une juste pondération entre les » deux tendances scientifique et pratique, » on conçoit qu’une trop grande prépondé- » rance de l une sur l'autre doit nécessaire- > ment nuire à la marche de ces institutions » et finir par amener leur décadence.» Or, l'équilibre désirable n'existe pas dans les Universités belges depuis 1833. L'origine de ce mal doit être cherchée dans les systèmes d'examen décrétés en 4 838 et en 4 849. Il importe donc de préparer les voies à un système nouveau. La liberté de l'enseignement, proclamée par la Constitution, n'aurait jamais donné lieu à des difficultés si les Universités n'avaient eu à s'occuper que de l'enseignement proprement dit; mais il ne s’agit de rion de moins que du régler les conditions d'admission à l’exercice des professions libérales. Or, comment régler ces conditions en ce qui concerne l'enseignement libre ? Exiger une série de grades, n'est-c# pas gêner la liberté, et pour être logique, ne faudrait-il pas décréter la liberté de* professions, sauf à maintenir les diplômes à titre de recommandation seulement ? Appliqué à la Belgique acluolle, dit l'auteur, ce système conduirait à l 'anarchie. On ne peut pas davantage soutenir la thèse contraire, c'est-à-dire prétendre que la loi ne doit s’inquiéter que des établissements de l'État : ce serait établir le monopole, la dictature de l'État en fait d'enseignement. En présence de ces difficultés, M. Spring, après s'être livré à une critique approfondie des examens actuels, propose : 4» d'établir une distinction entre les grades scientifiques et les épreuves professionnelles; 2° d'abandonner la collation des premiers aux Universités, aux Universités libres comme à celles de 1 État ; 3° de faire conférer la licence d’exercer les professions d'avocat, de médecin, etc., par un jury central institué en vertu de. la loi. Ce système avait été indiqué, dès 4836, par l'Université de Cand ; au fond, c'est le système prussien modifié pour être rendu applicable à la Belgique. A Liège une combinaison analogue avait rallié en 4844 un assez grand nombre de suffrages, presque la majorité ; M. Louis Dupcrron ;M.

Trasensler; v. ce nom) s'était prononcé dans le même sens en f 8 < 8; M . Frère-Orban, enfin, venait d'inviter ( i 854) la Chambre des représentants à méditer sur la convenance qu'il y aurait A ne plus exiger officiellement que deux examens : l'examen d'élire universitaire, d'abiturient, comme on dit en Alle-

(') Quatre récipiendaires étaient ce jourlà sur la sellette; tous quatre sont entrés, depuis, dans l'enseignement universitaire.

C étaient feu C. Callier, plus lard échevin de

magne, et l'examen final, professionnel. Les esprits étaient donc préparés, ce semble ; et certes, l 'opportunité de la question n'aurait pu et ne saurait, aujourd'hui encore, être mise en cause. M. Spring a finalement rallié l'opinion de tous scs collègues de Liège ; quant à la solution légale, elle se fait attendre d’année en année. Sans essayer de démontrer combien il serait désirable que cette solution fût prompte, rappelons seulement avec notre auteur et avec l'Université liégeoise que l'institution du jury professionnel offrirait un double avantage : 4° elle rendrait la liberté aux Universités et au mouvement scientifique du pays ; les Universités conféreraient des grades scientifiques, et dans l'opinion publique, tant vaudrait l'Université, tant vaudrait le diplôme; 2° elle garantirait la société contre les effets de la liberté ellemême, le gouvernement ne faisant que remplir son devoir social, en prenant des précautions à l'égard de l'exercice des professions dangereuses.

53° Note sur la question du jury professionnel, rédigée en collaboration avec M. le professeur Trasenster(v. ce nom, n° 47 de la bibliographie).

34" De l'esprit scientifique à notre époque et dans nos Universités (Discours rectoral de 4862). Liège, 4862, in-8°.

55° De la science instinctive (Discours rectoral de 4865). Liège, 4863, in-8°.

56" Des bases littéraires et morales des éludes médicales (Discours rectoral de 1864). Liège, 4864, in-8°.

«•«cher (Auguste-Jean), né à Gand le 4 1 octobre 4820, a fait toutes ses études en cette ville et subi devant le jury central, en 4844 (42 octobre), l'examen de docteur en philosophie et letires('). Ses débuts dans renseignement datent de l’année suivante; il lui chargé par intérim des cours de grec en rhétorique et en seconde à l'Athénée de Gand, attaché à l'Ecole spéciale du génie civil en qualité de professeur de. littérature, enfin nommé répétiteur

Cand et professeur à l'Université de cette ville ; M. L. James, actuellement professeur à l'Université libre de Bruxelles; enfin, MM. J. Stechor cl Alph. Le Roy.

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de latin à l'Université M. Van deWeyer le porta sur la liste des agrégés de Gand (1845), et l’envoya passer quelques mois à Paris, pour y compléter des éludes philologiques spéciales, lient ré en Belgique, il reprit ses fonctions à l’Université et consacra les loisirs qu'elles lui laissaient , soit à des travaux littéraires, soit à des conférences ou lectures publiques du soir, organisées dans le local et sous le patronage de la Société littéraire gantoise. De 1847 à 1850, la série des conférences données par M . Stecher forma tout un cours de littérature comparée.

Plus tard, à Liège, non seulement il ouvrit de nouveau des cours publics (en 1803-64. sur l 'histoire politique du théâtre de Molière ; en 1864-G5, sur la formation de la prose française au XVI • siècle), mais encore il donna de nombreuses conférences à la Société d’Emulation de cette ville, au Cercle artistique de Bruxelles, à Anvers, à Bruges, à Louvain, a Verviers, à Namur, et finalement, jusque dans les campagnes, des séances destinées îi répandre dans la masse du peuple le goût de l'instruction. Ce fut dans ce dernier but qu'il contribua à fonder à Liège, en 18G0, la Société Franklin (’), qu'il accepta la présidence de la section liégeoise de la Ligue de l’enseignement (*), qu’il collabora aux Causeries populaires de Mm*deCrombrugghc, etc. (’). M. Stecher a quitté la Faculté des lettres de Ganden 1850, pour entrer dans celle de Liège, où l’enseignement normal des humanités venait de recevoir sa première organisation régulière, en même temps que le doctorat en philosophie et lettres y prenait de l'importance, à raison de ia promulgation récente de la loi sur l’enseignement moyen (v. col.

8G9, note). Des cours normaux lui fu-

(*) La Société Franklin publie un journal cl un almanach populaires ; elle tient en outre, chaque dimanche, une séance publique à la fois littéraire et musicale; dès 1867, enfin , elle a organisé des cours du soir qui sont très-fréquentés. Kilo est présidée par M. Em. Dupont (fils de l'honorable professeur émérilel, membre de la Chambre des représentants et avocat h Liège.

rent d’abord confiés ; ayant égard aux convenances de ses nouveaux collègues, il les échangea, avant même d’entrer en fonctions , contre les cours universitaires de latin, de grec et d’histoire littéraire de l’antiquité destinés aux élèves du doctorat; il resta néanmoins professeur de grec, à l’Ecole normale, lorsque cet établissement fut détaché de l’Université. L'arrêté qui le nomma professeur extraordinaire lui conserva ces attributions; en 18G0, il obtint l’ordinariat , mais en même temps fut placé dans des conditions toutes nouvelles. La mort de Baron ayant laissé vacante la chaire d’histoire de la littérature française , M. Stecher consentit à se charger de cet enseignement et à renoncer à ses cours de langues anciennes ; en revanche , il eut mission, d’exposer, à l’Ecole normale , les principes généraux de la littérature et de faire, pour les élèves de l’Ecole des mines, un cours de style et de rédaction. Dans l'hiver de 1806 - 4867, il organisa en outre, pour les étudiants des diverses Facultés et des Ecoles spéciales, des conférences d'analyse littéraire qui furent suivies par un grand nombre d’auditeurs. Dans son cours d 'histoire de la littérature française destiné aux élèves de la Faculté des lettres , le successeur de Baron suit une méthode particulière, pn rapport avec les habitudes de la critique contemporaine. Tout en s'attachant a étudier, à analyser directement les grands monuments français , au point de vue esthétique , il a soin d’en compléter l'interprétation, soit par des faits de l’histoire politique, soit par des exemples tirés des littératures étrangères.

Cette méthode offre l'avantage d’intéresser les élèves aux idées littéraires autant qu’.'i la forme, en même temps

t *) Il a résigné ces fonctions en 1868. (’) Il s’est intéressé, dans les derniers temps, à la question de l’enseignement secondaire des filles : il a ouvert , en t868, une série de conférences littéraires à l ‘Institut supérieur fondé, pour les demoiselles, par Mro® la baronne de Waha-de Cheslret et dirigé par M,n« Pauline Braquaval.

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qu elle permet au professeur, sans sortir de son sujet, de se livrer à des éludes comparées, dans le sens du cours facultatif conlié autrefois à Lesbroussart (v. ce nom) et aujourd’hui supprimé. — De 18ü0 à 1855, M. Slceher a été secrétaire du jury d'élève universitaire pour le ressort de la Cour d’appel de Liège ; il est membre du jury du Concours général des Athénées depuis 1816; il fait également partie, depuis plusieurs années, des jurys des Ecoles spéciales (pour les épreuves littéraires), lia rempli les fonctions de secrétaire du Conseil académique en 186 i- 1865; enfin il a été, pour la période de 1858 à 1862, l’un des juges du Concours quinquennal de littérature française ('). — M.

Stecher a déployé, depuis 1815 , une grande activité littéraire, principalement comme critique et comme publiciste. Ses écrits sont dispersés dans uue foule de revues et de journaux ; il existe cependant des tirages séparés de la plupart des morceaux d’une certaine étendue- L’énumération suivante n’a pas la prétention d’être complète.

A. Publications en langue flamande.

1° (Sous le pseudonyme Lieven Ever- « <gn) a. Levensschets van J. van Artevelde; b. De eerste. Fransche Revolutic (brochures populaires) ; c. Dr Balriotenlyd (dans le Rroedermin) ; 2° Don Quijote, étude littéraire (dans le Rederyker d'Anvers , 1855); 5° Etude sur Lessing (comme critique dramatique) dans le Leesmuseum de Gand (1856, n° 8); 1° (hipartydige volkshisloric der Belgischc Grondmt. Gent (Leuven), 1851, in-120.— Ce dernier livre, écrit en 1851, en présence de certaines tendances ultra-néerlandaises, eut pour but de populariser les idées constitutionnelles modernes dans les provinces flamandes de la Belgique. L’auteur compare les libertés dont nous jouissons aujourd’hui aux anciennes franchises des communes et des corporations du moyenâge. Il indique une sorte de philosophie de la Constitution belge ; les mémorables discussions du Congrès national sont analysées à la fin du volume.

( * ) Ce mandat a été renouvelé pour la période suivante, et le jury a nommé M.

B. En français : 1" Publications concernant la Flandre , son histoire et sa littérature. A. Histoire du mouvement flamand (dans la Flandre libérale, 1847).

— M. Stecher prouve que la vitalité du Flamand a toujours été en raison directe des progrès politiques du pays, et que c’est à tort que des dilcllanti lui attribuent une sorte d’existenceabstraite. — B. Renaissance flamande (dans la Revue trimestrielle, t. IX). — Pas de salut pour le Flamand s’il ne s'inspire : a. des libertés et des nécessités modernes: b.

des Anglais plutôt que des Allemands.

— C. Flamands et Wallons. Liège , 1 859, in-12°. — L’auteur cherche à établir qu’aucun grand évènement de l’histoire nationale n’a pivoté sur l’antagonisme des Wallons et des Flamands ; qu'au contraire la nationalité belge, telle que nous la concevons aujourd'hui, a été comme présentée et préparée par les relations interprovinciales de trois groupes : Flandre (flamande et wallonne), deux fois unie au Hainaut; Brabant flamand et wallon ; Principauté liégeoise (11 villes wallonnes, 12 villes thioises). M. Stecher a développé la même thèse dans plusieurs conférences, pour combattre la théorie des frontières naturelles; la Belgique, à ses yeux, a sa raison d’être dans sa Constitution même.— D. De l'esprit d'association chez les Germains (introd. au livre de M. F. Devigne sur les gildes et les corporations). — E. Traduction et préface de la Guerre des paysans de M. IL Conscience (Liège, 1853, 2 vol. in-12°).

2° Polices biographiques et éludes d'histoire, littéraire. — A. Dans Y Album des Belges célèbres (Bmx., 1845) : Godefroy ie Barbu ; Ph. de Commines. — B. Dans le Messager des arts, etc., de Gand : le poète Zevecote. — C. Dans la Flandre libérale : l’historien Jacques de Meyer. — D. Dansl’Annimtre de la Société d' Émulation de Liège : a. Notice sur Ackersdyck. fi. Le grand pied de Berthe (tradition rattachée à la mythologie germanique); c. Mandeville à Liège (selon l’auteur, nous ne possédons du récit de l’illustre voyageur anglais qu’un texte

Stecher rapporteur (v. n° 5).

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tenir à b grammaire abstraite et générale. Les langues reflètent les individualités nationales: on doit les étudier au point de vue physiologique autant qu’au point de vue de la logique pure (* ). — L’étude sur Bopp(1857)est encore plus directement linguistique. L’auteur déclare que l'étude parallèle des divers grammaires indo-européenne est éminemment propre ît rendre plus facile et plus approfondie l’étude des langues classiques.

4° Un mot sur les libéraux hollandais (Progrès pacifique, Liège 1852, in-8°).

5° Jury du concours quinquennal de littérature française. Période de 1863- 1867. Rapport à M. le ministre de l’intérieur. Bruxelles, Deltombe, 1868, in-8u.

i.e prix quinquennal n été décerné à M.

Ch. Potvin. — Le jury était composé de MM. Ch. Fuider (président), A. de Clossel (secrétaire), de Monge, J. Fuerison, le président Grandgagnage, Stecher (rapporteur) et Van RemmeJ.

considérablement interpolé); d.Une épopée bourgeoise. — E. Dans la /toute trimestrielle : Euripide révolutionnaire (t.

XV:«. Euripide n’était pas un esprilfort, comme l’a pensé Baron ; il n’a été traité de misogyne que parce qu’il rêvait pour la femme une autre condition que celle que lui faisait le paganisme) ; b. Le plus ancien poète de la bourgeoisie (t. XX : les anciens appelaient Hésiode le poète des Ilotes; nous, Béotiens belges, nous devons voir en lui le poète du travail); c. Origine lioudhique du plus anciendes contes dévots (t. XXVfli : les allégories mythologiques donnent naissance ùdes légendes ; la propagande conteuse des Bouddhistes a influé sur l’imagination des plus libres narrateurs du moyen âge et de la Renaissance).— F. Préface du Théâtre liégeois (Liège, 1854). — G.

Schiller et la Belgique (à propos d’une fête commémorative du grand poète, célébrée par la Société d’Emulalion de Liège. — //. Elude sur les proverbes wallons (Liège, 1861, in-8°) (’). — /.

Articles sur les Trouvères belges, dans la Biographie nationale, t. 11. — J. Les voyages de Marco Polo (Echo des Flandres, 1855).

3° Linguistique, etc. «. Éludes sur Ilumboldt ( Chronique contemporaine et rétrospective. Garni, 1849). b. Analyses des doctrines linguistiques de G. de Ilumboldt. Tournai, in-8° (Inséré d’abord dans le Moniteur de l'enseignement), c. Études linguistiques sur la grammaire comparée de Bopp. Ibid. (Id.) — Par le premier de ces deux travaux, l’auteur a voulu populariser en Belgique l’étude physiologique, historique et comparative des langues, il croit avec Ilumboldt qu’on a tort de s’en

(*) Ce morceau sert d’introduction au Dictionnaire (les Spots (v. l'art. Al.t'H. LE Roy, bibliogr. n° 41).

( * ) Nous ne pouvons résister au désir d'insérer ici un extrait de la lettre adressée à M. Stecher, le 29 janvier 1862, par Alexandre de Ilumboldt, au sujet de l'Anah/se dont il s’agit. Dans les derniers temps de sa vie, l’illustre savant avait pris le parti de renoncer à toute correspondance ; cette exception mérite d'ôtre signalée. « Ce serait, » dit-il, manquer au premier devoir de piété

6° Articles de pédagogie, d’histoire littéraire et de critique dans la Revue de l'instruction publique en France (Paris), le Moniteur de l'enseignement (Tournai), les Annales de l'enseignement public (Verviers) , le Messager de Gand, le Journal de Gund, le Journal des Flandres, le Précurseur d'Anvers, le Journal de Liège, la Meuse et VÉcho de Liège.

Thiry (Victor) §(;, né à Dînant le 31 juillet 1817, a fait de fortes études au Collège de celte ville. — Il fréquenta ensuite l’Université de Liège, pour se préparer à la carrière du barreau. Il

» envers un frère qui m'était infiniment supé- » rieur en savoir et en étendue de connnis-

* sances,quede ne pas vous offrir l'hommage > affectueux de ma vive reconnaissance. Vous » avez, par votre spirituelle analyse et par » la comparaison critique des opinions bien » confusément émises en Allemagne, vérifié » l'étude de la philosophie des langues, ru-

* mené le vague des discussions au véritable » but que Guillaume de Humboldl a cru » atteindre.... ►

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subit avec un grand éclat, en 18-42, les examens de docteur en droit et de docteur en sciences politiques et administratives, et retourna s’établir à Dinant.

Mais il ne devait pas y faire un long séjour : son aptitude pour l’enseignement avait été remarquée, et le gouvernement ne laissa pas échapper l'occasion de lui ouvrir la carrière. M.

Thiry fut nommé, en 1845, agrégé à la Faculté de droit de notre Université. Il tint à faire immédiatement ses preuves, et n’hésita pas à se rendre chaque semaine à Liège, où il ouvrit un cours sur l’histoire du droit coutumier. En 1847, il obtint le titre de professeur extraordinaire; outre l'histoire du droit coutumier, il eut mission d’enseigner l’histoire politique moderne , par suite de la mise à la retraite de Destriveaux (v. ce nom). Ce dernier cours échut l’année suivante à M. J. -G. Macors, ; en échange, M. Thiry fut chargé du cours de droit civil élémentaire avec A. Ituth (v. ce nom). A ces attributions vint s’ajouter, en 1849, le cours de droit commercial, qui n’a plus changé de titulaire jusqu’à ce jour. Sur ces entrefaites fut promulguée la loi organique du 15 juillet 1849, qui modifia profondément, dans toute son économie, l'enseignement du droit civil. Le cours de droit civil élémentaire disparut du programme de la candidature; un seul cours approfondi sur la même matière fut maintenu pour les élèves du doctorat, et réparti entre deux professeurs, qui, poursuivant leur enseignement respectif devant le même auditoire pendant deux ans, passèrent ainsi alternativement de la première à la seconde année du doctorat, dédoublé d’ailleurs en deux examens. M. Thiry eut pour collègue, dans l'accomplissement de celle lâche, M. de Savoye ; seulement, jusqu’à la mort de l'éminent jurisconsulte Dupret , il partagea avec ce dernier renseignement de son tour de rôle. Dupret fut enlevé à la science le 10 mai 1851 (v. son art.); son successeur naturel était M. Thiry, qui fut promu à l’ordinariat le 50 septembre suivant. — M.

Thiry a fait partie du Conseil de perfectionnement de renseignement supérieur; il a rempli, en 1802-1805, les

fonctions de secrétaire du Conseil académique. U s’est beaucoup occupé de questions universitaires, entr’autresdes difficultés qui ont été soulevées à propos du règlement des pensions. — On lui doit aussi plusieurs dissertations importantes sur des questions de droit, savoir :

1” Le légataire universel en concours avec des héritiers en réserve, ou le légataire à titre universel sont-ils tenus des dettes de la succession ullrà vire», à moins qu’ils n’acceptent sous bénéfice d’i n ven taire? [Revue des revues du droit , t. XV ; Bruxelles, 1852).

2° Les Sociétés civiles sont-elles des personnes juridiques distinctes de celles des associés ? [Revue critique de législation et de jurisprudence, t. V ; Paris, 1854).

5° Des rapports existant dans les Sociétés civiles entre les associés et les tiers [Ibid., t. Vil, 1855).

4" Quel est le sens du mot tiers, dans l’art. 1 de la loi belge du IG décembre 1851, sur le régime hypothécaire? Au nombre des tiers qui peuvent, en vertu de cet article, opposer le défaut de transcription, faut-il compter les créanciers chirographaires ? [Belgique judiciaire, t. XIV; Bruxelles, 185G).

5° Conciliation des art. 1 et 5 de 13 loi du IG décembre 1851, sur le régime hvpothécaire, avec les art. 1069 à 1072 dû Code civil [Ibid., t. XIV, 1856).

6“ Du droit qui appartient au mari, sous le régime de communauté, relativement à l’acceptation des successions à sa femme [Revue critique de législation et de jurisprudence, t. XI ; Paris 1857).

7° De l'hypothèque testamentaire établie par la loi du 16 décembre 1851 [Belgique judiciaire, t. XV, 1857).

8° Pour apprécier si le fermier a droit à une remise proportionnelle du fermage conformément aux articles 1769 et 1770 du Code civil, ne doit-on prendre en considération que la quantité de fruits qui ont péri, ou bien faut-il en outre tenir compte de la valeur rénale de ceux qu’il recueille ? [Revue pratique du droit français, t. XIV; Paris, 1857).

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9” Les donations d’immeubles à venir faites par contrat de mariage, sont-elles assujélies à la transcription par l’article 1 de la loi du 16 décembre 1 851 J (Belgique judiciaire, 1. XVI, 1858).

10° I)u contrat de mariage des mineurs. Bruxelles, 1863, in-8u.

M. Thiry a on outre publié, dans différents recueils, un assez grand nombre d’articles bibliographiques.

(JeaN-LoIIS), $£, est né à Beaufays (province de Liégé) le 10 février 181 6. — Sorti des classes d’humanités du Collège de Liège avec le certificat summà cum laude , il suivit ù l'Université les cours de la Faculté des sciences et, à partir de 1835, ceux des Ecoles spéciales, à mesure qu’ils s’organisèrent. Il obtint au concours, le 17 décembre 1858, le titre de conducteur des mines, et le 26 mars 1815, fut nommé de la même manière sous-ingénieur de l’Etat. Le Louvernement n’avait pas attendu, pour l’attacher à l’enseignement supérieur, qu’il eût conquis tons ses diplômes. M. Trasenster avait débutéà l’Ecole des mines dès le 51 mars 1840. en qualité de répétiteur, chargé du cours de statique élémentaire ('). Le 7 novembre 1844, le coursimporiantd'exploilalion des mines lui fut confié, en remplacement d’Ad.-J. de Vaux, nommé inspecteur général des mines à Bruxelles, il eut en outre mission de; seconder ce haut fonctionnaire dans l’inspection des études. En vert u d'un arrêté du II septembre 1845, il eut à suppléer le professeur Lemaire comme inspecteur de l’Ecole préparatoire. Le 23 avril 1840, un arrêté royal lui conféra le rang et les attributions de professeur extraordinaire ; un autre arrêté, du 25 octobre suivant, le nomma inspecteur adjoint des études pour la section d’application des fieoles spéciales ; il est titulaire de ces dernières fonctions, depuis le 26 avril 184». Le 5 octobre de la même année, il reçut le grade d’ingénieur honoraire des mines, et le 22 du même mois, le litre (*)

définitif de professeur extraordinaire, avec rang d’ancienneté reporté au 23 avril 1846; enfin, toujours en 1859, il fut investi des fonctions de Secrétaire académique. Sa promotion à l’ordinariat datedu 24 septembre 1855. Le 50 septembre 1851, le roi Léopold Ier lui décerna la décoration de son Ordre ; le 9 mai 1863, il fut créé chevalier de l’Ordre de Charles 111 d’Espagne. - M. Trasenster n'a pas rendu moins de services à l’enseignement moyen qu’à l’enseignement supérieur. Il a été chargé d’étudier et de préparer l’organisation de la section professionnelle des Athénées et des Collèges; il a fait partie du Conseil préparatoire de perfectionnement de l'enseignement moyen institué le 5 avril 1850, et il est membre du Conseil definitif de perfectionnement depuis la création de cette institution (16 fév. 1852). — Par ses études spéciales et par ses relations étendues, il a été appelé à exercer une grande influence sur le développement de l’industrie nationale. Depuis le 25 juin 1852, il est membre de la Commission des Annales des Travaux publics ; il appartient également au Comité de rédaction de la Revue universelle. Depuis 1847, date de la fondation de {'Association des ingénieurs sortis de l'Ecole des mines de Liège , il a été réélu d’année en année président de cette Société, qui compte aujourd'hui 450 membres, parmi lesquels figurent les directeurs des principaux établissements du pays, et nombre d'industriels notables dispersés sur tous les points de l’Europe. M. Trasenster a été l’un des plus zélés promoteurs de l’ Association et, comme on vient de le dire, il en est resté le centre. L’établissement d’une espèce de solidarité entre les anciens élèves de Liège a le double avantage d’aider les jeunes ingénieurs à se frayer un chemin et d’entretenir chez tous, par l’institution de concours annuels et par la publication d’un recueil d' Annales, le goût de la science et l’amour du progrès. — M. Trasenster a fait partie d’un grand nombre de Commissions spéciales instituées, soit

(*) Sialique élémentaire et principes de dynamique.

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pour l’amélioration de l’enseignement moyen ou supérieur, soit pour la solution de questions intéressant l’industrie minérale. Il a participé, d’autre part, à diverses mesures d'intérêt public; c’est ainsi qu’il a été l’un des administrateurs-fondateurs des bains cl lavoirs créés à Liège en 1855. Enfin, il a été membre du jury international de l’Exposition universelle de Londres en 1862 et de celle de Paris en 1867. — Ses publications sont nombreuses. Elles se répartissent naturellement en trois catégories : sciences appliquées ù l’industrie, enseignement, politique.

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