ANNEXÉES A LA FACULTÉ DES SCIENCES
On voit figurer au programme de rUniversité de Liège, dès 1817, un cours de métallurgie, institué en vertu de l’art. 15 du Règlement organique du 25 septembre 1816. Le gouvernement faisait ainsi une première avance à nos travailleurs ; il donnait une première satisfaction à des besoins locaux dont il était d'autant plus soucieux de tenir compte , que tout encouragement direct ou indirect accordé à notre industrie nationale devait contribuer à lui attacher, par les liens de la reconnaissance, des populations réduites au dernier degré d'épuisement à la suite des longues guerres de l’Empire. La pensée de Guillaume I était d’annexer, v aussitôt que possible, aux Universités de Gand et de Liège, de hautes écoles où se recruteraient désormais les ingénieurs de l’Etat, et où les fils des industriels recevraient une éducation forte et complète, en rapport avec leur destination, au niveau des progrès les plus récents de la science et de la pratique. Des obstacles de toute sorte re-
tardèrent de plusieurs années la réalisation de ce projet : le 15 mai 1825, enfin, parut un arrêté royal prescrivant, dans chacune des Universités, renseignement de la chimie et de la mécanique appliqués aux arts ; le même arrêté dotait la Faculté des sciences de Liège d’un cours d'exploitation des mines, qui devait s’étendre à deux années d’études. Le 3 août suivant intervint un règlement qui groupait autour de la chaire d’exploitation, pour ces deux années, un certain nombre de cours auxiliaires. C’est dans ces conditions que V Ecole des mines de Liège fut ou- . verte au mois d’octobre 1825.
« Pour être admis aux cours de la lr® année, les élèves devaient posséder l’arithmétique et les éléments de l’algèbre et de la géométrie. Avant leur admission, ils étaient tenus de subir un examen devant la Faculté des sciences.
Les cours de la 2° année n’étaient accessibles qu’à ceux qui, outre les sciences enseignées dans les cours de la lr* année, possédaient celles qui font l’ob-
lois
jet des études dans les Athénées et les Collèges. Les candidats, pour constater cette double aptitude, subissaient un examen préalable devant les Facultés des sciences et des lettres. Ces examens étaient gratuits. A la lin du cours complet, les élèves qui désiraient obtenir des certificats de capacité étaient examinés, sur toutes les parties de l'instruction, par la Faculté des sciences de l’Université, et il leur était délivré des certificats d’après leur talent et leurs connaissances acquises ( ‘ ). »
Les cours de la première année comprenaient :
1° La minéralogie et la géologie;
2° La chimie ;
5° La physique (la théorie du calorique, des gaz, des vapeurs, les principes d’après lesquels se dirige la construction des divers fourneaux);
4° Les mathématiques (trigonométrie rectiligne et sphérique, géométrie descriptive, statique et hydrostatique) ;
5° L’exploitation des mines, se composant de la recherche des mines, minières et carrières , des différentes fouilles et méthodes d'exploitation, à ciel ouvert et souterraines, les moyens de descendre dans les mines et d’y être éclairé, les procédés pour étayer les travaux souterrains et les aérer, la levée des plans des mines, minières et carrières.
Les cours de la deuxième année comprenaient ;
1° La minéraiurgie ;
2° La docimasie,
à® La physique mécanique ;
in Les mathématiques (l’art de lever et dessiner les plans et principalement ceux des mines, minières et carrières, l’application de la géométrie descriptive au dessin, à l’intelligence et à la construction des machines dont la théorie était développée dans le cours de physique) ;
(*] Etat de f instruction supérieure tn Belgique |Rnpp. de M. Nothomb). Bruxelles, 1844, in-8°, 1. 1, p. LXX.
(•) Ibid., p. 043.
(*) Rapp. de M. Picrcot. Bruxelles, 1854, in-8°, p. 136.
(*) Examen de quelques questions relatives à l'enseignement supérieur dans le
5e Le complément du cours d’exploitation (retenue, écoulement et épuisement des eaux, choix et emploi des moteurs, construction des digues, des canaux et des aqueducs, extraction et transport des minerais ; enfin, préparation mécanique des substances extraites) (*).
L’arrêté du 5 août ne reçut qu’une exécution incomplète; les élèves, n’étant soumis à aucun régime particulier, ni à aucune direction spéciale, suivirent à leur gré les cours qu’ils préféraient et et ne se présentèrent point aux examens (*).
En 1828, la Faculté des sciences de Liège déclara qu’à son sens, les Ecoles spéciales devraient être entièrement séparées des Universités (v. ci-dessus , col. 280).
Dans une brochure qui fit du bruit l’année suivante (*) , Ch. de Brouckcre reprochait à l’Ecole des mines de Liège de ne pas répondre aux conditions de sa création. « Elle est théorique, disait-il, tandis que la pratique est de première nécessité dans les arts et dans les sciences industrielles. » Il réclamait, en conséquence, la création d’établissements techniques essentiellement professionnels, accompagnés d’ateliers normaux, ne recevant d'ailleurs que des élèves suffisamment pourvus de connaissances générales. Ces idées survécurent à la révolution : lorsque la régence de Louvain, le 50 juillet 1851, demanda qu’une Université unique fût créée en Belgique et qu’on en fixAt le siège en cette ville, elle proposa en même temps d’établir à Liège l’Ecole militaire, l’Ecole des arts et métiers et toutes les écoles spéciales dont on éprouvait le besoin.
il serait injuste de ne point rappeler que l’ancienne Ecole des mines de Liège forma quelques bons élèves (*); — on ne doit pas non plus prendre a lu
royaume des Pays-Bas. Liège , Lebeau-Ouwerx, 1829, in-8°, p. 51 et suiv.
(*) Nous citerons C. Bidout (v. ci-après aux Additions)-, MM. Victor Simon, anc. di recteur-général de la Soc. de la Nouvelle- Mon tagne; Armand Nagelmackcrs, industriel et consul d'Espagne à Liège; GusL Lambinon, de Liège, créateur de plusieurs établissements
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lettre l'assertion de Oh. de Brouckère:
les élèves-ingénieurs d’alors , comme ceux d’aujourd’hui, allaient en excursion, descendaient dans les houillères, levaient des plans et mesuraient des hauteurs au moyen du baromètre. Mais il est vrai de dire que tous ne persévérèrent pas jusqu’il la fin, et que la Faculté des sciences n’eut guère l’occasion de les examiner. Ceux qui durent être munis de certificats allèrent les chercher à Namur, où une Commission de trois ingénieurs, présidée par Cauchy, fut spécialement chargée de constater leur degré d’instruction.
Le service des mines fut régulièrement organisé par l’arrêté royal du 29 août 1851, qui détermina les attributions des trois ingénieurs en chef(pour les divisions de Mons, de Namur et de Liège), celles des ingénieurs de district, celles des sous-ingénieurs et enfin celles des conducteurs, et qui institua en outre, près du département de l’intérieur, uu Conseil des mines , chargé d’examiner les demandes en concession et toutes les affaires contentieuses. Lesnominationsdesconducteurs eurent lieu sur concours ; le programme de ces concours ou de ces examens devait être arrêté par le ministre ( 1 ); une fois condueteur.on entrait dans la hiérarchie administrative cl l'avancement suivait son cours régulier.
Le complément de celte organisation devait être, dans les idées du temps, la création d’une Ecole polytechnique, entièrement distincte de l’Université nationale. La Commission chargée, en 1852, de préparer un projet de loi sur l’enseignement à tous les degrés, se prononça en ce sens ; une autre Commission, nommée en 1855, proposa au
considérables à Slolbcrg et en Weslphalic; le baron de Crassier, décédé ingénieur des mines du gouvernement, à Namur; Achille Dandelin, ingénieur à Bruxelles (décédé ; Massnrt, décédé A Anvers, major ou l'-colonel des sapeurs-mineurs; Ed. Malherbe, fabricant d'armes a l.:égc; Paul de liavay, industriel à Bruxelles, etc. — Les renseignements oftlciels nous font malheureusement défaut.
(') Voir dans le Rapport de M. Nothomb,
contraire de maintenir deux Universités de l’Etat, à Gand et à Liège, et d’annexer tout simplement quelques cours spéciaux à leurs Facultés des sciences , là pour les ponts et chaussées, ici pour les mines : l’idée d’une Ecole polytechnique fut décidément abandonnée. La loi du 27 septembre 1855 mil un terme à ces tâtonnements par son art. A, § 2 , ainsi conçu :
« Dans la Faculté des sciences de » Liège, on enseignera l’exploitation » des mines, la métallurgie, la géomé- » trie descriptive avec «les applications » spéciales à la construction des ma- » chines. »
En exécution des art. 2, A et G de la loi, l'arrêté organique du27 septembre 1850 décréta (art. 1) que l’enseignement des branches ci-dessus désignées serait réuni dans la dite Faculté, sous le titre d'Ecole des arts et manufactures et des mines. On entrait dans une ère nouvelle : cette fois, les espérances du législateur furent non seulement réalisées, mais dépassées; la réputation des Ecoles de Liège était appelée à s’étendre, en peu d’années, au-delà même des limites de l’Europe.
Dans le système de 1850, les leçons devaient être combinées de manière â permettre aux élèves, soit des arts, soit des mines, de terminer leursétudes en quatre ans. Les cours des deux premières années étaient communs aux deux sections ; ils formaient Y Ecole théorique. Les cours de la 5e et de la A* année formaient Y Ecole d'application ; il n’y avait bifurcation qu’à partir de la quatrième année.
L’instruction théorique comprenait :
Première année : 1" L’algèbre supérieure , le calcul différentiel jusqu’à
t. !.. p. 8?i0 et suiv., le programme arrêté par M. Ch. Rogiur; p. 982 et suiv., le programme arrêté en 1 8Mî». sous le ministère de M. le comte de Thcux ; t. Il, p. 1090 et suiv., le programme du concours de ISàti; p. 1 1SO, le progr. de 1887, pour les sons-ingénieurs et les conducteurs de 8e classe (arrêté par M. Nothomb, ministre des travaux publics', etc. Le même système a été suivi jusqu'à la suppression du grade de conducteur (voir ciapres .
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l’intégration de l’équation, la statique analytique, une partie delà dynamique ; 2° la physique; 5° la géométrie descriptive ; les épures au trait.
Deuxieme année: t° Le calcul intégral, la dynamique, l’hydrostatique, l’hydrodynamique ; 2" la chimie ; 5° la géométrie descriptive appliquée à la coupe des pierres, à la charpente et aux ombres; les épures au trait et au lavis.
Les examens de passage (2 heures) étaient subis devant trois professeurs de la Faculté, désignés annuellement par le ministre de l'intérieur; les élèves devaient présenter aux examinateurs le cahier de leurs épures, dûment paraphées (*); ils étaient classés par ordre de mérite.
Les études de la troisième année comprenaient : 1° la mécanique appliquée aux arts ; 2° la physique appliquée aux arts; 3° la minéralogie et la géologie; ■4° les constructions industrielles et les épures relatives à ces constructions ; et .pendant le semestre rf été ; 5° le nivellement et les levés sur le terrain au mètre, à la boussole, au graphomèlre.
à la planchette, etc..; 6° des visites aux principaux établissements industriels de la ville et des environs.
Les deux sections se séparaient , comme nous l'avons dit. au moment d’aborder les études de la quatrième année . (’.elles-ci comprenaient :
A. Four les arts et manufactures :
1° la mécanique appliquée aux arts et spécialement à l'emploi des machines de tout genre et le dessin des machines ; 2“ la chimie appliquée aux arts et les manipulations chimiques ; 3° l’histoire naturelle (animaux et plantes utiles aux arts et a l’industrie); V* L’économie sociale et le droit administratif; 5° pendant le semestre d'été , les élèves s'occupaient de projets d’usines et de visites d’établissements; ils en devaient faire l'objet de mémoires et de dessins aussi détaillés que possible.
(*) Une circulaire ministérielle du 19 octobre 18M6 décida que les personnes étrangères aux Universités de l’Etat pourraient obtenir le diplôme de capacité , mais à condition de subir les quatre examens annuels,
B. Pour les : l°La docimasie et les analyses des substances minérales ; 2° la métallurgie ; 3° la recherche et l’exploitation des mines; 4° la législation des mines. — Les élèves avaient en outre à lever des plans des travaux des mines, et à visiter des mines et des usines métallurgiques; pendant le semestre d'été , on consacrait un certain temps a des excursions minéralogiques et géologiques.
Les cours d’application terminés, les élèves de chaque section étaient examinés par des jurys de trois membres désignés par le ministre, et au nombre desquels devait se trouver au moins un professeur de l’Ecole d’application et un ingénieur des mines, ou un fabricant ou manufacturier, pour la section des arts et manufactures. Ces jurys se réunissaient à Liège trois semaines avant l’expiration des semestres d’été et observaient les formalités prescrites par les art. 52 à GO de la loi sur l’instruction supérieure.
L’art, 1 i de l’arrêté organique chargeait l’administrateur-inspecteur de l’Université de toutes les mesures d’exécution, et lui confiait en même temps la mission de régler le régime intérieur de l'Ecole. IL Arnould (v. ce nom) s’occupa sans retard de l'installation des élèves, pourvut à l’inspection provisoire des études et réglementa les interrogations ; l’Ecole n’étant pas encore rattachée à l’administration des mines, et les élèves, par suite, n’ayant que peu de chances d’être admis dans ce corps, la dix ision des arts et manufaclures fut considérée, à l’origine, comme la plus importante des deux.
« Pour seconder cette tendance et pourvoir à l’insuftiance du local, l’administrateur inspecteur demanda à l’administration communale la construction d’une nouvelle aile de bâtiment, consacrés uniquement à l’Ecole et a l'atelier qu'on avait dès lors l'intention d’y établir. Un subside de 125,000 francs
et d’en observer les intervalles ; ces récipiendaires, au lieu de présenter un cahier d’épures, devaient exécuter, sous les yeux du jury, des épures à désigner par les examinateurs.
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fut voté, dans ce but, par le Conseil communal, dans sa séance du A mars 1858. Le Conseil provincial alloua, dans le mois de juillet suivant, une somme de 28,000 francs pour l’acquisition des machines nécessaires à l'alelicr('). »
Cependant le gouvernement reconnut la nécessité de mettre l'enseignement supérieur en rapport avec le corps des mines ; l'arrêté du 10 octobre 1838 divisa en conséquence l'Ecole de Liège en deux écoles tout a fait distinctes, l’une pour les arts et manufactures, l'autre pour les mines. Celle-ci fut à son tour partagée en deux divisions, correspondant a deux degéês différents du même genre d'instruction spéciale (art.
2). La division supérieure devait préparer les élèves à l’examen de sousingénieur. Les éludes de la division inférieure conduisaient au grade de conducteur. Les aspirants - conducteurs étaient du reste autorisés ii suivre les leçons de la division supérieure « qui ne seraient pas, dans toutes leurs parties, inaccessibles ù leur degré d’instruction » (art. 5). il était créé une classe d’élèves des mines (élèves-ingénieurs , élèves-conducteurs) , attachés au corps des mines, mais ne prenant point rang dans le cadre hiérarchique.
Le litre d'élève des mines s’obtenait au concours (art. <»), devant nn jury de trois membres désignés par le ministre des travaux publics, et siégeant à Bruxelles ; les récipiendaires devaient avoir dix-huit ans révolus. Les études des élèves-ingénieurs embrassaient trois années ; celles des élèves-cou ludeurs, deux années seulement. Ils ne jouissaient d’aucun traitement ; mais des indemnités pouvaient leur être accordées , soit à titre d’encouragement, soit pour frais de voyage. Ils devaient fréquenter régulièrement les cours, soit de l’Ecole de Liège, soit de toute autre institution analogue, établie par des particuliers, ou par des communes ou par des provinces, ils étaient tenus de s’exercer, pendant le semestre d'été, à toutes les opérations géodésiques, au Jevé des machines, etc. ; ils devaient
(«J Rapport de M. Pierrot, précité. — V.
visiter, avec leurs professeurs ou répétiteurs respectifs, des mines ou d’autres établissements industriels, et entretreprendre des courses géologiques ; ils pouvaient être envoyés à l’étranger aux frais du gouvernement, comme on vient de le dire ; enfin, les élèves-ingénieurs les plus capables devaient être adjoints aux ingénieurs de l'Etat, pendant l’été de la 5° année, pour s’initier par la pratique à tous les détails du service administratif ; de même, les élèves-conducteurs de 2e année étaient distribués, en été, dans les divers districts des mines, pour y aider les conducteurs dans leurs opérations, et y acquérir l’usage des instruments de la géométrie souterraine.
Le dernier § de l’art. 11 portait la disposition suivante: « L’élève qui. pen- » dant 2 années consécutives , se sera » trouvé hors débat de satisfaire aux » conditions imposées par l'admission » à la division supérieure, ou qui aura » accompli i années de surnumérariat » comme élève-ingénieur ou 5 années » comme élève-conducteur sans pouvoir » passer son examen définitif, cessera » de faire partie du corps des mines. »
Etaient inclusivement admis à l’examen de sous-ingénieur :
1° Les élèves-ingénieurs ayant terminé leur temps d’études ;
2" Les conducteurs des mines qui , ayant au moins trois ans de service dans le corps , et les candidats etrangers au corps qui, pouvant justifier d'une pratique régulière et honorable de cinq années dans la conduite ou la direction des travaux d’exploitation des mines, auraient satisfait préalablement aux conditions de l’examen exigé par l’art.
6 pour l'admission en qualité d'élève-ingénieur , et à celles des examens de passage prescrits par l’art. H de l’arrêté du 1" octobre ;
5° Les conducteurs des mines ayant au moins sept ans de service dans le corps, et ayant satisfait aux conditions des dits examens partiels.
Etaient seuls admis à se présenter devant le jury spécial pour la place de conducteur :
l'art. Brasseur, col. 82.
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1° Les élèves-conducteurs ayant terminé leur temps d’études :
2° Les élèves-ingénieurs qui, ayant terminé leur temps d’études , n’auraient point été jugés admissibles au grade de sous-ingénieur ;
ô° Les candidats étrangers au corps qui, pouvant justifier d’une pratique régulière et honorable de trois années dans la conduite ou la direction des travaux d’exploitation des mines, auraient satisfait préalablement aux conditions de l'examen prescrit par l'art. G pour l’admission au grade d’élève-condueleur, et de l’examen de passage de la 1” a la 2*’ année d’études.
Le jury classait les récipiendaires par ordre de mérite ; les premiers de liste des concurrents pour les places de sousingénieur entraient à ce titre dans le service de l’État, jusqu’à épuisement du nombre des places immédiatement disponibles ; les premiers de liste des concurrents pour les places de conducteurs étaient de même, et dans les mêmes conditions, incorporés dans la hiérarchie administrative. Les autres recevaient respectivement le titre de sousingénieur honoraire et le titre de conducteur honoraire des mines ; il leur était loisible de se présenter aux concours de* années suivantes, en subissant de rechef les examens avec les nouveaux élèves.
Le règlement organique de l’Ecole des mines fut arrêté le 18 octobre 18ô8, conformément à ce système. L'ancienne École théorique prit le nom d' École préparatoire ; elle embrassa dans son programme tontes les connaissances mathématiques, physiques et naturelles nécessaires aux élèves des Écoles spéciales. Pour y être admis . il fallait subir, devant un jury de trois membres désignés par le ministre de l'intérieur, un examen sur les matières suivantes :
1° L’arithmétique complète ;
2° La géométrie élémentaire ;
5° La trigonométrie rectiligne, les éléments de la trigonométrie sphérique et l’usage des tables de lignes trigonométriques;
4° Les principales théories de l’algèbre élémentaire ;
5° La géométrie analytique ;
G0 Les éléments du dessin ;
7° Les principes de la langue française.
A lepoque où nous sommes parvenus, l’enseignement moyen donné aux frais de l’État n’avait point encore été réglé par la loi, selon le vœu de la constitution. Les programmes des Athénées et des Collèges ne correspondaient pas de tout point à celui qu'on vient de lire ; de là (art. 8) une mesure de circonstance:
« Transitoirement, les cours qui se- » raient nécessaires pour mettre les » élèves sortant des Athénées en état de » subir les examens d'admission aux » écoles préparatoires, seront maintenus » dans les dépendances des Universités » par les soins des administrateurs-in- » spccteurs. — Cet enseignement tran- » sitoire sera conçu de manière que les » jeunes gens ayant reçu dans les Athé- » nées les premières notions des scien- » ces puissent terminer leurs éludes » préliminaires en une année. »
En revanche, les élèves qui avaient commencé leurs éludes scientifiques en dehors de l'Université étaient autorisés à entrer, moyennant examen, soit dans la section de deuxième année de l’École préparatoire, soit même immédiatement dans une École spéciale; cesdispositions étaient applicables à l’Ecole des arts et manufactures comme à celle des mines.
L’enseignement donné à l’Ecole préparatoire comprenait la haute algèbre, les calculs différentiel et intégral, la mécanique analytique, la géométrie descriptive et ses applications, la physique, la chimie et les manipulations chimiques, les éléments de l’architecture, de l'astronomie, de la géodésie et de la topographie, de l’arithmétique sociale ; enfin, le dessin et le lavis.
L’Ecole était placée sous l’autorité supérieure de l’administraleur-inspecteur de l’Université et sous la direction immédiate d’un professeur-inspecteur des études. Ce dernier avait pour mission de surveiller tous les détails de l’instruction et de tenir la main à l'exécution de tous les règlements concernant le régime intérieur, lesquels règlements étaient arrêtés, sur son rapport, parl’administrateur-inspecteur. La sur-
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veillance do l'inspecteur ne s'étendait pas, du reste, sur les professeurs ni sur les cours île l'Université.
A la lin de chaque année d’études, les élèves étaient classés par ordre de mérite, dans leurs divisions respectives, d’après les notes obtenues par chacun d’eux dans les interrogations particulières ou générales, les manipulations, les exercices pratiques ou les concours. J.a valeur de ces notes était exprimée par le relevé des nombres ou des degrés portés successivement en comptes chaque élève pendant la durée de son séjour à l'Ecole. Un règlement particulier déterminait le mode d’appréciation des résultats des divers genres d'examens ou d'exercices, et le chiffre absolu des degrés nécessaires pour être admissible à un enseignement supérieur.
Dans les deux divisions de l 'Ecole spéciale des mines, le plan de l'instruction comprenait :
U’ Des leçons orales sur l’application des sciences à l’exploitation des mines, et sur les principes économiques et administratifs qui se rapportent à cette spécialité ;
2° Des éludes suivies d’interrogations, des répétitions, des travaux graphiques, des concours, des projets d'art ;
5° Des opérations sur le terrain, des explorations minéralogiques et géologiques, des levés de machines, et généralement tons les moyens d’éducation professionnelle pouvant être offerts aux élèves dans des excursions scientifiques, et des visites d'ateliers ou d'exploitations de mines.
Les leçons orales étaient reçues par les élèves aux cours spéciaux de l'Université; les éludes, les répétitions, les interrogations, les exercices graphiques, les manipulations , les concours s’effectuaient d’après le mode et dans l’ordre de temps détermines par les' règlements intérieurs de l’Ecole, dans des salles et des laboratoires préparés à cet effet. Les opérations sur le terrain, les explorations géologiques, ainsi que les exercices pratiques dans Icsélaldisscmcnts d'exploitation ouverts aux élèves, devaient se faire pendant le semestre d’été, aux moments choisis par
les autorités de l’Ecole. Les élèves devaient passer chaque jour au moins neuf heures, en hiver, et au moins dix heures, en été, dans l’intérieur de l'Ecole.
Dans la division supérieure , l’enseignement oral portait sur douze matières différentes :
1° L’histoire naturelle, considérée dans ses rapports avec les constructions industrielles et l'exploitation des mines ;
2° La minéralogie et la géologie;
5° La composition, la construction et l'emploi des machines;
in Le calcul de l’effet des machines ;
;>° Les constructions industrielles;
(>" La physique industrielle;
7“ La chimie industrielle;
8" La métallurgie et l’analyse des substances minérales;
9° La recherche et l’exploitation des mines ;
I0« La législation des mines;
1 1° L’économie sociale ;
12° Des notions sur le service des ingénieurs des mines.
L’instruction orale donnée aux élèves de la division inférieure comprenait les parties des cours précités que ces élèves étaient capables de suivre, et, en outre, le cours de géométrie descriptive, ainsi que les applications de cette science à la perspective, aux ombres, à la coupe des pierres et à ia charpente.
De même que l’Ecole préparatoire, l'Ecole spéciale était placée sous l’activité supérieure de l'adminstraieuriuspectcur de l’Université et sous la direction immédiate d'un professeurinspecteur. N étaient considérés comme élèves de l’Ecole que ceux qui , après avoir subi l’examen d’admission, s’étaient soumis au régime intérieur et participaient aux exercices, aux répétitions et aux études de leur division respective.
L ' Ecole spéciale des ails et manu factures embrassait dans le cadre de son institution tout le système «le l'enseignement de l'application des sciences aux procédés généraux de l’industrie et aux principales branches des fabrications spéciales. L’Ecole de Liège avait plus particulièrement en vue les arts
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chimiques; celle de Garni, les arts mécaniques.
Le plan de l’instruction comprenait :
1° Des leçons orales sur l’application des sciences aux arts industriels et sur les principes de l’économie sociale;
2° Des études suivies d'interrogations, des répétitions, des manipulations, des travaux graphiques et des concours de projets d'usines ;
3U Des visites d’établissements industriels.
Les dispositions relatives au régime intérieur et aux exercices pratiques étaient les mêmes que dans l'Ecole spéciale des mines et dans l’Ecole préparatoire.
L’instruction orale, donnée à l’Université, embrassait les cours suivants, répartis en deux années d'études :
1 0 Histoire naturelle, considérée dans ses rapports principaux avec l’industrie;
2U Minéralogie et géologie;
'»<> Composition, construction et emploi des machines usuelles ;
■4° Physique industrielle;
5° Chimie analytique ;
ܰ Essais commerciaux ;
7° Economie sociale ( 1 ) ;
8U Chimie industrielle;
D° Recherche et exploitation des mines.
Pour être admis à l’Ecole des arts et manufactures, il fallait avoir subi l’examen de sortie de l’Ecole préparatoire; toutefois, le directeur avait le droit d'admettre à fréquenter un ou plusieurs cours les personnes placées dans une position particulière et qui seraient jugées dignes de celle faveur. C’est ainsi que, dans l’Ecole des mines, pareille autorisation pouvait être accordée à tous les membres du corps des mines.
Les diplômes de capa. ilé délivrés
( ’ j Ces sept cours fleuraient également au programme de l'Ecole de Gund.
(*) V. le texte de celte convention dans le de M. Nothomb, t 11, p. t iOG et suiv. — Le professeur Brasseur y intervint comme témoin. — En 18U>, une nouvelle convention a été passée avec MM. Libolle et Pirolte, constructeurs mécaniciens h Liège; le t octobre 1883, un contrat un peu diil'érent des précédents e>l intervenu entre IT-
à la sortie de l’Ecole conféraient le litre (l'ingénieur civil des arts cl manufactures.
Le premier programme détaillé des études des Ecoles annexées à l'Université de Liège date du mois de novembre 1838; il a été réimprimé dans le Rapport déjà cité de M. Nothomb, t. H, p. 1282 et suiv.— Le 13 du même mois fut promulgué le règlement d’ordre intérieur; le 17, un arrêté de M. De Theux nomma J. -K. Lemaike, inspecteur de l’Ecole préparatoire, et Ad. De Vaux, inspecteur des Ecoles spéciales.
Nous nous contenterons d’indiquer, sans entrer dans de longs détails, les principales mesures qui furent successivement adoptées pour compléter ou pour modifier cette organisation, eu égard aux besoins nouveaux qui se produisirent et aux indications que l’expérience ne manqua point de fournir.
Le 17 septembre 1840, un arrêté de M.
Ch. Rogier approuva une convention intervenue entre l'administrateur-inspecteur, agissant au nom du gouvernement, et le sieur Jacques-Joseph Gouttier, mécanicien à Grivegnée , relativement à l’entreprise de l’atelier pour la construction de machines et d’instruments de précision, à installer dans la nouvelle aile de bâtiment dont il a été question plus haut (*). M.Goutlier prit, à raison de ces fonctions, le litre de directeur de l’atelier de construction des arts et manufactures. — Le 23 janvier de l’année suivante, le dépôt central de minéralogie et de géologie créé par l’arrêté royal du 2 octobre 181 7, près du ministère îles travaux publics, dut être transféré à l’Ecole des mines de Liège et réuni à la quatrième collection formée en vertu de l’art. 3!) du règlement organique ;*). — Les programmes des examens d’entrée et de sortie, ainsi que
Diversité et MM. Pirolle et van Hoorick. Les autorités de l'école ont sur l'atelier une action plus directe et plus efficace; en revanche, l'indemnité accordée aux entrepreneurs a été diminuée en raison de l'allégement de leurs charges [Rapport triennal sur les Universités, période 1882-18(11, p XV et annexes, p. 17 et suiv.).
(’) « Il sera formé, dans une des salles de chacune des Universités de l'Etat, quatre
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ceux des examens de passage, furent l’objet de plusieurs révisions attentives, notamment en 1841 et en 1812. — Le G mai 1842 fut institué le Conseil de perfectionnement de l’Ecole des mines ('), composé du directeur et des inspecteurs de la dite Ecole, du directeur de l'administration des mines près du ministère des travaux publics et du chef de la division de l'instruction publique, au ministère de l’intérieur. — Le 20 août suivant, la durée des études à l'Ecole «les arts cl manufactures de Liège fut lixee à trois uns au lieu de deux, à raison de la direction plus spéciale de cette Ecole vers les arts chimiques et métallurgiques ; un arrêté du même jour tégla les conditions auxquelles des diplômes de capacité pourraient être délivrés aux élèves des Ecoles spéciales qui ne se proposaient point d’entrer dans les services publics. — Un autre arrêté du 20 septembre décréta qu'une valeur égale serait attribuée à l’examen linai d’admission dans le corps des mines, et à chacune des épreuves subies à l’Ecole pour passer d’une année d’études à une autre : le classement des candidats devait ainsi résulter de leur moyenne générale.— Le 25 février 1843, une troisième section, celle des élèvesmécaniciens, fut ajoutée aux Ecoles de Liège. Pour y être admis, les aspirants devaient subir un examen sur les mathématiques élémentaires. L’enseignement devait être réparti comme suit :
Première minée: Géométrie descriptive et épures; statique et notions de physique, spécialement en ce qui concerne la chaleur, les gaz et la vapeur.— Deuxième année: Application de la géométrie descripliveet épures; mécanique appliquée (I re partie) ; 5° Dessin des machines. — Troisième minée : Mécanique appliquée (2r partie); physique industrielle; des-
collcctions modèles pour le service des Écoles: la première comprendra les modèles des ouvrages hydrauliques ou des constructions d'exploitation les plus remarquables du royaume ou de l'étranger; la troisième , une série de dessins de grande dimension, relatifs aux constructions civiles, ou aux exploitations de mines; la quatrième, cntln, sera formée des éléments et des produits de l’indus-
sin des machines. L'atelier de construction était mis à la disposition des élèves, d’accord avec le directeur-mécanicien et d'après les indications du professeur de mécanique appliquée; ces deux fonctionnaires faisaient de droit partie du jury de sortie, délivrant, aux élèves qui avaient préalablement satisfait aux examens annuels de passage, le diplôme d’ ingénieur-mécanicien. Non seulement les récipiendaires avaient à faire preuve de connaissances théoriques; mais ils devaient « avoir construit au moins une machine à vapeur de petite dimension et avoir fait un nombre sullisanl de dessins de machines pour ne laisser aucun doute sur leur capacité comme dessinateurs » (art. 5). — Les dernières dispositions réglementaires prises dans le cours de cette période concernent les examens de passage et de sortie ; il fut strictement décidé qu’aucun récipiendaire ne serait admis s’il n’avait obtenu le medium des points: 1° sur chacune des matières indiquées isolément dans le programme; 2“ sur l’ensemble des matières réunies par groupes.
Les mesures qui rattachaient déjà l’Ecole de Liège à l’administration des mines allaient bientôt recevoir un nouveau complément. Le 7 septembre 1814, il fut décidé que les candidats admissibles comme sous-ingénieurs et qui, à défaut d’emploi vacant, n’auraient pas été promus à ce grade, pourraient être nommés, sur leur demande, conducteurs des mines de 5e classe. Cette mesure ne devait recevoir son application qu’à partir du 1" octobre 184G; or. dès le 25 juin 1845, sur la proposition du Conseil de perfectionnement de l’Ecole des mines, il fut stipulé qu’on n’admettrait plus désormais d’élèves conducteurs à cet établissement, et le 21 juillet suivant, la division inférieure de l'Ecole
trie manufacturière du pays , ordonnés de manière il manifester la succession des transformai ions que subissent les matières premières, avant de se produire sous leur aspect définitif ». — L'arrêté du 25 janvier 18*1 n'a jamais reçu son exécution.
( •; Un semblable Conseil existait à Gand, pour l'Ecole des ponts et chaussées, depuis le 29 octobre 1839.
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se trouva supprimée , ainsi que l'emploi même de conducteur. Le service se fit à partir de là par les sous-ingénieurs honoraires des mines, admis dans le corps sous la dénomination d'aspirantsingénieurs, qui leur donna le rang d'officier. Un changement de titre parait en soi peu de chose : cependant celuici entrainail après lui toute une réforme administrative, et devait avoir pour conséquence immédiate, en ce qui concerne l'Ecole des mines, une révision de l’arrêté organique de 1838. L’examen général pour l'admission en qualité d’élève-ingénieur des mines fut subdivisé en deux examens partiels, répondant au programme des deux années d'études de l'Ecole préparatoire. A la fin de la première année, les récipiendaires déclarés admissibles reçurent le titre (Inspira ni élève - ingénieur des mines; à la lin de la seconde année, celui d'èlève-ingénieur. D'autre part, un concours annuel lut institué îi Bruxelles pour l'admission dans le corps des mines, en qualité d’aspirant des mines.
Y étaient admis les élèves-ingénieurs ayant terminé leur temps d'études et les sous-ingénieurs honoraires. Les premiers de liste étaient appelés il entrer an service de l’Etat, comme aspirants de 3e classe, et déclarés admissibles au grade de sous-ingénieur; les autres candidats reçus étaient réputés sousingénieurs honoraires, titre dont ils pouvaient user en dehors du service public; ceux qui avaient déjà droit à cette qualification trouvaient eu tous cas, dans le concours, une chance d’améliorer leur rang de classement. Pour devenir ensuite sous-ingénieur effectif. . il fallait pouvoir invoquer au moins trois ans de service dans le corps de mines , en qualité d’aspirant admissible a la promolion sollicitée. — L'expérience fit bientôt reconnaître avantageux d'établir une différence entre l'examen final imposé aux élèves-ingénieurs de l'Ecole spéciale et l'examen unique des aspirants des mines qui voulaient être déclarés admissibles au grade de sous-ingénieurs :
celle différence fut établie par l’arrêté royal du 15 octobre 1817, contresigné par M. Frère-Orban, alors ministre des travaux publics.
Sur ces entrefaites, l’inspection des études, aux Ecoles de Liège, passa dans les mains de nouveaux titulaires. Chargé par arrêté du 11 septembre 1815 de suppléer le professeur Lemaire à l'Ecole préparatoire, M.Tkasenstkr fut ensuite adjoint <25 octobre 184(5) à l'inspecteur des Ecoles spéciales, Ad. De Yaix; le 20 avril 1849, il le remplaça définitivement dans ces dernières fonctions, qu’il exerce encore aujourd'hui. M. le professeur Df. Clyper, de son côté, fut appelé, le 12 novembre 1840, à l’inspection de l’Ecole préparatoire; il en est également resté investi jusqu'à ce jour. Cette circonstance, que les mêmes fonctionnaires ont été en mesure, pendant plus de vingt ans, d'imprimer aux Picoles une impulsion vigoureuse et d’en régler la marche en y introduisant des traditions régulières et suivies, n’a pas peu contribué à en assurer le succès cl le crédit à l’extérieur, tant aux yeux des industriels que devant l’administration supérieure elle-même.
D'autre part, la composition du Conseil de perfectionnement fut modifiée par l’arrêté royal du 20 avril 1850, qui y adjoignit les professeurs chargés, à l'Ecole spéciale, des cours de métallurgie, de mécanique appliquée, de chimie industrielle et de docimasie. La tendance assignée à l’Ecole des arts et manufactures (v. ci-dessus, col. 1020) réclamait une semblable mesure : c’est dans la même pensée que le nombre des inspecteurs fut ultérieurement porté à Irois, et que par suite M. le professeur Ciiandei.on fut chargé, pour sa part, de la haute surveillance des travaux chimiques (arr. du 10 oct. 1858). Quant au Conseil de perfectionnement, la composition en a élé définitivement réglée par l’arrêté royal du 50 mars 1859. Il est composé :
A. De six membres permanents , savoir: l’inspecteur-général des mines; le directeur-général de l’Instruction publique au département de l’intérieur; l’administraleur-inspecteur de l’Université de Liège, directeur des Ecoles préparatoires et spéciales; les trois inspecteurs aux dites Ecoles;
II. De trois membres temporaires à nommer par le Koi, et dont le mandat
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est limité à quatre ans, sauf renouvelaient, savoir : un fonctionnaire appartetenant au corps des ingénieurs des mines ; deux fonctionnaires appartenant au corps enseignant des Ecoles ( ').
Cependant les mesures prémentionnées et d’autres dispositions de détail sur lesquelles il serait inutile d’insister, étaient éparpillées dans plusieurs arrêtés différents- Quelques dispositions même de ces arrêtés avaient été modifiées ou abrégées. Le gouvernement pensa judicieusement que pour faire bien saisir l’ensemble du système complet d'organisation et l'enchaînement des diverses parties qu'il comporte, il était nécessaire de les ramener à une sorte de codification , dégagée des prescriptions qui ont été successivement modifiées ou abrogées, et reproduisant. dans un ordre méthodique, tout ce qui était resté en vigueur des dispositions organiques ou règlementaires antérieures (*). Tel a été l’objet de l’arrêté ministériel du 23 septembre 1832 (signé Ch. Itogier), qui est encore maintenant, à part deux ou trois articles, la charte de nos Ecoles spéciales. Des programmes de tout l’enseignement, assez détaillés pour former « une sorte de questionnaire analytique et raisonné de tous les points de science nécessaires pour les carrières spéciales des différentes catégories d’élèves», ont paru sous la même date. Outre le plan de plusieurs cours nouveaux (architecture industrielle, économie industrielle, construction des machines), on y remarque la division en deux années du cours de métallurgie, « division rendue nécessaire par le grand développement que cette science a pris dans les dernières années » (*). Soigneusement revu dans
( * ) Membres du Conseil de perfectionnement en <859: MM. Ad. De Vaux, Thiery, Polain, de Cuyper, Trasenslcr, Chandelon, Bidaut, Brasseur et de Koninck.
(*) Rapp. de M. Pierrot, p. 32.
t *) Ibid., p. 33. — Ultérieurement, l'arrêté du 27 décembre 1836 répartit en trois semestres l'enseignement de la métallurgie. Cette décision a été rapportée le 26 septembre 1860 : le cours de métallurgie est depuis lors un simple cours annuel ; seulement les
toutes sos parties par le Conseil de perfectionnement, cet important document a reçu sa dernière forme le 31 ociobrc 18(>3, sous le ministère de M. Alph.
Vandenpeereüoom (*).
L’arrêté organique du 23 septembre 1832 contient d’abord des dispositions générales concernant la direction des Ecoles, toujours confiée à l’administrateur-inspecteur de l’Université (depuis 1837, M. M.-L. Polain ; v. ci-dessus, col. 20), l'inspection, renseignement théorique .et pratique, les répétitions, etc. ; enfin, concernant le régime intérieur. Nous noterons les dispositions suivantes : Les répétiteurs n’ont de rapports avec les professeurs que par l’intermédiaire des inspecteurs des études, lesquels tiendront la main ;1 ce que les répétiteurs observent, autant que possible, dans leurs int ;r rogations et leurs répétitions, l’ordre des matières suivi par les professeurs dans leurs cours. Néanmoins les répétiteurs peuvent être invités A donner plus de développement à certaines parties d’un cours ou à les traiter d’une manière plus sommaire, selon les exigences du programme d’examen des Ecoles spéciales (art. 2). — Tous les ans, dans le courant du premier trimestre de l’année académique, l’administralcur-inspeoteur de l’Université transmet la liste des élèves de chaque division des Ecoles spéciales, respectivement à chacun des professeurs dont ils doivent fréquenter les cours. Chaque professeur doit faire parvenir au directeur des Ecoles des notes sur l’assiduité et les progrès des élèves dont ce fonctionnaire lui a remis la liste; à défaut de cotes fournies par les professeurs , celles de l’Ecole serviront seules au
élèves sont interrogés sur cette matière (divisée en générale et spéciale) dans deux examens différents (v. ci- après les programmes généraux).
( * ) On le trouve in extenso dans le volume intitulé : Ecoles sociales des arts et manufactures et des mines annexées à l'Université de Liège. Dispositions organiques et réglementaires. Programmes généraux et programmes détaillés. Bruxelles, Deltombe, 1864, in-8°.
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classement des élèves (art. G). Les cotes de l’Ecole embrassent non seulement les résultats de renseignement oral, mais des exercices graphiques, des travaux mécaniques, des réponses aux interrogations des répétiteurs et généralement de toutes les occupations imposées aux élèves. Elles comptent pour un lient dans le calcul des points attribués à chaque examen annuel de passage d’une année d’études à une autre; l’exclusion du régime intérieur pour négligence ou insubordination les annule de plein droit (art. 5 et 7). — Deux échecs successifs au meme examen font perdre la qualité d’élève de l’Ecole. — (I y a des diplômes {Vingt fnieur civil des mines, comme des diplômes û’ingénieur civil des arts et manufactures et des diplômes d 'ingénieur civil mécanicien. Ils sont délivrés aux personnes qui ne désirent point entrer dans le corps des mines, quelles aient ou quelles n'aient pas fréquenté l’Ecole , mais à la condition expresse qu’elles aient subi les épreuves exigées par les programmes. « Les sous-ingénieurs honoraires des mines, ajoutait l’art. G, auront droit A l’obtention du diplôme d'ingénieur civil des mines.
Ils pourront aussi obtenir celui d’ingénieur civil des arts et manufactures, en justifiant de connaissances suffisantes en chimie industrielle organique. » Cet article a été modifié en 1860, sur la proposition du Conseil de perfectionnement ; les premiers mots du paragraphe cité ont été remplacés par ceux-ci : Les ingénieurs honoraires des mines ( Arrêté du 6 mai, signé Ch.
Ilogier) ( '). Le même arrêté de 1860 déclare en outre non applicable aux personnes étrangères à l’Ecole ni aux élèves libres, la disposition de l’art. 7, § i de l'arrêté organique, relative ù la supputation du travail de l’année. En revanche il y est stipulé, quant aux ré-
( * ) Ce litre a été créé par l'arrîlé royal du 46 juin 4858 : il est accordé à tous les candidats déclarés admissibles (depuis l'institution des Ecoles spéciales) au grade de sous-ingénieur des mines « pour en user en dehors des services ressortissant au Département des travaux publics. »
cipiendaires de la première de ces deux catégories, qu’ils auront à justifier d'une pratique industrielle suffisante, et qu’ils devront, à moins d'une dispense spéciale , laisser subsister, entre les divers examens, les délais qui sont imposés aux élèves de l’Ecole.
De même que ces derniers, ils sont astreints à fournir, pour l’examen final, îles mémoires et des projets sur des questions qui, à leur demande (formulée avant le 1er mars de chaque année), leur seront indiquées par les autorités de l’Ecole. — La durée normale des éludes est de cinq ans, dont deux années d’Ecole préparatoire, pour le grade de sous-ingénieur honoraire des mines ou le diplôme d’ingénieur civil des mines; de quatre ans, dont une année d’Ecole préparatoire, pour le diplôme d'ingénieur civil des arts et manufactures,- de trois ans, dont une année d'Ecole préparatoire, pour le diplôme d’ingénieur civil mécanicien (’).
— Les examens ont lieu par écrit et oralement. Il faut obtenir 500 degrés sur 10(10 pour être admis d’une manière satisfaisante ; le chiffre de 650 degrés, exigé d’abord pour la distinction, et celui de 770, requis pour la grande distinction, ont été respectivement élevés à 680 et à 780 par l’arrêté du 1) mai 1855; pour mériter la glus grande distinction, enfin, il faut avoir obtenu 860 degrés sur 1000. — Dans les cotes d’assiduité, on ne compte il l’élève que le temps de la présence réelle aux salles de l’Ecole. Chaque heure d’absence non justifiée entraîne la soustraction de trois heures de présence, indépendamment des peines prévues pour le cas d’absences fréquentes. Le renvoi de l’Ecole n’entraîne pas nécessairement le renvoi de l’Université , peine qui ne peut être prononcée que par le Conseil académique. — Les élèves de l’Ecole ont seuls accès dans
(*) Les élèves clos mines fréquentent pendant deux ans l'Ecole préparatoire, parce qu'on exige d eux la connaissance des mathématiques transcendantes, dont les élèves des arts et manufactures et les mécaniciens sont dispensés.
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les salles d’étude et de dessin et dans l’atelier. Nul autre n’est admis à assister aux répétitions et aux manipulations, sauf les autorisations, toujours révocables, qui pourraient être accordées par le directeur pour ce dernier cours ( ' ). — Outre les interrogations générales faites par les professeurs et les répétiteurs, les élèves sont soumis îi des interrogations de cabinet, portant sur les matières qui font l’objet des programmes d’examen. Les élèves qui, dans les interrogations, ne feraient pas preuve d’une application convenable, sont exposés à des peines disciplinaires. Les seules peines sont : la censure particulière, le blâme public, la suspension du droit de fréquenter l’Ecole; enfin, le renvoi. Les deux dernières ne peuvent être prononcées que par décision du directeur, sur le rapport de l’inspecteur des études, l'élève préalablement entendu.
Parmi les dispositions spéciales de l’arrêté que nous analysons, on remarquera que les élèves nouveaux peuvent être admis d’emblée, moyennant examen, soit dans la section de deuxième année de l’Ecole préparatoire, soit même dans une des Ecoles spéciales.
— A l’Ecole des mines, peuvent être autorisées à profiter de l’enseignement, sans examen, toutes les personnes appartenant à un litre quelconque au corps des mines. — A la section des mécaniciens, douze élèves seulement sont admis h la fois dans l’atelier , lequel est accessible d’ailleurs aux élèves des mines et des arts désignés par le directeur, mais seulement aux jours et aux heures à déterminer par ce fonctionnaire (art. i). — Les élèves mécaniciens sont aidés au besoin, dans leurs travaux, par des ouvriers de profession. Le professeur de mécanique appliquée et le directeur mécanicien tout partie du jury de sortie.
Le 20 septembre 18G3, un cours spécial de construction des machines a été confié à M. W. Libert, ingénieurmécanicien.
(') Celle autorisation ne peut cire accordée à un élève renvoyé de l’Ecole.
(* ) Le jnry d’admission se réunit au com-
Nous reproduisons les programmes généraux des examens, pour faire apprécier dans son ensemble le système d’enseignement actuellement en vigueur dans les Ecoles annexées ù l’Université de Liège. *
Kxiuyun» tl’o<lniim»lon.
Examen pour l'admission à l'Ecole préparatoire des mines (*).
Points.
1" Langue française . . .
2° Langue latine, ou l’une des trois langues, flamande,
allemande ou anglaise .
3° Histoire et géographie . .
i° Arithmétique
5° Algèbre
6° Géométrie
ti
7° Trigonométrie . . . .
8" Géométrie analytique . .
9° Géométrie descriptive . .
10° Dessin
Total. . .
Examen d'admission à la division des
arls et manufactures , cl à la section des élèves-mécaniciens.
1° Langue française . . .
Points.
2° Langue latine, ou l’une des trois langues, flamande,
allemande ou anglaise .
5° Histoire et géographie. .
i° Arithmétique
5» Algèbre ......
6° Géométrie
7U Trigonométrie (s) . . .
8" Géométrie analytique . .
9U Géométrie descriptive . .
10° Dessin
Total. . .
Pour chacun des examens à subir conformément au programme ci-dessus, la moyenne est exigée sur les n°* 1,2 et T» réunis, i, 5, G et 8.
Les récipiendaires doivent obtenir, en outre, les 3/5 des points sur l’ensemble des matières.
uicncemenl du mois d'octobre.
Cl La trigonométrie n’est pas de rigueur pour cet examen.
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En ce qui concerne les récipiendaires etrangers, le jury détermine pour eux des épreuves littéraires particulières.