‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 242 sur 351 · ET CORRESPONDANT A LA H UH · texte numérisé non relu

ET CORRESPONDANT A LA H UH

Col 1083

AUTEURS. DANS 1. ES DAT 1MKNTS UK L'UNIVERSITÉ DK LIEGE, IEQUE ET A SES DÉPENDANCES.

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botanique. La ville de Liège posséda jusqu’en l’an XII (1801) une Ecole centrale ; elle eut ensuite sou Lycée , son Académie (v. I’introdiction), c'està-dire une Faculté de philosophie et une Faculté des sciences. Celle-ci reçut seule une constitution quelque peu régulière; il est plus exact de reconnaître que ce ne fut encore qu'une ébauche. Quant au Jardin botanique, on se dit qu'on avait du temps devant soi....

L’Académie disparut en 181-4 avec la domination française : Liège n'eut plus qu’un simple Gymnase, jusqu'à l’avénement de Guillaume I. Il serait superflu de répéter qu’une des premières préoccupations du roi des Pays-Bas fut l’organisation de l’enseignement supérieur dans les provinces méridionales. Le ^Réglement du 25 septembre 18 IG décréta (art. 152) : « Il y aura, dans chaque Université, un jardin botanique, » et (art. 1 55) : « La direction du jardin, de même que les collections qui en font partie, est conliéeau professeur de botanique. » Cette fois, la chose était sérieuse; l'exécution suivit de près l’ordonnance.

Le jardin botanique de Liège fut fondé en 1811). La ville céda , pour celte destination/ le jardin particulier des Jésuites; le professeur Gaéde (v.

ci-dessus, col. 551) en lit la première appropriation. Il eut comme adjoint, de 1825 à 1851, le regretté R. Courtois; un Catalogue général fut rédigé par leurs soins et publié en 1828 (v. cidessus, col- 555). — Nommé directeur du Jardin en 1855, Ch. Morren ne tarda pas à en reconnaître l’insullisance. Il conçut l’idée de' le déplacer et n’eut de repos qu’après avoir mené son projet à bonne ûu. En attendant, il fit tous ses efforts pour tirer le meilleur parti possible de l'établissement existant ; rien ne lui cortla pour en assurer la popularité à l’intérieur et la notoriété hors du pays. Scs relations étendues, ses publications, son esprit pratique et ingénieux, par dessus tout sa persévé-

{*) L'orangerie occupait alors ta partie du rez-de-chaussée de l'aile centrale aujourd'hui affectée aux laboratoires de chimie et

rance et son activité jamais lassée, le conduisirent en peu de temps à ce double résultat. Voici en quels termes Ph. Lesbroussart décrivait notre ancien jardin tel qu’il existait en 1857.-1858: u Le Jardin botanique, confié à la direction de M. le professeur Morren et aux soins de M. Deville, jardinier en chef, possède unq serre chaude, deux serres tempérées de 100 pieds de longueur sur 28 de hauteur, deux autres petites serres, une orangerie (') de 150 pieds de longueur et une serre nouvelle de 94 pieds de longueur, destinée aux cultures spéciales, comme les orchidées (dont ôn compte un bon nombre d’espèces récemment arrivées du Brésil), les fougères, au nombre de 150 environ, etc. Cependant ces emplacements sont beaucoup trop petits pour contenir les plantes actuellement existantes et celles qu’on se propose d’acquérir. Dans les serres, la plupart des pieds ont 20 à 25 pieds de hauteur, comme les Sparmannia a/ ricana, des Dracœna draco, des Cactus peruvianus, les U Le a orellana, te Sicca disliclta , le Myrtus coriacca. Le Pandanus odoratissimus est magnitlque. Le superbe Cactus grandiflorus et la Vanille y portent toutes les années, et c'est dans les serres de Liège que la vanille, fécondée .artilk tellement, a pour la première fois, sur le continent européen, porté des fruits plus beaux qu’en son pays natal; la plante en est encore couverte cette année. Les serres et l’orangerie comptent près de 2,000 espèces, parmi lesquelles 50 palmiers. Le jardin de pleine terre, classé d'après la méthode naturelle de Jussieu, le seul en Belgique qui offre cet avantage, renferme aujourd'hui plus de 5,500 espèces.

L’emplacement est trop exigu pour contenir les nouvelles acquisitions v‘).

Parmi les donateurs du jardin, on doit signaler à la reconnaissance des Liégeois feue M’"* la vicomtesse Vilain XIII!, MM. Max. Lesoinne, Bellefroid, Van Hulsl, Lejeune (de Verviers), Mor-

de docimasie.

;*) Lesbroussart revient à la charge : on était impatient d’en finir.

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ren, Javob-Makoy, Legraye, Stephens, Michel, Detrooz, Vcrschaffelt (de Gand), l'eu Courtois et leu Gaède, et, parmi les étrangers, S. A. le prince Maximilien de Neuwied, le général de Gœdeke, MM.

Bluroe, Nees von Esenbeeck , C. L.

Treviranus , Mirbel, Reinwardt , Decaisne, etc. »

Les démarches entreprises par Ch.

Morren pour obtenir le déplacement du du Jardin botanique remontent aux premières années de son séjour à Liège , à la première peut-être. Dès 1856, en tous cas, il remporta une première victoire : un arrêté royal du 5i octobre ( Rapp . de M. Nolhomb, t. 11 , p. 1155) décréta que la ville procurerait cette année mime à l'Université un terrain convenable pour lu dit Jardin, et qu'elle y ferait construire les serres, orangeries et bâtiments nécessaires le plus tôt possible. Le gouvernement , empressonsnous de le reconnaître, prenait décidément à cœur le développement des collections universitaires : il nous serait facile de signaler une série de mesures utiles prises successivement dans ce but. C’est ainsi que l’arrêté royal du 7 septembre 1857 envoya en exploration, « dans l'intérêt des sciences naturelles , de l’industrie et du commerce », à nie de Cuba, sur les côtes de Honduras, dans la république de Guatemala, l'isthme de Panama et la Colombie, MM. Ghiesbrecht, Linden et Funck('), et qu'un autre arrêté du 21 mai 1811 c onfia une nouvelle mission du même genre à M.

Linden, dans les régions équinoxiales de l'Amérique. Uu des considérants de l’arrêté de 1857 était ainsi conçu :

« Voulant compléter, autant que possible, les collections de plantes et les collections zoologiques et minéralogiques des Universités...», Ch. Morren fut lui-même (U juillet 1858) envoyé à Londres, â Edimbourg et â Dublin , à reflet de visiter les Jardins botaniques

(•) Ces trois naturalistes avaient déjà accompli une premier» mission au Brésil, à fenliere satisfaction du gouvernement.

(*) Le terrain acquis pour le jardin ne compte que 4 73°-

(l) « On y a ajouté, dit M. Nolhomb dans son Rapport (t. I, p. ccLt), les mûriers en-

el les établissements d'horticulture du Royaume-Uni (v. ci-dessus, col. 457); l’arrêté qui lui confiait cette mission lui enjoignait en outre de se mettre en rapport avec l'architecte de la ville de Liege et de lui communiquer le plus tôt possible le résultat de ses observations.

Avant de s’occuper du plan d’un nouveau jardin , il était essentiel de choisir un terrain convenable , dans de bounes conditions d’exposition, ne manquant point d’eau, pas trop éloigné de l’Université, etc. Ch. Morren trouva tous ces avantages réunis dans une pièce de terre d’environ six hectares ( * ) , située au Bas-Laveu, à la base de la colline de St-Gilles, longée du côté de la ville par la ruelle du Petit-Jonc.keu. Le quartier environnant , aujourd’hui l’un des plus beaux de Liège, était alors . presque désert; la question d’argent ne fut pas trop difficile à résoudre. L’administration communale une fois décidée , le professeur de botanique ne songea plus qu'à élablirson programme.

Le plan dressé par M- l’architecte Rémonl, sur ses indications , fut terminé le 18 mars 1859, et envoyé au ministre de l'intérieur deux mois plus tard.

Le Conseil communal de Liège l’approuva le 26 juin; la Députation permanente du Conseil provincial, le 4 février 1840.

Les jardiniers se mirent à l’œuvre dès l'année suivante; les plantations de notre Jardin botanique remontent à 1841 et 1 842 (*). Les serres furent aussi commencées sans retard: il y a près de 50 ans que l’Université en attend l'achèvement!

Tout devait être terminé vers 1845; l'administration locale s’arrêta tout d’un coup en chemin , bien que engagée envers l’Etat. En 1847 (le 26 mars), le Conseil communal sembla vouloir s’exéter : « Le bâtiment qui doit être adossé aux serres sera construit au moyen du produit des premières ventes du terrain du Collège (*) ». On

voyés par h* gouvernement, afin de procurer aux habitants de la province le moyen de se livrer à l’industrie sétifère. »

(*; Il s'agit de l’ancien couvent des Croisière, où le Collège municipal était installé avant la construction du local de la rue des Clarisse».

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en est resté là. Qu’il nous soit permis de compter sur le zèle d'une administration nouvelle, et de rappeler qu’il y a ici un devoir à remplir. Le Jardin botanique, d'ailleurs, n’intéresse pas seulement l’Université, mais la population tout entière.

Il est dispose en parc anglais, de manière à répondre tout à la fois aux besoins de la science et à offrir au public une promenade agréable.

Le Jardin proprement dit comprend dévastés pelouses et de grands étangs.

II se compose :

D’une Ecole de botanique;

Id. de pharmacie;

Ll. de floricullure ;

Id. de culture maraîchère ;

Id. d’agriculture;

Id. depomologie;

D’un urborelum

D'un jrinetum;

D’un < rstivnrium .

L’Ecole de botanique est plantée dans l’ordre de la méthode naturelle.

Le duecteur actuel est l’auteur d’une disposition spéciale et nouvelle, qu'il suit également dans ses leçons et dans le classement du musée (v. ci-après).

Les plans des constructions comportent l'installation complète du service de la botanique: serres, auditoires, musée, herbarium, laboratoire, grainetier, etc-, etc.

Ces plans sont irréprochables : s’ils avaient reçu leur entière exécution, le Jardin botanique de Liège pourrait être cité comme un modèle à imiter. L’aile centrale de l’édifice et la rotonde de droite (vers la rue Louvrex)sont seules terminées, ainsi que la serre placée en arrière, du côté de la rue Fusch.

La partie construite des serres se compose :

D’un pavillon pour les palmiers ;

D’une serre chaude ;

D’une serre froide,

D’une petite orangerie;

D’une serre pour les plantes grasses;

D’une serre pour les Orchidées.

Les collections les plus importantes sont celles des Palmiers, des Broméliacées, des Fougères, des Aroïdées, etc.

La direction publie chaque année, depuis 1825, le Catalogue des graines

récoltées dans les Ecoles scientitîques.

Selon l’usage, ce Catalogue est adressé, pour les échanges, à tous les jardins botaniques de l'Europe.

A l’epoque où Ch. Morrcn obtint le déplacement du jardin, nous avons dit que tout semblait contribuer au succès de ses efforts intelligents. Malheureusement ces favorables augures ne se vérifièrent point. Non seulement le zèle de l’administration locale se ralentit ; mais à partir de 1848, les allocations du gouvernement ne permirent même plus de faire face aux nécessités les plus immédiates. M. Piercol le déclarait ouvertement en 1851 : « Les dépenses du Jardin cl des collections de botanique s’élevaient année moyenne, de 1830 à 1847, à fr. 2,25)4-75, tandis que l’allocation actuelle de 1,077 francs est évidemment insuffisante pour les frais de culture et d’entretien du matériel. » On est revenu du système d’économie exagérée adopté en 1848, dans un moment de crise ; mais la prospérité de l'institution a été plus ou moins compromise, pendant plusieurs années, par une circonstance douloureuse et imprévue. Pendant la période triennale 1856-1858, le jardin s’est trouvé, de fait, dépourvu de toute direction scientifique, par suite de la cruelle maladie qui devait finir par lui enlever son fondateur. II s’est naturellement ressenti de cet état de choses. « Bien n’a été négligé sans doute, écrivait M. Rogier dans son Rapport triennal, pour assurer la bonneconservaiion des plantes qu’on y cultive; mais les relations que M.

Morren entretenait avec la direction des principaux établissements botaniques de l'Europe, ayant été forcément interrompues, les envois de graines et de plantes qu’on faisait à l’Université de Liège sont devenus dès lors moins suivis et moins abondants , et il en est résulté des lacunes regrettables qui existent toujours aujourd’hui. Les Ecoles de botanique, de pharmacie et de semis réclament notamment des soins tout spéciaux et depuis longtemps nécessaires. D'autres Ecoles, telles que celles des plantes agricoles, les Ecoles fruitières et maraîchères, continuent à être parfaitement entretenues

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ei forment un ensemble remarquable, n

Cet exposé de la situation était la reproduction presque littérale des termes d’un Rapport que M. Ed- Morren, déjà chargé de l’enseignement de la botanique, avait fait parvenir au gouvernement. M. Rogier reconnaissait la nécessité de sortir au plus tôt du provisoire; la direction scientifique de l’établissement fut confiée au titulaire actuel, dès le 1" octobre 1 858.

Le Rapport triennal de 1846—1858 ajoutait que la ville venait de voter des fonds pour la construction d’une serre chaude et que des négociations se poursuivaient pour obtenir l’achèvement des rotondes. Ces négociations, on l'a vu plus haut, sont encore pendantes.

Dans le cours de l’année même où M. Ed. Morren fut nommé directeur du Jardin, les serres et les plantations s’enrichirent d’une certaine quantité de plantes rares et précieuses, par suite d’arrangements pris avec M. Linden, directeur du Jardin zoologique de Bruxelles, à l’effet de libérer ce naturaliste des obligations qu’il avait contractées envers le gouvernement (v. ci-dessus, col. 1087).

Dès 1859, le successeur de Ch.

Morren renoua les relations de son père à l’étranger. Il reçut plusieurs milliers de plantes nouvelles, pour repeupler l’Ecole de botanique. II créa véritablement une Ecole spéciale de semis. L’Ecole de pharmacie fut plantée à nouveau et réorganisée ; on en trouve le Catalogue à la suite du Chou de graines de 1860. Pour obvier à la modicité du subside, M. Ed. Morren multiplia autant que possible les échanges de plantes rares et exotiques. Il porta aussi son attention sur l’Ecole dendrologique; la collection des conifères rustiques s'accrut notamment dans de larges proportions. L’n inventaire général fut dressé ; en un mol l'idéal du fondateur serait réalisé aujourd’hui, sans les lenteurs de l'administration locale.

L’achèvement du Jardin botanique serait cependant, nous le répétons encore une fois, d’une haute importance au double point de vue de l’enseignement et de l’intérêt public. Il y manque sur-

tout une orangerie convenable et des bâtiments de service ; il est bien difficile, dans l'état actuel, de le maintenir à la hauteur de son ancienne réputation.

M. Ed. Morren, malgré tout, n’épargne ni zèle ni activité pour atteindre cette fin. Ses nombreux voyages, sa présence aux Congrès internationaux de Bruxelles, d’Amsterdam, de Paris, de Londres, d’Erfert et de Sl-Pétersbourg ont contribué à la notoriété de l’institution qu'il dirige et lui ont ont assuré d’utiles sympathies. Il se sent moralement mis en demeure d’achever l’œuvre que son père a dû laisser à l'étal d'ébauche. Avec de telles dispositions, on finit par surmonter bien des obstacles.

Nous ferons remarquer en passant que M. Ed. Morren est convaincu de l'impossibilité, pour les Jardins botaniques qui n'ont pas l'importance de ceux de Kew, de Paris, de Berlin, de Vienne et de St-Pétersbourg, de réunir une collection complète des végétaux cultivés. Il estime qu’un Jardin tel que celui de Liège ne peut se distinguer que par l’une ou l’autre spécialité. C’est dans cette pensée qu’il s’efforce, par exemple, de rendre sa collection de Broméliacées la plus complète de l’Europe.

PERSONNEL DU JAIlDIN BOTANIQUE.

Directeur.

1819-1831. H.-M. Gaéde.

1835. Ch. Morren.

1858. Ed. Morren.

Directeur-adjoint.

1825-1834. R. Courtois.

Jardinier en chef.

1819. Demblon.

1836. F. Deville.

1844. D.-J. Dirickx.

1852. Em. Rodembourg.

APPENDICE

ÉNUMÉRATION DES FAMILLES DU RÉGNE VÉGÉTAL DANS L’ORDRE DE LA MÉ- THODE NATURELLE, par Eü. MORREN.

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