MUSÉE DE BOTANIQUE
Ce Musée, mentionné dans la notice de Ph. Lesbroussart sous la rubrique :
Cabinet d'anatomie, végétale , de carpologie, etc., a été fondé en 1856 par Ch. Morren. «C’est le seul de ce genre, écrivait l'auteur qu'on vient de citer, qui existe en Europe. Les dissections des plantes y sont conservées dans de l’esprit de vin, et l’on y compte aujourd'hui (1838) au delà de 1,500 préparations molles, parmi lesquelles on remarque les injections au mercure des vaisseaux des plantes, des dissections de trachées, de tiges, de feuilles, de fleurs, etc. Les pièces de tératologie végétale , la collection des champignons , l’exposition des familles naturelles y méritent une mention spéciale. Il y a en outre un fruitier classé d’après Lindley, une collection carpologique classée par familles, une grande série de céréales, une collection de hois de toute espèce, un palmier de trois siècles, un herbier général et de la province ( ' ) extrêmement riche, une collection de produits des plantes, de matières textiles , etc.
— Les végétaux fossiles extraits des terrains houillers de la province de Liège forment une collection des plus curieuses. M. Sauveur et feu R. Courtois y ont reconnu 91 espèces, dont plusieurs nouvelles ».
Nous avons rappelé ailleurs (art.
Schmerung , col. 56 i) qu'un Congrès scientifique s’ouvrit à Liège le lrr aotH 1856. La section des sciences naturelles ayant visité avec une vive satisfaction le Musée naissant, et appréciant toute l’importance d’une semblable collection, proposa de voter des remerclments à l’auteur de ce nouveau monument élevé à l'anatomie et à la physiologie végétales. « Les préparations de M. Morren , disait son rapporteur , doivent être signalées comme un modèle à imiter, dans les grandes villes de l'Europe où les sciences naturelles sont l'objet d’un enseignement complet.» Ce vœu fut approuvé publiquement dans la séance générale du Congrès.
M. Ed. Morren a donné tousles soins, depuis 1855, au Musée de botanique fondé par son père. Il s’est surtout efforcé de le rendre aussi utile que possible à l’enseignement. Mais pendant plusieurs années il a dû se contenter d'en améliorer la disposition : les ressources de son budget lui interdisaient forcément l'acquisition de nouveaux objets. Ce n’est guère qu’à partir de 1862 que le Musée a recommençé à prendre du développement. Nous mentionnerons, parmi les achats de date récente, un grand microscope de Schick, de Berlin ; divers appareils de micrographie, de Berck et Beck, à Londres; les collections de préparations microscopiques d'Amadio, à Londres, et de Van lieurck.à Anvers; les coupes de bois, de Nordlingen ; les herbiers de Rabenhorst, Wirtgen, Van Hacsendonck , Rose et Bescherelle , Dossin, Van lieurck ; une collection de fruits et de racines , moulés par Buchetet, à Paris; les vues paléontologiques d’Unger, de Vienne, etc.
Le Musée se compose aujourd'hui:
D’une galerie de technologie végétale, disposée d’après les familles naturelles, et comprenant tout ce que les végétaux fournissent ou produisent d’intéressant pour la médecine, la chimie, l'industrie le commerce, etc.;
D’une collection d’anatomie végétale;
ld. de tératologie ;
Id. de pathologie ;
Id. de paléontologie.
M. Ed. Morren l’a enrichi, dans ces derniers temps, d’un nombre considérable de dons que lui ont valus ses relations étendues sur toute la surface du globe, et notamment de 5 à 6,000 objets recueillis en 1867 à l'Exposition universelle de Paris , et provenant de toutes les colonies et régions étrangères.
Direction du Musée.
1836. Ch. Morren.
1855. Ed. Morren. •
III. NOTE SUPPLÉMENTAIRE CONCERNANT LA CHAIRE ET LE MUSÉE D’AGRICULTURE.
Le Conseil provincial de Liège, dans
(*) L’herbier de R. Courtois.
COLLECTIONS
sa séance du 20 juillet 1837, émit le vœu de solliciter du gouvernement la création d’une Ecole des arts et manufactures et l’érection d’une chaire d’agriculture et d’économie forestière à l’Université de Liège ( 1 ).
L’administration communale de Liège, convaincue des avantages qui résulteraient pour la ville et la province de l’exécution de ce projet, prit à sa charge (séance du 24 mars 1858) la construction des bâtiments nécessaires , à condition que l'Etat et la province pourvoiraient aux frais :
1° De l’acquisition des machines et des ustensiles ;
2° Du personnel et de l’entretien du matériel.
Cette proposition fut admise, et il y fut tout d’abord donné suite en ce qui concernait l’Ecole des arts et manufactures.
Dans sa séance du 14 juillet 1841, le Conseil provincial chargea la Députation permanente de faire, auprès dn gouvernement, les démarches nécessaires pour la mise à exécution de la seconde partie île sa résolution du 20 juillet 1837, c’est à dire pour l’érection d’une chaire d’agriculture , moyennant une somme de 4,000 frs., quiserait consacrée-â l’achat d’instruments aratoires modèles et de plantes intéressant l’économie rurale et forestière.
I.c 25 mars 1842 parut un arrêté royal établissant, près de l’Université de Liège, un coui*s d’économie rurale et d’agriculture. Le professeur Ch. Morren fut chargé de ce cours ; D. llenrard, horticulteur à Liège, fut nommé démonstrateur, chargé de tout ce qui concernait le matériel (*).
Au moyen des subsides alloués par l’État et par la province, des instruments aratoires modèles lurent acquis en Belgique et dans les pays étrangers : ainsi fut formé le noyau d’un Musée
agricole. Des graines et des plantes furent également achetées, et placées dans une partie du Jardin botanique réservée à cet effet.
La maladie et la mort de D. Henrard ( * ) et l’état de santé de Ch. Morren arrêtèrent, à partir de 1855, le développement du Musée agricole.
D’un autre côté , le gouvernement s'était préoccupé, depuis 1849. d’organiser régulièrement, dans les différentes régions du pays, l'enseignement de l’agriculture.
Un arrêté royal du 18 juillet 1863 rapporta celui du 25 mars 1842. Un arrêté ministériel du même jour décréta que les instruments composant le Musée agricole de l’Université de Liège seraient transportés à l'Institut de Gembloux.
Professeur d’agriculture et directeur du musée agricole.
1842. Ch. Morren.
Démonstrateur.
1842. D. llenrard.
■ II. Cabinet «le physique.
Le cabinet de physique est déjà men tionné en 1818 , dans un discours du recteur Vanderbeyden (v. -ci-dessus , col. 588), comme possédant quelques appareils importants : la chambre obscure et les instruments d’optique, entr’autres, y sont l’objet d’une citation spéciale (Ann. acad. Leod., t. 11, p. 7). Parmi les acquisitions des années suivantes, on remarque une collection d’instruments pour l’élude de l’électricité, du galvanisme et du magnétisme, formée en 1821 par le même Vandcrheyden, qui s'occupait beaucoup, à cette époque, des découvertes d’OErsted (v. ci-dessus, col, 589,667 et 685). Ce n'est guère qu'à partir de 1 830. cependant, ou pour mieux dire c’est à par-
( i ) On reprenait ainsi une idée du gou- cultivait dans son établissement (Rapp. de
vernement hollandais (v. l’art. Brosse, col. M. Nothomb.t. Il, p. 1829). Celte «ndern-
89 et suiv.). nité, ainsi que le supplément de traitement
(*) Une indemnité annuelle de 1,000 frs. accordé à Ch. Morren, devait être imputée
fut allouée ii Henrard, à condition qu’il pla- sur les fonds affectés au service du dit Jar-
ccrait dans le Jardin botanique un arbre et din.
un individu de chacune des espèces qu’il (*) Henrard mourut en 18S9.
COLLECTIONS
tir de la réorganisation universitaire de 1855, que le Cabinet de physique et d’astronomie a pris graduellement, sous la direction de M, Gloesener, des développements sérieux. M. Ferd. Henaux ( ' ) nous apprend qu’il renfermait , en 1857, une série de 510 appareils avec leurs accessoires, presque tous nouveaux. La notice sur les collections de l'Université déjà citée (édition de 1841) porte le nombre des instruments à 500, tous bien entretenus et en bon état (*). « La mécanique des solides, l'hydrostatique et l'hydrodynamique, dit Pli. Lesbroussart, la pesanteur et l'élasticité de l'air manquent de peu d'appareils, et ne tarderont pas à eu recevoir, pour complément, quelques nouveaux qui sont déjà en construction , entr'autres une belle machine pneumatique (système Babiker) de grande dimension. On remarque surtout une balance d’essai, une superbe machine d’Atwood, un pendule réversible, un dynanomètre, un bélier et une presse hydraulique. Nous citerons encore un beau modèle de pompe composée, une pompe à incendie, enfin l'appareil de Charles pour l’écoulement des liquides. — Quant à l'acoustique, la collection compte bon nombre d’appareils divers , notamment une sirène avec compteur, un fort beau sonomètre horizontal, le petit appareil de Grévelion, une petite sonnerie, des plaques de verre pour les figures de Chiadni , un petit orgue , une belle soufflerie, une série de tuyaux de construction , toute moderne, pour démontrer expérimentalement les différentes lois de l’acoustique; des plaques en bois et en cuivre pour la communication des sons, et un sonomètre différentiel nouvellement inventé par l’habile artiste Marleye de Paris. Cette collection sera complétée en 1842. — L’électricité ordinaire et galvanique, le magnétisme, l'élcclro-magnétisme. les phénomènes électro-dynamiques, thermo-électriques et magnéto-électriques
( ' ! Guide du voyageur à Liège. Liège, 1837, p. 126.
(*) Letlo notice a servi de base à ta des-
peuvent être démontrés dans tous leurs détails. On remarque surtout deux bonnes machines électriques , dont l'une est de Van Marum, deux grandes batteries, une belle pile suivant la construction proposée par Wollaslon, une pile à courant constant de Daniel, plusieurs appareils de rotation et d’autres pour le courant électrique par induction ; un appareil magnéto- électrique de Clarke avec ses accessoires, pour produire tous les effets de la pile voltaïque, une belle boussole d’inclinaison, un magnifique appareil de Gambcy pour les intensités magnétiques et les variations des aiguilles diurnes, etc. — Quant à l’optique, cette partie de la collection (enferme la plupart des instruments nécessaires à la démonstration des lois de la théorie de la lumière. On y trouve un goniomètre de Wollaston et un autre de Charles, un beau sextant, des appareils pour la réflexion et la réfraction simple et double ; les différents appareils connus pour la polarisation de la lumière; d'autres pour les couleurs complémentaires ou chromatiques , un pour la polarisation circulaire des liquides, un prisme avec objectif pour les raies dans le spectre solaire ; un microscope solaire , un télescope de Newton et un autre de Gregory ; une grande lunette achromatique et son pied avec trois mouvements différents, etc.
A l’observatoire se trouve une lunette méridienne et un chronomètre d’une grande beauté. — La collection de météorologie possède un planomètre, des hygromètres de de Saussure et de Dolne, un autre de Daniel, un psychromètre d’Auguste, et enfin des baromètres diversement construits. — I.a collection d’appareils pour la théorie de la chaleur est moins complète ; il y manque des instruments de précision pour la dilatation et la chaleur spécifique des corps. Du reste, on y trouve le calorimètre de Laplace et celui de ltumford, des miroirs paraboliques, les
cription donnée par Del Vaux do Fouron, dans son Dici. géogr. de ta prov. de Liège, t. II, p. 190 (Liège, 1842, in-12).
un
COUECTIONS,
thermomètres différentiels, un appareil de Gay-Lussac pour le mélange des gaz et des vapeurs , une petite locomotive, le bel appareil de Melloni pour les propriétés de la chaleur rayonnante, etc. » D'importantes acquisitions lurent faites en 1842 et dans le cours des années suivantes; mais le cabinet ressentit le contre-coup des événements de 1 8-48 ; son subside fut réduit à un chiffre insignifiant, et jusqu’en 1854 il restai peu près stationnaire. Pendant toute la période décennale de 1851 à 1860, on ne put y ajouter que 75 instruments :
nous citerons surtout divers appareils d’optique, et un grand nombre d’instruments nouveaux concernant l’éleetromagnétisme et ses applications (’); d’autre part, il a fallu consacrer une certaine somme à la restauration de pièces usées ou avariées. — Le subside annuel est actuellement de 2,000 francs; la physique n’a joui qu’une seule fois du supplément de 1,000 frs. alloué par la Faculté aux collections les plus besogneuses. Cependant les directeurs successifs du Cabinet ont su tirer bon parti, on leur doit cette justice, de ces minimes ressources. Voici la liste des principaux objets acquis depuis que le Cabinet est confié à M. !.. Pérard :
1. Grande bobine d’induction de Ruhmkorff, avec commutateur de Foucault. Elle se compose d’un faisceau de fer doux de 45 mill. de diamètre et de 580 mill. de longueur; de deux couches de fil inducteur de 2 1,2 mill. de diamètre et de 20 mètres de longueur; d’une bobine de fil fin induit de 1/6 mill- de diam. et de 80 à 100 kilomètres de longueur , cloisonnée ; enfin, d’un condensateur de 50 m. c. de surface.
2. Appareil de de la Rive pour montrer la rotation de l'arc voltaïque autour d’un aimant.