XII. Cabinet, «le iihynIoEofile
Les Rapports triennaux placent sous la même rubrique l’anatomie générale et l’anatomie descriptive ; mais comme renseignement de ces deux branches des sciences médicales est aujourd’hui confié â deux professeurs différents, tandis qu’un seul directeur préside aux collections d’anatomie générale et de physiologie, il nous a paru rationnel de consacrer un paragraphe spécial à l’anatomie descriptive, et de réunir en un seul groupe les cabinets qui relèvent de M. Schwann.
En 1 840, M. Spring obtint de !a Faculté de médecine l’autorisation de prélever, sur le quart réservé des minérales (•), une somme de 400 fr.,
du moins ne constituaient pas à proprement parler un musée.
(&| Préparateur du cours de mécanique appliquée v. ci dessus).
(*) Sous le régime de la loi de 1835, chaque professeur percevait le montant des inscriptions payées spécialement pour scs cours. In quart du produit total des miner rutes ëlail retenu au prolil des professeurs dont les leçons, par leur nature, ne pouvaient
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destinée à l'achat d’un microscope d’Oberhæuser. Telle est la première origine du cabinet de physiologie. Différents autres achats d’instruments d’optique et de dissection furent opérés successivement de la même manière, faute de subside. Un premier fonds de 1 ,500 fr. avait servi à la création d’un laboratoire d'anatomie générale; de 1856 à 1847, une somme de 1,565 fr. 20 c. en moyenne fut affectée à ce service ; la dite moyenne tomba, de 1840 à 1852, à 1,175 fr. Une petite part de ce fonds revint à la physiologie, postérieurement à l’achat du microscope : après 1840, cette part se trouva réduite à la somme presque dérisoire de 170 fr., c’est-à-dire à peine assez pour couvrir les frais d’achat et de nourriture des animaux servant aux expériences, et d’acquisition des réactifs chimiques et des autres objets indispensables. Cet état de choses ne pouvait se prolonger, en présence du développement considérable de la science physiologique ; constatons dès à présent qu’on est arrivé peu à peu à une situation normale.
Lorsque M. Spring.en 1858, renonça au cours de physiologie en faveur de M. Schwann, l’inventaire général de la collection comprenait 47 n°*. Plusieurs de ces objets, savoir le microscope d’Oberhæuser, quelques appareils électromagnétiques, ainsi que des pèse-urines, des lactomètres, des aréomètres et des thermomètres, furent cédés à la clinique médicale. Parmi ceux qui restèrent au Cabinet, nous signalerons un ophthalmoscopc de Ruete, un creuset en platine, des éprouvettes graduées, trois scalpels doubles de Valentin, deux névrotomes de Magendie, deux boites de préparations microscopiques, cntr’autres celles du docteur Schatz, de Berlin ; un diapason , un phénakistocope, un petit microscope de Chevalier ; enfin, différents tableaux et des modèles en plâtre ou en carton-pierre.
M. Schwann accepta le cours de physiologie , mais resta chargé en
fttre fréquentées que par un petit nombre d'élèves. Aujourd'hui, en règle, l'inscription est globale, c’est-à-dire est prise à la fois pour tous les cours portés au programme d'un
même temps du cours d'anatomie générale. Depuis 18-19, il avait acheté pour ce dernier cours un grand nombre d’instruments pouvant servir au double enseignement qui lui était désormais confié. Ce contingent figure pour 65 n»' dans le catalogue de l’anatomie générale et descriptive. Peu à peu le cabinet de physiologie s’accrut de nouveaux objets île toute espèce : l’inventaire de 1858 mentionnait 47 n0*; celui de 1869 se poursuit jusqu’au n° 186, ce qui donne une augmentation de 159 objets.
Il faut y ajouter les préparations concernant l’embryologie, au nombre de 155. Tels sont les éléments dont se composent les deux cabinets d’anatomie générale et de physiologie, au moment où nous écrivons (juillet 1869).
Réduits aux deux tiers en 1848, les budgets des collections furent rétablis à l’ancien taux en 1856, puis augmentés en 1862. Un nouveau partage fut opéré, d’autre part, au sein de la Faculté, entre l’anatomie générale et la physiologie : le subside de la première fut fixé à 510 fr., celui de la physiologie à 1,060 fr.
En 1868, un local spécial fut en outre assigné à la physiologie : il est contigu au cabinet d’anatomie descriptive.
Passons rapidement en revue les richesses de la double collection dont il s’agit ici. En première ligne viennent les instrumentsd’optique:ungrandmicroscope d'Oberhæuser (Hartnack), avec neuf objectifs, micromètre, chambre claire, appareil de polarisation, etc.; un microscope simple et composé de Chevalier; un microscope de Nachet, petit modèle, avec trois objectifs ; un id. plus grand, à cinq objectifs, à crémaillère, avec chambre claire , prisme redresseur, micromètre oculaire, lentille n° 8 à immersion et appareil photographique ; un microscope de poche avec 5 objectifs, également de Nachet:
l’appareil de M. Schultze pour chauffer
examen. La répartition des minervales se fait en raison des heures légales attribuées a chaque cours ; le quart réservé a été naturellement supprimé.
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la platine du microscope; la chambre humide de Recklinghausen ; un microscope simple binoculaire, et une lentille de Brucke applicable à ce microscope. Signalons en outre des appareils à injection simple et k pression continue, ainsi que les différents liquides servant aux travaux microscopiques, et plusieurs collections de préparations soit achetées , soit faites à l’Université même.
Le microscope de Chevalier et le petit microscope de Nachet, avec les liquides les plus en usage, sont constamment à la disposition des élèves.
Parmi les instruments et appareils plus spécialement affectés à la physiologie, nous citerons, enlr’autres, le Pantographion de Bœck, construit sous les yeux de l'inventeur, à Christiania.
On s’en sert pour constater la vitesse des nerfs, la durée de la contraction musculaire, et, en général, au moyen de deux électro-aimants, l'intervalle qui sépare deux actes très-rapprochés l’un de l’autre ; il représente aussi graphiquement la pression du sang, la forme du pouls, les mouvements respiratoires, etc. il se compose d’un chronoscope à cylindre tournant vertical, et d’un statif universel portant les différents appareils dessinateurs, le tout sur une table en acajou. Le temps est indiqué par les vibrations d’un diapason, lesquelles se dessinent sur le chronoscope.
Le Cabinet de physiologie possède aussi ie premier appareil de Helmholtz pour mesurer la vitesse des nerfs au moyen de la déviation d'une aiguille aimantée.
Pour apprécier des différences plus grandes de temps entre deux phénomènes observés, on se sert d'un compteur de Bréguet, indiquant des cinquièmes de seconde.
Les appareils de Du Bois-Haymond, servant k constater les phénomènes électriques des nerfs et des muscles, se composent du grand multiplicateur de 28,000 tours, avec le commutateur et les anciennes électrodes en platine, les nouveilesen zinc; de l'appareil d'induction k glissière ( Schlittenapparat ), de l'appareil conducteur du courant et du support général.
On remarque encore dans la collection la balance musculaire, employée par M. Schwann pour constater les lois de la contraction des muscles, et une caisse de 24 aiguilles aimantées, que le même professeur a fait construire pour servir k la démonstration d'une théorie sur la fonction des fibres nerveuses.
Des piles galvaniques de systèmes très-variés, des appareils électro-magnétiques, une boussole des tangentes, un galvanomètre ordinaire, un dynamomètre de Burcq, etc., etc., complètent la série des instruments servant k la physiologie générale des nerfs et des muscles.
Pour la physiologie des sens, nous signalerons i’ophthalraoscope de Kuete et celui dcDonders, l'ophthalmotropede Ruete, un optomètre pour mesurer la distance focale de l’œil, les tableaux de Sneliers pour mesurer l’intensité de la vue , un phénakistocope , un stéréoscope avec pied, enfin quelques autres instruments acquis avant 1858 et déjà cités plus haut.
Pour la physiologie des fonctions végétatives, le Cabinet est pourvu d’une machine pneumatique ordinaire, à deux corps de pompe en cristal ; de l’appareil de Magnus pour extraire les gaz du sang ; de l’appareil de Pfliiger pour enlever complètement les dits gaz par la coction dans le vide barométrique, que l’on produit au moyen de la pompe à mercure de Geissler. M. Schwann y a introduit plusieurs perfectionnements, dont l'efTet est de rendre l'appareil plus maniable et de diminuer autant que possible les chances de casse.
Un hæmo-dynamomètre,avec flotteur dessinateur, un hæmo-dynamomèlre de Yoikmann, modifié par M. Schwann, et un sphygmographe de Marcy interviennent dans l'explication des mouvements du sang, ainsi qu’un cœur de fœtus en carton-pierre, de M. Auzout.
La respiration est élucidée par divers instruments en bois, représentant les mouvements respiratoires; par le laryngoscope ; par le spiromètre deiiutchinson ; par un appareil pour l’absorption de l'acide carbonique expiré, enfin par l’appareil respiratoire de M. Schwann, qui permet de vivre plusieurs heures
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sous l'eau sans communication avec l’air atmosphérique (v. ci-dessus, col.
954). Un second appareil, dû au même inventeur, est destiné à entretenir la respiration artificielle au moyen d’un mouvement d’horlogerie. Signalons encore le néphogène de Mathieu.
L’appareil thermo-électrique de Becquerel est utilisé dans l’exposé de la doctrine de la chaleur animale.
On a des tubes en argent à double rebord, pour l’opération de la fistule stomacale; les appareils de Wïedemann, servant à montrer le transport des liquides à travers une membrane perméable, par le courant galvanique ; un appareil élucidant la diffusion et déterminant l’équivalent endosmotique des substances; un appareil pour l’analyse spectrale ; un fourneau pour l’analyse organique élémentaire ; une balance de précision; des instruments pour déterminer la pesanteur spécifique; un stéthoscope double ; un plessimètre, une seringue de Pravatz pour les injections sous-cutanées ; un nécessaire de Mohr pour l’analyse titrée, et en général tous les ustensiles indispensables pour l’analyse ordinaire des solides, des liquides et des gaz.
Les ressources ne font point défaut en ce qui concerne l’embryologie.
Outre de nombreux tableaux, le Cabinet possède les magnifiques préparations en cire du docteur Ziegler, de Freyberg, et bon nombre de préparations faites a rétablissement. L’incubation d’œufs de poule, au moyen de la couveuse isotherme inventée par M.
Schwann (v. ci-dessus, col. 951), mérite une mention spéciale. Citons enfin une belle préparation en cire, exécutée à Florence par M. Calenzoli, et représentant l’abdomen d’une femme enceinte du neuvième mois.
Un aide au traitement de 400 fr.
est attaché au cours de physiologie.
L’exiguité de ce traitement met le professeur titulaire dans la nécessité de choisir cet auxiliaire parmi les étudiants , ce qui entraîne des changements fréquents et chaque fois un nouvel apprentissage : le temps est venu, ce semble, où la physiologie doit être traitée sur le même pied que la phy-
sique, la chimie, l'anatomie descriptive, etc., pour chacune desquelles il y a un préparateur permanent, avec un traitement suffisamment élevé.
Le local affecté aux collections qu’on vient de décrire laisse beaucoup à désirer; les réclamations et les instances réitérées de la Faculté de médecine, à ce sujet, sont malheureusement restées jusqu’ici sans résultat.
Direction du cabinet.
1810. J.-A. Spring.
1858. Th. Schwann.
Préparateurs.
1851. G. Dewalque- 1858. J.-B.-N.-V. Masius.
18GO. L. Legros.
1801. M. Grandry.
18(»5. 1t. Harzé.
1807. J. Humblet.
'XIII. Uu>cc il’antttoinlü de*lv«.
La \otice de 1841, déjà plus d’une fois citée, rapporte à Fohmann (v. cidessus, col. 500) l’honneur d’avoir créé cette collection, « la première, y lisons-nous , qui ait été créée en Belgique sur un plan large et philosophique. » C’est là que le célèbre anatomiste déposa scs remarquables préparations servant ù démontrer la disposition et le rôle des vaisseaux lymphatiques ; c’est là qu’il réunit une riche série de pièces concernant l’anatomie générale des tissus, et d’autres relatives à la distribution des nerfs et des vaisseaux sanguins « dans leurs dernières limites. » ainsi que des spécimens instructifs au point de vue de la théorie du développement des os. On a vanté également les pièces « d’une rare perfection, » ayant pour objet la distribution des nerfs, dues au scalpel du jeune Salpetier, dont la mort précéda de peu de temps celle de Fohmann, « et qui, comme lui, périt victime de son zèle, » Fr. Vaust et après lui M.
le professeur Th. Vaust, à qui nous devons restituer une partie notable des préparations mentionnées col. 980 (note 5), enrichirent à leur tour la collection d’une quantité de dissections
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importantes. Cependant l’action du temps s’est fait sentir ; d’nn autre côté, comme on l’a vu, l’anatomie générale a été séparée de l'anatomie descriptive ; le Musée dont nous nous occupons a été forcément renouvelé dans plusieurs de ses sections. Il est aujourd’hui plus complet que jamais; on doit remarquer cependant qu’à part quelques pièces exceptionnelles, il renferme plutôt des préparations réellement utiles à l’enseignement, que des curiosités destinées à produire de l’effet sur les visiteurs étrangers à la science.
Le recensement dressé à la clôture de l’année académique I86G-I8G7, date du dernier relevé triennal demandé par le gouvernement, constate la présence au Musée de 899 objets, dont 790 pièces anatomiques et 109 instruments, savoir :
A. Pièces anatomiques.