‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 88 sur 351 · MU N · texte numérisé non relu

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belge, le Bon Génie, la Sentinelle des Campagnes, le Cultivateur, etc., ont inséré dans leurs colonnes un grand nombre d'articles de Ch. Morren. Ajoutons que les nombreuses planches dont ses ouvrages sont ornés, et qui se distinguent par une rare netteté et par une trèsgrande exactitude, ont été toutes gravées d’après ses modèles (•). Morren maniait le pinceau aussi facilement que la plume.

Mfinch (Ernkst-Hbrman-Josbph) , né à Rheinfelden le 25 octobre 1798, y mourut le 9 juin 1841. Il fit ses humanités au gymnas» de Soleure et ses études de droit à l’Université de Fribourg en Rrisgau, où il s’occupa de resserrer les liens des étudiants constitués en corporation (Burschenschaft).

Ses goûts l’entrai nèrent vers les belleslettres, et celles-ci le conduisirent à l’histoire, dont il Unit par faire la principale occupation de sa vie ; il se lit également remarquer comme polémiste ardent et passionné, ce qui lui attira plus d’un désagrément Après avoir rempli pendant quelque temps les fonctions de greffier de justice dans sa ville natale, il fut nommé instituteur à l’école cantonale d’Aarau ; il n’y resta que deux ans (1819-21) et passa en Allemagne, où il vécut des produits de sa plume facile, peut-être trop féconde.

En 1824, l’Université de Fribourg le chargea d’un cours sur les sciences auxiliaires de l’histoire; en 1828, le roi Guillaume l’appela à Liège, pour y enseigner l’histoire et le droit ecclésiastiques, conformément à l’art. 15 du règlement du 25 septembre 181G, lilt.

(*) Il a aussi dessiné, pour M. de Koninck, les pl. île la Description des Coquilles fossiles, publiée par ce savant dans le l. XI des Mim. de fAc. roy. de Belgique.

(*) Le Courrier universel, imprimé chez J. de Sarlorius, out pour principaux collaborateurs son imprimeur lui-méme, J. Brandis, Am. Pocliolle, J. B. et Ch. Teste, E. Mtmch, et pour gérant S. Levenbach (V. 01. Capitaine, Rech. sur les journaux liégeois, Liège, 1850, in- 12, p. 184).

( * ) Celle allégation est formulée à la page 127 du recueil intitulé ; Aletlieia, fondé par

d. il ne parait pas que Münch ait jamais paru dans sa chaire : il consacra surtout son temps à écrire dans le Courrier universel, journal créé le 15 mai 1829 pour défendre les actes du gouvernement contre les prestations d’une opposition de plus en plus menaçante, et qui ne vécut guère plus d'un semestre, malgré les 25,0-0 francs de subside qui lui étaient alloués sur les fonds de l’industrie (*). Le Conversations-Lexicon de M. Brockhaus prétend que Münch eut à craindre pour sa sûreté personnelle , à raison de la tendance anti-romaine de ses écrits. Nous douions fort que les choses en soient venues là ; mais ce qui décida Münch, avant la lin de 1829, à quitter Liège pour La Haye, où il devint conservateur de la Bibliothèque, ce fut bien certainement le peu de sympathies qu’il s’était attirées par son attitude politique. A peine dans sa nouvelle résidence, il lança une flèche de Parthe à M. Van de S\'eyer, alors professeur au Musée de Bruxelles et l’un des principaux rédacteurs du Courrier des Pays-Bas. A propos des arrêtés qui imposaient la langue hollandaise aux habitants des provinces méridionales, il reprocha au publiciste belge d’avoir publié lui-même un écrit en faveur du flamand (*). M. Van de Weyer releva le gant et eut beau jeu, la brochure qui lui était attribuée n’ayant jamais existé (‘). Münch fut spirituellement persifllédans une lettre sur les livres imaginaires, qui eut éditions sur éditions ( 5 ) et se lit encore avec plaisir et profit, les traits de satire y étant assaisonnés d’une érudition de bon aloi, aussi solide que pleine de désinvolture. Münch ne répliqua point,

Münch et imprimé à Liège, chez J. de Sartorius (1829).

(*) M. HelITerich, dans un livre sur la Belgique (Pforzheim, 1837, in-8«, p. «2), cite une réponse du célèbre flamingant Willems à la Lettre de M. Van de Weycr dont nous allons parler, et semble croire fermement à l'existence de l'écrit attribué à ce publiciste.

(*) La dernière (102 p. in- 12) est de 1803 (Londres, Trûbner, dans la 1ro série des Opuscules de M. S. Van de Weyer).

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mais il n’oublia jamais sa déconvenue ('). Il quitta La Haye en 1851, avec le titre de conseiller intime et de bibliothécaire du roi de Wurtemberg. Son activité littéraire et son ardeur à rompre des lances en politique se soutinrent jusqu’au dernier moment: il était à la fois plein de spontanéité et de finesse; ses compatriotes lui reprochent de la légèreté, l’habitude de composer avant d’avoir pris le temps de mûrir scs idées ou de les rectilier, par une critique approfondie des sujets qu’il *c proposait de traiter: en revanche, ils constatent sa grande habileté à saisir l’occasion de faire des livres de circonstance, et son talent incontestable de journaliste et d’agent de propagande. — On doit à Miinch :

1° Une édition des OEuvrcs d'Ulrich von liütten. Berlin, 1821-25, cinq vol.

in-80.

2» Une traduction allemande des OEuvrcs choisies du même. Leipzig, 1822- 24, trois vol- in-8°.

5° Die Heerzüge der christlichai Europa wider die Osmanen und die l’crsuchen der Griechen zur Freiheit Bâle, 1 822-20, cinq vol. in-8°.

4° Die Schicksale der allen und neuen Sortes von Spanien . Stuttgart, 1824, 2 vol. in-8".

5° Franz von Sickin(jen Thaten. Stuttgart, 1827-21), 5 vol.

6° Charilas Pirklieimer, ihrc Schwestern und Nie ht en. Nuremberg, 1820.

7° Une édition des Epistolæ obseurorum virorum , augmentée de quelques pièces rares et précédée d’une introduction étendue. Leipzig, 1827, gr. in- 8°

8° Vermischte historischc Schriflen.

Ludwigsbourg, 1828, 2 vol- in 12.

Ce recueil contient des notices 1° sur le roi Enzio , fils naturel de l'empereur Frédéric Il >; *) ; 2° sur Picrrc-lc-Cruel cl Inès de Castro ; 3° sur les Confessions de Pétrarque ; 4° sur Thraseas Pœlus ; 5° sur Hypalie d'Alexandrie, martyre de la philosophie ;

(•) « H continua d'attaquer, en Allemagne, la Belgique, ses écrivains, ses hommes politiques, et plus tard sa révolution et ses institutions, jusqu'à l'époque de sa mort,

6° sur Hakon Jarl de Norsvége ; 7° sur Lienhard Kaiser, victime de l'intolérance religieuse en Bavière au XVI* siècle; 8° sur Fulvia Olympia Morata, femme illustre du XVI® siecle ; 9° sur le cardinal Giovanni Morone, président du Concile de Trente ; 10° sur Stephano Porcaro, imitateur deColà Rienzi ; 11® sur la prétendue donation de Constantin; 12° enfin sur les grands héros de I Allemagne à l'époque de la prépondé rance française en Europe (règne de Louis XIV).

1)° Jugendbilder und Jugendlrâume.

Liège, 1821), in-8"

Volumineux recueil de poésies, dont quelques-unes ne sont pas sans mérite.

10" Die Freiheit des Unlcrrichts . Bonn , 1829, in-8".

Ouvrage consacré à l'apologie du système de Guillaume Ier (V. Helfl'erich, ouv. cité, p. 46 et 49). — L'auteur s'y cache sous le pseudonyme : Un Suisse ami de la vérité. Il s’appuie, pour combattre la liberté de l'enseignement, sur Montesquieu, DcstuttTracy et Filangicri. Il distingue entre la direction des écoles par l'Etat et le monopole ; il discute vivement les théories du Globe, pusse en revue les dill'ércnts systèmes d'organisation de l'instruction publique adoptés chez toutes les nations civilisées et finit par comparer le clergé belge de 1829 à celui de 1815, qui réclamait le monopole de renseignement, mais à son profit. Le parti catholique ne se montre aujourd'hui si jaloux de la liberté, ajoute-t-il, que pour en revenir là ; quant à l'opposition libérale, elle a tout simplement peur des fortes études. Miinch prend ensuite la défense du Collège philosophique, et finit par conclure que la surveillance «le toutes les écoles est un droit inaliénable du pouvoir. Des pièces justificatives fort intéressantes terminent le volume.

1 1° Geschichte des Hanses uud Landes Fiirstcmbcrg. Aix-la-Chapelle, 1829-52, 3 vol. in-8«.

12° Geschichte des Hauses Xassau- Oranien. Ibid. 1851-33, 3 vol. in-8".

15° Dus llerzogllium Luxemburg als integrirender Tlicil des deutschcn Hundcs . La Haye, 1831, in-8".

14° Karl von Rolteck,gcschilderl nach

arrivée en 1841. » iO. Delepierre, Avantpropos de la Lettre à M. Münch, éil. de 1863.

(*) Une seconde édition de cette notice a paru à Stuttgart en 1841.

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seinen Schriflen und seiner politischen Wirksamkeit. La Haye, 1851, in-8°.

15° Vollstàndige Sammlung Altérer und neuerer Concordait. Leipzig, 1851- 55, 2 vol. in-8°.

16° Die Fürstinnen des Hanses Burgund-OEsterreich in den Miederhinden.

Ibid. 1852, 2 vol.

17° Allgemeine Geschichte der neuesten Zeit. Ibid. 1855-55, 6 vol.

1 8° Erinnerungen und Sludien aus den erslen 57 Jahren eines dcutschen Gelehrlen. Carlsruhe, 1856-58, 5 vol.

Autobiographie très-détaillée.

19° Paulo Sarpi und Sein Kampf mit dem Curialismusund Jesuitismus. Slutlgart, 1859, in-8".

20° Denkwürdigkeiten zur polit. Kirchen-und Sittengeschichte der drei letzten Jahrhunderte. Ibid. 1859, in-8«.

21° Denkwfirdigkeiten zur Gescliiclite des Ilauses Este und Lothringen. Ibid.

22“ Erinnerungen , Iteisebilder, etc.

a. d. J. 1828-1840. Stuttgart, 1841, 2 vol. in-8".

25° Sàmmtliche Diehtungen. Stuttgart, 1841, in-8°.

24° On attribue encore à Münch deux lettres intitulées: Sendsclireiben eines dcutschen Publicisten an einen Diplomalen über die grossen Fragen am Wiener

{* ) Noël eut deux enfants, un fils qui donnait de grandes espérances, mais qui mourut dans la fieur de la jeunesse, et une fille qui épousa en 1838 le docteur Habets. 'fous deux furent à leur tour moissonnés avant le temps. Noél resta seul avecsa digne et vénérable compagne, qu’il eut le bonheur de conserver jusqu'au 28 novembre 1863, et son petit fils M. Alfred Habets, ingénieur des mines et répétiteur aux Ecoles spéciales.

Le nom du docteur Habets doit trouver place dans les fastes de l’Université de Liège. Habets était Liégeois; né le 1(5 décembre 1807, il mourut dans sa ville natale le 21 septembre 1844. Sesétudcs médicales avaient été brillantes ; possédé d’un ardent désir de savoir, il ne se laissa point absorber par la pratique de sonart, mais se tint assidûment au courant des théories les plus nouvelles, avec la pensée denlrer lot ou lard dans l’enseigne-

Congress (1839) , et adressées selon toute vraisemblance à M. Prokesch von Osten La publication des écrits posthumes de Schmeller avait mis notre publiciste en relation avec ce personnage, qui lui avait même laissé, en 1856, le soin de publier ses Denkwürdigkeiten und Erinnerungen aus dem Orient. — N. B. Les écrits politiques de Münch, assez souvent cités en Allemagne, y ont répandu, sur les hommes et les choses de la Belgique de 1850, des préjugés qui tendent à s’effacer aujourd’hui, mais qu'il ne serait cependant pas trop tard de redresser dans une étude impartiale.

Noci (Jean-Nicolas) naquit à Dombrot, département des Vosges, le 6 lévrier 1785, et mourut à Liège le 12 mars 1867, resté le dernier de la famille qu'il s’était créée, à l’exception d’un petit-fils comme lui dévoué à la science et comme lui appelé ît se distinguer dans l’enseignement (’). Eprouvé dans ses affections les plus chères, Noël chercha des consolations dans un redoublement, d’ardeur au travail; il s’était d’ailleurs fait une loi. dès sa plus tendre jeunesse, de ne point passer un jour sans rien faire ;mais sa fécondité, dans les dernières années de sa vie, à un Age qui commande ordinairement le repos, a quelque chose de vraiment exceptionnel. Noël était, dans toute la

ment. La mort de J.-Ant. Leroy ,\. ce nom) lui offrit l'occasion qu'il recherchait : le 22 janvier 1839, il fut chargé provisoirement du cours de physiologie humaire et de physiologie comparée, en y comprenant, conformément au planadoplé parle professeurdéfunt, quelques notions indispensables d'anatomie générale. II ne resta qu'une année dans sa chaire : sa santé, qui n'avait jamais été bien fiorissanle , fut tout d'un coup gravement compromise ; la dernière période de sa vie no fut pour ainsi dire qu'une lente agonie. 11 a publié :

I» Une traduction du Trailé de physiologie du Dr Rodolphe Wagner. Bruxelles. 1841, in-8*\

2° Solice sur S.-J.-G.-A. Amiaux (v. ce nom). Liège, 1842, in-8°.

3° Exposé du système hydriatigne. Bruxelles, 1842, in-8°.

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force du terme, le fils de ses œuvres. Les biens de ses parents, honorables cultivateurs, avaient été engloutis dans la tourmente révolutionnaire : Jean- Nicolas ne pouvait compter que sur lui-mèmc. Son goût pour les arts du dessin l’entraina un instant : nous le voyons, à seize ans, exécuter des peintures pour l’église de son village.

Mais le rôle d’artiste de campagne ne lui souriant que tout juste, il se dit que son intérêt le plus pressant était de compléter son instruction. L’argent qu’il avait gagné par ses premiers essais lui permit de passer une année à l'Ecole centrale de Nancy, où il remporta les prix de mathématiques et de dessin. Il en revint l’escarcelle vide, mais la tète déjà bien meublée. Tout en prodiguant à sa mère malade les soins d’un bon fils, il tint l’école du village et, dans ses heures libres, se mit ù étudier les œuvres du géomètre Lacroix, son pris de Nancy. Il entra ensuite au cadastre en qualité de géomètre ; ses collaborateurs reçurent de lui des leçons sur la science qu’ils dedevaient appliquer ensemble. Nommé maitre d’études et répétiteur de mathématiques au Lycée de Nancy, en 1804, il eut enfin un point d’appui A la fois élève et maitre, il suivit les cours supérieurs de rétablissement avec tant de succès, qu’au bout d'un an il se vit appelé ù la chaire de mathématiques du Collège de Phalsbourg, petite ville de l’ancienne Lorraine. Le 5 décembre 1810, il reçut sa nomination définitive de professeur de l'Université de France. Le diplôme de bachelier ès-sciences lui fut délivré le 25janvier 181 L Quelques années s’écoulèrent paisiblement pour Noël, tout occupé de ses devoirs et de ses études : il perfectionnait sa méthode d’enseignement, il acquérait de l’expérience, il préparait de longue main le plan et les matériaux des ouvrages qui devaient plus tard consacrer sa renommée. L’Empire s’écroula ; l’un des premiers soins du nouveau gouvernement des Pays-Bas fut d’organiser, sur des bases solides et d’après les meilleures traditions, des

( ‘ ) Discours prononcé aux funérailles de Noël, publié, ainsi que ceux de MM. Chan-

élablissementsd’insiruelion moyenne et supérieure dans les différentes provinces du royaume. Noël fut appelé, en 1819, à l'Athénée de Luxembourg, pour y enseigner les sciences physiques et mathématiques. Laissons parler M. Spring (') : « C’est à partir de cette époque et jusqu’en 1835, où il fut nommé ù l’Université de Liège, que Noël exerça une grande influence sur l’étude et l’enseignement des sciences exactes, non-seulement dans l’ancien Grand-Duché, mais aussi dans les provinces occidentales de la Belgique actuelle. 11 réforma complètement cet enseignement et parvint à le placer U une grande hauteur. Pour y parvenir, il se dévoua ù donner aux instituteurs du Grand-Duché un cours normal d’arithmétique, afin que les élèves arrivassent mieux préparés il l’Athénée. Et c’est à ses soins que le Luxembourg est redevable d’avoir produit un grand nombre d’esprits mathématiques, qui ont brillé depuis dans les différentes carrières savantes de la Belgique régénérée... Je pourrais citer des noms qui, à eux seuls, témoigneraient de l’excellence des services rendus par notre collègue. J’en pourrais citer dans l’enseignement, dans le génie civil, dans le génie militaire ; et même, en dehors des branches spéciales, l’ascendant des sciences exactes et l'esprit de méthode quelles prêtent aux intelligences supérieures n’ont ceries pas été étrangers au développement des hommes éminents que 1e Luxembourg a fournis à l’administration, à la magistrature , à la diplomatie et à la politique. J’ai personnnellement eu l’occasion fréquente de voir avccqucl plaisir de tels hommes se rappelaient l’époque de leurs études à l’Athénée, dont la réputation était immense : j’ai été témoin du respect et de la reconnaissance qu’ils avaient voués ù leur ancien professeur. En vérité, Noël pouvait dire, comme autrefois le professeur d'éloquence Eumène, demandant au préfet des Gaules le rétablissement des écoles d’Aulun : Mulli es me rivi non üjnobiles fluunl, mulli seclatores mei

delon et Schmit, dans le Journal de Liège du 15 mars t867.

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provincias administrant ('). » Ce fui dans le cours de cette même période que Noël publia les premières éditions de la plupart de ses traités classiques; quoique tirés îi grand nombre, plusieurs de ces volumes furent jusqu'à huit fois réimprimés. L'Académie de Metz soumit les ouvrages de Noël à l’examen de Commissions scientifiques (*) et s’attacha l’auteur à titre de membre correspondant. Professeur zélé, fécond écrivain, Noël suffisait à tout, parce que sa vie était parfaitement réglée ; ses nombreuses occupations ne l’empêchèrent pas d'accepter, en 1821, le titre de principal de l’ Athénée, et il s’acquitta de ces fonctions toutes spéciales avec une activité et une vigilance exemplaires. Indulgent sans faiblesse, ferme et juste sans rigueur, il fut pour ses élèves un père éclairé, et l’on peut vraiment appeler filial l'amour qu'ils lui vouèrent. En 1855, lorsque, malgré toutes les instances que fit le gouvernement luxembourgeois pour le retenir, il saisit l’occasion d’aller rendre des services sur un plus grand théâtre, l’heure de la séparation fut le signal d’une scène touchante : M. Schmit (v. ce nom) porta la parole au nom de tous scs condisciples de l’Athénée, et remit à Noël une médaille d’or , en témoignage de leur reconnaissance. Ce ne fut pas une démonstration de commande ; les rapports ultérieurs de Noël avec ses anciens élèves prouvent assez qu'il leur avait inspiré autant d’affection sincère que de respect. Il en retrouva successivement un grand nombre à Liège, où il enseigna, de 1835 à 1852, comme professeur ordinaire de la Faculté des sciences, les mathématiques élémentaires et la haute algèbre. Il apporta, dans l’exercice de son nouveau mandat. non seulement les rares qualités dont il avait fait preuve comme professeur à Luxembourg, mais encore le tribut d'un savoir solide et approfondi qu 'il avait graduellement acquis , en con-

(1 ) O ratio pro restaurandi * scholis.

(*) Les Mémoires de l'Académie de Metz (1819-1832] contiennent l'analyse des rapport de ces Commissions : on peut s'y faire une idée de l'estime dont jouissait l'auteur

centrant sur la spécialité de ses études toutes les forces d’un esprit à la fois pénétrant et judicieux. Un de scs anciens auditeurs a très-bien fait remarquer que Noël cherchait, en toute occasion, à éveiller la spontanéité desélèves, et qu'il savait leur communiquer cet enthousiasme froid, permanent, que rien ne rebute et que tout fortifie. Il leur donnait, d’autre part, l’exemple d’une activité infatigable. Son influence s’étendait au delà de l’Université et des Écoles spéciales ; elle se lit notamment sentir dans l’enseignement moyen, qui compta parmi ses professeurs un grand nombre d’élèves de Noël. Par sa collaboration assidue aux différents journaux pédagogiques du pays, aussi bien que par la révision incessante à laquelle il soumettait ses propres ouvrages .

Noël tint constamment en baleine le monde scolaire des mathématiciens. La ville de Liège eut plus d’une fois recours à sa grande expérience au profit de ses établissements d’instruction; le gouvernement invoqua également ses lumières. Recteur de l’Université en 1812-15, il reçut la croix de chevalier de l’ordre de Léopold le 2G septembre de cette dernière année. Il obtint 1 emériiat. sur sa demande, le 5 janvier 1849, après 45 années de services :

toutefois il continua, jusqu'à la fin de 1852 , d'enseigner la haute algèbre.

Forcé alors de prendre du repos, il quitta l'enseignement, mais ne se confina dans son cabinet que pour se livrer plus assidûment que jamais à ses études chéries. Le soir, il descendait quelquefois au salon pour s'entretenir une heure ou deux avec de vieux amis : il ne connaissait point d'antres distractions. La perte (le la femme aimable et distinguée qu’il avait associée à sa vie lui porta un coup fatal. Il s'affaiblit de jour en jour; cependant il n'abandonna son pupitre que quand il fut absolument incapable de se tenir debout (*).

II mourut universellement regretté, et

auprès «les hommes compétents, tant sous rapport du savoir qu'au point de vue de son mérite didactique.

(’) C'est dans cette attitude que Noël avait travaillé toute sa vie; il y avait gagné

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