‹ L'université de Paris, 1200-1875Chapitre 105 sur 143 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

JIBLIOTUEQUES PUBLIQUES, PROPRIETES DE L'ETAT

Le service des bibliothèques est du ressort du ninistère de l'instruction publique et des cultes, lirecdon du personnel et secrétariat général (2"® )ureau). A ce bureau est confiée la répartition entre es bibliothèques des ouvrages provenant des souscriptions et du dépôt légal.

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE Rue de Richelieu, 58.

Charles Y est, en réalité, le premier roi de France {ui ait pris des mesures pour que sa librairie fût

1. Les livres brûlés, les livres sauvés. Amiens, Glorieux, imprineur, 1872.

loO LES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.

transmise à ses successeurs. En 1373, suivant l'inventaire de Gilles Mallet, elle comprenait 910 volumes placés dans une des tours du Louvre. Négligée après lui, en 1425, le duc de Bedford l'acquit moyennant une faible somme d'argent, et l'on croit qu'il la transporta en Angleterre. La collection actuelle eut pour premier fonds une bibliothèque commencée par Louis XL Louis XII réunit ces livres à ceux que Charles d'Orléans, son père, avait rassemblés à Blois; et François I", en l'année 1544, transporta le tout dans une bibliothèque fondée par lui à Fontainebleau, et qui eut alors 1,890 volumes. En 1595, elle fut transférée à Paris, placée successivement au collège de Clermont, aujourd'hui lycée Loiiis-le-Grand , au couvent des Gordeliers, et rue de La Harpe; puis, en 1666, rue Yivienne. Colbert l'enrichit par de nombreux achats. En 1684, on y voyait 10,500 manuscrits et environ 40,000 volumes imprimés. En 1721 , le Régent la fît installer dans la rue Richeheu, à l'ancien hôtel de Nevers, longtemps habité par Mazarin, où elle est encore aujourd'hui. La bibhothèque du roi formait, dès lors, quatre divisions : manuscrits, imprimés, titres et généalogies, planches gravées et estampes. En 1741, le cabinet des médailles, que l'on rapporta de Versailles, où il avait été installé en 1684, fit une cinquième

LES BIBLIOTHEQUES DE PARIS. iol

division. Ces divisions, sauf celle des titres et géuéalogies, ont été conservées sous le nom de dépaitements par la loi du 22 octobre 179o. La bibliothèque est actuellement régie par un décret, en date du 14 juillet 1858.

C'est dans la principale galerie du premier étage, consacrée à une partie des imprimés, qu'était placée la bibliothèque du cardinal Mazarin : c'est dans cette même galerie que le financier Law établit la banque royale, dont il était l'inventeur.

La magnifique galerie, dite Mazarine, où sont déposés les manuscrits, a conservé les fresques dont le cardinal avait fait décorer son plafond, en 16S1, par Romanelli. — On remarque, dans une salle deg imprimés, un groupe de bronze représentant une sorte de Parnasse , où sont échelonnés les grands littérateurs et artistes du dix-septième siècle.

Dans une autre salle des imprimés, construite en 1731 , sont placés les fameux globes de Coronelli. Dans la partie du même département consacrée aux cartes géographiques, on a exposé un certain nombre de pièces choisies , qui peuvent donner une idée de l'ensemble de la collection; cartes manuscrites du moyen âge, cartes en relief, portraits de voyageurs.

Le département des estampes * renferme des gra-

1. Le Cabinet des Estampes^ par M. de La Borde, secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts.

vures sous verre, magnifiques d'épreuve et d'exécution ; celui des médailles, des monnaies, et enfin des camées précieux, dont la description, donnée dernièrement par M. Chabouillet, conservateur, embrasse plusieurs centaines de pages. Dans le grand escalier, qui prend jour sur la rue Richelieu, est une tapisserie provenant du château de Bayard, don de M. Jubinal ; quelques marches plus haut est une cuve de porphyre , qui a servi, dit-on , au baptême de Clovis; ailleurs, des autographes précieux , des chefs-d'œuvre de reliure ; ici le zodiaque de Denderah; là,,des inscriptions, des empreintes en plâtre, des vases et autres monuments antiques, parmi lesquels on remarquera un petit édifice apporté de Carnac par M. Prisse, et formant une chambre que l'on a reproduite exactement. Chaque année, le dépôt légal, les acquisitions, les dons enrichissent la bibhothèque.

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