Journal de Trévoux (mars
3. On connaît cotte épigrainme (Paris, 1770, Dict. d'Anecdotes) :
Lucas, jadis maître clerc à Bayeux,
Se promenant le long de ses palis,
Goût lui revint de faire un titre vieux,
Pour envahir cent arpensde taillis.
Orlà n'étoient ni greffiers ni baillis,
Mais pis encore : — aux moines Saint-Benoît
Pour le danger Lucas ses soins auroif.
Chef-d'œuvre il fait, produit son titre aux Pères.
Dom Titrier pour vrai le reconnaît,
Mais à huitaine en promet deux contraires.
sons, nommé Guernon, se voyant au lit de mort, s'accusa publiquement d'avoir parcouru plusieurs monastères et d'y avoir fabriqué de fausses chartes en leur faveur. — D'après le père Daniel, le Trésor des chartes fut établi dans le Temple, où était déjà le Trésor royal, puis, sous saint Louis, transféré à la Sainte-Chapelle *. Les chartes étaient placées sous la garde d'un trésorier, dont le titre fut réuni, en 1582, dans la personne de M. de la Guesle, à la charge de procureur général près le parlement de Paris '^.
A diverses reprises nous voyons l'Université (et ses registres en font mention) faire effort pour maintenir l'intégrité de ses importantes archives. — Dès 1327, l'officialité de l'ÉgKse de Paris, sur la demande du recteur, employa la menace d'excommunication pour faire réintégrer à la Faculté des arts les titres originaux des privilèges de l'Université, qui se trouvaient disséminés. — En 1357, à la suite d'un différend entre l'Université et l'abbaye de Sainte-Geneviève, les archives furent enlevées à
t. La Sainte-Chapelle. Benlu, éditeur, Paris, 1873.
2. Le Parlement de Paris (Cosse, éditeur à Paris, 1860) et V Histoire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ^ t. XVI.
Voir le procès de M. Chastes (de l'Institut) centre le faussaire Vrain-Luca et la savante expertise qui a amené la condamnation de cet habile fabricateur de lettres.