ÉTUDE DE L'ÉLIMINATION DE L’'URÉE URINAIRE CHEZ LES ENFANTS
4° Méthode employée.
Pour que nos expériences aient une valeur scientifique et puissent être comparables, elles devaient avoir lieu dans des conditions fixes et invariables. C’est ce que nous nous sommes efforcés d'obtenir.
Tous les enfants qui ont été soumis à notre observation ont été placés dans des conditions identiques.
Nous les avons mis d’abord, pendant plusieurs jours, à un régime aussi fixe que possible. Comme il est fort difficile de recueillir pendant plus de vingt-quatre heures les urines d’un nourrisson, nous nous sommes bornés à l'examen des urines d’un nyctémère.
Les quantités de lait absorbé pendant ce temps étaient soigneusement notées.
On commençait à recueillir les urines deux ou trois
heures après la première prise de lait dans un condom
MAL qe fixé à la verge des nourrissons et que l’on vidait après chaque miction.
On continuait à recueillir l’urine pendant deux ou trois heures après la dernière tétée afin de compléter les vingt- quatre heures.
Dans ces recherches nous calculions comme ‘quantité moyenne d’albumine :
33 grammes 0/00 dans le lait de vache
15 — 0/00 — de femme Nous avons employé pourle dosage de l’urée le procédé d’Yvon. Ce procédé, d’un usage courant en elinique, est simple et donne de bons résultats. Il est basé sur la décomposition de l’urée en azote et acide carbonique en présence de l’hypobromite de soude.
On mélange au-dessus d’une cuve à mercure une solution titrée d'hypobromite de soude contenant en excès de la lessive de soude caustique et l’urine à analyser. |
Il se produit un dégagement d'azote et d’acide carbonique, ce dernier est absorbé par la soude caustique, on lit alors le volume d'azote dégagé. Des tables spéciales indiquent à quel poids d’urée correspond le volume d'azote trouvé en tenant compte de la température, pression barométrique et état hygrométrique de l’air au moment de l'expérience.
Les sujets sur lesquels ont porté nos expériences ont tous été choisis dans le service du professeur Hutinel à lPhospice des Enfants Assistés : certains renseignements concernant la santé des ascendants, la durée et les accidents de la grossessè, etc... nous ont donc fait défaut.
Pignerol 3
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2° Objections faites à cette méthode.
Dans la séance du 17 mai 1907, à la Société médicale des hôpitaux, MM. Marcel Labbé et Henri Labbé ont fait une communication sur « les fausses azoturies chez les diabétiques ef les erreurs dans le dosage de l’urée par l’hypobromite ».
Ces auteurs frappés de variations considérables qu'ils constataient dans les quantités d’urée trouvées dans les urines de sujets diabétiques, attribuent ces erreurs à la défectuosité du dosage par l’hypobromite (méthode de Regnard et d’Yvon).
« Les causes d'erreur dans le dosage de l’urée par « l'hypobromite sont multiples, disent-ils, la liqueur « ne décompose pas seulement l’urée mais aussi quel- « ques autres subslances azotées voisines de l’urée, . « l’ammoniaque par exemple.
« L'erreur atteint son maximum chez les diabétiques, « parce que l'urine sucrée réalise naturellement les « meilleures conditions pour l'attaque de l’urée.…
« Mais il y a certainement d’autres causes d'erreur, « puisque le chiffre d’azote uréique trouvé par cette « méthode est souvent supérieur, ainsi que nous l’avons « montré, au chiffre d'azote total trouvé par la méthode < de Kjehldahl. : |
« En résumé le dosage de l’urée par l’hypobromite « donne des résultats qui ne sont pas même approxima- « tifs ; ils sont complètement faux, et ne peuvent qu in-
« duire en erreur. C’est à eux que l’on doit de voir la
2 35 — « littérature médicale encombrée d'observations erro- « nées sur l’azoturie.
< En attendant que nous possédions une méthode « pratique et applicable à la clinique, mieux vaut ne «, pas doser l’urée que la doser faussement. »
Nous ferons observer que le dosage de l’urée par lhypobromite a été préféré à toutes les autres méthodes et étudié d’une façon très précise et très détaillée par nombre d'auteurs dont la compétence est indiscutable. Leurs méthodes parfois très délicates, et également irès précises, permettent de se rendre exactement compte de l’action de l’hypobromite sur l’urine.
Tous s'accordent à dire que les chiffres d’azote dégag 6 (dans les urines non sucrées) n’égalent pas et sont un peu inférieur à la quantité d’urée contenue dans l'urine (0,92 0/0 d’après Yvon). Ils admettent également que d’autres corps azotés sont décomposés :
« En opérant comme nous venons de l’exposer, dit « Yvon (1), appréciant son procédé, on n'a pas encore «le poids exact de l’urée ; en eflet l’hypobromite « décompose également la créatine, la créatinine, « l'acide urique et les urates. On peut éliminer succes- « sivement ces différents corps de l'urine... On peut « négliger l’azote provenant de la créatine. Yvon a vu « ainsi que les matériaux azotés autre que l’urée aug- « mentaient l’azote dans la proportion de 45 0/0. D'un
« essai clinique on pourrait donc diminuer de 45 0/0