Cn. Quivquaur. De l’urée, Paris
a Dre réagir dans son appareil de l’hypobromite sur une solution d’urée et d’eau distillée, à une concentration dif- férente lit les résultats suivants :
Première expérience (14 gr. 7 d’urée 0/00).
Après 1/2 minute de réaction on lit. . 6 cc. 7 6) — > 6 ».
Deuxième expérience (26 gr. 1 d’urée 0/00).
Après 1/2 minute de réaction on lit. . 11 ce. 2
25 — » 7250 Troisième expérience (31 gr. 4 d’urée pour 0/00). Après 1/2 minüte de réaction on lit. . 13 ee. 6 b) — » 42 » 4 25 — > x RS A 1
Vers la vingt-cinquième minute le volume reste constant.
On voit donc que la lecture des divisions de l’uréomètre, représentant le volume d’azote, ne doit pas être faite immédiatemement après la réaction, mais qu’il est indispensable d'attendre quinze à vingt-cinq minuies après la décomposition de l’urée afin que l’équilibre de température se soit rétabli.
De plus, dans les cas dont parlent MM. Labbé il s’agissait de diabétiques, et là, nous l’avons vu, l’hypobromite donne un dégagement presque total de l’azote uréique et il y a une correction à faire (Yvon).
MM. Labbé citent l'observation suivante :
« Chez Biss. diabétique sans dénutrition, le dosage « par la méthode de Mürner indiquait 24 gr. 20 d’urée,
< par la méthode de Regnard 32 gr. 66 c’est-à-dire une « différence de plus du tiers. Comme 32 gr. 66 d’urée « représentent 15 gr. 2 d’azote uréique et que l’azote « total (calculé par la méthode de Kjehldahl) atteignait « 135 gr. 54, cette méthode menait à la conclusion « absurde qu’il y avait dans l’urine plus d’azote uréique « que d'azote total, et que le rapport azoturique était « supérieur à l’unité ; au contraire le rapport azoturi- « que calculé sur les chiffres exacts d’azote total et « d'azote uréique était de 0.83. »
Et cette autre observation :
« Chez Wait..…., le résultat n’est pas moins absurde.
« L’urée dosée par lhypobromite atteint 58 gr. 96 ce
« qui correspond à 27 gr. 4 d’azote uréique tandis que
« l’azote total calculé par la méthode de Kjehldahl n’est « que de 24 gr. 5. Il y aurait donc plus d'azote uréique « que d’azote total. »
Discutons cette dernière observation :
Les auteurs trouvent un volume de gaz dégagé par l’hypobromite, qui, calculé en azote donnent 27 gr. À alors que l’azote total donne 24 gr. 5. |
Le premier chiffre est évidemment absurde. Cherchons-en les raisons : Quels gaz pouvaient être dans le tube après la réaction de l’hypobromite sur l'urine diabétique :
Théoriquement il ne devait s’y trouver que de l'azote, mais l’hypobromite n’a certainement pas décomposé en totalité tous les corps azotés de l’urine, autrement dit n’a pas donné l’azote total, alors pourquoi trouve-
t-on ce chiffre de 27 gr. 4, supérieur au chiffre de 24 ge. 5
Suns
(Meth. de Kjehldahl) ? C’est qu'il y a eu une erreur de manipulation, on n’a pas laissé au gaz le temps de se refroidir, il n'y avait pas d'équilibre de température, la température lue sur le thermomètre extérieur n’était pas celle du gaz à l’intérieur du tube.
Admettons que cette erreur n'ait pas élé commise. Il faut alors expliquer ce volume de gaz, par la présence d’autres gaz à côté de l’azote. Or, il ne peut s'agir que de CO? ou d'O (1). — CO* provenant de la décomposition de l’urée par l'hypobromite et qui n’aurait pas été absorbé par la lessive de soude en trop petite quantité, soit de l'O qui se serait dégagé de la solution d’'hypobromite.
Or la solution de soude telle que l’indique Yvon est bien suffisante pour absorber la totalité de CO: dégagé, et quant à la solution d’hypobromite, elle ne donne, dit Yvon répondant à une objection de Berthelot (2), qu'un dégagement insignifiant d'oxygène, à cause de sa dilution. |
On ne conçoit pas, en dehors de ces trois causes, quelles sont les circonstances qui auraient pu faire augmenter le volume de gaz dégagé. L’hypobromite est un corps dont les réactions sont bien connues et qui en présence de l'urine, ne peut produire qu’un mélange de gaz carbonique, d’oxygène et d’azote ; or,
dans la méthode d’Yvon, de ces trois gaz, le premier
1. CO(Az H!)° + 3 Na BrO —3 Na Br + CO* LH Az L9H: O0, (urée) (hbypobromite É de soude)
2, Berrueror, Soc, de biolog., 1872, p. 250.
CAES
est certainement éliminé par la soude, le deuxième ne se produit qu’en quantités extrêmement faibles, et il ne reste que le troisième qui échauffé par la réaction chimique demande un certain temps pour se mettre en équilibre de température.
Enfin il est évident que l’urine ne peut donner plus d'azote qu’elle n’en contient ! ,
Il est à regretter que MM. Labbé ne soient pas entrés dans plus de détails sur l’analyse des causes qui, selon eux, faussent les résultats des méthodes d’Yvon et de Regnard.
Aussi croyons-nous pouvoir maintenir nos conclucions antérieures sur la valeur du procédé d’Yvon tout en souhaitant qu’une nouvelle méthode rigoureusement exacte et suffisamment simple vienne combler
les desiderata des procédés actuels.
3° Différentes séries d'observations.
Nous avons pu réunir un certain nombre d’observations concernant des nourrissons ou des enfants âgés de un jour à 12 ou 15 ans. La plupart de ces observations ont déjà été publiées ; quelques-unes sont personnelles.
Il s’agit tantôt d'enfants sains, normaux et indemnes de toute tare visible ; d’autres au contraire étaient des dyspeptiques, toute une série qui à fait l’objet d’une communication de MM. Nobécourt et Prosper Merklen à la Société de Pédiâtrie comprend des enfants atteints de rougeole normale.
7, jp
Enfin, certains sujets étaient nourris au lait de femme, d’autres au lait de vache stérilisé.
L'étude comparée de l'élimination de l’urée chez cesdifférentes catégories d'enfants pourra nous fournir des indications précieuses sur la facon dont peut varier le taux de l’urée à l’état normal et sous l’influence de certains états morbides.
Nous allons donc voir successivement ces observations que nous diviserons de la manière suivante :
1° Nourrissons sains et dyspeptiques nourris soit au sein, soit au lait de vache (Nobécourt et Prosper Merklen) ;
2° Nourrissons sains et dyspeptiques nourris soit au sein, soit au lait de vache (personnelles) ;
3° Enfants atteints de rougeole nourris soit au lait, soit avec un régime comprenant des quantités de matières albuminoïdes variant avec les sujets ;
k° Enfin quelques observations publiées par difrérents auteurs et résumées.