S78 LE CHAUDRONNIER
diminution sur Tétamage. De chaque maison, le chaudronnier emporte des pelles, des hidons, des chaudrons, des pots, des cafetières, et il s'en retourne ainsi chargé sur la place de l'église où Tâne, pour se désenq^yat^ ob^rci^Q ^^ p(4 ipapgiç 49ns4^ ?ieux sac à lof]).
L'âne a dressé ses longues oreilles, il a entendu des cris. Ce sont les gamins qui sortent de l'école. Quelle joie pour eux ! le chaudronnier est arrivé. Us l'entourent et le regardent avec la curiosité qu'exige une si mystérieuse opération. Le chaudronnier est pour eux l'égal du peintre. Ils ne cessent leurs cris que pour regarder le dessin d'un monsieur qui crayonne la cathédrale ou pour voir fondre les cuillers d'étain. Encore ont-ils plus de respect pour le chaudronnier que pour le peintre : sans doute il est étrange de voir les tours de l'église se détacher en deux coups de crayon sur le papier, et de regarder les saintes et les saints sortir de leurs niches pour obéir à l'appel du peintre j mai^ l'intérêt est autren^ent saisissant quaqd; sur les charbon^ ardents du réchaud, le chaudronnier a vidé dans un vieux vase de fer toutes sortes de limailles, de vieux boutpps, de robinets usés. Quel drame que de suivre l'affaissemeut de ces objets se remuant d'abord un peu, s'inclinant dans l'eau argentée du fon^ du vase de fer, puis, tombant tout à fait en défaillauçe sous nue croûte immobile et noirâtre qui ne laisse percer aucun mystère de te fonte» Le moule est ouvert, et sous cette cpasse liquide sort un ruisseau brillant comme
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le merodte/ Lei enftiûts n'ont pas assee de leurs deux jeWL {yoiir regiu^der; l'intérêt est d'antatit plus vif, que le drame est su&pendu après la fonte» Il faut attendre que les cuillers refroidissent.
— Allons, dit le chaudronnier qui s'impatiente de voir le cercle se resserrer de plus en plus autour de lui, n'entendez-vous pas la cloche de la classe? allez lire votre catéchisme, gamins, je suis bien assez fort pour fondre mon étain. Place, marmaille, place I II est de fait que les enfants semblent vouloir entrer dans le réchaud, tant la curiosité les tient. Mais l'opération est finie, les cuillers sortent du moule un peu mates. Le chaudronnier enlève délicatement les coutures- qu'ont produites les ouvertures du moule; il apporte dans cette opération les sqins délicats d'un sculpteur; et ce chiffon noir, gras et huileux, est pourtant ce qui va donner le brillant de la lune aux cuillers, filles des vieux boutons. La fumée du charbon monte jusqu'aux branches du grand tilleul fleuri qui, de temps en temps, quand un vent frais souflBle, laisse tomber une fleur sur le grand chapeau du chaudronnier.
Le soir vient ; tout sourit au loin dans la nature; les bœufs reviennent des pâturages, les filles vont à l'eau. Les chevaux du meunier trottent à l'abreuvoir, et chacun dit bonjour au pauvre chaudronnier. Il se lève de son coffret, campé comme un saint Georges, et va dans les maisons avec du fer-blanc luisant et de Tétain neuf.
Tel est le métier du chaudronnier, qui souffle.
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taille et forge du printemps à Tautomne^ dans Tespoir de retourner au pays avec une vieille bourse noire^ gonflée de pièces blanches.
Mare 1851.
LA