‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 132 sur 151 · Mendiants, lioituiie et femme, à côté d'une butte · texte numérisé non relu

Mendiants, lioituiie et femme, à côté d'une butte

Un vieux menduml et une vieille ineiidiante, placés à côté d'une butte de terre fort ombrée, que l'on voit à la gauche de l'estampe et dirigés vers la droite. Cette butte cache en partie, dans le bas, le corps du mendiant, dont la figure cache elle-même le dos de la mendiante. L'homme est coiffé d'un bonnet de foiin-ure sous lequel paraît un linge en forme de bandeau, dont le bout lui tombe sur l'épaule droite. Sa tête est vue de trois quarts; sa bouche est ouverte, et son menton est garni de quelques poils de bai'be. 11 s'appuie des deux mains sur son bâton. La femme est \ue de profil ; elle a la tête couverte d'un bonnet plat, de dessous lequel sort un autre bonnet de toile qui , tombant sur son cou . lui forme une espèce de fraise. Ses mains sont sous son tablier, et l'on voit le bout de son cabas qui est pendu à son bras. Le fond est clair.

Il y a cinq états différents de ce morceau :

Premier état. La planche est plus grande; elle porte 114 à MS millimètres de hauteur, sur 83 à 84 millimètres de large, lixtrêmement rare.

Deuxième état. C'est par erreur que Claussin et Wilson donnent cette épreuve comme étant de la même grandeur (jue la première. En comparant ces deux épreuves au Musée d'Amsterdam, j'ai trouvé la seconde un peu plus petite : la planche est diminuée de toute l'épaisseur des bords raboteux; elle n'a plus que H2 millimètres de hauteur sur 81 millimètres de large, et cette dillérence ne peut pas être causée ici par le retrait du papier, puisque dans la seconde épreuve les bords paraissent avoir été rognés et que le retrait du papier s'opère toujours sur l'ensemble de la feuille.

Troisième état. La planche est coupée en largeur comme en hauteur, de telle sorte que le monogramme Rt, qui se voyait dans les états précédents, a disparu dans celui-ci. La butte de terre ne

L'OEUVRK REMBRANDT.

présente plus les mêmes contours, car elle coupe par le milieu le bâton du mendiant. Elle se trouve, par suite de travaux additionnels, fortement chargée de manière noire ; mais les barbes qui la produisent ne sont très-vives que dans les premières épreuves de cet état.

Quatrième état. La butte de terre a toujours la même forme : mais le cou et la chemise du mendiant ont été retravaillés. L'intervalle entre la main qui tient le bâton et l'épaule droite est ombré par de nouvelles tailles verticales très-iines, qui font ressortir la main.

Cinquième état. Les saillies formées par la butte de terre, ont été arrondies et ont changé de forme, de façon que la butte, à partir de sa rencontre a\ec le bâton, suit une ligne presque perpendiculaire au sol. L'ombre signalée dans l'état précédent, audessus de hi main, a été fortifiée par de nouvelles contre-tailles, et l'épaule droite du mendiant a été ombrée par des hachures diagonales et verticales. Le manteau de l'homme, au-dessus des mains, a été également repris, et le pli qui louche à la mendiante a été couvert de tailles croisées. La joue de la mendiante et le dessous du sein sont retravaillés; l'ombre de la coiffe rejoint le menton le long de l'oreille.

Hauteur, 0,096 ; largeur, 0,067.

BAKTSCH, 165. CLAUSSIN, 162. WILSON, 162.

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