Gueu.r à manteau déc/iû/uefé
Autre gueux, pareillement gravé dans le goût de Callot. Il est coiffé d'un bonnet pointu et couvert d'un manteau déchiqueté par le bas. Il est vu de profil, marchant vers la gauche et s'appuyant sur un bâton que l'on aperçoit dans le \ ide entre ses jambes. Le fond, qui est presque entièrement clair sur la droite, est légèrement ombré dans la partie gauche, où est indiquée une butte couronnée d'arbres. On lit au bas de la gauche: Rf. 1634. Ce morceau est rare. On en connaît trois étals.
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Premier état. Rarissime. Le Nisnije et, la jambe droite sont ontièrcment blancs.
Dea.TÎème état, La joue a été cou\orte d'une taille diagonale; la jambe droite et le soulier ont reçu une taille verticale.
Troisième état. La joue et la partie om.brée du manteau , ainsi que la poitrine et la jambe droite, ont reçu une contre-taille grossièrement donnée.
La planche semble retouchée par la même main qui a repris les estampes représentant Tobie aveugle (vu par le dos) et Lazarus Klap; et l'auteur de ces retouches est probablement Van Yiiet.
Hauteur, 0,083 ; largeur, 0,038.
BARTSCH, 167. CLAUSSIN, 164. WILSON, 1G4.
On voit dans l'inventaire des meubles, effets et objets d'art saisis chez Rembrandt, que ce grand peintre possédait (( un recueil d'estampes par Jacques Callot. Il n est donc pas surprenant que l'on retrouve le goût de Callot dans quelques-uns des gueux de Rembrandt. Toutefois, même lorsqu'il paraît avoir jeté un coup d'œil sur l'œuvre du graveur français, le peintre d'Amsterdam reste lui-même, tant il lui est difficile de dépouiller son originalité, ne fût-ce cpie pour un instant. Ainsi Callot, dans sa plus petite estampe, représente à merveille le génie gaulois, comme nous Tavons dit dans V Histoire des Peintres; son talent est clair, son travail est propre , simple et correct. Il se sert du burin comme La Bruyère se sert de la phrase, et Boileau de la rime; il a toutes les qualités françaises : la netteté , la précision , l'élégance , la sobriété ; mais
GUEUX. 'Mu
il a aussi tous nos côtés f^Hl)les : le défaut d'idéal , l'insuffisance de la poésie ; à force de préciser, il devient sec; à force d'arrêter les contours de sa pensée, il ne laisse rien a faire a rimagination des autres, il ne leur ouvre aucune perspective. Au contraire, Rembrandt, dans le moindre de ses croquis, rappelle toujours un côté de la vie, éveille une pensée générale ou fait rêver. Aucune de ses figures n'est emprisonnée dans ces contours arides et tranchés qui séparent les personnages de Gallot du monde environnant. Sa pointe demeure libre, et le héros de son eau -forte, qu'il soit un mendiant ou un prince, est plongé dans l'air ambiant, et, au lieu de s'isoler par la pi écision de ses formes, il tient à la vie universelle par des lignes indécises et par je ne sais qiiel vague mystérieux.