Petit Gueux debout
Il est coiffé d'un bonnet bordé de fourrure. Il est vu presque par le dos, se dirigeant vers la gauche. Ses épaules sont voûtées; ses mains sont appuyées devant lui sur un bâton. On lit dans le haut de la droite, en caractères presque imperceptibles: Rt.
Ce petit morceau est très -rare; mais bien qu'il soit incontestablement de Rembrandt, il n'a pas d'autre valeur que sa rarelé.
Hauteur, 0,040 ; largeur, 0,018.
BARTSCH, 169. CLAUSSIN, 166. WILSON, 106.
13/i. Vieille Mendiante.
Une vieille femme debout, vue de profil et tournée vers la droite. Elle porte sur ses épaules un petit manteau de soie , à peu près semblable aux mantelets des dames. Elle tend la main droite comme pour demander l'aumône, et elle s'appuie de la main gauche sur un bâton. On lit au bas: Rembrandt, f. 1646. Les premières épreuves de ce morceau se reconnaissent à l'irrégularité de la planche, qui est un peu raboteuse sur ses bords. Glaussin en a fait une copie.
Hauteur, 0,081; largeur, 0,063.
BARTSCH, 170. CLAUSSIN, 167. WILSON, 167.
Il ne manque k ce petit morceau, pour être trèsrecherché, que d'être rare, car il est dessiné et gravé
avec beaucoup de délicatesse. Parmi les gueuses de Rembrandt, celle-ci est remarquable par une expression touchante d'humilité et de décence. On voit clairement à la distinction de ses traits, à la finesse de sa main osseuse et à ce mantelet de soie qui la couvre, que la vieille mendiante n'est pas née dans la misère , qu'elle a connu la lichesse ou du moins l'aisance, et qu'elle est descendue par une pente insensible à la mendicité. C'est ce qui rend cette petite estampe plus intéressante que les autres. Il n'est rien de plus douloureux, dit le Dante, que de se rappeler les temps heureux au sein de la misère. Nessun maggiqr dolore che ricordarsi del tempo felice, nella miseria.