‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 138 sur 151 · Gueux assis sur une motte de terre · texte numérisé non relu

Gueux assis sur une motte de terre

Il est comme accroupi au pied d'un monticule, la tête presque 4e face, le corps dirigé vers la droite. I! a la bouche ouverte et les sourcils froncés comme un homme qui gémit. Sa tête nue est garnie de cheveux frisés et en désordre. Il est enveloppé d'une vieille houppelande fourrée qui est en lambeaux et qui est fermée sur la poitrine avec un seul bouton. De dessous ce haillon sort sa main gauche qui demande l'aumône. Sa jambe gauche est pliée de façon qu'elle laisse voir en partie la semelle du soulier. La chaussure déchirée du pied droit laisse voir également les doigts du pied. On lit au milieu de la marge du bas: RI. 1630.

Cette pièce est une des plus belles de la série des Gueux. Il v en a deux états :

Premier état. Le dos de la figure dans le bas est moins ombré. Le fond de la planche est sale et les bords sont raboteux.

Second état. L'ombre inférieure du dos de la figure est retouchée. La planche est nettoyée. Dans le bas de l'estampe, un peu vers la gauche, on remarque la signature: Rembrandt indépendamment du monogramme suivi de la date 1030.

(' On prétend, dit Claussin , qu'il y a une épreuve où la main du gueux est couverte du manteau; comme je ne l'ai jamais vue, je n'en puis rien dire de plus. »

Hauteur, 0,114; largeur, 0,069.

BARTSCH, 174. CLAUSSIN, 171. WILSON, 171.

u On a (le cette estampe, dit Bartsch , une copie qui est peut-être la plus trompeuse de toutes les copies qui aient été faites. En la confi'ontant avec l'original, le connaisseur le plus exercé ne la reconnaît qu'avec peine et après un examen scrupuleux. Pour ne pas se méprendre, il est bon d'avertir les curieux qu'ils

doivent faire attention à quelques petits traits qui sont au bord du manteau , au-dessus de l'endroit oii il est boutonné. Ces pefits traits, au nombre de quatre dans la copie, ressemblent à un i joint à un m; au lieu que dans l'original , il n'y a que deuK traits qui forment un n. »

Bartsch a grandement raison de dire que cette copie est trompeuse , et il a rendu service aux amateurs en leur donnant une indication précise , au moyen de laquelle ils pussent distinguer la copie de l'original ; toutefois, il est vrai de dire qu'un artiste, sans connaître ces remarques , n'hésiterait pas à reconnaître la copie à cela seul que la tête n'y est pas, comme l'on dit, d'ensemble,

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