Saint Pierre guérissant le paralytique
Une grande porte cintrée « la belle porte du temple » mesure oute la largeur de l'estampe. Sur le devant est un pauvre estropié assis par terre et vu de dos. 11 implore le secours de saint Pierre qui est debout devant lui , enveloppé d'un manteau et les bras étendus. Saint Jean, vu de profil, est aussi debout auprès de saint Pierre, et, comme lui, enveloppé de son manteau. Ses bas tombent sur ses chaussures ; à la gauche de l'estampe, au coin de la porte, on voit deux juifs qui regardent le paralytique et les deux apôtres. Le fond est rempli par une riche ordonnance d'architecture; c'est le temple de Jérusalem; les degrés d'un escalier magnifique conduisent à un autel où le grand prêtre des Juifs, placé sous un dais , préside à un sacrifice. Sur la droite , autour des degrés, s'élève un amphithéâtre occupé par une grande foule. On lit au bas de l'estampe sur la dalle où est assis le paralytique : Rembrandt f. 1659.
Il y a quatre états de ce morceau, dont le cuivre existe encore.
Premier état. Le manteau de saint Pierre a fort peu de plis et paraît d'une étoffe roide ; les jambes de cette figure sont lourdement et mal dessinées, la planche ne semble pas terminée. Extrêmement rare.
Deuxième état. Le manteau est repris et mieux modelé; les têtes sont mieux caractérisées et avec plus d'esprit; le dessin des jambes est retouché.
Troisième état. L'ombre du bas de la droite a été reprise à la roulette et occupe presque toute la largeur du pavé jusqu'à la dalle où est assis le boiteux; au lieu que dans les, épreuves précédentes, cette partie était moitié noire et moitié grise.
Quatrième état. La courbure de l'arche est travaillée dans son épaisseur au haut de la droite et présente de nouvelles hachures données librement et rapidement.
Hauteur, 0,180; largeur, 0,217.
BARTSCH, 94. CLAUSSIN, 97. WILSON, 98.
(( Et comme Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l'heure de la prière qui était à neuf heures,
« Un homme boiteux dès sa naissance y é.tait posté, lequel on mettait tous les jours à la porte du temple, nommée la Belle, pour demander l'aumône à ceux qui entraient au temple.
(( Cet homme voyant Pierre et Jean qui allaient entrer au temple, les pria de lui donner l'aumône.
(( Mais Pierre ayant , avec Jean , arrêté sa vue sur lui, Pierre lui dit : Regarde-nous.
(( Et il regardait attentivement, espérant avoir quelque chose d'eux ;
(( Mais Pierre lui dit : Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, lève- toi et marche. )>
On ne peut nier que les figures ne soient, dans cette estampe, bien grossièrement dessinées et taillées, pour ainsi dire, à coup de serpe ; mais il faut convenir que l'encadrement de la scène est plein de grandeur; que l'architecture, conformément au texte du livre sacré, est d'une ordonnance magnifique, sortie tout entière
de l'imagination du peintre , et qu'elle donne une idée merveilleuse du temple dont la porte , nommée <( la Belle » fut témoin du miracle enfanté par ces paroles de la charité évangélique : a Ce que j'ai, je te le donne; au nom de Jésus, lève-toi et marche. »