‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 126 sur 202 · Turc, au turban et à l'aigrette · texte numérisé non relu

Turc, au turban et à l'aigrette

(Troisième tète orientale.)

Un Oriental à grande barbe, gravé clans le môme goût que le précédent. Il est vu de profil et tourné vers la droite. Il porte un bonnet serré par un turban brodé, sur le devant duquel est attachée une plume, et dont les bouls pendent sur son dos et sont frangés. Il a des moustaches sur sa lèvre supérieure et sa barbe est longue et noire. Le fond est presque entièrement couvert de hachures bizarres, qui tournent et courent en tous sens. On lit au haut de la gauche : Rembrandt (le d à rebours), en caractères semblables à ceux de l'estampe qui précède, et à la suite un mot que nous croyons aussi être Rhenetus , c'est-à-dire du Rhin (Van Ryn). Au-dessous du nom se trouve la lettre f et la date 1635, tracées de la même main. Extrêmement rare.

Hauteur, 0,157; largeur, 0,135.

BARTSCH, 288. CLAUSSIN, 285. WILSON, 290.

Malgré l'énergie et l'éclat de ce morceau, quelques amateurs le regardent comme douteux. Ils ont peine à croire que Rembrandt ait si étrangement changé d'écriture et se soit amusé à ces griffonnis dont le fond est chargé, et qui ne signifient rien, n'expriment rien. Ils ne comprennent pas non plus tant de gribouillages dans les vêtements et le bonnet. La vérité est que l'estampe est mauvaise, lourde et dure. D'un autre côté, il serait difficile d'expliquer que Livens eût pris la peine d'en faire une copie, si l'original n'était pas de

Rembrandt. Enfin il est permis cle penser que la signature et les griffonnis insignifiants et puérils qui couvrent la planche, sont cle la main de quelque jeune élève, peut-être même d'un enfant; cela expliquerait l'extrême rareté de la gravure qui, ainsi gâtée, aurait été mise au rebut après le tirage de trois ou quatre épreuves.

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