Le chasseur
On appelle ainsi ce paysage p;irce qu'on y voit sur le devant, au milieu de l'estampe, un chasseur qui se dirige vers le spectateur, tenant deux chiens de chasse en laisse et portant sur l'épaule un long bâton. Tout à fait à la droite de l'estampe s'élève un grand arbre peu garni de feuilles, sur lequel viennent se poser deux oiseaux. A gauche, sur une éminence, on aperçoit deux petites figures dont l'une est assise, l'autre debout. Au coin de ce même côté sont deux canards gui nagent dans une mare. Le fond représente des montagnes peu éloignées au bas desquelles est un village que domine l'aiguille d'un clocher. Sur le versant de ces
montagnes, à gauche, on remarque quelques fabriques importantes et deux tours.
Ce paysage est rare : on en connaît deux états.
Premier état, très-rare. On voit à gauche, sur la hauteur, au delà des deux petites figures, une maison et un grenier à foin. Les premières épreuves sont chargées de manière noire; mais les barbes ayant fort peu résisté à l'impression, on trouve des épreuves de ce premier état qui déjà sont arides et d'un aspect' peu agréable.
Second état. La maison et le grenier à foin soat effacés.
Hauteur, 0,128 ; largeur, 0,1 o9.
Les paysages de Rembrandt représentent tous des vues de son pays, c'est-à-dire d'un pays plat dont le terrain n'est accidenté que par des tertres ou par de petites dunes comme celles que l'on voit aux environs de Harlem, et qui protègent le continent contre la mer Ici, par exception, ce sont des montagnes d'un grand style, de belles lignes bien mouvementées, de belles fabriques. On dirait que le peintre a jeté les yeux un instant sur l'œuvre du Titien qu'il possédait, ou peutêtre sur quelqu'une des estampes que Baudet venait de graver d'après Nicolas Poussin. On ne voit pas, en effet, dans quelle partie de la Hollande, Rembrandt aurait pu dessiner d'après nature des montagnes d'un aussi grand caractère.