‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 175 sur 202 · La Maison basse au bord du canal · texte numérisé non relu

La Maison basse au bord du canal

Vers le milieu du paysage on remarque une maison peu élevée, construite sur le bord d'un canal. Au-dessus du toit s'élève le pignon d'une autre maison qui est placée derrière et qui se termine en pointe. A côté de ces maisons, sur la droite, il y a quelques arbres et une barrière de planches. Un chemin qui commence au milieu de l'estampe, s'éloigne en tirant vers la droite, et passe devant les arbres. Sur la gauche, on distingue, dans le lointain, deux moulins à vent et un clocher. Extrêmement rare.

Hauteur, 0,078 à la droite, et 0,072 à la gauche; largeur, 0,204.

BARTSCH, 245. CLAUSSIN, 242. WILSON, 241.

Il en est de ce paysage comme du Carrosse et des

Deux maisons au pignon, pointu. Nous n'en avons vu que deux épreuves, celle du Musée d'Amsterdam et celle du British-Museum : l'une et l'autre sont lavées à l'encre de Chine et elles imitent un dessin. On a gratté en quelques endroits les morsures et les tailles de la gravure pour y substituer un lavis. Vu la faiblesse de l'estampe, je croirais volontiers que Rembrandt n'en a fait que le dessin; que, ce dessin ayant été assez mal gravé par un autre, le maître aura rétabli sur quelques épreuves l'aspect de son dessin original. Peut-être même l'auteur de la gravure aura-t-il essayé de la corriger avec le pinceau et de la rendre ainsi plus conforme au lavis qu'il avait eu pour modèle, comme nous l'avons dit pour les Deux maisons au pignon pointu. C'est la seule manière d'expliquer la présence dans plusieurs cabinets d'une même estampe toujours lavée à l'encre de Chine. Selon toute vraisemblance, encore une fois, Rembrandt, après avoir fait un dessin, l'aura laissé graver sous ses yeux par un de ses élèves, et il lui aura ensuite donné une leçon sur le papier, ou bien il l'aura invité à retoucher lui-même sa gravure sur l'épreuve.

Ici devrait se trouver, d'après l'ordre suivi par nos devanciers, le paysage qu'on nomme le Pont de bois. Mais ce paysage nous a paru trop suspect pour être admis dans l'œuvre. Il n'en existe qu'une seule épreuve (du moins que nous sachions), celle du

Musée d'Amsterdam. C'est après avoir demandé l'avis des habiles conservateurs de ce Musée, que nous avons noté dans notre catalogue le Pont de bois comme devant être supprimé. Un peintre éminent qui avait fait le voyage de Hollande avec nous, M . Paul Chenavard, ayant donné à son tour un avis conforme, il ne nous est plus resté aucun doute.

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