DESSINS
' pleurant, assise sur une malle, ayant à côté d'elle son enfant qui joue. L'expression de la mère congédiée est trouvée d'un seul trait. Rembrandt est encore plus clairvoyant devant l'âme que devant la réalité.
Ésau vendant non droit dfaînesse. Il arrive de la chasse, fatigué, affamé, et il va se précipiter sur le plat de lentilles. Ses lèvres en sont déjà frémissantes et saillantes : la bestialité l'emporte.
Le Songe de Jacob. Il dort dans l'ombre, tandis qu'un ange, aux ailes frémissantes, monte l'échelle lumineuse. Cet ange est bizarrement coiffé d'un turban très-élargi.
Abraham recevant les a?t,ges. Sorti de sa maison qui est ombragée d'un arbre immense, il aperçoit le Père, le Fils et le Saint- Esprit et il se prosterne devant cette triple divinité. Dessin étonnant et indescriptible !
Le bon Samaritain. 11 arrive la nuit, aux flambeaux, avec le blessé. L'hôte descend les recevoir, une lanterne à la main. Deux chevaux sont dételés sur la droite. Celui qui portait le malade est dessiné beaucoup mieux que dans l'estampe, et cette fois de main de maître. Il fait repoussoir; la lumière se répand ça et là en étincelles. C'est, je crois, le plus beau dessin de la série.
L 'Annonciation aux bergers. L'ange éclate comme la foudre au milieu de la nuit sur un ciel noir, où l'on distingue cependant le disque de la lune. Un pasteur effrayé tombe à ia renverse.
Sainte Famille. Effet mystérieux. La Vierge réchauffe son enfant nu au foyer. Une lampe éclaire la chambre qui reste sombre. Saint Joseph est au second plan, dans l'obscurité.
Un Vieux carrosse hollandais, style Louis XIV, où partout l'or serelève en bosse. Il est dessiné d'une plume rapide et scintillante^ avec de l'encre qui semble çà et là étendue avec le pouce. C'est peut-être une étude pour les fonds du portrait de Turenne, qui est chez lord Cowper.
Deux Barques en mer, et d'autres plus loin, sous un grain qui les chasse. Ce lavis rappelle les dessins fantastiques de Victor Hugo. Les coups de pinceau y passent comme des coups de vent.
Un Enfant tient d'une main une lanterne et porte de Vautre un panier. Effet vigoureux.
Neuf Études de lions et lionnes, dont quatre sur la même feuille. La plupart sont couchés et endormis, quelques-uns rugissants. Tous sont dessinés avec beaucoup de sentiment et d'énergie.
Un Éléphant (celui que le capitaine Baillie a gravé). Dessin à la pierre noire; on y sent l'épaisseur du derme qui plisse et pend de tous côtés comme un vêtement trop long. La gravure n'en donne pas une idée suffisante.
Figure d'homme en pied. 11 est enveloppé d'une longue robe blanche et il s'appuie sur un bâton. Il ressemble pour l'expression au Jeune homme assis et réfléchissant, décrit sous notre n° 258.
Un Indien à cheval tenant une lance. Dessin à la plume et lavé en couleurs.
Un Rajah de l'Inde, assis; un serviteur lui remet une lettre.
Ce dessin et le précédent sont comme des miniatures imitées des manuscrits indous.
Portrait de Renier Anslo, signé Rembrandt, 16â0. C'est un dessin au crayon rouge, rehaussé de blanc, qui a été calqué pour être reporté sur le cuivre. On lit au bas les vers qui sont gravés dans l'estampe et qui sont écrits ici de la main de Coppenol. Ce précieux morceau a été acheté à la vente de lord Aylesford.
Deux Nègres montés sur des mulets et battant des timbales. Us sont dessinés à la sanguine et lavés de bistre. On porte derrière eux un parasol. Il y avait au temps de Rembrandt, dans l'armée espagnole, des nègres qui marchaient à la tête des régiments et qui ressemblaient à ceux que l'on voit encore dans les foires.
Un Cavalier espagnol. Il est vu presque de dos, porte un chapeau élevé et une fraise. Dessin lavé en couleurs ; le cheval est indiqué seulement en deux coups de plume.
Très-belle figure de Vieillard assis, en robe fourrée et bonnet. Sur son fauteuil s'appuie une vieille femme dont le corps est inachevé.
Portrait de Titus van Rijn. Il est assis, appuyé sur son bras