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Buste de la Mère de Rembrandt, la main sur la poitrine

Portrait en buste de la mère de Rembrandt. Elle est vue presque de face. Sa tête et son corps sont un peu dirigés vers la droite de l'estampe. Ses yeux sont baissés et sa main gauche est placée sur sa poitrine. Elle est coiffée d'un voile noir qui laisse à découvert tout le front, et elle est vêtue d'une robe noire montante que dépasse le bord de sa chemise. Le fond est entièrement couvert de tailles. Au milieu d'une petite marge, au bas de l'estampe, on lit : Rt. 1631.

Wilson distingue un premier état dans lequel le fond serait moins travaillé particulièrement autour de la tête : nous n'avons jamais pu vérifier cette différence.

Hauteur, 0,094, y compris la marge du bas, qui est de 9 millimètres ; largeur, 0,065.

BARTSCH, 349. CLAUSSIN, 339. WILSON, 344.

Cette estampe a servi à remplacer la femme de Rembrandt dans la pièce que l'on trouvera décrite ci-après sous le n° 201 du présent catalogue, Rembrandt et sa femme. Après avoir découpé avec adresse et précision la tête de la mère de Rembrandt, en ne conservant le buste que jusqu'au-dessus de la main, on a délicatement collé la découpure sur le fond blanc de l'estampe qui représente Rembrandt et sa femme, et la tête de la vieille mère est venue s'encadrer ainsi à côté du busts de son fils et à la place de sa bru.

196. La Mère de Rembrandt a au voile noir. [Vieille femme assise.)

C'est le nom qu'il convient de donner à cette pièce, que Bartsch et Claussin appellent Vieille femme assise.

Elle est assise, en effet, dans un fauteuil, devant une table ronde dont on ne voit qu'une partie, et le corps dirigé vers la droite, d'où vient le jour. Sa tête, qui est vue de trois quarts, est extrêmement finie et porte le caractère d'une femme très-àgée. Elle a pour coiffure un voile noir, et elle est revêtue d'un mantelet garni de fourrure. Ses mains, posées devant elle, sont croisées Tune sur l'autre. On lit vers le milieu de la gauche, derrière le fauteuil :

On connaît maintenant quatre états différents de cette estampe. Ils se trouvent au musée d'Amsterdam où nous les avons vérifiés.

Premier état. Il est de la plus grande rareté. L'ombre audessous du fauteuil n'est formée que de deux tailles légères qui se croisent. Les tailles tirées obliquement de gauche à droite, et qui croisent celles du fond , dans l'ombre portée par le fauteuil , ne s'élèvent pas aussi haut que ces premières tailles. Le monogramme Rt. f. est gravé très-légèrement.

Second état. L'ombre au-dessous du fauteuil est fortifiée par de petites tailles, données verticalement, et les secondes hachures obliques, croisant celles du fond, s'élèvent aussi haut que les premières tailles et touchent au monogramme.

Troisième état. La ligne du nez est marquée d'un second trait dans toute sa longueur. La tache noire qui se voyait au bout du nez est effacée.

Quatrième état. La planche est coupée en ovale et la gravure est très-affaiblie.

Hauteur, 0,145; largeur, 0,128.

BARTSCH , 345. CLAUSSIN, 333. WILSON, 339.

Il n'est pas de portrait que Rembrandt ait plus souvent recommencé que celui de sa mère, si ce n'est le sien propre, et toujours il a parfaitement réussi à exprimer, soit avec la pointe, soit avec le pinceau, les rides de marbre, les innombrables rides de cette tête pleine de caractère , et qui est certainement des plus belles dans son genre. Le précieux Gérard Dow, le fameux Denner lui-même, n'allèrent jamais plus loin dans le modelé d'un de ces masques parcheminés qu'ils se plaisaient tant à peindre, ni dans le rendu de ces mains de vieilles femmes qui étaient le triomphe de leurs pinceaux: mains fines et rugueuses tout ensemble , sillonnées de plis profonds , accidentées de verrues et dont la peau, tout à tour épaisse et transparente, lisse et grenue, recouvre des os luisants, des tendons encore fermes et, çà et là, des veines gonflées.

Il n'existe qu'un seul acte émané de la mère de Rembrandt : c'est son testament daté du 4 juin 1634. Elle était veuve alors, et il est dit dans cette pièce qu'elle ne savait pas écrire. Nous avons fait à Leyde bien des recherches pour savoir encore quelque chose de particulier sur les parents de Rembrandt. Voici tout ce que nous avons trouvé, et c'est à M. Rammelman Elsevier (descendant des fameux imprimeurs) que nous le devons. Du dépouillement de divers actes découverts à Leyde par cet habile archéologue, il résulte que :

Lysbeth Harmensz (fille d'Harmen), veuve en 1574

de Gerrit Roelops Yan Rijn, fut mariée en 1581, en secondes noces, à Cornelis Glaasz (fils de Nicolas), meunier de Berckel. De son premier mariage, elle eut deux enfants :

HARMEN VAN RIJN

Marié à Leyde le 8 octobre 1589 dans l'église de Saint-Pierre, à Cornélie Van Zuitbrouck, fille de Guillaume -Adrien de Zuitbrouck, de laquelle il eut les sept enfants dont les noms suivent :

Adrien.

Gerrit (décédé en 1631).

Machtelt (Mathilde).

Sara.

Willem (né en 1597).

Rembrandt, né le 15 juillet 1606 à Leyde même Lysbeth.

MARIETTE VAN RIJN

Mariée à Pierre -Nicolas de Merenblick , batelier, duquel elle eut des enfants. L'année de son mariage , elle convint avec son frère Harmen de partager la maison de leur père, située à Leyde dans le Weddesteeg (petite rue de l'Abreuvoir), et d'y demeurer en deux familles. Elle mourut en 1600.

Dans le testament du père de Rembrandt, reçu par le notaire Wondevliet, à la date du 1er mars 1600, il est dit qu'il demeurait dans le Weddesteeg. Il n'avait alors que cinq enfants. Les deux autres, Rembrandt

1. On voit que la naissance de Rembrandt est fixée au 15 juillet 1606 par M. Elsevier, qui a trouvé chez les notaires de Leyde tout ce qu'il reste dans leurs offices d'actes relatifs à la famille de Rembrandt. C'est une raison de plus, pour moi, de maintenir cette date de 1606, bien que d'après l'acte de mariage découvert par M. Scheltema cette date dût être portée à 1608. Il serait surprenant que le bourgmestre Orlers, qui avait sous la main les actes de l'état civil, quand il écrivit le nom de Rembrandt dans sa Description de Leyde, n'eût pas consulté ces actes avant de préciser l'année où Rembrandt avait été inscrit sur les registres de naissance.

et Lysbeth, sont mentionnés dans un acte de 1622. Les autres pièces trouvées par M. Elsevier sont : 1° un registre mortuaire où figurent une fille d'Harmen comme enterrée le 2 mai 1604, et un autre enfant dudit Harmen, enterré le 6 avril 1604. Une peste qui affligea la Hollande dans cette année \ 601 explique ces deux morts si rapprochées. Dans l'un de ces actes, Harmen Gerritsz (fils de Gerrit) est qualifié de meunier, molenaar; 2° un testament de Lysbeth Van Rijn, du 24 juin 1642, par lequel elle laisse 900 florins à chacun de ses deux frères, Rembrandt et Adrien, en sus de leur part.

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