‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 69 sur 202 · Rembrandt au bonnet retombant · texte numérisé non relu

Rembrandt au bonnet retombant

{Portrait de Rembrandt avec trois crocs.)

Le jour venant de la droite éclaire une tête de trois quarts, coiffée d'un bonnet arrondi qui retombe sur le devant. C'est de tous les portraits de cette classe celui qui ressemble le plus à Rembrandt. Gersaint et Bartsch l'ont désigné sous le nom de Yhomme à trois crocs, parce qu'il a trois moustaches, deux sur la lèvre supérieure et une sous la lèvre inférieure. Ses cheveux sont courts et frisés; il a les yeux petits et le nez épaté. Il est enveloppé d'une robe bordée de fourrure et son cou est nu. Le fond est tout clair.

Ce portrait est gravé avec sentiment et d'une pointe légère. Mais il n'est charmant que dans les épreuves du premier état, qui sont extrêmement rares.

Premier état. La planche est plus haute de 9 millimètres et les bords en sont raboteux. L'épaule droite est claire.

Deuxième état, non décrit. Mêmes dimensions. L'ombre du oonnet est fortifiée par des tailles obliques et rudes qui paraissent données au burin. L'épaule droite est couverte de travaux.

Troisième état. La planche est réduite de 9 millimètres dans la hauteur. Quatre ou cinq traits en zigzag se remarquent dans le bas de la droite, Les bords supérieurs du bonnet, qui étaient légèrement interrompus, sont repris et ne présentent aucune solution de continuité.

Quatrième état. L'ombre sous le menton et sur le cou est trèsvigoureuse et ressentie au moyen de tailles rudement rentrées au burin. Les travaux de l'épaule sont recouverts d'une taille oblique également donnée au burin. Les traits en zigzag ont disparu.

Hauteur, 0,049; largeur, 0,040. 1 BARTSCH, 319. CLAUSSIN, 28. WILSON, 28.

225. Rembrandt au bonnet de fourrure inégal. [Rembrandt à bonnet et robe fourrés.)

La tète est vue de face et coiffée d'un bonnet fourré de forme irrégulière, c'est-à-dire beaucoup plus haut sur la droite que sur la gauche. Il porte une robe garnie de fourrure. Cette robe, ouverte par le haut, laisse apercevoir la chemise et le col. Il est éclairé par la droite. Le fond est blanc à l'exception d'une double taille qui se trouve sur la gauche, à la hauteur de l'épaule. On lit au haut du même côté : Rt. 4631. Au bas est une marge de 4 millimètres.

Cette pièce est rare : Nous en connaissons deux états que nos prédécesseurs n'ont point décrits.

Premier état. On voit un clair placé mal à propos dans l'ombre, à côté du nez dont le contour est indistinct; ce défaut vient de la morsure.

Deuxième état. Le défaut est réparé. Le contour du nez à gauche est ressenti. Les cheveux, qui étaient partout du même ton, sont plus noirs du côté droit contre l'oreille. Le bonnet et la robe sont noircis d'une vigoureuse contre-taille, qui est horizontale dans le bonnet, verticale dans l'habit. Il se peut que cette retouche ne soit pas de la main de Rembrandt.

Hauteur, 0,063, y compris la marge du bas; largeur, 0,0n6. BARTSCH, 14. CLAUSSIN, 14. WILSON, 14.

Ce n'est pas, on le pense bien, pour le plaisir de faire du nouveau que nous avons changé plusieurs fois la désignation des estampes de Rembrandt : cette désignation avait été faite par Gersaint, Bartsch et Claussin un peu trop légèrement; tantôt elle n'était pas assez précise, tantôt elle pouvait induire en erreur les

curieux en leur faisant confondre ce qu'il s'agissait de leur faire distinguer. Par exemple, Rembrandt, dans ses portraits, s'est représenté plus d'une fois avec une robe et un bonnet fourrés ; il importait donc, pour faciliter les recherches des amateurs, que la désignation de chaque morceau fût assez spéciale et assez caractéristique pour qu'ils le pussent reconnaître au premier coup "d'œil. Voilà pourquoi nous avons appelé le portrait que nous venons de décrire : Rembrandt au bonnet de fourrure inégal.

Mais il est dans ce livre un autre changement dont quelques personnes nous ont demandé compte. Pourquoi, nous dit-on, avoir interverti l'ordre ancien, celui auquel les amateurs ont été habitués par les catalogues précédents? D'abord parce que cet ordre n'était ni simple, ni logique. Il n'était pas simple, puisqu'il divisait en douze classes ce que nous avons pu sans inconvénient diviser en six; il n'était pas logique, parce que, dans un œuvre où l'histoire tient une place si importante, il fallait naturellement respecter la chronologie, et commencer, comme nous l'avons fait et comme on l'a fait au Cabinet des Estampes, par Adam et Ëve. En second lieu, un livre n'est pas composé uniquement pour les générations présentes ; il importe donc, avant tout, de le bien composer. Une fois ce parti pris de ne pas suivre Bartsch et Glaussin dans le classement général de l'œuvre, il n'y avait pas de

raison pour s'astreindre à les suivre clans leur classement partiel. Pour les portraits qui ont un nom, l'ordre alphabétique nous a paru le plus commode. Pour les portraits de Rembrandt en particulier, nous avons commencé par les plus petits en dimension et les moindres en beauté, parce qu'il est plus naturel d'établir, quand on le peut, une progression ascendante, et de finir par les morceaux les plus importants et les plus beaux plutôt que par une pièce insignifiante qui refroidirait infailliblement l'admiration.

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