Femme lisant
Elle est assise, vue jusqu'à mi-corps et couverte d'une espèce de peignoir. Elle appuyé sa tête sur une de ses mains; de l'autre main elle tourne les feuillets d'un livre. Ce morceau est très-légèrement gravé et presque unique.
Hauteur, 0,105; largeur, 0,101.
BARTSCH, 361. CLAUSSIN, 351. WILSON, 355.
Cette pièce manque dans les Cabinets de Paris et de Londres. Le British-Museum n'en possède qu'un calque à la plume, sans doute d'après l'épreuve unique ou presque unique du musée d'Amsterdam. Inspection faite de cette épreuve, lors de notre dernier voyage en Hollande, nous sommes très -porté à croire que la pièce n'est pas de Rembrandt. C'est aussi, on à peu près, l'opinion de Claussin qui dit dans son Supplément : « Ce morceau que je trouve fort médiocre ne peut être attribué qu'aux premiers essais du maître. »
2^8. Vieille portant lunettes et lisant.
Elle est vue à mi-corps et un peu plus que de profil. Elle porte un grand bonnet allongé, et des lunettes avec lesquelles elle lit attentivement dans un livre qu'elle tient de ses deux mains. Tournée vers la droite, elle est éclairée par la gauche. Le fond est blanc, à l'exception d'une petite ombre que l'on voit à la hauteur du
visage. Le haut de la planche présente quelques accidents d'eau forte qui font tache, et les bords sont irréguliers et raboteux.
Hauteur, 0,076 ; largeur, 0,067.
BARTSCH, 362. CLAUSSIN, 352. WILSON, 356.
Quelques minutes et quelques légers traits de pointe ont suffi au peintre pour graver cette estampe, et cependant il a dit tout ce qu'il voulait dire. Il a exprimé l'attention de la liseuse, son tempérament sec et nerveux, ses cheveux rares, ébouriffés et grisonnants, et ce qui reste encore de vitalité dans une créature intelligente qui ne vit plus que par le cerveau... Il y a des moments où les maîtres, au lieu de creuser la nature, se contentent de l'effleurer en passant, et quelquefois ils mettent autant et plus de saveur dans ces œuvres rapides que dans celles qui les ont longtemps retenus. C'est qu'il ont tout vu et tout deviné d'un coup d'œil, et que leurs croquis ont alors, non pas l'imperfection d'une ébauche, mais le charme d'une réticence.